Rudolf-Christoph von Gersdorff

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Rudolf-Christoph von Gersdorff
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Titre de noblesse
Baron
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
MunichVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière de l'Est (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Allégeance
Activités
Militaire, résistantVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Maria-Eva von Waldenburg (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Arme
Grade militaire
général de brigade
Conflit
Distinctions

Rudolf-Christoph Freiherr von Gersdorff, né le à Lüben et mort le à Munich, est un baron allemand, officier de la Reichswehr et général de brigade dans la Wehrmacht. Membre de la résistance active des officiers de la Wehrmacht contre Adolf Hitler, il tenta de l'assassiner par un attentat-suicide, et découvrit les charniers du massacre de Katyn. Il a reçu la croix de commandeur de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne en 1979.

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Son père, le baron Ernst von Gersdorff (1864-1926), ancré en Silésie, capitaine de cavalerie qui deviendra par la suite général de division, est issu d'un des plus anciens lignages nobles allemands. Sa mère, Anna Adele Alexandrine Christine (Berlin -Breslau ) (surnommée « Tina »), née comtesse et burgrave (titres du Saint-Empire romain germanique équivalant en France au titre de comte) zu Dohna-Schlodien (1880-1944), vient de Prusse orientale.

Né à Lubin, ville de garnison de Silésie, fils cadet, le baron Rudolf-Christoph von Gersdorff fut scolarisé à Lubin jusqu'à l'Abitur puis entra comme aspirant dans la Reichswehr en 1923. En 1934, il épousa Renata Kracker von Schwarzenfeld (1913- Berlin , suicide), héritière de la dynastie industrielle silésienne von Kramsta. De ce mariage naîtra une fille, Lory Reinach. En 1953, il se remaria avec Marie-Eva (Hanovre-Linden -Murnau ), épouse en 1ères noces (div. 1952) de Kurt von Wallenberg Pachaly (b.Kentschkau) von Waldenburg, descendante du Prince Auguste de Prusse (1779-1843). Ce mariage se solda par un divorce trois ans plus tard (1956), et von Gersdorff se maria une troisième fois avec encore une Silésienne, nommée Irmgard.

Gersdorff reçut une éducation militaire de base à Breslau dans la célèbre caserne des Kleinburger où, depuis des générations, ses ancêtres avaient servi au 1er régiment silésien de cuirassiers Grand Électeur. Il fut promu au grade de lieutenant en 1926, et capitaine de cavalerie en 1938. De 1938 à 1939 il séjourna à la Preußische Kriegsakademie de Berlin pour y recevoir une formation d'officier d'état-major (Offiziere im Generalstabs).

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1939, Gersdorff prit part à la campagne de Pologne avec l'unité qui lui avait été confiée à la suite de son succès à l'École de guerre. En 1941, par l'entremise de son cousin Fabian von Schlabrendorff, il fut muté au groupe d'armées Centre pour l'opération Barbarossa. Là, il accomplit en tant qu'officier de liaison de l'Abwehr son service dans la Stabsabteilung et dirigea les services de reconnaissance. Le but de cette mutation était avant tout de lui permettre l'accès au cercle des conspirateurs qui s'était formé autour de la personne d'Henning von Tresckow.

Membre de la Résistance militaire contre le national-socialisme[modifier | modifier le code]

Peu après la vaine tentative du colonel d'état-major Henning von Tresckow, le , de tuer Hitler au moyen d'une bombe dissimulée dans son avion[1],[2], Gersdorff se résolut à commettre un attentat-suicide contre Hitler.

Le , Hitler inaugurait, à l'occasion de la fête des héros (fête de commémoration des héros), une exposition à l'Arsenal de Berlin sur les armes prises aux Soviétiques. Gersdorff avait été détaché comme expert de l'exposition. Il voulut se sacrifier en faisant sauter Hitler et les autres dirigeants présents – Göring, Himmler, Keitel et Dönitz – au moyen de deux mines magnétiques de type Clam qu'il gardait dans les poches de son manteau. Quand il jugea le moment opportun, Gersdorff s'isola et ne réussit à enclencher qu'un seul des deux minuteurs, disposant alors de dix minutes pour s'approcher d'Hitler. Mais celui-ci visita l'exposition au pas de course et quitta le bâtiment avant que Gersdorff n'ait eu le temps de le rejoindre. In extremis, ce dernier réussit à désamorcer le détonateur dans les toilettes[3]. Après cet échec, il fut immédiatement réaffecté au front de l'Est.

