René Audubert

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René-André Audubert ( à Pujols-sur-Dordogne, Gironde - à Courbevoie, Seine) est un physico-chimiste français.

Études et carrière académique[modifier | modifier le code]

Fils d'un médecin, René Audubert fait des études supérieures scientifiques à la faculté des sciences de l'université de Bordeaux et y obtient la licence ès sciences physiques en 1913. Diplômé d'études supérieures en 1914, il est ensuite mobilisé dans l'armée pour cinq ans. Atteint par le gaz, il est affecté comme radiographe au centre de physiothérapie de Troyes. Démobilisé en 1919, il devient alors préparateur pour le certificat de physique, chimie et sciences naturelles à la faculté des sciences de l'université de Paris et préparateur du cours de physique appliquée au Conservatoire national des arts et métiers. Il entame alors des travaux de recherche au sein du laboratoire de chimie-physique de Jean Perrin. En 1922 il obtient le doctorat ès sciences physiques devant la faculté des sciences de l'université de Paris avec une thèse principale intitulée Actions de la lumière sur les suspensions. Devenu assistant en 1928, il chargé de la direction des travaux pratiques et de l'enseignement de la chimie-physique à l'institut de chimie appliquée de la faculté et obtient la direction d'un nouveau laboratoire de chimie physique au sein de l'institut, financé par la 2e section de l'École pratique des hautes études. Nommé chef de travaux à la faculté le , il est chargé d'un cours d'électrochimie destiné aux candidats au certificat de chimie générale puis au certificat de chimie approfondie. Il est également en parallèle chef de travaux au Conservatoire. À la Faculté, René Audubert est nommé sur une nouvelle maîtrise de conférences d'électrochimie le , et devient à la même époque chargé de cours d'électrochimie au Conservatoire. En 1953, il est nommé professeur titulaire à titre personnel à la faculté et devient en 1956, un an avant sa mort, titulaire d'une nouvelle chaire d'électrochimie au Conservatoire. Marguerite Quintin lui succéda à la maîtrise de conférences d'électrochimie de la faculté et à la tête du laboratoire de chimie physique et d'électrochimie de l'École pratique des hautes études tandis que Maurice Bonnemay lui succéda à la chaire du Conservatoire.

Travaux[modifier | modifier le code]

Il contribua de façon décisive au développement de la cinétique électrochimique en étant un précurseur de la théorie moderne de la surtension électrochimique en 1924[1], qui conduisit en 1930, Max Volmer et Tibor Erdey-Grùz à proposer le formalisme de la relation de Butler-Volmer[2].

Actes de résistance[modifier | modifier le code]

Durant la guerre 39-45, il participa au réseau de résistance du Collège de France. Il confectionnait des cocktails Molotov dans son laboratoire de l'institut de chimie, et y fut photographié par Robert Doisneau. Il participa, le , à l'évasion du scientifique Paul Langevin, qui âgé de 72 ans fut évacué vers la Suisse alors qu'il était assigné à résidence à Troyes. René Audubert et son assistante, Marguerite Quintin, ont contribué à l'exfiltration de Paul Langevin vers la Suisse en le cachant au domicile parisien d’Audubert jusqu'au 4 mai. Il y a également caché des scientifiques juifs, comme le biophysicien René Wurmser.

Vie privée[modifier | modifier le code]

René Audubert épousa en 1953 Marie Jullemier, qui avait été mariée, de 1935 à 1950, au diplomate Maurice Dejean.

Œuvres[modifier | modifier le code]

René Audubert a écrit de nombreux articles consacrés à l'électrochimie dont les plus marquants sont :

  • Théorie moderne de la surtension, Journal de Chimie Physique, (1924), 21, 351.
  • Application of the Debye-Hückel theory to disperse systems, René Audubert and S. R. Craxford, Transactions of the Faraday Society, (1940), 35, 144-153.
  • Sur le mécanisme de l'adsorption des ions, par René Audubert et Marguerite Quintin, Comptes-rendus des Séances de l'Académie des sciences, (1925), 180, 513.

Il dirigea la grande collection de "La science vivante" aux éditions des Presses universitaires de France, qui compte, entre autres Les Idées nouvelles de la génétique, par Jean Rostand, publié en 1941, Les rayons cosmiques, de Pierre Auger, publié en 1941, et Bactéries et virus d'André Boivin, publié en 1947.

Il fut l'auteur de nombreux ouvrages:

  • Cours d'électrochimie - Notions théoriques et applications de l'électrochimie / par René Audubert / Eyrolles (1924).
  • Données numériques d'électricité magnétisme et électrochimie rédigées/ par René Audubert / Gauthier-Villars et Cie. (1928).
  • Phénomènes photoélectrochimiques : action de la lumière sur le potentiel métal-solution / par René Audubert / Hermann - Actualités scientifiques et industrielles - (1933).
  • Propriétés électrochimiques des protéines / par René Audubert / Hermann - Actualités scientifiques et industrielles - (1934).
  • L'électrochimie - Collection Que sais-je ? / par René Audubert / Presses Universitaires de France (1950).
  • Électrolyse / par René Audubert / Presses Universitaires de France (1953).
  • Les ions en solution: interactions et décharges / par René Audubert / Presses Universitaires de France (1955).
  • Des précipités colloïdaux aux macromolécules / par René Audubert / Presses Universitaires de France (1956).
  • The principles of electrophoresis / René Audubert et Serge de Mende / Hutchinson Company, UK (1959).

Références[modifier | modifier le code]

  1. J. chim. phys., 21 (1924) 351
  2. Erdey-Grúz, Tibor und Volmer, Max: Zur Theory der Wasserstoffüberspannung. Zeitschrift für physikalische Chemie 1930. A150. 203-213. p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]