Hatohobei

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Ne doit pas être confondu avec l’île de Tobi (Hatohobei) et le village de Hatohobei.

État de Hatohobei
Drapeau de État de Hatohobei
Drapeau
Hatohobei
Carte de l’État de Hatohobei aux Palaos.
Administration
Pays Drapeau des Palaos Palaos
Capitale Hatohobei
Gouverneur Juana Nestor
Démographie
Gentilé tobien
Population 25 hab. (2015)
Densité 8,3 hab./km2
Géographie
Coordonnées 3° 00′ 21″ nord, 131° 07′ 26″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 2,4 m
Superficie 300 ha = 3 km2
Localisation
Localisation de État de Hatohobei

Hatohobei est l'un des seize États qui forment les Palaos. D'une superficie de 3 km2, il est peuplé de 25 habitants (en 2015), ce qui fait de lui l'État le moins peuplé du pays.

Géographie[modifier | modifier le code]

Géographie physique[modifier | modifier le code]

L'État de Hatohobei est constitué de l'île de Hatohobei (ou « Tobi ») et des récifs Hotsarihie (ou « Helen Reef ») et Pieraurou (ou « Transit Reef »)[1], tous situés dans l'océan Pacifique. Avec les îles de l'État de Sonsorol, elles forment les îles du sud-ouest des Palaos.

L'île de Hatohobei se trouve à 640 kilomètres au sud-ouest de Koror, l'État le plus peuplé des Palaos, à 640 kilomètres au sud-est de Mindanao aux Philippines et à 320 kilomètres au nord-est de Halmahera en Indonésie.

Géographie administrative[modifier | modifier le code]

L’État ne divise pas ses îles en municipalités. Les deux îles « au-dessus du niveau de la mer » sont habitées. Hatohobei est la plus peuplée et est le siège du gouvernement de l’État. Elle n'est toutefois pas élevée au rang de capitale. L'île Helen est une petite île située au nord du Helen Reef, simple dune de sable occupée par une dense forêt, elle est habitée par trois résidents de la Marine Ranger Station.

Numéro Île Village Superficie (km2) Population (2005) Coordonnées
1 Hatohobei Hatohobei 0,85 ~41 3° 00′ 22″ N, 131° 07′ 26″ E
2 Helen Reef/Hotsarihie aucun (Marine Ranger Station) 0,03 3 2° 57′ N, 131° 47′ E
3 Transit Reef/Pieraurou aucun (île fantôme) 2° 47′ N, 132° 32′ E

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant l'arrivée des Européens : le mythe de la fondation[modifier | modifier le code]

Des artéfacts ont été retrouvés sur l'île, dont des figurines en pierre, des gouges, et des herminettes[2]. Ces artéfacts indiquent un peuplement ancien de l'île. Selon la tradition orale, la personne ayant découvert l'île et qui devint son premier chef était une femme venant de Fais (en Micronésie) nommée Ramoparuhe[3]. Fuyant une guerre sur l'île de Fais, elle vint directement sur l'île de Tobi avec son mari Yongoihari et son père Tahabech. Les détails sur le voyage sont peu connus, seuls certains éléments sont indiqués : notamment que le voyage s'est fait en canoë, qu'elle mangeait de la nourriture sur un morceau de chaume à la nouvelle lune et que leur dieu s'appelait Mabuwat[3]. De même, il n'est pas mentionné d'équipage. Selon la légende, ils seraient arrivés à Tobi par l'ouest et auraient, une fois à terre, enterré une coquille de palourde près de la plage. La légende décrit l'île de Tobi d'alors, plus petite (selon Mohitsho, elle avait une taille équivalente à l'île Helen du Helen Reef) et avec un seul arbre, appelé Moh[3].

Les trois firent deux allers-retours entre Fais et Tobi. La deuxième fois, lorsqu'ils arrivèrent, Souhopit, le frère de Ramoparuhe, se trouvait sur l'île, qu'il revendiquait[3]. Afin de déterminer l'auteur de la découverte, Rampoparuhe alla montrer sa coquille de palourde cependant, sous la coquille, ils trouvèrent un morceau de chaume que Souhopit revendiqua être sien[3]. Estimant que son frère avait triché, elle le chassa de l'île. Peu après, son père retourna sur Fais et, revenant vers Tobi, s'arrêta sur l'île de Melieli où il vit Souhopit, qui l'avait découvert. Toujours en colère avec sa sœur, il menacera de la tuer si celle-ci venait à venir sur son île quelques années plus tard.