En vue du complot du 20 juillet 1944, Gersdorff garda l'explosif et le détonateur, préalablement subtilisés dans les stocks de l'Abwehr par le conspirateur Wessel Freytag von Loringhoven, pour Claus von Stauffenberg. Ses camarades détenus ne l'ayant pas dénoncé, il put éviter l'emprisonnement et le jugement. Ainsi Gersdorff fut-il l'un des rares membres de la Wehrmacht ayant activement résisté à la dictature nationale-socialiste à survivre à la guerre[4].

Katyn et la fin de la guerre[modifier | modifier le code]

En , Gersdorff découvrit accidentellement les fosses communes de plus de 4 000 officiers polonais assassinés et enfouis par les unités soviétiques du NKVD lors du massacre de Katyń en 1940.

En 1944, il fut muté en France sur le Mur de l'Atlantique et reçut, le , la croix de chevalier de la croix de fer[5] pour son plan de retraite de la bataille de la poche de Falaise. En 1945, il fut promu au grade de général de brigade, puis fut fait prisonnier de guerre par les Américains, jusqu'à sa libération en 1947.

République fédérale d'Allemagne[modifier | modifier le code]

Après la décision du Bundestag sur le réarmement, les tentatives de Gersdorff pour être accepté dans la Bundeswehr ont échoué. Dans ses mémoires, il en rend responsable le secrétaire d'État Hans Globke et les cercles d'anciens officiers de la Wehrmacht qui ne voulaient tolérer aucun « traître » au sein de la Bundeswehr[6].

Gersdorff, qui devient paraplégique après un accident de cheval, consacre ensuite le restant de sa vie à des actions de bienfaisance pour l'ordre souverain de Malte, dont il est commandeur honorifique. Il est président fondateur des services d'urgence de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, président du conseil d'administration de 1952 à 1963[7].

En 1979, la croix de commandeur de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne lui est décernée, en récompense de ses services exceptionnels[8].

La caserne Generalmajor-Freiherr-von-Gersdorff, à Euskirchen, a reçu son nom en son honneur.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Joachim Fest, Staatsstreich. Der lange Weg zum 20. Juli., Berlin, 1994 (ISBN 3-88680-539-5).
  • (de) Günter de Bruyn, Unter den Linden, Berlin, 2002.
  • (de) Ulrich Cartarius, Opposition gegen Hitler. Deutscher Widerstand 1933-1945, Berlin, 1984 (ISBN 3-88680-110-1).
  • (de) Rudolf-Christoph von Gersdorff, Soldat im Untergang, Ullstein Taschenbuchverlag, 1977 (rééd. en 1979, 1982, etc.) (ISBN 978-3548340081).
  • (de) Rudolf-Christoph von Gersdorff, Tuer Hitler, confession d'un officier antinazi, Tallandier, 2012 (préfacé, traduit et annoté par Jean-Louis Thieriot).
  • (de) « Kaltenbrunner-Berichte an Bormann und Hitler über das Attentat vom 20. Juli 1944 », dans (de) Hans-Adolf Jacobsen (éd.), Spiegelbild einer Verschwörung, Busse-Seewald Verlag, 1983 (ISBN 978-3512006579).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Note pour l'année 1943, dans une courte biographie de Tresckow.
  2. Claude Paul Pajard, « La bouteille de cognac qui faillit tuer Hitler », dans Les grandes énigmes de la Seconde Guerre mondiale, éd. de Saint-Clair, Paris, 1965 (p. 28-32).
  3. Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos, « 21 mars 1943. Le jour où Hitler échappe à un attentat kamikaze », Le Point, 21 mars 2012, modifié le 21 mars 20121, consulté le 21 mars 2013 et le 21 mars 2021.
  4. (de) Courte biographie sur le site du mémorial de la Résistance allemande.
  5. (de) Veit Scherzer, Die Ritterkreuzträger 1939-1945, Scherzers Militaer-Verlag, Ranis/Jena, 2007 (ISBN 978-3-938845-17-2), p. 333.
  6. (de) Soldat im Untergang, Frankfurt/Main, 1977, p. 211.
  7. (de) Note sur le site des services d'urgence de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (1963).
  8. (de) Note sur le site des services d'urgence de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (1979).