Peleliu (État)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Peleliu.
État de Peleliu
Drapeau
Drapeau
Carte de l’État.
Carte de l’État.
Administration
Pays Drapeau des Palaos Palaos
Capitale Kloulklubed
Gouverneur Temmy Shmull
2013-en cours
Démographie
Population 702 hab. (2005)
Densité 54 hab./km2
Géographie
Coordonnées 7° 01′ 31″ nord, 134° 15′ 24″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 75 m
Superficie 1 300 ha = 13 km2
Divers
Date de création 1983
Langues anglais, paluan
Localisation
Carte de l’État de Peleliu.
Carte de l’État de Peleliu.

Peleliu est l'un des seize États qui forment les Palaos. Il est situé au sud-ouest des îles Chelbacheb qui font partie de l'État de Koror.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom natif de l’État est Beliliou, composé de beluu (dont le sens peut aller de « terre » (par opposition à l’eau), à « pays », « lieu » ou « village ») et du diminutif en eou[1]. Il est possible aussi d'y voir le mot blai signifiant « maison »[1]. Le sens général du mot serait « terre sous le vent »[2].

Le nom poétique Odesangel désigne également l'île[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Géographie physique[modifier | modifier le code]

L’État se situe à environ 48 km au sud de Koror[3]. Il est composé de plusieurs îles dont deux seulement sont habitées. L'île principale, Peleliu est un atoll surélevé bordée à l’est, au sud et à l'ouest par un récif proche de ses côtes. Au nord, un espace de transition, un estran, occupé par deux mangroves, donne sur le lagon.

Quelques élévations existent, à l'ouest de Peleliu, et portent les noms de Beach Ridge, Bloody Nose Ridge et Amangial Ridge. Le point culminant de l’État, le Rois Kar, se trouve au centre-ouest de l'île de Peleliu. Il atteint 75 mètres d'altitude. Il est suivi par le Roischemiangel, qui culmine à 62 mètres. Les autres collines notables sont : Five Brothers (60 mètres), Ngedechelabed (55 mètres), Rois Omleblochel (10 mètres), Hill 80 et Hill B.

Au sud-est de l’État, les mangroves s'étendent et englobent Ngetengchau, Ngurungor et Ruriid. L'île de Telkakl, au sud de Peleliu est maintenant reliée à l'île principale dans le cadre de la construction du port sud de Peleliu. À l'inverse, la péninsule Omidkill semble désormais détachée de l'île principale. Les principales îles se trouvent au nord-ouest, sur le récif. La seule autre île habitée, occupée par le Carp Island Resort, est Ngercheu, l’île principale du groupe d'îles du même nom. À l’est, le récif frangeant oriental de Peleliu, se dirigeant vers le nord, compte plusieurs petites îles et, au nord, les rochers Ngereklim, marquant la frontière entre Koror et Peleliu.

Île Superficie (km2) Population (2000, 2005 pour Peleliu) Coordonnées
Peleliu 17,7 705 6° 59′ 34,8″ N, 134° 13′ 55,2″ E
Ngercheu
(Îles Ngercheu)
0,93
(1,38)
50
(50)
7° 05′ 38,22″ N, 134° 16′ 44,65″ E
(7° 05′ 51,02″ N, 134° 16′ 11,1″ E)
Ngesebus 0,95 0 7° 03′ 21,31″ N, 134° 15′ 31,25″ E
Ngurungor 0,54 0 7° 00′ 56,2″ N, 134° 16′ 00,731″ E
Kongauru 0,34 0 7° 03′ 48,92″ N, 134° 16′ 28,42″ E
Ngebad  ? 0 7° 01′ 16,03″ N, 134° 16′ 19,52″ E
Belualasmau (Murphy) 0,02 0 7° 03′ 54,97″ N, 134° 16′ 56,75″ E
Ngerkersiul 0 7° 02′ 09,38″ N, 134° 17′ 49,31″ E
Ngeruchubtang 0 7° 05′ 06,18″ N, 134° 19′ 53,04″ E
Ngesuall 0 7° 01′ 00,23″ N, 134° 16′ 12,65″ E
Ngetengchau 0 7° 00′ 04,57″ N, 134° 15′ 09″ E
Ngkeuall 0 7° 03′ 29,81″ N, 134° 16′ 33,42″ E
Oimaderuul 0 7° 03′ 11,38″ N, 134° 15′ 27,72″ E
Ruriid 0 7° 01′ 56,53″ N, 134° 16′ 06,78″ E
Telkakl 0 6° 58′ 55,81″ N, 134° 13′ 26,58″ E

Géographie administrative[modifier | modifier le code]

L’État a pour capitale Kloulklubed[4]. Les autres zones habitées sont Koska, Imelechol et le Resort de Ngercheu.

