Red and Anarchist Skinheads

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Red and Anarchist Skinheads
Anti racism skinheads graffit 7654.jpg

Les 3 flèches de leur logo représentent les trois luttes qui leur sont propres : libertaire, antifasciste et anticapitaliste.

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Mouvement
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Le Red And Anarchist Skinheads ou RASH (skinheads rouges et anarchistes) est un mouvement mondial de skinheads communistes et/ou anarchistes[1] qui affirme vouloir lutter contre le fascisme[2],[n 1], le racisme[3],[4] et le capitalisme[n 2],[5],[6],[7].

Les skinheads d'extrême gauche valorisent l'anarchisme, le communisme (de façon libertaire), l'antinationalisme, l'antipatriotisme, l'antifascisme, l'antiracisme et l'alter-mondialisme, de manière ultraviolente, allant de l'action de rue à la lutte armée. (Action directe (théorie politique))

Étant anarchistes, les RASH refusent tout symboles nationaux.

Le premier chapitre du RASH est créé à New York, aux États-Unis en 1993[8]. D'autres chapitre aparraisent à Montréal en 1994 puis à Québec et dans le reste du monde[9],[10] donc en France dans la ville du Havre avant de se propager aux villes de Marseille et Bordeaux puis au reste de la France.

Le RASH est issu d'un regroupement assez récent (fin de la décennie 1990) de « redskins » communistes et de nouveaux skinheads influencés par l'anarchisme[n 3]. Ce sont des skinheads engagés à l'extrême gauche, voire à ce que les politologues appellent l'ultragauche (discours révolutionnaire) ou aux groupes « autonomes » (c’est-à-dire sans lien avec les grands partis politiques)[n 4].

Selon le professeur Francis Dupuis-Déri, les Skinheads Against Racial Prejudice (SHARP) et les Red and anarchist skinheads (RASH) « valorisent l’action directe et l’autodéfense contre les néo-nazis »[11].

Historique[modifier | modifier le code]

Les skinheads RASH sont animés par la conviction que les skinheads sont le seul mouvement de jeunesse authentiquement prolétaire et international. L'appartenance à la mouvance skinhead devient un complément logique de l'engagement politique ou syndical. Les skinheads RASH français sont ainsi proches des organisations suivantes : la Confédération nationale du travail (syndicaliste révolutionnaire), la Fédération anarchiste (FA), l'Union des anarchistes (UA), l'Organisation communiste libertaire (OCL) et le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA, parti trotskiste), la Section carrément anti Le Pen (SCALP). On peut citer aussi au niveau international l'Anarchist black cross (organisme révolutionnaire anarchiste) ou Socialisme International (mouvement trotskiste anglo-saxon).

Les skinheads RASH militent tout en écoutant et jouant de la musique ou en organisant des concerts. Ils s'attaquent aussi aux skinheads d'extrême-droite, qu'ils appellent boneheads et tentent de les chasser de la rue. Leur combat rejoint les grandes causes de l'altermondialisme et de la lutte anticapitaliste.

Les groupes musicaux phares du RASH en France sont : Brigada Flores Magon, Bolchoi, Los Foiros, Brixton Cats et Ya Basta !. Solitude Urbaine est le principal label RASH français. Le RASH parisien édite un magazine : Barricata ainsi que L'école de la rue. Au Québec on peut retrouver des groupes tels que Jeunesse Apatride, Soul and Spirit, Esclaves Salariés, et Union Made pour n'en nommer que quelques-uns. Le RASH-Montréal publie également un fanzine appelé Casse Sociale depuis 2008.

Représentativité[modifier | modifier le code]

Il est difficile de déterminer si les skinheads rash, associés aux autres skinheads d'extrême-gauche comme les redskins, constituent une minorité ou une majorité dans l'ensemble du phénomène skinhead. Aucun recensement, ni aucune enquête d'opinion à ce sujet, n'a en effet jamais été menée à bien.

Indéniablement, ils sont très visibles dans l'espace francophone, en Europe de l'Ouest et en Amérique latine : fanzines, organisation de concerts et de festivals, groupes emblématiques… ce qui ne signifie pas pour autant qu'ils sont plus nombreux que leurs adversaires politiques. Ces derniers se sont faits plus discrets depuis le tournant des années 1990 qui a vu un renouveau des skinheads antiracistes. Mais dans certaines régions du monde, comme la Russie par exemple, ce sont les skinheads néonazis qui défrayent la chronique. Les skinheads RASH ne font d'ailleurs pas l'unanimité au sein de la scène skinhead non-nazie, puisqu'ils sont concurrencés par les Skinheads Against Racial Prejudice (SHARP) et les « apolitiques ». Il est cependant indéniable qu'à l'heure actuelle le mouvement RASH est à la fois structuré et influent sur plusieurs continents.

