Quantic Dream

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Quantic Dream
logo de Quantic Dream
Logo de Quantic Dream.

Création (24 ans)
Dates clés 1999 : The Nomad Soul

2005 : Fahrenheit
2010 : Heavy Rain
2013 : Beyond: Two Souls
2018 : Detroit: Become Human

Fondateurs David Cage[1]
Olivier Demangel[2]
Anne Devouassoux[1]
Forme juridique SA à conseil d'administration
Siège social Paris
Drapeau de France France
Direction David Cage (PDG)
Guillaume de Fondaumière (DG)
Directeurs David CageVoir et modifier les données sur Wikidata
Actionnaires David Cage
NetEase
Guillaume de Fondaumière
Salariés de Quantic Dream
Activité Développement de jeux vidéo, capture de mouvement
Produits Jeux vidéo
Effectif 117 (2019)[3]
SIREN 412332686
Site web quanticdream.com

Fonds propres 27 878 039 euros (2019)[3]
Dette 710 366 euros (2017)[3]
Chiffre d'affaires en augmentation 14 433 474 euros (2019)[3]
10 595 314 euros (2017)[3]
Résultat net en augmentation +5 615 106 euros (2019)[3]
−2 395 790 euros (2017)[3]

Quantic Dream est un développeur français de jeu vidéo fondé en 1997 et basé à Paris. Le studio est à l'origine de plusieurs jeux d'aventure tels que The Nomad Soul, Fahrenheit, Heavy Rain, Beyond: Two Souls ou encore Detroit: Become Human. Le studio a également collaboré à la production du long-métrage Immortal, ad vitam[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Ancien logo (1997-2019)

Les premiers jeux[modifier | modifier le code]

Compositeur de musique pour des éditeurs de jeux vidéo comme Sega, Nintendo ou encore Cryo Interactive, David Cage découvre l’univers du jeu vidéo lors d’une visite au CES de Las Vegas. Impressionné par le jeu Battle Arena Toshinden, il décide d’écrire un script de jeu vidéo. Il embauche plusieurs de ses amis et propose son projet à plusieurs éditeurs, ce qui l’amène à créer son propre studio de jeu vidéo en 1997[5].

Quantic Dream sort son premier jeu en 1999 sur PC et Dreamcast, Omikron: The Nomad Soul. Le jeu inclut des compositions musicales originales de David Bowie[6]. Ce titre permet au joueur d'évoluer dans un monde ouvert en 3D, avec un gameplay incluant phases de combat, de tir à la première personne, d'exploration et d'aventure. Il a reçu un accueil mitigé par la presse spécialisée[7],[8], et des retours plus critiques sur le manque d'aboutissement du jeu[9],[10]. Les ventes du jeu ont été décevantes.

En 2002, le studio développe son second jeu Indigo Prophecy ou Fahrenheit. Il est développé pour Xbox de Microsoft, PS2 de Sony et PC[11]. Son script final serait long de 2 000 pages selon son créateur. Edité par Atari et il sortira en . Il est accueilli favorablement par la critique[12].

La collaboration entre Quantic Dream et les Editeurs[modifier | modifier le code]

En 2007, le studio décide de donner l’exclusivité de ses productions à Sony[13]. En , le studio annonce qu'il décide de mettre fin au contrat d’exclusivité avec Sony afin d’accepter une prise de participation de NetEase[14].

En , Quantic Dream conclut un accord avec Epic Games et rompt ainsi sa continuité de développement avec Sony[15]. En , le studio devient son propre éditeur[16], et commercialisera d'autres jeux[17]. En , Quantic Dream rejoint le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL)[18].

Principales réalisations du studio[modifier | modifier le code]

1999 - Omikron : The Nomad Soul

2005 - Fahrenheit

2010 - Heavy Rain

2013 - Beyond Two Souls

2018 - Detroit : Become Human

Analyses[modifier | modifier le code]

Les réalisations de Quantic Dream ont fait l'objet d'analyses[19],[20],[21],[22],[23].

Capture de mouvement[modifier | modifier le code]

Discours de David Cage dans le studio de capture de mouvement de Quantic Dream (2017).

Quantic Dream se spécialise dans cette technologie, et collabore à des films d’animation comme Immortel, ad vitam. Le studio parisien effectue la capture de mouvement du film[24].

Le studio sortira plusieurs démos techniques[25], The Casting, Kara ou encore The Dark Sorcerer.

