Saumoduc de Salins-les-Bains à Arc-et-Senans

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Saumoduc de Salins-les-Bains à Arc-et-Senans
Saumoduc Senans.png
Présentation
Type
Construction
Propriétaire
Propriété de la commune, du département et de l'État
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées

La saumoduc de Salins-les-Bains à Arc-et-Senans est un ancien saumoduc construit à la fin du XVIIIe siècle pour relier les salines de Salins-les-Bains (Jura) et la saline royale d'Arc-et-Senans (Doubs), en France, toutes deux inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO.

La saline de Salins manquant de bois, une seconde saline est ouverte à Arc-et-Senans, à proximité de la vaste forêt de Chaux. Mais ce nouveau site ne possède pas de sources salées ; une canalisation longue de 21,25 kilomètres est donc construite afin d'y acheminer la saumure extraite à Salins.

Les vestiges maçonnés de ce saumoduc sont inscrits aux monuments historiques.

Tracé[modifier | modifier le code]

Le saumoduc partait du centre-ville de Salins-les-Bains et suivait les cours de la Furieuse et de la Loue.

Avant de rejoindre Arc-et-Senans, il passait notamment par les communes de Port-Lesney et de Rennes-sur-Loue.

Histoire[modifier | modifier le code]

Planifiée en 1774, la saline royale d'Arc-et-Senans est construite entre 1775 et 1779 afin de pallier le manque de bois autour de Salins-les-Bains. Il est donc décidé de construire un saumoduc selon les plans du géomètre Denis François Dez[1], entre les salines de Salins-les-Bains et cette nouvelle saline, afin de conduire l'eau salée à proximité de l'immense forêt de Chaux[2].

Les vestiges maçonnés du saumoduc ont été inscrits aux monuments historiques le 29 décembre 2009[2]. Ces vestiges sont :

  • la cuvette de Monplaisir, à Salins-les-Bains[3] : une petite pièce voûtée avec, sur le côté droit, deux bouches d'arrivée, et sur le côté gauche, deux bouches de départ ;
  • la cuvette de Perrichon, à Port-Lesney (47° 00′ 17,8″ N, 5° 48′ 46,1″ E) : un petit bâtiment couvert de tuiles qui ne présente plus d'éléments techniques apparents ;
  • le passage sous la route de Lyon, à Rennes-sur-Loue : il présente une partie d'origine à voûte plate et une partie dont la voûte a été refaite plus bombée.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Exemple de conduite de saumure à Salins-les-Bains. Le saumoduc est fait d'éléments cylindriques en troncs de sapin dont le centre est évidé.

À l'origine, le saumoduc était formé d'une double conduite, formée par des troncs de sapins taillés en forme de crayons pour s'emboîter facilement, une conduite acheminant la saumure à la grande saline, et la seconde, à la petite saline[2]. Du fait de la forte déperdition sur le parcours, les canalisations en sapin furent remplacées par des canalisations en fonte à partir de 1788. La canalisation était longue de 21,5 kilomètres sur un dénivelé de 104 mètres[4] 135 000 litres de saumure étaient envoyés quotidiennement depuis Salins.

Afin de le sécuriser plus fortement, dix postes de garde furent construits le long du tracé du saumoduc, formant ainsi le « chemin des gabelous ». Le débit et la teneur en sel de la saumure étaient mesurés à chaque poste, et les résultats étaient relevés chaque samedi et portés à la saline. Les gabelous étaient à l'époque des douaniers responsables du commerce du sel, et donc responsables de la gabelle. Ils devaient faire face à des « faux-sauniers », qui perçaient les canalisations afin de récupérer une partie du liquide chargé de sel[5].

Le saumoduc se terminait à proximité de la saline royale et la saumure transportée arrivait dans un bâtiment de graduation afin que la concentration en sel soit augmentée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Lacroix, « La saline d'Arc-et-Senans et les techniques de canalisations en bois : Notes d'histoire comtoise », Travaux présentés par les membres de la société de 1965 à 1969, Lons-le-Saunier, Société d'émulation du Jura (ISSN 0245-3665), 1970, p. 28.
  2. a b et c « Saumoduc de Salins-les-Bains - Arc-et-Senans », notice no PA39000097, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. « Cuvette de Monplaisir », notice no M0353000001, base Joconde, ministère français de la Culture
  4. L'altitude du point de départ du saumoduc était de 340 m et celle de l'arrivée, 236 m.
  5. « Les contrebandiers du sel », dans Pays comtois, no 51, novembre 2003

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]