Palais du gouvernement de Nancy

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Palais du gouvernement de Nancy
Palais du gouvernement 0576.JPG

Vue générale depuis le parc.

Présentation
Type
Palais
Style
Architecte
Construction
XVIIIe siècle
Destination initiale
Gouvernement de la Lorraine
Siège du gouverneur militaire
Destination actuelle
Statut patrimonial
Logo monument historique Classé MH (1923, 2005, Palais)
Logo monument historique Classé MH (1928, Immeuble sud)
Patrimoine mondial Patrimoine mondial (1983)
Localisation
Situation
Place de la CarrièreVoir et modifier les données sur Wikidata
Nancy
Lorraine, Meurthe-et-Moselle
Flag of France.svg France
Coordonnées
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Le Palais du Gouvernement, ou Palais du Gouverneur, est un vaste hôtel particulier de la ville de Nancy. C'est une construction du XVIIIe siècle, de style classique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le « Nouveau Louvre »[modifier | modifier le code]

Le duc Léopold Ier de Lorraine trouvant le vieux palais ducal « étriqué, morne et désuet », il chargea Germain Boffrand d'en construire un nouveau, dont la façade principale donnerait sur la place de la Carrière. Pour accéder aux souhaits du souverain, Boffrand n'hésita pas à faire détruire le chœur de la Collégiale Saint-Georges et les communs de l'ancien Palais. En 1715 s'élevèrent ainsi les premières pierres du « Nouveau Louvre ». Le projet, qui était assurément grandiose et splendide ne fut jamais achevé. Pour cause, le décès prématuré du duc héritier, le petit prince Léopold-Clément en 1723. Dès lors, le duc Léopold, profondément chagriné, ne quitta plus Lunéville. À la mort de ce dernier en 1728, son fils, François III, laissa la régence à sa mère. Celle-ci se débattait avec les problèmes financiers et ne reprit pas le chantier.

Stanislas et Héré[modifier | modifier le code]

Stanislas, roi de Pologne déchu placé à la tête des duchés par volonté de son gendre, Louis XV, vécut comme Léopold auparavant à Lunéville. Le « Nouveau Louvre » tombait en ruine. En juillet 1739, l'édifice devint propriété communale par arrêté du Conseil des Finances. Le « Nouveau Louvre », ou du moins ce qu'il restait du chantier inachevé fut détruit à l'exception de quelques fausses arcades, toujours visibles dans le jardin de l'actuel palais, le long du Musée lorrain. Ce qui restait de l'antique Collégiale Saint-Georges fut également mis à bas. Ce nouvel espace s'inscrivait dans les nouveaux plans d'urbanisme de Stanislas.

En effet, ce dernier, bien qu'en résidence à Lunéville, prit une part importante dans le réaménagement de Nancy par la création des places Stanislas et d'Alliance, mais aussi par l'harmonisation de la place de la Carrière. Ce projet comprenait la construction d'un nouveau palais : la « Nouvelle Intendance », pour Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière. Héré fut chargé de sa construction.

Les travaux durèrent de 1751 à 1753. De nombreux artistes travaillèrent à sa décoration. Parmi les sculpteurs, il faut retenir les noms de Guibal, Vallier, Lenoir, Walneffer ou Söntgen. La décoration intérieure du palais fut confiée aux soins de Gergonne, Girardet et Lamour.

La passation à la France[modifier | modifier le code]

Conformément à ce qui avait été prévu, la Lorraine devint française à la mort de Stanislas en 1766. Jacques Philippe de Choiseul-Stainville, nouveau gouverneur, réclame le palais, car c'est le plus important de la ville. Des réparations sont entreprises d'urgence pour accueillir le nouvel hôte. En 1788, appelé au gouvernement de l'Alsace, Stainville laisse la place à Choiseul la Baume.

Période révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Le Palais est loué à divers particuliers. Un café y fut même temporairement établi. La municipalité prononça ensuite la désaffection du bâtiment.

Les premiers militaires[modifier | modifier le code]

En 1791, la Constituante en fit le siège de la toute récente 4e Division Militaire. Le Général de Victongoff est le premier à s'y établir (1791-1792, il est suivi par le général Bernoville (1793-1794) puis par le général Gilot (1796-1811), le général Lacoste de 1811 à 1814. En 1817, le général d'Escars, dernier à ce poste car c'est la date de la fusion de la 4e Division avec la 3e et du choix de Metz comme nouveau siège.

La préfecture[modifier | modifier le code]

À la fin du règne de Louis XVIII, la ville prêta le palais au département pour y installer ses services, charge à ce dernier de l'entretenir. Le premier préfet, le marquis de Foresta, s'y installa en 1823.

