Charnier (tombe)

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Charnier à Sarajevo au cours du siège en 1992-1993

Un charnier est une tombe consacrée religieusement contenant plus d'un corps humain. Les charniers sont en général créés lorsqu'un grand nombre de personnes meurent ou sont tuées, et qu'il y a un désir d'enterrer les corps le plus rapidement possible. Cela peut se produire après une catastrophe naturelle, une épidémie, un génocide ou une guerre. (Charnier a plusieurs usages. Ex: Tonneau en bois de charme reconnu imputrescible, utile pour conserver l'eau potable en mer, ce bois était aussi utilisé dans le charronage.)

Historique[modifier | modifier le code]

Le mot cimetière appartient jusqu'au XVe siècle au langage des clercs alors que le langage courant utilise celui d'aître (du vieux français aitre issu du latin atrium, qui désigne la cour intérieure d'entrée précédant l'entrée d'une villa romaine, d'où par extension le cimetière situé avant l'entrée de l'église[1], telle l'aître Saint-Maclou) ou de charnier. La fonction cimetiérale du charnier a progressivement changé au cours du Moyen Âge. L'inhumation médiévale obéissant aux règles chrétienne, elle est majoritairement en fosse individuelle. Les charniers sont néanmoins abondamment utilisé pour traiter les corps exhumés du cimetière par manque de place, lors d’épidémies par exemple[2]. Ces charniers faisaient office de pourrissoir où l’on entassait en vrac les ossements plus ou moins décharnés avant qu'ils ne soient empilés dans des ossuaires[3].

Architecture[modifier | modifier le code]

Le terme s’applique également à un édicule construit dans l’enceinte d’un cimetière pour entreposer les corps des personnes décédées pendant les mois d’hiver afin de les inhumer le printemps venu, cela au Québec du moins où quelques exemples de ce genre de structure subsistent toujours.

Le gel du sol sur plusieurs centimètres ne permettait en effet pas le creusement des fosses au cours de l’hiver, ce qui a entraîné la création de ce type de bâtiment modelé sur la maison paysanne typique. En moellon grossier et surmonté d’une toiture à pentes généralement en tôle sur charpente de bois, le charnier était toujours doté d’une cheminée d’aération, parfois une simple découpe pratiquée dans la muraille, qui permettait l’évacuation du gaz de décomposition pouvant être produit malgré le froid. Le pignon avant de la construction était pratiqué d’une ouverture généralement munie d’une solide porte de fer bien verrouillée. La taille de ces entrepôts varie. Certains exemples mesurent à peine l’espace nécessaire à une dizaine de dépouilles. L’évolution des mœurs funéraires a toutefois rendu désuet ce modèle d’infrastructure.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Emmanuel Alcaraz, "le devenir des restes des mujâhidîn de 1962 à nos jours", le funéraire : Mémoires, protocoles, monuments (sous la direction de Grégory Delaplace, Frédérique Valentin), Paris, De Boccard, colloque de la Maison d’archéologie et d’ethnologie René Ginouvès de l’université Paris X Nanterre, 11, 2015, p.137-147

Paul Koudounaris, L'Empire de la mort: Histoire culturelle des ossuaires et des charniers, Paris, Editions du regard, 2011

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aître a disparu du français moderne mais reste présent dans le terme anglais churchyard « cour d'église ».
  2. Castex Dominique, Epidémies et crises de mortalité du passé, Actes des séminaires de la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, Bordeaux,‎
  3. Philippe Ariès, Essais sur l'histoire de la mort en Occident du Moyen Age à nos jours, Seuil,‎ 1975, p. 47

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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