Patrick Kéchichian

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Patrick Kéchichian
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Biographie
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(71 ans)
Paris
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Religion

Patrick Kéchichian (né à Paris le ) est un journaliste, écrivain et critique littéraire français, ancien journaliste au Monde.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1985, il entre, comme journaliste et critique littéraire au Monde des livres[1]. Avant de quitter le journal à la fin de 2008, il exerça, une dizaine d’années, les responsabilités de rédacteur en chef adjoint. À partir de 2009, il collabore, en tant que critique littéraire, au quotidien La Croix[2]. Il publie également des articles critiques dans diverses publications (Art Press, Panorama, Critique, La Revue des deux mondes, Les Temps modernes, Nunc, Esquisse(s)…). Il tient également, depuis 2012, une chronique littéraire dans le magazine Croire, du groupe Bayard.

Écrits[modifier | modifier le code]

Patrick Kéchichian, longtemps critique littéraire au Monde , a découvert la foi à la trentaine est devenu un catholique convaincu. Petit éloge du catholicisme témoigne de sa foi et de son engagement dans l'église catholique[3].

Commentaire selon Jean (Jn 10, 31-42)

Concentré sur l'événement

« Le calvaire qui s'élève dans un paysage, au carrefour de deux route, à l'entrée d'une église ou d'un cloître, au sommet d'une montagne, les bras étendus du Christ-Roi — préfiguration de son martyre en même temps que geste d’embrassement — au-dessus d'une ville, à l'embouchure d'un fleuve... Toutes ces figures de bois ou de pierre sont comme un point de butée pour ma conscience. Pour elle, c'est comme le dernier site visible.

Au-delà, fléchissant les genoux, je m'abandonne, avec confiance, à l'invisible. Si j'affirme que moi aussi je ne veux savoir que Jésus et Jésus crucifié (1 Co 2, 2), mon champs de vision et de conscience ne s'en trouve pas dérisoirement rétréci. Bien au contraire : ce champs n'a plus alors de limite.
À partir, au-delà de ce point de visibilité, s'étend un autre site, « vrai lieu » que mes yeux ne peuvent voir, que mon seul esprit ne peut concevoir. Mais attention, à ce lieu, aucun titre de propriété ne donne accès. Quant à la vérité, elle n'est pas « triste », comme le pensait rêveusement Ernest Renan, mais triomphante, exaltante, joyeuse — comme la résurrection, comme la promesse du salut. Quant à moi, concentré autant que je le peux sur l'événement christique[4], je ne termine pas, je ne m'« accomplis » pas, je ne trouve pas mon apothéose : je commence, j'apprends lettre à lettre le nom qui est au-dessus de tout nom (Ph 2, 9). »

— Patrick Kéchichian. Petit éloge du catholicisme Paris, Gallimard, 2009, p. 89-90.

« Dans ce silence spécifique, dans cet idéal cloître intérieur, je répète les paroles du Credo qui définissent objectivement, de l'extérieur, le contenu de la foi, qui éclairent et mettent en marche ma foi. Mais si elle n'est que mienne, si, aussitôt exprimée, elle ne s'élargit pas à une dimension qui emporte ma propre mesure, cette foi n'est rien. »

— in, Petit éloge du catholicisme, p. 95-96

C'est dans la Lettre aux Smyrniotes d'Ignace d'Antioche (v. 100) qu'apparaît pour la première fois l'expression « Église catholique » dans le sens d'« universelle »[5],[6]. Icône russe du XVIIe siècle, musée Pouchkine.

Commentaire selon saint Marc (Mc 3, 20-21) :

Être traité de fou avec le Christ

« Un « nuage d'inconnaissance » occultait bien la lumière qui, chaque matin, s'offrait à me guérir, à me laver. Et chaque matin, je la repoussais, lui préférant les fantômes de mes nuits, attendant d'eux je ne sais quelle révélation. Néanmoins, un certain matin que rien n'annonçait, elle se fit tout de même, cette lumière, se fraya un passage, doucement, sans fanfare. Dans la grisaille ordinaire d'un jour ordinaire, ce fut comme un rai de soleil au premier matin du monde.
Au même instant, je sus, avec une sorte d'allégresse – certains de mes amis me traitèrent de fou et refusèrent d'en entendre davantage –, que la démocratie surnaturelle instituée par le Christ est sans faille, sans retour, sans exception aucune. Le criminel et l'enfant de chœur, la femme débauchée, le fils d'immigrés et l'héritier de bonne famille sont reçus selon leurs mérites ; l'ignare au même titre que l'homme bardé de diplômes ou l'autodidacte besogneux sont invités, logés à la même enseigne. Je sus également, mais beaucoup plus tard, que l'intelligence n'est pas une arme, offensive ou défensive. Que c'est la vérité qui l'appelle à se déployer et l'amour, à ne pas faillir. Cette lumière n'était pas abstraite. Elle ne s'évapora pas dans les brumes de mon ivresse retombée. »

— in, Petit éloge du catholicisme, p. 40-43

Préfaces et postfaces[modifier | modifier le code]

  • Postface de Prières et méditations, d’Ernest Hello (Éditions Arfuyen, 1993).
  • Préface de la réédition des numéros de la revue Le Pal, de Léon Bloy (Éditions Obsidiane, 2006).
  • Préface du Journal 1927-1928, « Hérïne, cocaïne, la nuit commence », de Mireille Havet (Éditions Claire Paulhan, 2010)
  • « Lecture » des Lettres. Reprise des Epîtres de la Bible de Le Maître de Sacy (Éditions du Corlevour, 2014).