Finalement, Ramoparuhe resta sur l'île avec son mari tandis que son père retourna définitivement sur Fais. Elle eut un premier fils, Yango, son héritier. Six autres enfants naquirent, et créa cinq clans pour eux. Peu de temps après, une femme appelée Roubah arriva sur Tobi depuis Woleai. Son fils devint le chef du sixième clan. Enfin Ramoparuhe et son fils Yango prirent le septième clan[3].

Un habitant de l'île de Fais nommé Uwedog, âgé de 75-80 ans en 1973, donna une version similaire de la légende mais attribue le nom de Lifarpaluy à Ramoparuhe. La légende diffère également sur la raison de son arrivée à Tobi : en route pour Yap, elle aurait dérivé vers Hatohobei. Uwedog serait lui-même un descendant de la sœur de Lifarpaluy, nommée Marechim. Connaissant sa généalogie depuis Marechim, Uwedog a permis déterminer le nombre de génération le séparant de la découvreuse supposée de Tobi. En supposant 25 ans pour chaque génération, l'anthropologue Donald H. Rubinstein estime les dates de naissances de Marechim et Lifarpaluy vers 1690-1700[4].

Découverte par les Européens : période anglaise (1710-1901)[modifier | modifier le code]

L'île de Hatohobei ne semble avoir été aperçue par les Occidentaux qu'en 1710 par le capitaine britannique Woodes Rogers lors d'un voyage de Ternate à Guam[5],[6].

Le 5 avril 1794, le navire britannique Helen mené par le capitaine George Seton vit Tobi. Le journal de bord cite des lumières et des habitations. Le navire aperçu aussi un récif qu'ils nommèrent « Helen Reef »[7].

En 1832, le Mentor, navire dont le capite était Edward C. Barnard et sur lequel se trouvait Horace Holden et Benjamin Nute, s'échoue sur un récif et l'équipage est récupéré par des indigènes qu'ils identifient comme des Tobiens, du fait du nom de l'île dans leur langue que Holden retranscrit Tobee[8]. Ils restent de 1832 à 1834 sur l'île[9]. Ils apportent les premières traces écrites du tobien[9]. Un anglais était présent sur l'île au moment de leur arrivée, nommé Charles Washington de Manchester, d'où il était parti sur un navire en 1800[10].

Le 9 décembre 1835, l’USS Vincennes arrive à Hatohobei[11]. Robert Lee-Wright Browning, lieutenant sur le navire, décrit dans son journal sa première rencontre avec les Tobiens, vivant nus et portant les cheveux longs[12]. Ils rencontrèrent l'une des personnes présentes sur le Mentor en 1832, un prince aracolonien des Palaos nommé Haback. Haback leur raconta alors l'évacuation de Barnard, qui a eu lieu « six lunes » après être arrivé sur Tobi. Le navire en question est le navire marchand Sabina, se rendant vers Macao, qui s'arrêta sur l'île le 3 février 1933 et prit deux des survivants du Mentor, Barnard et Bartlett Rollins[7]. Le reste de l'équipage du subsister au mieux, se nourrissant de noix de coco mais finissant par tomber malade[12]. Ce n'est que « 40 lunes » après qu'un nouveau bateau passa et prit les « hommes blancs malades », laissant Haback, dernière personne à être venu sur Tobi par le Mentor, seul. Quelque temps plus tard, un nouveau navire, se rendant à Londres passa, mais ne fit pas de détour pour déposer Haback sur son île[12].

Browning décrit l'île comme densément couverte de cocotiers, dont le fruit serait l'une des seules sources de nourriture des Tobiens[13], avec le taro, quelques poissons et parfois, mais rarement, des tortues[14]. Il décrit également des huttes, dont l'entrée est petite, et à l'intérieure de celles-ci des paniers, d'une petite plateforme de feuilles de cocotiers et d'herbes séchées pour dormir, une noix d'eau potable et une autre d'huile de coco. Ils disposaient de paniers profonds pour pêcher les poissons[13].

