Pierre Odéon

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Pierre Perrin
Pierre Odéon
Image illustrative de l'article Pierre Odéon

Naissance 5 mai 1903
Pontivy (Morbihan)
Décès décembre 1977
Paris
Première incarcération 1921, six mois pour antimilitarisme
Origine français
Cause défendue libertaire
antimilitarisme
internationalisme
Miguel García Vivancos, Juan García Oliver, Louis Lecoin, Pierre Odéon, Francisco Ascaso et Buenaventura Durruti à Montjuïc (Barcelone) en mai 1931.

Pierre Odéon pseudonyme de Pierre Perrin, né le 5 mai 1903 à Pontivy (Morbihan) et mort en décembre 1977 à Paris, est un militant communiste libertaire, objecteur de conscience, insoumis et administrateur du journal Le Libertaire[1].

Anarchiste et antimilitariste[modifier | modifier le code]

En 1921, responsable des Jeunesses anarchistes il est arrêté pour une affiche incitant à « la désobéissance aux ordres de mobilisation » et, en cas de guerre, à l’insurrection. Condamné à six mois de prison, sa peine est confirmée en appel.

Responsable, en 1922-1923, de la Jeunesse communiste anarchiste, il milite à l'Union anarchiste jusqu'en 1926, puis à l'Union anarchiste communiste révolutionnaire à partir de 1928[2].

Convoqué le 7 octobre 1929 pour accomplir une période militaire de réserve, il ne s'y rend pas et est arrêté en décembre 1929. Le 29 janvier 1930, il se déclare objecteur de conscience devant le tribunal militaire qui le condamne à un an de prison. Interdit de visites, il entame avec d’autres insoumis ou objecteurs de conscience, une grève de la faim et obtient satisfaction au bout de deux semaines, notamment du fait d'une campagne d’opinion publique contre le « bagne militaire de Paris » du Cherche-Midi.

Le 15 décembre 1930, il est libéré et s’engage activement dans la lutte pour la reconnaissance de l’objection de conscience et au Comité d'action contre les prisons militaires.

Révolution espagnole[modifier | modifier le code]

Il collabore au journal Le Libertaire et fonde, en 1934, le journal anarchiste Le Tocsin - Contre tous les fascismes - Pour la liberté[3].

Dès le début de la révolution sociale espagnole de 1936, il fonde avec Louis Lecoin et Nicolas Faucier le Comité pour l'Espagne Libre[4]

Il accompagne les camions de vivres et d'armes en Espagne, sans cesse sur les routes entre Paris et l'Aragon, via Barcelone[5],[6]

Il participe à la création de la Centurie Sébastien Faure de la Colonne Durruti (CNT-AIT), puis en février 1937, à l'organisation de la Colonie Ascaso-Durruti, un orphelinat financé à Llançà non loin de la frontière française, par le Comité pour l'Espagne libre[7].

Déportation[modifier | modifier le code]

Pendant l’Occupation, il est arrêté, semble-t-il pour avoir insulté des gradés allemands dans un café, et déporté au camp de concentration nazi de Buchenwald et aux mines de sel de Wansleben am See.

Il rentre en France en août 1945[8] où il crée un bulletin de liaison entre les familles de disparus.

Il est décoré de la Légion d’honneur[9].

Le 2 novembre 1946, il participe, avec de nombreux autres déportés français et espagnols à la manifestation tenue Salle des sociétés savantes pour « protester contre le régime d’oppression qui subsiste toujours en Espagne et honorer les milliers d’Espagnols morts pour la cause de la liberté ».

Commentaire[modifier | modifier le code]

Lorsqu’il défend Pierre Odéon, en 1930, arrêté pour avoir refusé d’être réserviste, Louis Lecoin écrit : «  Odéon sait très bien que le problème social à la solution duquel nous travaillons, ne sera résolu que par la révolution. Je ne pense pas qu’en attendant cette révolution, il soit interdit d’agir individuellement, selon ses goûts, sa force de volonté et son ouvrage ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Maitron, Le mouvement anarchiste en France, de 1914 à nos jours, tome 2, Paris, Gallimard, 1992.
  • Nicolas Faucier, Souvenirs d'un permanent anarchiste, 1927-1929, Paris, Éditions Ouvrières, 1973[10].
  • (en) David Berry, French anarchists in Spain, 1936-1939, Oxford University Press, 1989, p. 427-465[11].

Notices[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fabrice Magnone, Le Libertaire (1917-1956) Autopsie d'un organe anarchiste, doctorat en histoire, 1998, Université de Nice, 1998, lire en ligne.
  2. Fabrice Magnone, Le Libertaire (1917-1956) Autopsie d'un organe anarchiste, doctorat en histoire, 1998, Université de Nice, 1998, lire en ligne.
  3. Centre International de Recherches sur l'Anarchisme (Lausanne) : Le Tocsin.
  4. Thierry Maricourt, Histoire de la littérature libertaire (en France), Albin Michel, 1990, page 141.
  5. Lucien Seroux, Parcours croisés : Nicolas Faucier, Louis Lecoin et May Picqueray, intervention aux IXèmes Rencontres du Front libertaire, Saint-Nazaire, 27 mai 2006, texte intégral.
  6. David Berry, Amedeo Bertolo, Sylvain Boulouque, Phil Casoar, Marianne Enckell, Charles Jacquier, Présence de Louis Mercier, Éditions Atelier de création libertaire, 1999, page 16.
  7. Collectif, Tant pis si la lutte est cruelle, volontaires internationaux contre Franco, Paris, Syllepse, 2008, page 232
  8. Georges Fontenis, Changer le monde : histoire du mouvement communiste libertaire, 1945-1997, Éditions Le Coquelicot/Alternative libertaire, 2000, page 185.
  9. Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : notice biographique.
  10. Notice Centre International de Recherches sur l'Anarchisme (Lausanne) : lire en ligne.
  11. Notice Centre International de Recherches sur l'Anarchisme (Lausanne) : lire en ligne.