Saklawi

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Saklawi
Euphrates, un cheval arabe de lignée Saklawi.
Euphrates, un cheval arabe de lignée Saklawi.
Région d’origine
Région Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite et Drapeau de l'Iran Iran
Caractéristiques
Morphologie Cheval de selle fin
Taille 1,42 m à 1,52 m
Robe Généralement bai
Tête Profil concave
Caractère Vif et endurant
Autre
Utilisation Sports équestres

Saklawi (en arabe : صقلاوي, ṣaqlāwiyy?), ou Siglavy en Europe centrale, est l'une des cinq lignées majeures du cheval arabe reconnues comme pures par les Bédouins, les Al Khamsa. Sélectionnée par les Ruwallah et les `Anizzah, deux tribus nomades du désert d'Arabie, cette lignée a été importée à plusieurs reprises en Égypte aux XIXe et XXe siècles, et reste élevée de nos jours en Arabie saoudite et en Iran. De type « féminin », les chevaux Saglawi sont d'assez petite taille, mais réputés pour leur beauté, leur finesse et leur endurance supérieures à celles des autres lignées du cheval arabe. Ils portent une robe généralement baie. Importés en Europe centrale depuis le début du XIXe siècle, ils y ont influencé plusieurs autres races de chevaux locales, en particulier le Lipizzan, le Shagya et le Gidran.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il existe de nombreuses variantes dans l'orthographe du nom : Siglavy[1], Saglawi (en Égypte), Seglawi, Seklavi et Saklawiyah[2], en russe сиглави[3].

La lignée Saklawi est identifiée comme l'une des cinq lignées fondatrices issues des Al Khamsa (الخمسة), les cinq juments que les nomades Bédouins voient à l'origine de la race Arabe, la qualité d'appartenance ou non à la lignée se transmettant par la jument poulinière mère[4],[5],[6]. D'après l'étude de l'université d'Oklahoma, les éleveurs modernes de chevaux arabes considèrent plus généralement Saklawi comme l'un des trois grands types de la race arabe, avec Koheilan et Muniqi[7]. D'après une chronique d'observateurs anglais rédigée au milieu du XIXe siècle, les Bédouins arabes tiennent les chevaux « Saklawiyah » en haute estime, car il n'est pas rare, lorsque l'un d'eux est désarçonné par un cavalier adverse, qu'il s'exclame « O Felan ! La jument que le destin t'a donné est de sang noble. Elle est de la race de Saklawiyah, et sa mère est montée par Awath, le Sheikh des Fedhan'[8] ».

Cette lignée aurait été élevée par Ibn el Derre de la tribu des Ruwallah (une tribu nomade du désert d'Arabie dont le territoire couvre l'actuelle Syrie, le nord de l'Arabie saoudite et une partie de la Jordanie), et descendrait de Koheilat Ajuz[9]. Le prince Méhémet Ali considère le Saklawi comme le plus courageux des chevaux arabes, estimant qu'il peut combattre pour défendre son maître[10]. Il semble que Abbas Ier Hilmi d'Égypte ait payé une somme de plus de 3 000 £, colossale dans les années 1850 (représentant entre 289 300 et 10 millions de livres actuelles[11]), pour acquérir une jument de lignée Saglawi Jedran dans l'actuelle Arabie saoudite[12]. Une autre source affirme qu'il a acquis tous les chevaux Saglawi Jedran de la tribu bédouine des `Anizzah[13]. De manière générale, plusieurs sources écrites indiquent que des chevaux Saklawi ont été emmenés en Égypte aux XIXe et XXe siècles, dont Ghazieh, une jument des Ruwallah trop faible pour traverser le désert, qui a été transportée en charrette jusqu'au Caire[14], ou encore Gamil-el-Kebir, ancêtre du fameux étalon Arabe Dahman-el-Azrak, et de son fils Rabdan[15]. Le second volume du stud-book du haras Inshass en Égypte montre que la personne qui gérait ce haras pour le roi Farouk, le Dr Rasheed, avait une nette préférence pour la lignée Saklawi[16].