Le « village » central est alors organisé en un petit groupe de huttes au centre desquelles se trouve un espace religieux composé d'un toit et d'un sol constitué de grande planche[13]. Au fond se trouvait une sorte d'« autel » et neuf statues humaines en bois, dont sept étaient des femmes[15]. Au centre du toit était suspendu un double canoë miniature[15].

Horation Hale en 1846, Horace Holden apporta des précisions sur la divinité dont il avait observé la vénération. Toujours selon Holden, les Tobiens auraient adopté cette religion par l'intermédiaire d'un homme de « couleur cuivre comme eux », nommé « Pita-kät », qui serait venu longtemps auparavant depuis Ternate avec des images explicites représentant la divinité. Le bâtiment religieux porte le nom de « vere yaris »[14],[16].

Il décrit également les armements des Tobiens : des lances en cocotier dont la pointe est incrustée de dents de requin de « 10 à 20 pieds de long » et lourdes[14]. Certaines maisons, bien que petites, semblaient avoir deux étages, dont la partie supérieure était accessible par un trou[14]. Les ornements qu'ils portaient allaient de feuilles pliées aux oreilles à un collier fait de coque de noix de coco et de petit coquillage blanc[14]. Enfin, les mots étaient alors placés sur un canoë et envoyés au large, à l'exception notable des très jeunes enfants[14]. Hale explique cela par un possible souhait que le canoë transporte le décédé vers la terre des esprits[14].

Période allemande (1901-1914)[modifier | modifier le code]

Groupe de personnes sur l'île de Tobi. Scène de pêches et enfants. Photo prise durant l'expédition Thilenius (1908-1910).
Hommes dansant sur l'île de Tobi. Photo prise durant l'expédition Thilenius (1908-1910).

La saisie de l'île de Tobi et de Helen Reef est ordonnée le 6 décembre 1900 par le ministère des Affaires étrangères prussien au gouverneur Rudolf von Bennigsen au motif de sécuriser le passage des câbles sous-marins allemands afin de permettre la transmission des messages des postes impériales allemandes. L'ordre demande ainsi « de lever le drapeau sur les îles spécifiées à bord du Stephan ». Le navire Stephan, de petite taille et ne pouvant donc transporter beaucoup de charbon alla dans un premier temps saisir les îles de Sonsorol puis revint sur Yap indiquant que le bateau pourrait éventuellement se rendre jusqu'à Tobi mais devrait repartir immédiatement et que la saisie du Helen Reef ne pouvait se faire que si une partie du récif émerge au-dessus du niveau de la mer[17].

Partant de Yap le 9 avril 1901, le Stephan, à la tête duquel se trouve l'administrateur du district Arno Senfft, parvient finalement sur l'île de Hatohobei le 12 avril suivant. Ne pouvant jeter l'ancre, le gouverneur se rendit sur l'île dans un plus petit bateau. L'un des chefs conduisit alors le gouverneur devant l'une de ses maisons, devant laquelle il dressa le drapeau allemand. Le gouverneur estime alors qu'il se trouve entre 500 et 600 Tobiens sur l'île[17]. Le navire se rend ensuite vers le Helen Reef pour le saisir. Il décrit alors quelques îles de sables, qui changent en taille et en nombre en fonction des mouvements du sable[17]. Senfft suggéra lors de son voyage que la forte population de Tobi permettrait de repeupler les îles de Yap et de Palaos, alors en déclin démographique. Il ramena nombre de Tobiens vers ces îles[16].

En 1904, un typhon passa au nord de l'île de Tobi. Georg Fritz, un officiel du district de Saipan, s'y rendit en 1906 afin de vérifier s'il y avait eu des dégâts. Il constata que la population s'élevait à près de 1000 habitants mais que ceux-ci semblaient souffrir de malnutrition. Fritz conclut que la cause de cela était le fait que la capacité d'accueil de l'île était dépassée. Il entreprit alors de proposer aux habitants qui le souhaitaient une relocalisation sur les îles de Yap et de Palaos, ce qui permettrait également de repeupler ces deux îles. Finalement, seules 48 personnes acceptèrent, dont deux femmes[18].