Organisations de skinheads d'extrême gauche[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Simon Luck, Sociologie de l’engagement libertaire dans la France contemporaine. Socialisations individuelles, expériences collectives et cultures politiques alternatives, Science politique, Université Panthéon-Sorbonne, Paris I, 2008, page 147, [lire en ligne].
  • Louis Mortens, Confessions d’un redskin, Charles, n°2, juillet 2012, [lire en ligne].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon Gildas Lescop, sociologue à l'université de Nantes et auteur d'une thèse consacrée aux skinheads, les skinheads antifascistes se retrouve dans les Sharp (Skinheads Against Racial Prejudice et les Rash (Red and anarchist skinheads). - Jelena Prtoric, Les skinheads, anatomie d'un mouvement, Franceinfo, 11 juin 2013, [lire en ligne].
  2. « Le réseau des Red and anarchist skinheads (Skinheads rouges et anarchistes - RASH) relie des groupes de skinheads antifascistes à travers le monde. Connus pour leur soutien aux militants incarcérés ainsi que leurs actions de perturbation de manifestations d’extrême droite et réputés pour leurs méthodes musclées, les RASH constituent un réseau culturel — avec notamment ses codes vestimentaires particuliers évoluant dans le milieu des fanzines et de la musique alternative. Proches des SCALP et de la CNT dont ils sont parfois membres, ils éditent leur propre journal Barricata », Simon Luck, Sociologie de l’engagement libertaire dans la France contemporaine. Socialisations individuelles, expériences collectives et cultures politiques alternatives, Science politique, Université Panthéon-Sorbonne, Paris I, 2008, p. 147-148, [lire en ligne].
  3. « Les Red and Anarchist SkinHeads (Rash) : Le RASH, surtout européen, regroupe, depuis les années 1990, d'anciens red-skins de la première vague et de nouveaux skinheads engagés à l'extrême gauche. Ses membres considèrent leur appartenance au mouvement skinhead comme un complément de leur engagement militant. », Jean-Louis Bischoff, Tribus musicales, spiritualité et fait religieux : enquête sur les mouvances rock, punk, skinhead, gothique, hardcore, techno, hip-hop, L'Harmattan, 2007, page 67.
  4. « Red and Anarchist Skinheads (RASH) est une organisation d'extrême gauche influencée par l'anarchisme. L'antifascisme, l'anticapitalisme et le principe libertaire, luttes auxquelles s'adonne le RASH, sont représentées par les trois flèches sur son logo. Le mouvement fut créé à New York. Il est présent officiellement au Canada depuis 1994. », Guide de sensibilisation au terrorisme et à l’extrémisme violent, Programme de sensibilisation à la sécurité nationale / GRC / Division C (Québec), 2017, page 56.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Hans Arthur Skott-Myhre, Youth and Subculture as Creative Force : Creating New Spaces for Radical Youth Work, University of Toronto Press, 2009, page 108.
  2. (en) Kevin Borgeson, Robin Valeri, Skinhead History, Identity, and Culture, Routledge, 2017, p. 174-175.
  3. (en) Simon J Bronner, Encyclopedia of American Folklife, Routledge, 2015, lire en ligne.
  4. (en) Nicolae Sfetcu, The Music Sound, Nicolae Sfetcu, 2014, lire en ligne.
  5. (en)Terrorism and Violent Extremism Awareness Guide, National Security Awareness Program, RCMP, C Division (Québec), 2017, page 56.
  6. Daniel Hubert, Yves Claudé, Les skinheads et l'extrême droite, VLB éditeur, 1991, page 49.
  7. (en) Kevin Borgeson, Robin Valeri, Skinhead History, Identity and Culture, Routledge, 2017, p. 174-175.
  8. (en) Simon J. Bronner, Cindy Dell Clark, Youth Cultures in America, ABC-CLIO, 2016, page 622.
  9. (en) Russie - Marlene, Russian Nationalism, Foreign Policy and Identity Debates in Putin's Russia : New Ideological Patterns after the Orange Revolution, Columbia University Press, 2014, page 47.
  10. (en) République tchèque - Ondřej Daniel, Tomáš Kavka, Jakub Machek, Popular Culture and Subcultures of Czech Post-Socialism : Listening to the Wind of Change, Cambridge Scholars Publishing, 2017, page 150.
  11. Francis Dupuis-Déri, Hommes anarchistes face au féminisme - Pistes de réflexion au sujet de la politique, de l’amour et de la sexualité, Réfractions, n°24, printemps 2010, [lire en ligne].

Liens externes[modifier | modifier le code]