Choix d'articles[modifier | modifier le code]

  • « La critique peut-elle juger ses valeurs ? » 9e Forum Le Monde-Le Mans, (Seuil, 1998).
  • « La “littérature chrétienne” en question », Christus, N°180, .
  • « L’inachevable », Bulletin de l’Amitié Charles Péguy, N°101, janvier-.
  • « De la littérature érotique et de quelques-uns de ses paradoxes », La Règle du jeu, N°24, .
  • « La dictée des hauteurs », L’Infini, N°86, printemps 2004.
  • « L’organe de la parole dans la littérature érotique », 19e Forum Le Monde-Le Mans, , Presses universitaires de Rennes, 2008.
  • « J.P. ou le Critique », La place de La NRF dans la vie littéraire du XXe siècle, 1908-1943, Entretiens de la Fondation des Treilles, (Gallimard, « Les Cahiers de La NRF », 2009).
  • « Paris, la ville des miroirs », Revue des deux mondes, .
  • « Génie du catholicisme », Revue des deux mondes, .
  • « Réponse à une déroute annoncée », Penser l’inscription de l’Église, actes du colloque de l’Observatoire Foi et Culture de la Conférence des évêques de France, (Éditions Parole et Silence, 2011).
  • « La NRF contre les écrivains catholiques », actes du colloque de l’Imec à Caen, « L’esprit NRF : définition, crises et ruptures, 1909-2009 », (Gallimard, « Les cahiers de La NRF » 2013).
  • « Seules m’emportent les apparitions », Pierre Michon. Le Lettre et son ombre, actes du colloque Pierre Michon, Cerisy-la-Salle, (Gallimard, « Les Cahiers de La NRF », 2013).
  • « La crise d’identité du critique », Les Temps modernes, « Critiques de la critique », N°672, janvier-.
  • « La patience du questionnement est le chemin de la réponse », dossier sur Jean-Louis Chrétien, Critique, N°790, .
  • « Quand le critique fait défaut », Critique et violence, actes du colloque de l’université Paris-Diderot, (Éditions Hermann, 2014).
  • « Jean Bastaire ou “l’insurrection de la charité” », Bulletin de l’Amitié Charles Péguy, N°145, janvier-.
  • « Ma situation est énorme, exactement comme ma misère », dossier Charles Péguy, Nunc, N°32, .
  • « Le culte des fantômes », Esquisse(s), N°7, automne 2014.
  • « Dans quelle langue Péguy nous parle-t-il ? », dossier Charles Péguy, Revue des deux mondes, .
  • « Appelons ça la vie dédoublée », à propos de Une enfance de rêve, de Catherine Millet, Critique, N°814, .

Entretiens[modifier | modifier le code]

Sur le métier de critique[modifier | modifier le code]

  • avec Aurélie Djian[7]
    • Aurélie Djian et Johan Faerber (Séries Editor), Écrire, publier et lire : Anthologie, Hatier, , 160 p. (ISBN 978-2-2189-3636-4)

Autour de la religion et de la littérature[modifier | modifier le code]

  • avec Pauline Bruley[8]
    • Bulletin de l'Amitié Charles Péguy, N° 135-136, octobre-, p. 225-243[9]
  • avec Bertrand Revillion

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Patrick Kéchichian : Je ne suis certain que de Dieu, La Vie, 26.04.2017 [1].
  2. La communion des divorcés remariés, par Patrick Kéchichian, La Croix, 5.12.2013 [2].
  3. Patrick Kéchichian, sa biographie sur sitaudis.fr.
  4. L’énergie christique.
  5. Ignace d'Antioche dans sa Lettre aux Smyrniotes (v. 100) utilise l'expression « Église catholique » dans le sens d'« universelle », mais par uchronisme de nombreux auteurs catholiques modernes l'utilisent pour désigner l'Église nicéenne du premier millénaire comme étant le même institution que l'Église catholique telle qu'elle s'est constituée durant le second millénaire.
  6. Jean Meyendorff, Catholicity and the Church, St Vladimirs Seminary Press, 1997, (ISBN 0-88141-006-3), p. 7.
  7. Biographie de Aurélie Djian.
  8. Pauline Bruley : UFR Lettres Langues et Sciences Humaines.
  9. Rencontres avec Charles Péguy - 135-136.
  10. Saint Paul. Le génie du christianisme.
  11. La Défaveur, Patrick Kéchichian met son cœur faible à nu. Le Monde, 15.06.2017, [3].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]