Le 27 août 1909, le navire Peiho arriva sur Tobi avec, à son bord, quatre ethnologues dont Augustin Kraemer et sa femme Elisabeth Krämer-Bannow[19]. Ce séjour d'une semaine fut l'occasion pour Paul Hambruch de conduire un recensement de l'île et de ses 968 habitants. Il décrivait notamment le système politico-religieux de l'île. Le système politique se concentre autour d'un chef principal portant le titre de tamor. À cette date, ce chef principal était Makiroa[20], entouré de 13 chefs inférieurs dont une femme[20]. Le pouvoir religieux contrebalançait le pouvoir politique, en la personne du shaman nommé Mantruior[16]. La principale déité est appelée Rugeiren et les rituels avaient lieu dans deux espaces appelés fare kikak et galis[16] (ou yaris[14]). Le canoë décrit également décrit par Hale au siècle précédent était l'endroit où se rendait la divinité Rugeiren afin d'observer les rituels[16].

Six mois après le départ du Peiho, un médecin du nom de Buse vint sur l'île dans le cadre d'une évaluation de la santé des habitants des Palaos. Il apprit alors qu'une maladie respiratoire qu'il pensait être l'influenza avait tué près de 200 personnes[21]. L'infection a pu provenir du séjour d'août 1909, Krämer notant avoir été malade durant son séjours[22].

Les Allemands perdirent l'île durant la Première Guerre mondiale[23].

Période japonaise et Seconde Guerre mondiale (1914-1945)[modifier | modifier le code]

Carte de l'île de Tobi faite par A. Eilers sur la base de relevés du gouvernement japonais en 1927.

La période japonaise marque une série de changements pour la population tobienne : l'établissement d'un cadastre (notamment dans la partie nord, à l'origine sacrée[24]), l'ouverture d'un petit magasin, et une liaison régulière entre les îles de Hatohobei et l'île de Koror[25].

Durant les années 1920, la division de l'île en parcelle cadastrale fut forcée par le Japonais Yoshino avec l'aide d'un des chefs, de son fils et d'un Tobien revenu de Yap[23]. Au début de la présence de Yoshino sur l'île, qui y est resté plusieurs années, la population avait récupéré de l'influenza et s'était de nouveau stabiliser. Cependant, l'arrivée des Japonais introduisit la gonorrhée, rendant infertile certaines habitantes[23].

Le début des années 1930 est aussi marqué par la christianisation de l'île et, en 1931, la plupart des Tobiens était baptisé[25]. Peter Black analyse cette phase de christianisation en constant que l'adoption de cette religion par les Tobiens est marquée par l'incorporation des rites religieux traditionnels qu'ils avaient auparavant dans le christianisme mais également des tensions qui ont pu survenir avec l'adoption de cette religion[24]. En effet, la transition entre les deux systèmes religieux a été marqué par l'apparition de « fantômes » ou d'« esprits » qui, selon P. Black soulignait le fait que les anciennes pratiques religieuses n'avaient plus d'effet sur la population[24]. Finalement, en 1930, le yaris fut brûlé[24]. Les Jésuites, mené probablement par le père Elias Fernandez, n'arrivèrent sur l'île qu'en février 1931 et convertirent, en moins d'un an, toute la population de l'île[24]. Le christianisme a aussi introduit une nouvelle idée du mariage, différentes de celle des Tobiens. En effet, à l'origine, il existait plusieurs formes de mariage sur l'île qui variaient dans leur nature et leur durée et entre personnes des différents clans. La réduction de la population (transfert vers d'autres îles, etc.) et l'adoption d'un mariage chrétien rendit difficile de trouver un partenaire sur l'île[24].

En 1937, une mine de phosphate ouvrit sur l'île[25].

Après l'attaque japonaise de Pearl Harbor, en décembre 1941, l'île de Tobi fut attaquée par les forces britanniques ou américaines qui léchèrent une bombe sur la partie sud du récif (laquelle n'aurait pas explosé)[26].

