Poste aux chevaux

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Poste aux chevaux représentée sur un timbre de la Sarre.

La poste aux chevaux est inventée en Chine, la technique se transmet au Mongols puis au monde arabe, avant d'être adoptée en Europe. En France, ce service est actif entre 1477 et 1873. Un système de livraison postale a existé à divers moments et divers endroits au cours de l'Histoire. Le terme est habituellement réservé à un réseau de services réguliers qui était fourni sous licence de l'État.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création chinoise[modifier | modifier le code]

Chakouyi (岔口驿马)

D'après Didier Gazagnadou, le plus vieux système de relais de poste aux chevaux connu est dû aux Chinois, dans l'Antiquité[1]. Ils mettent en place ce système pour transmettre plus efficacement les informations dans leur empire, avec un fort développement sous la dynastie Han[2]. L'existence d'un système à relais géré administrativement est attestée par des sources écrites (notamment le Tcheouli) aux IIIe et IVe siècles[3]. Sous la dynastie Tang, le service chinois des postes est très hiérarchisé : chaque relais a un directeur (yizhang), et les bâtiments comportent chevaux, ânes, mulets et/ou bateaux[4]. Les fonctionnaires chinois qui exercent dans ces relais y sont souvent contraints par le service de la corvée d'État. Ils exercent des fonctions de palefrenier, d'agents d'entretien, ou de responsables du bon fonctionnement des bateaux[4]. Des mulets et des ânes, moins rapides que les chevaux, sont mis à contribution quand ces derniers viennent à manquer[5].

D'après Caroline Puel, une race de chevaux chinoise est spécialement élevée pour le service des postes, le Chakouyi (岔口驿马)[6], dont le nom se traduit par « station de transmission par la route »[7].

Reprise par les Mongols[modifier | modifier le code]

La chronique dite Histoire secrète des Mongols laisse à penser que ce peuple connaissait le principe de la transmission des messages à cheval, mais sans avoir d'organisation administrative[8]. Les Mongols découvrent le système de relais Chinois pendant leurs invasions du XIIIe siècle. Lorsque Gengis Khan prend Pékin en 1215, il conserve les services administratifs chinois, et notamment la poste à relais[9]. L'utilisation de ce système joue un rôle majeur dans la transmission des informations dans l'Empire mongol, et donc dans son succès militaire[9]. L'alliance entre la culture nomade et le système administratif permet l'extension de l'Empire mongol sur une très vaste étendue[10]. À la différence de l'administration postale chinoise, celle des Mongols est cependant de nature militaire[11]. Sous le règne de Kubilay Khan, le système de postes mongols est centralisé[12]. Il semble que les relais de poste Mongols s'implantent en Iran et en Irak, puisque le chroniqueur persan Jovaynî fait mention de l'établissement des relais de poste mongols dans sa région[13].

Système syrien[modifier | modifier le code]

Ce système est implantée en Syrie, puis en Italie au XVe siècle.

Système français[modifier | modifier le code]

Les relais de poste apparaissent en France sous Louis XI, sous le nom de « Service des chevaucheurs du roi ». Ils sont cantonnés au Val de Loire jusqu'au début du XVIe siècle. Henri IV autorise le port des courriers privées au début du siècle suivant. Cette institution disparaît en 1873[14].

Système américain[modifier | modifier le code]

Assortiment de cachets du Pony Express. (1860)
Article détaillé : Pony Express.

Bien que très connu grâce à ses représentations culturelles (films westerns, BD de Lucky Luke...), le Pony Express américain n'a eu qu'une existence très brève, de 1860 à 1861.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gazagnadou 2013, p. 25.
  2. Gazagnadou 2013, p. 27.
  3. Gazagnadou 2013, p. 31.
  4. a et b Gazagnadou 2013, p. 35.
  5. Gazagnadou 2013, p. 37.
  6. Caroline Puel, « Où sont donc passés les chevaux chinois ? », dans Le petit livre du cheval en Chine, Favre, coll. « Caracole », , 205 p. (ISBN 978-2828903312), p. 33.
  7. (en) Bonnie Lou Hendricks (préf. Anthony A. Dent), « Chakouyi », dans International Encyclopedia of Horse Breeds, Norman, University of Oklahoma Press, , 486 p. (ISBN 080613884X et 9780806138848, OCLC 154690199, lire en ligne), p. 116-117.
  8. Gazagnadou 2013, p. 53.
  9. a et b Gazagnadou 2013, p. 45.
  10. Gazagnadou 2013, p. 51.
  11. Gazagnadou 2013, p. 52.
  12. Gazagnadou 2013, p. 56.
  13. Gazagnadou 2013, p. 63.
  14. « Les relais de poste », Le cheval et ses patrimoines.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Gazagnadou 2013] Didier Gazagnadou, La poste à relais en Eurasie : La diffusion d'une technique d'information et de pouvoir Chine - Iran - Syrie - Italie, éditions Kimé, (ISBN 978-2-84174-6-14-9)
  • [Hill 1994] (en) Mary C. Hill, The King's messengers 1199-1377 : a list of all known messengers, mounted and unmounted, who served John, Henry III, and the first three Edwards, Dover, DE, Alan Sutton Publishing, (ISBN 0-7509-0764-9)
  • [Jamaux-Gohier 2001] Théotiste Jamaux-Gohier, La poste aux chevaux en Bretagne (1738-1873), (ISBN 9782855541020)
  • [Scott 1999] (en) Priscilla Scott Cady, The English Royal Messengers Service, 1685-1750 : an institutional study, Lewiston, NY, Edwin Mellen Press, (ISBN 0-7734-7977-5)
  • [Walker 1938] (en) George Walker, Haste, Post, Haste! Postmen and Post-roads through the Ages, Londres, G.G. Harrap, , p. 274
  • Jean-Pierre Ducloyer, Alain Villéger et Michel Moret, Les Relais de la poste aux chevaux en Brocéliande