En fonction des changements de régimes, les Commissaires de la République succèdent aux préfets royaux avant de laisser la place aux préfets du Second Empire.

Le palais reçoit des visiteurs prestigieux, accueillant notamment : Charles X, Louis-Philippe, l'empereur François-Joseph d'Autriche, Napoléon III et l'impératrice Eugénie.

Le premier retour de l'Armée française[modifier | modifier le code]

L'une des conséquences de l'Attentat d'Orsini est la réorganisation militaire en 1858 de la France en cinq grands commandements militaires. Chaque commandement était confié à un maréchal. Le préfet Lengle dut céder le palais à Canrobert, fraîchement nommé commandant supérieur des Divisions de l'Est. Mac Mahon, Forey, Bazaine et le général de Failly suivirent.

La guerre de 1870[modifier | modifier le code]

L'armée allemande, qui occupe la ville, installe son commandement dans le palais. Les généraux Adolf von Bonin, Heinrich von Zastrow et Albrecht von Stosch s'y succèdent jusqu'en juillet 1873.

Le second retour de l'Armée française[modifier | modifier le code]

Au premier étage, bureau de Foch, commande en 1913/14 à Louis Majorelle.

La perte de l'Alsace et de la Moselle fait de Nancy la nouvelle capitale de l'Est et renforce son rôle hautement stratégique. À partir de 1874, Nancy devient le siège de la célèbre 11e Division d'infanterie dite « Division de Fer ». Le XXe Corps d'Armée lui succède de 1899 à 1935. Parmi les nombreux généraux qui le commandèrent, il faut citer les noms de Paul Pau, Ferdinand Foch, Hippolyte Pénet ou Maurice Gamelin. En 1936, Nancy devient le siège de la XXe Région Militaire.

Le palais est occupé par les Allemands de 1940 à 1944. Après la Seconde Guerre mondiale, l'édifice abrite le siège de

  • la 2e Division d'Infanterie (1946-1956), 46-49 : général Gonzales de Linares, 50-53 : général Brisac, 53-54 : général Baillif, 54-56 : général Beaufre.
  • la Subdivision de Meurthe-et-Moselle (1959-1964), 59-62 : général Pons, 62-64 : général Vennin.
  • le 1er Corps d'Armée (1964-1975), 64-67 : général Simon, 67-69 : général Hublot, 69-72 : général de Galbert, 72-73 : général Lefort, 73-75 : général Pichon.
  • le Commandement d'Armes de Nancy 1975-1976 : général Cussac.
  • la 4e Division Blindée et la 61e Division Militaire Territoriale (1976-1985) ; 76-77 : général de Barry, 76-77 : général d'Harcourt, 79-81 : général Duhesme, 81-83 : général de la Roche de Rochegonde, 83-85 : général Simon.
  • la 4e Division Aéromobile et la 61e Division Militaire Territoriale (1985-1991), 85-88 : général Préaud, 88-91 : général de Reviers de Mauny.
  • la 4e Division Aéromobile (1991-1999), 91-92 : général de Reviers de Mauny, 92-95 : général Batllo, 95-97 : général Monchy, 97-99 : général Davoust d'Auerstaedt.
  • la 4e Brigade Aéromobile (1999-2009), 99-01 : général de Goësbriand ; 01-03 : général Hotier, 03-03 : général Augier d'Anselme, 07-10 : général Jumelet.

Le départ de l'Armée[modifier | modifier le code]

Depuis le milieu des années 2000, le palais a été cédé par l'armée à la ville de Nancy. Cette dernière a décidé d'incorporer le palais dans le vaste programme de rénovation et d'extension du Musée lorrain. Depuis 2013, il est ouvert au public lors d'expositions thématiques. Les derniers étages sont occupés par le pôle Culture et Attractivité de la Ville de Nancy, ainsi que par la Mission du "Livre sur la place".

Architecture et jardin[modifier | modifier le code]

En hémicycle avec un balustre, il ferme la place de la Carrière ; il marque aussi la limite ouest de la Pépinière et possède son propre jardin qui a des platanes de l'origine qui auraient donc 250 ans. Trois platanes de 4,78, 5 et 5,18 m de circonférence et un hêtre de 6,03 m de circonférence[1].

Classement[modifier | modifier le code]

Le Palais du Gouverneur a été classé monument historique en 1923, puis classé en 2005[2] pour ce qui est du mobilier et de la face nord. Il a été classé en 1928[3] pour la façade sur la place de Gaulle.

Depuis 1983, comme la place de la Carrière dont il ferme la perspective, le Palais du gouverneur fait partie du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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