En 2007, Quantic Dream achète le système de capture de mouvement de Vicon[26].

En 2010, le studio rénove son plateau[27] et fait passer son nombre de caméras à 68, et il est désormais entièrement insonorisé[28] afin de favoriser la performance capture[29].

Controverses[modifier | modifier le code]

Style de David Cage[modifier | modifier le code]

Une partie de la presse spécialisée critique les capacités d'écriture de David Cage[30]. Terence Wiggings, de Paste Magazine, lui reproche surtout en 2017 une approche de ses personnages systématiquement empreinte de stéréotypes racistes envers les Noirs, et sexistes dans la représentation des personnages féminins[31]. Martin Robinson, sur Eurogamer dit s'être senti très mal à l'aise face aux scènes de violences domestiques contre femme et enfant omniprésentes dans Detroit: Become Human, et s'interroge sur les possibilités d'un traitement plus responsable de ces questions[32]. Pour Kyle Orland, de Ars technica, les quelques visuels magnifiques de paysages ne suffisent pas à compenser une narration décousue empilant de trop courtes scènes, des personnages sans cohérence interne, une accumulation de clichés, et une fausse interactivité, le résultat étant identique quelles que soient les décisions de jeu retenues[33]. Gaël Fouquet de Gamekult qui fait une analyse critique de Heavy Rain, salue les aspects techniques permis par le moteur du jeu, et donc le réalisme des personnages et des décors, mais regrette la prépondérance du narratif au détriment du gameplay, qui aboutit à « un jeu qui se déroule sans accroc pendant une dizaine d'heures, sans jamais donner envie au joueur de recharger sa partie ou sans lui donner la sensation d'avoir manqué quelque chose »[34].

Conditions de travail[modifier | modifier le code]

En , quatre employés démissionnent en raison de la circulation de photomontages qu'ils jugent dégradants pour eux, et demandent aux prud'hommes la requalification en licenciement par prise d'acte[35].

En , le studio est l'objet d'une enquête menée conjointement par Le Monde, Mediapart et Canard PC. Ceux-ci dénoncent les méthodes de management de l'entreprise : « une culture d’entreprise toxique, une direction aux propos et attitudes déplacés, des employés sous-considérés, des charges de travail écrasantes et des pratiques contractuelles douteuses »[36],[37],[38]. L'enquête est rapidement reprise par la presse internationale[39],[40],[41].

En , Quantic Dream porte plainte en diffamation contre Le Monde et Mediapart[42] qui maintiennent les informations avancées[43].

Deux des plaignants sont déboutés en 2017, un troisième obtient gain de cause en , le Conseil des Prud'homes estimant que l'entreprise avait délibérément laissé se poursuivre la diffusion des photomontages jugés « homophobes, misogynes, racistes, ou encore profondément vulgaires »[35],[44].

Le studio est condamné une seconde fois aux prud'hommes en 2019, à des dommages et intérêts, le tribunal notant que « l'employeur a commis une violation de l'obligation de sécurité » envers un de ses employés ayant été victime de harcèlement sur le lieu de travail, « sans que l'employeur, pourtant informé, ne réagisse ». Toutefois, le licenciement n'est pas reconnu[45],[46],[35].

Le 9 septembre 2021, Mediapart gagne définitivement en justice contre Quantic Dream [47].

Les juges estiment que « les journalistes disposaient, pour chacune des imputations, d’une base factuelle suffisante », qualifiant aussi le travail journalistique avec les expressions suivantes « bonne foi », « représente un but légitime d’information, et même un sujet d’intérêt général », « aucune animosité personnelle » [47]. Ils valident aussi l'existence de transactions financières non déclarées, le « vrai-faux licenciement » de Guillaume de Fondaumière, et des procédures de licenciement étrangement similaires [47].

Devant la Cour d'Appel de Paris, le 6 octobre 2021, une employée paye/rh obtient gain de cause aux prud'hommes contre Quantic Dream. Licenciée pour faute grave après la découverte des photomontages en 2017 et avoir refusé de signer une attestation dédouanant l'auteur des photomontages, son licenciement est requalifié en licenciement sans cause réelle et sérieuse, Quantic Dream refusera toute forme de médiation[48].

Tentatives de caviardage de l'article Wikipédia[modifier | modifier le code]

En , une enquête menée par des administrateurs de l'encyclopédie collaborative Wikipédia soupçonne plusieurs comptes contributeurs de la présente page d'être liés à des agences de communication visant à influer très favorablement l'image de l'entreprise[49].