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, un navire américain se rendit dans les îles du sud-ouest des Palaos et découvrit que des forces japonaises y étaient encore présentes, dont 439 hommes sur Tobi. Celles-ci n'étaient pas au courant de la fin des hostilités. Finalement, leur reddition fut signée le 6 octobre 1945 sur l’USS Carroll et ils furent évacué les 21 et 29 octobre par les navires Sakawa et Etorofu[27].

Période américaine (1945-1994)[modifier | modifier le code]

En 1945, les Américains comptaient 123 habitants sur l'île de Tobi[27].

En juillet 1978, les Palaos votent pour leur indépendance[28]. Hatohobei devient donc membre de ce qui sera la République des Palaos avec l'adoption de la Constitution du 1er janvier 1981. Un traité de libre association est signé avec les États-Unis en 1982, la constitution est modifiée huit fois et entre en vigueur le , marquant la fin de la tutelle et l'indépendance effective du pays.

En parallèle, une Convention constitutionnelle réuni à Echang signe le 13 novembre 1983, un projet de Constitution de l’État qui entre vigueur le 10 juillet 1984[29],[30]. Cette Constitution fait de Hatohobei un État fédéré des Palaos[31].

Depuis l'indépendance des Palaos[modifier | modifier le code]

En décembre 2002, l'île fut touchée par le typhon Bopha et ses habitants furent relocalisée à Akebesang à Koror.

Politique[modifier | modifier le code]

Le système politique tobien s'oriente autour de quatre branches : l'exécutif, le législatif, le judiciaire et le coutumier.

Le pouvoir exécutif est confié au gouverneur de Hatohobei et au lieutenant-gouverneur de Hatohobei, ayant chacun un mandat de 4 ans[32]. Le gouverneur actuel est Juana Nestor et le lieutenant-gouverneur Jacqueline Victore[33]. Le précédent gouverneur était Thomas M. Patris, qui démissionna en 2014 et il était assisté du lieutenant-gouverneur Dominic Emilio[34].

Le pouvoir législatif est confié à la Législature de Hatohobei, composée de neuf membres élu pour 4 ans[35].

Le pouvoir coutumier est incarné par l'institution appelée Conseil des Chefs traditionnels[36].

Le judiciaire est unifié à celui des Palaos prévu par la Constitution des Palaos. La disposition prévoit toutefois que cette situation est transitoire et que l’État peut, s'il le souhaite, mettre en place un système judiciaire propre[35]. De plus, la constitution maintient une compétence de réserve en vue d'« entendre et de décider sur les questions affectant les communautés conformément aux coutumes et traditions »[37]. Cette compétence de réserve ne peut toutefois être contraire aux dispositions de la constitution de Hatohobei, de celle des Palaos et du droit public paluan[37].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population[modifier | modifier le code]

Évolution démographique de l’État de Hatohobei
1788 1832 1846 1860 1898 1901 1906 1907 1909
200350env. 350200950env. 550env. 1000900968
1925 1930 1935 1945 1946 1958 1967 1970 1973
225180172123129103606448
1980 1986 1990 1995 2000 2005 2015 - -
74352251234425--

Habitations[modifier | modifier le code]

Les cinq habitations des habitants de l’État de Hatohobei recensé en 2012 étaient toutes faites de métal, bois et d'autres matériaux. Aucune n'était en béton ou n’avait de fondations en béton[38]. Aucune n'avait accès à l'eau courante[39]. Les cinq avait un accès aux égouts publics mais seulement depuis l'extérieur du domicile[39]. De même, aucune des maisons occupées n'avaient accès à l'électricité ou à internet[40].

Clans[modifier | modifier le code]

Les clans de l'île sont : Hapeimohor, Haworobuh, Hafaramau, Hamaihaut, Haringafeng, Hamaihang et Hawereye[41].

Éducation[modifier | modifier le code]

L’État compte une école primaire sur l'île Tobi[42]. Établie en 1962, elle compte trois élèves en 2017[42]. Le ministère de l’éducation paluan a installé des citernes afin d'alimenter l'école et sa cuisine en eau en cas de sécheresse. L'actuelle professeur/directrice de l’école est Rosa K. Andrew (depuis 1994)[42]. Les précédents directeurs étaient : Fabian Basilio (1962-1968) et Isauro Andrew (1968-1994)[42].