Description[modifier | modifier le code]

Vieille photo d'un cheval sombre vu de profil
Hamrah, poulain de lignée Saklawi issu d'une jument élevée par les `Anizzah.

Cette lignée arabe est réputée pour sa finesse[7], étant connue pour être plus belle que les autres[1],[17], avec de la « grâce féminine »[2] : elle symbolise « la beauté et l'élégance »[18]. Un article de 1915 dans la revue de science et d'agriculture pratique affirme que le Saklawi est le plus beau des chevaux arabes et des chevaux de l'Empire ottoman, précisant que sa taille va de 1,42 m à 1,52 m[19].

Les os sont plus fins, la tête et l'encolure plus allongés que chez les autres chevaux arabes[2]. La robe est généralement baie[2]. La lignée fait preuve de vitesse et d'endurance[2]. D’après la base de données DAD-IS, en Iran, cette lignée est élevée pour des sports équestres locaux[20].

Une étude a été publiée en 2011 concernant la consanguinité des chevaux Arabes élevés en Iran. Le coefficient de consanguinité des 170 chevaux Saklawi analysés est de 2,6, soit davantage que chez la lignée Abeya (1,8) mais moins que chez la lignée Hamdani (3)[21].

Types chez la race Arabe : en A Koheilan ; en B Saklawi ; en C Muniqi.

Influence sur les races de chevaux européennes et russes[modifier | modifier le code]

Cheval Lipizzan de l'école espagnole de Vienne issu de la lignée Siglavy.

Des chevaux arabes Saklawi ont influencé plusieurs races de chevaux européennes sélectionnées en Europe centrale au début du XIXe siècle. Un étalon de la lignée est connu pour avoir été le sixième étalon fondateur à l'origine de la race du Lipizzan, à l'école espagnole de Vienne. Ce cheval arabe gris, nommé « Siglavy », est né en 1810 et est arrivé à Lipica en 1814[22] ou 1816[23]. D'origine égyptienne[24], ce cheval était de petite taille, puisqu'il ne mesurait que 1,45 m au garrot. Bien que plusieurs étalons arabes aient constitué le Lipizzan, seul Siglavy a donné une lignée[25]. De nos jours, ces Lipizzans de lignée Siglavy restent réputés pour leur excellente conformation[26].

Le haras de Bálbona a hébergé plusieurs chevaux de souche Siglavy[27]. Un étalon alezan imposant, importé d'Arabie en 1816 et nommé Gidran Senior[28], est à l'origine de la race hongroise du Gidran, à travers son fils Gidran II, qui se reproduit à partir de 1817[29]. Des Siglavy figurent parmi les souches constitutives du cheval Shagya. L'étalon Shagya XX est notamment issu d'une jument par Siglavy-Bagdady[27]. Une troisième race hongroise, le Nonius, a été croisée avec des arabes Siglavy au début de sa constitution[30]. Le haras de Borike, en Croatie, a hébergé des Arabes Siglavy[31], ces chevaux provenant généralement des invasions turques[32].

On trouve également un Siglavy parmi les lignées constitutives du vieux cheval Kladruber tchèque[33]. Le cheval arabe polonais s'est constitué à partir de chevaux de souche Koheilan croisés occasionnellement avec des étalons Saklawi, pour leur apporter du raffinement[34],[35].

À partir de 1802, le comte et écuyer Andreï Fedorovitch Rostopchin a importé quatre étalons arabes de souche Siglavy et Koheilan dans son haras à Voronovo, près de Moscou, qui sont à l'origine de la race dite Rostopchin[36].

Diffusion de l'élevage[modifier | modifier le code]

En Iran, la lignée Saklawi est l'une des neuf lignées de chevaux arabes reconnues dans le pays[37]. Elle est présente dans le Khouzistan, la région de Kerman, celle de Yazd, celle de Fars, et celle de Téhéran[20]. Dans le Khouzistan, le prestige des chevaux s'évalue en fonction de la famille qui a élevé leur lignée : les chevaux Saklawi des Ziareh sont considérés comme particulièrement prestigieux[38].