Œuvres du studio[modifier | modifier le code]

Jeux développés[modifier | modifier le code]

Jeu Année
de sortie initiale
Plates-formes
The Nomad Soul 1999 Windows, Dreamcast
Fahrenheit 2005 PlayStation 2, Windows, Xbox, PlayStation 4, iOS, Mac, Linux
Heavy Rain 2010 PlayStation 3, PlayStation 4, Windows
Beyond: Two Souls 2013 PlayStation 3, PlayStation 4, Windows
Detroit: Become Human 2018 PlayStation 4, Windows

Compilations de jeux[modifier | modifier le code]

Compilation Année Plates-formes
Heavy Rain: Move Edition (compatible avec le PlayStation Move plus le DLC taxidermiste[50]) 2010 PlayStation 3
The Heavy Rain & Beyond: Two Souls Collection[51] 2016 PlayStation 4
The Heavy Rain, Beyond: Two Souls & Detroit: Become Human Collection (uniquement aux États-Unis[52]) 2018

Démos techniques[modifier | modifier le code]

Démo Année
The Casting 2006
Kara 2011
The Dark Sorcerer 2013

Jeux édités[modifier | modifier le code]

Jeu Développeur Année
de sortie initiale
Plates-formes
Dustborn Red Thread Games 2021 Windows, PlayStation 4, Xbox One

Films[modifier | modifier le code]

Film Année Réalisation Notes
Immortel, ad vitam 2004 Enki Bilal Capture de mouvement