Transports[modifier | modifier le code]

Le transport vers l'île se fait exclusivement par bateau. Cependant, un projet de construction d'une piste d'atterrissage sur l'île Helen et son récif sont en cours de discussion[43].

Culte[modifier | modifier le code]

Lors de l'expédition Thilenius en 1908-1910, l'île comptait au moins deux temples et un cimetière pour enfants. La principale déité est appelée Rugeiren et les rituels avaient lieu les deux espaces appelés fare kikak et galis[16] (ou yaris[14]). Le canoë décrit également décrit par Hale au siècle précédent était l'endroit où se rendait la divinité Rugeiren afin d'observer les rituels[16].

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Économie[modifier | modifier le code]

Activités économiques[modifier | modifier le code]

L’État, et notamment l'île de Tobi, contenait notamment du phosphate, exploité durant la période japonaise[44],[45]. Ainsi, en 1939, l'île de Tobi en avait produit 4 269 tonnes[45].

Ressources alimentaires[modifier | modifier le code]

De la coprah est produite sur l'île[45].

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Langues[modifier | modifier le code]

La langue officielle est le tobi, une langue malayo-polynésienne, ainsi que l'anglais. Le sonsorolais, une autre langue malayo-polynésienne, est également parlé dans l’État. Le sonsorolais et le tobi sont souvent considérées comme deux dialectes proches.

Diaspora[modifier | modifier le code]

Des Tobiens se sont installés dans le village de Echang sur l'île de Koror[46].

Drapeau[modifier | modifier le code]

Drapeau de l’État.

Le drapeau tobien a été sélectionné par le Flag Winning Award Committee, lors d'un concours organisé par l’État. Le drapeau adopté a été dessiné par Tekla Emilio. Le dessin du drapeau contient les quatre références suivantes[47] :

  • les trois îles de l’État, représentées par les trois étoiles ;
  • la coquille de palourde, représentant celle enterrée par Ramohaparu, première personne à avoir posé les pieds sur l'île ;
  • les cinq « doigts » représentent les clans de l'île ;
  • le bleu représente les eaux territoriales et le ciel au-dessus de l’État et symbolise la paix et la liberté.

Hymne[modifier | modifier le code]

Hatohobei dispose d'un hymne, écrit en 2003 par Newman Andrew, et titré Pieri Wor (signifiant « Plage de la tortue »)[48].

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Article I de la Constitution
  2. Black, Osborne et Mohitsho 1979, p. 3
  3. a b c d e et f Black, Osborne et Mohitsho 1979, p. 5
  4. Ramoparuhe - Friends of Tobi
  5. Rogers 1928
  6. Woodes Rogers - Friends of Tobi
  7. a et b Hezel 1979
  8. Holden 1836
  9. a et b Holden - Tobian Language
  10. Barnard 1980, p. 19
  11. Browning 1886, p. 265
  12. a b et c Browning 1886, p. 266
  13. a b et c Browning 1886, p. 268
  14. a b c d e f g h et i Hale 1846, p. 20
  15. a et b Browning 1886, p. 269
  16. a b c d e f et g Buschmann 1996, p. 325
  17. a b et c Saisie de Tobi - 1901
  18. Buschmann 1996, p. 322
  19. Buschmann 1996, p. 319
  20. a et b Buschmann 1996, p. 324
  21. Buschmann 1996, p. 333
  22. Buschmann 1996, p. 335
  23. a b et c Black 1988, p. 53
  24. a b c d e et f Black 1994
  25. a b et c Black - Ifiri Sapan
  26. Ifiri Sapan - Friends of Tobi
  27. a et b Tobi et la guerre
  28. Müller 2005
  29. Article XIV de la Constitution de Hatohobei
  30. http://www.friendsoftobi.org/hsg/hsgflagandhistory.htm
  31. Article II de la Constitution de Hatohobei
  32. Article VII, section 1 de la Constitution
  33. Ongerung Kambes Kesolei, « Nestor installed as Governor of Hatohobei State », Pacific Note,‎ (lire en ligne)
  34. Dirigeants de Hatohobei - 21 février 2017
  35. a et b Article VIII, section 1 de la Constitution
  36. Article IX, section 1 de la Constitution
  37. a et b Article X, section 1 de la Constitution
  38. Statistical Yearbook 2013, p. 22
  39. a et b Statistical Yearbook 2013, p. 23
  40. Statistical Yearbook 2013, p. 24
  41. http://www.friendsoftobi.org/wordweek/clansoftobiisauro.htm
  42. a b c et d Ministère de l’éducation
  43. Gouvernement des Palaos 2016, p. 50
  44. http://www.friendsoftobi.org/tobithenandnow/ifirisapan/motoda1939.htm
  45. a b et c http://www.friendsoftobi.org/tobithenandnow/ifirisapan/nidwesternpacific081945.pdf
  46. http://www.friendsoftobi.org/tobithenandnow/ifirititi/blackincharge.pdf
  47. Drapeau de Hatohobei
  48. Newman Andrew, « Pieri Wor »,

