Pont du détroit de Kertch

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Pont du détroit de Kertch
Image satellite du détroit de Kertch franchi par le futur pont.
Image satellite du détroit de Kertch franchi par le futur pont.
Géographie
Pays Drapeau de la Russie Russie
Kraï Krasnodar
Sujet fédéral République de Crimée
Commune Kertch
Coordonnées géographiques 45° 21′ 30″ N, 36° 38′ 59″ E
Fonction
Franchit Détroit de Kertch
Fonction Pont routier et ferroviaire
Caractéristiques techniques
Longueur 18,1 km (pont ferroviaire)
16,9 km (pont routier) m
Hauteur 80 m
Hauteur libre 35 m
Construction
Construction décidée en mars 2014, commence en avril 2015
Mise en service fin 2018 ou 2019 (est.)

Géolocalisation sur la carte : Crimée

(Voir situation sur carte : Crimée)
Pont du détroit de Kertch

Géolocalisation sur la carte : Kraï de Krasnodar

(Voir situation sur carte : Kraï de Krasnodar)
Pont du détroit de Kertch

Géolocalisation sur la carte : Russie européenne

(Voir situation sur carte : Russie européenne)
Pont du détroit de Kertch

Le pont du détroit de Kertch (en russe : Мост через Керченский пролив, Most tcherez Kertchenski proliv ; en ukrainien : Міст через Керченську протоку, Mist tcherez Kertchens'kou protokou) est un pont en cours de construction traversant le détroit de Kertch, entre la péninsule de Kertch, en Crimée, à l'ouest, et la péninsule de Taman, dans le kraï de Krasnodar, en Russie, à l'est.

Histoire[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le 7 mars 1943, Hitler ordonne la construction d'un pont routier et ferroviaire au-dessus du détroit de Kertch, qui doit être édifié en 6 mois. L'organisation Todt commence les travaux en avril 1943, mais dès le 1er septembre 1943, de puissants bombardements forcent l'arrêt des travaux. Seul un tiers de l'ouvrage prévu avait alors été construit. Dans le cadre de la retraite allemande, le pont est alors dynamité.

Une pile du pont photographiée en 1944.

Un premier pont sur ce détroit est construit durant l'été 1944, après la libération de la Crimée par l'Armée rouge, en utilisant en partie les matériaux laissés par l'Organisation Todt. Ce pont est détruit par la glace lors de la débâcle six mois après sa mise en service, faute d'épis lors de sa construction.

Après la chute de l'URSS[modifier | modifier le code]

Si plusieurs propositions sont faites sous l'URSS, notamment dans les années 1960, aucune n'est sérieusement étudiée.

L'idée du pont de Kertch resurgit entre la Russie et l'Ukraine post-soviétiques. Le 25 avril 2010, les chefs d'État ukrainien Viktor Ianoukovytch et russe Dmitri Medvedev, ont signé un accord autorisant la construction du pont de détroit de Kertch. « Ce pont doit constituer un élément important d'une autoroute qu'il est prévu de construire autour de la mer Noire »[1]. La Russie souhaitait que le projet fût achevé avant les Jeux olympiques de 2014 qui se déroulaient à Sotchi[1].

Selon le projet initial présenté en 2010, le pont devrait être long de 4,2 km, large de 22 mètres et d'une hauteur de 50 mètres[2]. Il devrait être doté d'une autoroute, d'une ou deux voies ferrées et de trottoirs pour piétons[2].

Le rejet de l'accord d'association Ukraine-Union européenne en novembre 2013 entraîne un regain d'intérêt pour le projet de pont. À la fin de janvier 2014, les gouvernements ukrainien et russe ont décidé qu'une nouvelle société conjointe devrait être chargée de la construction et la société russe Rosavtodor (Russe: Росавтодор) de son exploitation. La construction est alors estimée à 5 ans pour un prix entre 1,5 et 3 milliards de dollars.

Après la crise de Crimée[modifier | modifier le code]

En mars 2014, à la suite de la crise de Crimée et du rattachement de la République de Crimée à la Fédération de Russie, la Russie annonce sa volonté de construction du pont. Le projet est doté d'un budget plafonné à 228,3 milliards de roubles, soit environ 2,9 milliards d'euros ou 3 milliards de dollars[3],[4]. Le chantier est confié le 30 janvier 2015[4] à Stroïgazmontaj, une entreprise russe spécialisée dans la construction et dirigée par Arkadi Rotenberg.

La construction du pont, routier à quatre voies[5] et ferroviaire à deux voies, commence en février 2016[6]. Malgré les sanctions internationales, le pont se construit rapidement[7] et son ouverture est prévue pour 2019. Ce pont est également un projet symbolique, destiné à matérialiser le rattachement de la Crimée à la Russie ; les ouvriers y travaillent par rotations 24 heures par jour afin de tenir les délais, et la construction se veut entièrement russe[5].

La traversée, qui passe notamment par l'île de Touzla, aura une longueur de 19 km, pour une hauteur du tablier maximale de 35 mètres[6].

En septembre 2017, l'annonce que deux sociétés néerlandaises ont contribué à la construction du pont, alors que des sanctions sont en place, fait débat[8]. Selon les juristes spécialistes du domaine, la participation, même indirecte, d'une entreprise néerlandais à la construction de ce pont est en effet une violation des sanctions[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Moscou-Kiev : construction d'un pont reliant la Crimée au Caucase », RIA Novosti, 26 octobre 2010.
  2. a et b « Pont entre Russie et Ukraine : un projet onéreux, mais nécessaire (Medvedev) », RIA Novosti, 15 octobre 2013.
  3. « Ukraine. Un pont reliant la Crimée et la Russie à 3 milliards de dollars », ouest-france.fr, 19 mars 2014.
  4. a et b « Russie : la construction du pont reliant la Crimée confiée à Stroïgazmontaj », sur ville rail transport, (consulté le 11 décembre 2017)
  5. a et b Étienne Bouche, « Crimée: projet de pont du détroit de Kertch, symbole du rattachement à la Russie », sur RFI,
  6. a et b Le pont de Kertch: Derrière la prouesse technique, le geste politique , Céline Bayou, Regard sur l'Est, 20 septembre 2016
  7. « En Crimée, le « pont Poutine » se construit en un temps record », sur La Croix (consulté le 25 mars 2017)
  8. (nl) « Nederlandse bedrijven bouwen mee aan omstreden brug naar de Krim », sur NPO radio, (consulté le 27 septembre 2017)
  9. (nl) Rob Berends, « 'Hele brug naar Krim valt onder sancties EU' », sur gelderlander.nl, (consulté le 27 septembre 2017)