Fabian von Schlabrendorff

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Fabian von Schlabrendorff
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 73 ans)
WiesbadenVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Conflit
Lieu de détention
Distinction
Commandeur de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Grabstätte Fabian von Schlabrendorff.jpg

Vue de la sépulture.

Fabian Ludwig Georg Adolf Kurt von Schlabrendorff (Halle an der Saale, Wiesbaden, ), est un officier de la Wehrmacht qui prit part au complot du 20 juillet 1944 contre Hitler.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès le milieu des années 1930, Fabian von Schlabrendorff participe aux réflexions d'un groupe d'officiers, d'universitaires et de juristes chrétiens opposés au régime nazi. Ces hommes veulent revenir à un État de droit et éviter une nouvelle guerre ; ils maintiennent des contacts avec des dirigeants dans les démocraties occidentales. Leur tâche est extrêmement difficile et périlleuse, étant donnés à la fois les succès initiaux de Hitler et la surveillance policière omniprésente de la Gestapo. Après la rupture de l'alliance avec l'Union Soviétique en juin 1941 et les premiers échecs de la Wehrmacht à l'Est, cependant, ils parviennent à attirer un nombre croissant d'officiers supérieurs et généraux, et à monter un véritable projet de coup d'état.

Une controverse initiale a opposé les conjurés civils aux militaires : les premiers voulaient arrêter Hitler et le soumettre à un procès public suivant les formes du Droit ; les seconds objectaient, d'une part que les Nazis feraient tout pour libérer Hitler, d'autre part que, tous les militaires allemands ayant prêté serment au Führer, le seul moyen de les en délier était de tuer Hitler[1].

Fabian von Schlabrendorff participe à une tentative d'assassinat contre Hitler en mars 1943. Le quartier général de l'armée du Centre, où il travaille, réussit en effet à attirer Hitler à Smolensk[2]. Avec Lahousen, von Tresckow, von Donhanyi et von Gersdorff, Schlabrendorff décide de faire exploser l'avion du Führer pendant son vol de retour[2]. Les conjurés disposent d'un stock de petites bombes à retardement de fabrication britannique, que les Allemands ont interceptées après un parachutage destiné aux agents de la Résistance. Schlabrendorff en cache deux dans des emballages de bouteilles de cognac, qu'il confiera à Heinz Brandt, l'aide de camp de Hitler, comme un présent à l'intention du colonel Stieff, chef du département organisation de l'OKH [3]. Sur la base de Smolenksk, Brandt reçoit les présents des mains de Schlabrendorff. Hitler salue von Kluge avant de monter dans l'avion, suivi de son chef d'état-major particulier Rudolf Schmundt et de son aide de camp, les bras chargés de cadeaux[2]. L'opération semble se dérouler comme prévu, mais la bombe britannique n'explose pas pendant le vol. Schlabrendorff, envoyé d'urgence à Berlin par Tresckow, réussit finalement à récupérer les "bouteilles" piégées, sans que la tentative d'attentat soit éventée[2]. Dans le train du retour, enfermé dans son compartiment, il démonte à grand-risque le détonateur pour comprendre pourquoi il ne s'est pas déclenché. Il constate que l'acide n'a pas complètement rongé le fil dont la rupture devait déclencher la bombe [1]. Schlabrendorff ne fait dans ses mémoires aucune allusion au gel dû au froid de l'altitude. Plus important, il admet que si cet attentat avait réussi, rien n'était prêt pour accomplir le coup d'état nécessaire au remplacement du régime : les Nazis auraient sans doute conservé le pouvoir, même sans Hitler.

Les mois qui suivent sont donc consacrés, toujours dans le secret absolu limité à un petit groupe d'opposants, à planifier un putsch militaire. Il faut pour cela rallier un nombre suffisant de commandants d'unités dans la région de Berlin pour écraser les puissantes unités SS et la Gestapo qui protègent le régime. Et coordonner ces forces avec celles du front Est. Parmi les officiers ralliés, un colonel SS, Nebe, transmet à Schlabrendorff le contenu d'un discours secret prononcé par Himmler devant les officiers SS : le but profond de la guerre n'est pas tant de conquérir des territoires que d'anéantir le judéo-christianisme[1]..

Fabian von Schlabrendorff participe l'année suivante à l'attentat du 20 juillet 1944. Arrêté, puis traduit devant un "tribunal populaire", le Volksgerichtshof, il voit son procès interrompu par un bombardement aérien, qui tue indirectement Roland Freisler. Schlabrendorff est finalement interné dans un camp de concentration. Il sera libéré par les troupes américaines le 4 mai 1945[4]. Il consacre l'année suivante à écrire l'historique de ces complots, publié en allemand dès 1946 à Zürich dans le cadre de la dénazification.

Après la Seconde Guerre mondiale, Fabian von Schlabrendorff poursuit une carrière juridique et devient notamment juge à la Cour constitutionnelle de RFA.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Fabian von Schlabrendorff, Offiziere gegen Hitler, Europa-Verlag, Zürich, 1946.
  2. a, b, c et d Claude Paul Pajard :La bouteille de Cognac qui faillit tuer Hitler, dans Les grandes énigmes de la seconde guerre mondiale , Paris, éd. de Saint-Clair, 1965, pp. 10-36.
  3. Rudolf-Christoff von Gersdorff :Tuer Hitler, éd. Tallandier, 2012, p. 178
  4. Peter Koblank: Die Befreiung der Sonder- und Sippenhäftlinge in Südtirol, Online-Edition Mythos Elser, 2006.

Source[modifier | modifier le code]