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documents officiels[modifier | modifier le code]

  • (en) Constitution of Hatohobei State, (lire en ligne)
  • (en) Bureau du budget de la planification, Census Monograph Report, Ministère des Finances, (lire en ligne)
  • (en) Ministère des finances de la République des Palaos, Statistical Yearbook, (lire en ligne)
  • (en) Gouvernement des Palaos, The Republic of Palau Exclusive Economic Zone: Monitoring, Control and Surveillance : The Next Five Years 2016-2021, Gouvernement des Palaos, (lire en ligne)

Ouvrages et articles[modifier | modifier le code]

  • (en) Woodes Rogers, A Cruising Voyage Round the World, Londres, Cassell and Company, Limited,
  • (en) Peter Black, D. Osborne et Patricio Mohitsho, « Tobi Island Artifacts », Journal of the University of Guam,‎ (lire en ligne)
  • (en) Horace Holden, A Narrative of the Shipwreck, Captivity and Sufferings of Horace Holden and Benj. H. Nute, Who Were Cast Away in the American Ship Mentor, on the Pelew Islands, in the Year 1832; and For Two Years Afterwards were Subjected to Unheard of Sufferings Among the Barbarous Inhabitants of Lord North's Island, Boston, Russell Shattuck, and Co., , 4e éd.
  • (en) Robert Lee-Wright Browning, The cruise of sloop-of-war the United States Vincennes, 1833-1836, (lire en ligne)
  • (en) Horatio Hale, Tobi, or Lord North's Island. United States Exploring Expedition, During the Years 1838, 1839, 1840, 1841, 1842, Under the Command of Charles Wilkes, Philadelphie, Lea and Blanchard, (lire en ligne)
  • (en) Rainer F. Buschmann, « Tobi Captured: Converging Ethnographic and Colonial Vision on a Caroline Island », A Journal of Micronesian Studies, Université de Guam,‎ , p. 317-340 (lire en ligne)
  • (en) « The German Seizure of Tobi & Helen Reef by Germany in 1901 », Trust Territory Archives Microfilm, Friends of Tobi, vol. 1,‎ , p. 114-127 (lire en ligne)
  • (en) Peter Black, « The Domestication of Catholicism on Tobi », Pacific Studies, vol. 17, no 1,‎ , p. 1-28 (lire en ligne)
  • (en) L. J. Gorenflo, « Demographic Change in the Republic of Palau », Pacific Studies, Washington, Argonne National Laboratory, vol. 9, no 3,‎ (lire en ligne)
  • (en) Francis X. Hezel, Foreign Ships in Micronesia : A Compendium of Ship Contacts with the Caroline and Marshall Islands 1521-1885, Trust Territory Historic Preservation Office, U.S. Heritage Conservation and Recreation Service, (lire en ligne)
  • (en) Edward C. Barnard, Naked and a prisoner, (ISBN 978-0937854013, lire en ligne)
  • (en) Peter W. Black, « The Apotheosis of Father Marino: Fondations of Tobian Catholicism », dans George R. Saunders, Culture and Christianity: the Dialectics of Transformation, Westport (Connecticut), Greenwood Press, (lire en ligne), p. 47-72

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Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]