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b In Dev With : Anne Devouassoux, 7 décembre 2016, Gamekult.
  2. Olivier Demangel, profil sur LinkedIn. Consulté le 8 décembre 2018.
  3. a b c d e f et g [1].
  4. Geoffrey Crété, « Le mal-aimé : Immortel (ad vitam), le pari fou et unique d'Enki Bilal », sur ecranlarge.com, (consulté le ).
  5. Marilys Vallet, « Quantic Dream : David Cage, le maestro de la console », sur lepoint.fr, (consulté le ).
  6. « “The Nomad Soul”, le jeu vidéo dans lequel “David Bowie s'était impliqué à fond”, est téléchargeable gratuitement », sur telerama.fr, (consulté le ).
  7. Gameblog, "The Nomad Soul, Expérience sensorielle et idéaliste".
  8. Jeuxvideo.com, "L'excellentissime The Nomad Soul offert en hommage à David Bowie", 18/01/2016, par Stéphane Jarno.
  9. (en) RyanM, « Omikron Review », sur GameSpot (consulté le ).
  10. (en) Jesse Hiatt, « Omikrud », Computer Gaming World, no 188,‎ , p. 143 (lire en ligne).
  11. « Fahrenheit : coup de chaud sur PC », sur gamekult.com, (consulté le ).
  12. « Test : Fahrenheit », sur jeuxvideo.com, (consulté le ).
  13. « Sony a annoncé la collaboration avec le développeur français Quantic Dream pour un nouveau titre destiné à la PS3. », sur generation-nt.com, (consulté le ).
  14. « Quantic Dream : NetEase s'offre une part minoritaire du studio parisien », sur Begeek.fr, (consulté le ).
  15. Jordan Servan, « Quantic Dream va produire un jeu narratif et social sur les smartphones », sur begeek.fr, (consulté le ).
  16. Clotaire Jacquier, « En tant qu'éditeur, Quantic Dream affirme être ouvert à tous les genres », Gamekult,  : Quantic Dream veut devenir un éditeur.
  17. « Quantic Dream est intéressé pour éditer des jeux de tous genres », sur jeuxvideo.com, (consulté le ).
  18. « Microids et Quantic Dream nouveaux adhérents du SELL », sur sell.fr (consulté le ).
  19. Lessard, J. (2009). Fahrenheit and the premature burial of interactive movies. Eludamos. Journal for Computer Game Culture, 3(2), 195-205.
  20. Koenitz, H., & Louchart, S. (2015). Practicalities and Ideologies, (Re)-Considering the Interactive Digital Narrative Authoring Paradigm. In FDG.
  21. Marti, M. (2012). Jeux vidéo et logiques narratives.
  22. Prouveur, O. (2017). L'émotion dans les jeux vidéo narratifs: pour une analyse du contrôle et de l'expérience vidéoludique.
  23. de la Maza, A. J. P. (2017). Possible Worlds in Video Games: From Classic Narrative to Meaningful Actions. Lulu.com.
  24. Geoffrey Crété, « Le mal-aimé : Immortel (ad vitam), le pari fou et unique d'Enki Bilal », sur ecranlarge.com, (consulté le ).
  25. Clara Hertzog, « Cinq ans plus tard, David Cage revisite Kara, la démo technique de Quantic Dream pour Detroit », sur playstation.com, (consulté le ).
  26. « Quantic Dream achète le système de motion capture de Vicon », sur generation-nt.com, .
  27. « Quantic Dream rénove son studio de MoCap », sur gamekult.com, (consulté le ).
  28. Quantic Dream : Le studio mo-cap fait peau neuve, Play3-Live, 13 décembre 2010.
  29. « Les coulisses de la Motion Capture chez Quantic Dream », sur dailymotion.com (consulté le ).
  30. (en) Ben Kuchera, David Cage wants you to believe his games have no meaning, 22 juin 2017, Polygon.
  31. (en) Terence Wiggins, David Cage's Message Is That David Cage Is a Bad Writer, 11 juillet 2017, Paste.
  32. (en) Martin Robinson, David Cage on Detroit and its depiction of domestic violence, 31 octobre 2017, Eurogamer.
  33. (en) Kyle Orland, Beyond: Two Souls review: Beyond awful, 10 août 2013, Ars Technica.
  34. Gaël Fouquet (Poischich), Test : Heavy Rain, 23 février 2010, Gamekult.
  35. a b et c William Audureau, « Le studio de jeux vidéo Quantic Dream condamné aux prud’hommes pour des photomontages », sur lemonde.fr, .
  36. William Audureau, Quantic Dream, un fleuron du jeu vidéo français aux méthodes de management contestées, 14 janvier 2018, Le Monde.
  37. Mathilde Goanec et Dan Israel, Les errements de Quantic Dream, pépite française du jeu vidéo, 14 janvier 2018, Mediapart.
  38. Maria Kalash, Drôle d’ambiance à Quantic Dream : Rififi au cœur d’un grand studio parisien, 14 janvier 2018, Canard PC.
  39. (en) Keith Stuart, « Game developer Quantic Dream accused of 'toxic' and 'sexist' working environment », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le ).
  40. (en) Ethan Gach, David Cage's Quantic Dream Accused Of Being A Toxic Workplace, 14 janvier 2018, Kotaku.
  41. (en) Owen S. Good, Workplace harassment charges jolt Quantic Dream, maker of Detroit: Become Human, 15 janvier 2018, Polygon.
  42. Steeve Mambrucchi (Jarod), Quantic Dream a porté plainte contre Le Monde et Mediapart, 23 avril 2018, Gamekult.
  43. (en) « David Cage's Quantic Dream sues French media outlets over negative coverage », https://www.pcgamer.com/,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  44. « Quantic Dream perd l'un de ses procès face à un ex-employé », sur JEU.VIDEO, (consulté le ).
  45. Dan Israel, « Quantic Dream condamné pour ses photomontages douteux », sur Mediapart (consulté le ).
  46. Thomas Pillon, « Quantic Dream : Le studio de David Cage condamné par les Prud'hommes de Paris », sur Gameblog, (consulté le ).
  47. a b et c La rédaction de Mediapart, « Mediapart gagne en justice contre Quantic Dream », sur Club de Mediapart, (consulté le ).
  48. « Dossier - Quantic Dream face à la justice : retour sur les conflits avec d'anciens salariés », sur www.gamekult.com, 2021-10-13cest17:30:00+0200 (consulté le )
  49. Thibault Prévost, « Sur Wikipédia, le business juteux du caviardage », arrêt sur images,‎ (lire en ligne) :

    « Pour Quantic Dream, les modérateurs parlent de "noyage d'infos critiques dans des milliers d'octets" - concrètement, l'ajout de tournures hagiographiques pour romancer le succès de l'entreprise. »

  50. Julien Hubert, « "Test : Heavy Rain Move Edition (PS3) », sur gameblog, (consulté le ).
  51. Julien BLARY, « "Test :TEST. The Heavy Rain and Beyond : Two Souls Collection sur PS4 », sur actugaming.net, (consulté le ).
  52. ChewbieFR, « "Une "Quantic Dream Collection" de sortie en Amérique du Nord », sur .jeuxvideo.com, (consulté le ).