Selon la Constitution, les villages traditionnel de Peleliu sont Ngerdelolk, Ngesias, Ngerchol, Ngerkeukl et Teliu[5]. Cependant, la plupart n’ont pas été reconstruit après la bataille de Peleliu et ceux-ci servent désormais à identifier les personnes de Peleliu[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Découverte par les Occidentaux[modifier | modifier le code]

La première fois que Peleliu, Babeldaob, et Koror ont été aperçues par les Occidentaux fut lors de l'expédition espagnole de Ruy López de Villalobos à la fin de janvier 1543. Elles furent alors inscrites sur les cartes sous le nom de Los Arrecifes (« les récifs » en espagnol)[7].

Domination espagnole[modifier | modifier le code]

En novembre et en décembre 1710, ces trois îles furent visitées et explorées par l'expédition de missionnaires espagnoles menés par le sergent-major Francisco Padilla à bord du patache Santísima Trinidad. Deux ans plus tard, elles furent explorée en détail par l'expédition de l'officier de la marine Bernardo de Egoy[8].

Au XIXe siècle av. J.-C., le dernier village de l’État, Teliu, fut établi sur des terres octroyés par le chef de Ngesias aux réfugiés venant d'Angaur et qui s'étaient établis à Ngerdelolk[9].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Période allemande (1899-1914)[modifier | modifier le code]

Après sa défaite dans la guerre hispano-américaine, l'Espagne vendit les Palaos (dont Peleliu) à l'Allemagne en 1899.

Période japonaise (1914-1944)[modifier | modifier le code]

En 1914, le contrôle des îles passa au Japon.

À la fin des années 1930, l'administration japonaise détruisit les villages de Ngerkeukl et Teliu pour construire l'aérodrome de Peleliu[6],[9].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Fin 1944, l'État est le théâtre d'une des plus sanglantes batailles du front Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale : la bataille de Peleliu. Celle-ci s'est déroulée sur les rivages de Peleliu, épargnant les autres îles de l'État. Elle implique des unités de l’United States Marine Corps et de l’United States Army face à l'armée impériale japonaise. La bataille fut brutale notamment parce que, à cette époque, l'armée japonaise avait développé des tactiques de défense insulaire impliquant d'importantes fortifications dans les grottes et formations rocheuses de l'île, qui permettait ainsi une défense en profondeur maximisant les pertes sur les forces attaquantes. Des pertes furent à déplorer dans les deux camps : plus de 2 000 Américains et près de 10 000 Japonais perdirent la vie. Il n'y eu étonnamment pas de perte civile parmi les natifs des Palaos car ceux-ci avaient été évacué sur d'autres îles.

Les ruines d'installations militaires de l'époque, telle que la piste d’atterrissage, sont encore intacte, et des épaves de la bataille sont visibles sous l'eau le long des côtes. Des monuments dédiés aux morts américains et japonais sont présents sur l'île.

Période américaine (1944-1978)[modifier | modifier le code]

La période américaine commence officieusement en 1944 avec l'occupation de l'île par les forces armées.

Peleliu passa officiellement sous tutelle américaine sur décision des Nations unies en 1947 en tant que Territoire sous tutelle des îles du Pacifique.

Indépendance[modifier | modifier le code]

Les Palaos devinrent indépendantes en 1978 et Peleliu fut alors organisé en État au sein de la nouvelle république.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En août 2014, Peleliu accueillit le « lieu de retraite » des chefs d’États lors du 45e Forum des îles du Pacifique, réunissant alors 15 chefs d'État[10].

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Constitution de l'État de Peleliu.

L’État est dirigé par un gouverneur[11], élu pour un mandat de trois ans renouvelables trois fois consécutivement au plus[12]. Depuis le 1er janvier 2013, le gouverneur est Temmy Shmull[13].

Le pouvoir législatif est confié à la Législature de Peleliu[14]. Elle est composée de 15 membres : 5 chefs des villages composant l’État, et 10 membres élus pour trois ans (5 dans tout l’État, 5 autres élus dans chacun des villages)[15].

Il n'y a pas de système judiciaire propre à Peleliu, lequel est intégré au système judiciaire unifié des Palaos. L'article dispose toutefois que l’État peut créer une Cour des traditions et des coutumes[16].