La diffusion et les effectifs de l'Arabie saoudite ne sont pas connus[39]. De nos jours (2005), le nombre de Saklawi « purs » restant est estimé être très faible[40].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Porter et al. 2016, p. 438.
  2. a b c d et e Schofler 2006, p. 12.
  3. (ru) Раздуев Алексей Валерьевич et Мамина Анастасия Владимировна, « Some ways of the English-language horse breeding and equestrian sports terms translation into the Russian language », Vienne,‎ , p. 19.
  4. Schofler 2006, p. 10.
  5. (en) Fran Lynghaug, The Official Horse Breeds Standards Guide : The Complete Guide to the Standards of All North American Equine Breed Associations, MBI Publishing Company LLC, , 672  p. (ISBN 1-61673-171-0, lire en ligne), p. 181Voir et modifier les données sur Wikidata.
  6. (en) Iwona Głażewska, « Speculations on the origin of the Arabian horse breed », Livestock Science, vol. 129, nos 1-3,‎ , p. 49–55 (DOI 10.1016/j.livsci.2009.12.009, lire en ligne)
  7. a et b Lou Hendricks 2007, p. 43.
  8. (en) The English Review, vol. 19, Francis and John Rivington, (lire en ligne), p. 177.
  9. Piduch 1988, p. 47.
  10. Forbis et Ferriss 1990, p. 175.
  11. Conversion effectuée grâce à (en) « Measuringworth » (consulté le 11 décembre 2016).
  12. (en) Henry Keown-Boyd, The Lion and the Sphinx: The Rise and Fall of the British in Egypt, 1882-1956, Memoir Club, (ISBN 1841040614 et 9781841040615), p. 51.
  13. (en) James Wentworth Day, Sport in Egypt, Country Life, , 151 p., xx.
  14. Piduch 1988, p. 71.
  15. Piduch 1988, p. 108.
  16. Forbis et Ferriss 1990, p. 85.
  17. Gharahveysi et Irani 2011, p. 2.
  18. Schiele 1970, p. 21.
  19. (en) International Institute of Agriculture, International Review of the Science and Practice of Agriculture, vol. 6, , chap. 10 à 12, p. 1675.
  20. a et b DAD-IS - Iran.
  21. Gharahveysi et Irani 2011, p. 4.
  22. (en) Barbara Wallner, Claus Vogl, Priyank Shukla et Joerg P. Burgstaller, « Identification of Genetic Variation on the Horse Y Chromosome and the Tracing of Male Founder Lineages in Modern Breeds », PLOS ONE, vol. 8, no 4,‎ , e60015 (ISSN 1932-6203, PMID 23573227, PMCID 3616054, DOI 10.1371/journal.pone.0060015, lire en ligne)
  23. (en) Hans-Heinrich Isenbart, Emil Martin Bührer et Kurt Albrecht (Brigadier), The imperial horse: the saga of the Lipizzaners, Knopf, , 204 p., p. 96.
  24. (en) Frank Westerman (trad. Sam Garrett), Brother Mendel's Perfect Horse: Man and beast in an age of human warfare, Random House, (ISBN 1409019322 et 9781409019329), p. 155.
  25. (en) P Dovc, T Kavar, H Sölkner et R Achmann, « Development of the Lipizzan Horse Breed », Reproduction in Domestic Animals, vol. 41, no 4,‎ , p. 280–285 (ISSN 1439-0531, DOI 10.1111/j.1439-0531.2006.00726.x, lire en ligne)
  26. (en) A. Borghese, « The Lipizzaner in Italy », Animal Genetic Resources/Resources génétiques animales/Recursos genéticos animales, vol. 10,‎ , p. 67–73 (ISSN 2076-4022 et 1014-2339, DOI 10.1017/S1014233900003308, lire en ligne)
  27. a et b Congrès international d'Agriculture, Actes, s.n., , p. 236-238 ;249.