Populations et sociétés[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population[modifier | modifier le code]

Évolution démographique de l’État de Peleliu
1920 1925 1930 1935 1946 1958 1967 1970 1973
582 629 641 716 834 679 682 759 657
1980 1986 1990 1995 2000 2005 - - -
609 545 601 575 571 702 - - -

Habitats[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

L’État compte, sur l'île de Peleliu une école : la Peleliu Elementary School (école élémentaire de Peleliu)[17]. Créée en 1946, elle fut construite en bois, avec un toit en aluminium et un sol en béton[17]. À l'origine, l'école accueillait des élèves allant de 6-7 ans à 11-12 ans (grade 1 à grade 2) puis les élèves plus âgés devaient se rendre à Koror[17]. Cependant, en 1966, un nouveau bâtiment fut construit ce qui permit aux étudiants de rester sur Peleliu jusqu'à leur 13-14 ans (grade 8)[17].

Le premier directeur de l'école s'appelait M. Tellei (de 1946 à 1947) puis il fut remplacé par Kulas Sengebau (1946-1983)[17].

Les matières enseignées sont : les mathématiques, l'anglais, les sciences, les sciences sociales et la lecture du paluan. Des cours de sports sont également prévus l'après-midi[17].

Transport[modifier | modifier le code]

Du fait de sa proximité avec l'île de Koror, l’État est relativement facile d'accès. Deux moyens de transports sont possibles : en avion et en bateau[18].

L'avion accomplit des liaisons trois jours par semaine, les mardis, vendredis et dimanches[18].

Il est également possible de s'y rendre en bateau. Le bateau de l’État, l’Odesangel-Dil, fait le voyage (payant) en deux heures tous les jours de la semaine dans un sens (sauf le mercredi ou il fait l'allée-retour et le samedi ou il n'y a pas de bateau)[18]. Il est également possible de s'y rendre en empruntant un bateau privée notamment les clubs de plongées ou les locaux font parfois le trajet[18].

Économie[modifier | modifier le code]

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Religion[modifier | modifier le code]

La divinité protectrice de l'île est le chelid Ngirabeliliou qui siégeait à Ngerdelolk[19].

Drapeau[modifier | modifier le code]

Drapeau de l’État.

Le bleu représente l'océan et le ciel ; l'or représente la matière du même nom et la monnaie ; et le rouge représente le tarirou, un habit rouge sacré de Modekengei[20], ainsi que le sang des habitants de Peleliu[21].

L'oiseau, un pigeon, représente Ngeriab Belochel qui a pondu des œufs d'or donnant naissance à la monnaie et les cinq étoiles représentent les cinq villages de l’État[21].

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Murray 2016, p. 26
  2. a et b Murray 2016, p. 28
  3. Hollywood 2006, p. 91
  4. Article 11, section 1 de la Constitution
  5. Article 11, section 2 de la Constitution
  6. a et b Knecht, Price et Lindsay 2012, p. 7
  7. Burney 1813, p. 233
  8. Coello 1885, p. 296
  9. a et b Murray 2016, p. 45
  10. Calendar of Events – Palau PIF. Retrieved 21 January 2015.
  11. Article 7, section 1 de la Constitution
  12. Article 7, section 3 de la Constitution
  13. http://www.worldstatesmen.org/Palau_States.html#Peleliu
  14. Article 8 de la Constitution
  15. Article 8, section 1 de la Constitution
  16. Article 9 de la Constitution
  17. a, b, c, d, e et f Ministère de l’éducation
  18. a, b, c et d Hollywood 2006, p. 92
  19. Murray 2016, p. 31
  20. Josephs 1990, p. 316
  21. a et b Pacific Digital Library - Drapeau

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documents officiels[modifier | modifier le code]

  • Constitution de Peleliu, (lire en ligne)
  • (en) Bureau du budget de la planification, Census Monograph Report, Ministère des Finances, (lire en ligne)

Ouvrages et articles[modifier | modifier le code]

  • (en) James Burney, A chronological history of the discoveries in the South Sea or Pacific Ocean, vol. I, Londres,
  • (es) Francisco Coello, « Conflicto hispano-alemán », Boletín de Sociedad Geográfica de Madrid, Madrid, vol. XIX,‎
  • (en) Mike Hollywood, Papa Mike's Palau Islands Handbook, iUniverse, , 160 p. (ISBN 9780595376070), p. 90 à 97
  • (en) Lewis S. Josephs, New Paluan-English Dictionary, University of Hawaii Press, , 497 p. (ISBN 9780824813451, lire en ligne)
  • (en) Rick Knecht, Neil Price, Gavin Lindsay et al., Final Report : WWII Battlefield Survey of Peleliu Island, (lire en ligne)
  • (en) Stephen C. Murray, The Battle Over Peleliu: Islander, Japanese, and American Memories of War, University of Alabama Press, , 278 p. (ISBN 9780817318840)

Sites internet[modifier | modifier le code]

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]