  28. (en) Tamsin Pickeral, The encyclopedia of horses & ponies, New York, Barnes & Noble, , 384  p. (ISBN 0-7607-3457-7, OCLC 51516515)Voir et modifier les données sur Wikidata.
  29. Porter et al. 2016, p. 469.
  30. (en) Candida Geddes et Elwyn Hartley Edwards, The Complete Horse Book, Trafalgar Square, , 344 p., p. 105.
  31. (hr) Telalbašić, R., Žiga, E. et Rahmanović, Alma, « HISTORY OF THE BORIKE STABLES AND ARABIAN HORSE BREEDING FROM 1895 TO 2007 », Stočarstvo, vol. 63, no 3,‎ (ISSN 0351-0832, lire en ligne)
  32. (hr) Čačić, M., Korabi, N., Čurik, I. et Baban, Mirjana, « Analiza stanja uzgoja arapske pasmine konja u Republici Hrvatskoj », Stockbreeding, vol. 60, no 1,‎ (ISSN 0351-0832, lire en ligne)
  33. (en) V. Jakubec, J. Volenec, I. Majzlík et W. Schlote, « Analysis of inbreeding in the genetic resource of the „Old Kladrub horse“ in the period from 1993 to 2003 », dans Conservation genetics of endangered horse breeds, Wageningen Academic Pub, , 187 p. (ISBN 9076998795 et 978-90-76998-79-4, ISSN 0071-2477, DOI https://dx.doi.org/10.3920/978-90-8686-546-8, lire en ligne), chap. 116 de EAAP publication, p. 85-90.
  34. Schiele 1970, p. 174.
  35. (en) M. Pieszka, J. Luszczynski et K. Gruza, « Evaluation of sire and dam lines of Polish bred Arabian horses on the base of their show successes », Nauka Przyroda Technologie. Uniwersytet Przyrodniczy w Poznaniu, vol. 3, no 06,‎ (ISSN 1897-7820, lire en ligne).
  36. Lou Hendricks 2007, p. 359.
  37. (en) M. Khalili, Introduction to Iranian Arab horses, 1994, World Arabian Horse Association, cité par Gharahveysi et Irani 2011, p. 6.
  38. Lou Hendricks 2007, p. 338.
  39. DAD-IS - AS.
  40. (en) Gerald De Gaury, Review of the 'Anizah Tribe, Kutub, , 92 p., p. 19.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Forbis et Ferriss 1990] (en) Judith Forbis et Joe Ferriss, Authentic Arabian bloodstock, Ansata Publications, , 423 p. (ISBN 0962564400 et 9780962564406)
  • [Hendricks 2007] (en) Bonnie Lou Hendricks, International Encyclopedia of Horse Breeds, Norman, University of Oklahoma Press, , 2e éd., 486  p. (ISBN 0-8061-3884-X, OCLC 154690199, lire en ligne). Voir et modifier les données sur Wikidata
  • [Piduch 1988] (en) Erwin Adolf Piduch, Egypt's Arab Horses: History and Cultural Heritage, Kentauros-Verlag, , 285 p. (ISBN 3925069038 et 9783925069031)
  • [Porter et al. 2016] (en) Valerie Porter, Lawrence Alderson, Stephen J.G. Hall et Dan Phillip Sponenberg, Mason's World Encyclopedia of Livestock Breeds and Breeding, CAB International, , 6e éd., 1 107  p. (ISBN 1-84593-466-0, OCLC 948839453)Voir et modifier les données sur Wikidata
  • [Schiele 1970] (en) Erika Schiele, The Arab horse in Europe: history and present breeding of the pure Arab, Harrap, , 320 p.
  • [Schofler 2006] (en) Patti Schofler, Flight without Wings: The Arabian Horse And The Show World, Rowman & Littlefield, , 304 p. (ISBN 1461748925 et 9781461748922)

Étude[modifier | modifier le code]

  • [Gharahveysi et Irani 2011] (en) Shahabodin Gharahveysi et Mehrdad Irani, « Inbreeding Study on the Iranian Arab Horse Population », World Journal of Zoology, vol. 6, no 1,‎ (ISSN 1817-3098, lire en ligne)
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