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Palais du gouvernement de Nancy

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Palais du gouvernement de Nancy
Palais de l'Intendance
Vue générale.
Présentation
Type
Palais
Partie de
Destination initiale
Gouvernement de la Lorraine
Siège du gouverneur militaire
Destination actuelle
Style
Architecte
Construction
XVIIIe siècle
Propriétaire
Ville de Nancy (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Patrimonialité
Logo monument historique Classé MH (1923, 2005, Palais)
Logo monument historique Classé MH (1928, Immeuble sud)
Patrimoine mondial Patrimoine mondial (1983)
Localisation
Région
Province
Département
Commune
Coordonnées
Carte

Le palais du gouvernement de Nancy, ou palais du Gouverneur, est un vaste hôtel particulier de la ville française de Nancy. Il s'agit d'une construction du XVIIIe siècle de style classique possédant son propre jardin.

Projet de « Nouveau Louvre »

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Le duc Léopold Ier de Lorraine trouvant le vieux palais ducal « étriqué, morne et désuet », chargea Germain Boffrand d'en construire un nouveau, dont la façade principale donnerait sur la place de la Carrière. Pour accéder aux souhaits du souverain, Boffrand n'hésita pas à faire détruire le chœur de la collégiale Saint-Georges et les communs de l'ancien Palais. En s'élevèrent ainsi les premières pierres du « Nouveau Louvre », en référence au palais du Louvre. À cause du décès prématuré, en , du duc héritier, le petit prince Léopold-Clément, son père le duc Léopold Ier, profondément chagriné, ne quitta plus Lunéville et le projet, qui était grandiose et splendide, ne fut jamais achevé. À la mort de Léopold, en , son fils, François III, laissa la régence à sa mère Élisabeth-Charlotte d'Orléans. Celle-ci, qui se débattait avec des difficultés financières, ne reprit pas le chantier.

Stanislas et Héré

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Stanislas, roi de Pologne déchu placé à la tête des duchés par volonté de son gendre, Louis XV, vécut, comme l'avait fait Léopold auparavant, à Lunéville. Le « Nouveau Louvre » tombait en ruine. En , l'édifice devint propriété communale par arrêté du Conseil des Finances. Le « Nouveau Louvre », ou du moins ce qui restait du chantier inachevé, fut détruit à l'exception de quelques fausses arcades, toujours visibles dans le jardin de l'actuel palais, le long du Musée lorrain. Ce qui restait de l'antique collégiale Saint-Georges fut également mis à bas. Cet espace ainsi créé s'inscrivait dans les nouveaux plans d'urbanisme de Stanislas.

Ce dernier, bien qu'en résidence à Lunéville, prit une part active dans le réaménagement de Nancy par la création des places Stanislas et d'Alliance, mais aussi par l'harmonisation de la place de la Carrière. Ce projet comprenait la construction d'un nouveau palais : la « Nouvelle Intendance », pour Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière, chancelier de Lorraine.

Héré fut chargé de sa construction. Les travaux durèrent de à . De nombreux artistes travaillèrent à sa décoration. Parmi les sculpteurs, il y eut Guibal, Vallier, Lenoir, Walneffer ou Söntgen. La décoration intérieure du palais fut confiée à Gergonne, à Girardet et à Lamour.

Gravure de Dominique Collin représentant le Palais de l'Intendance au moment de sa construction.

Dominique Collin, graveur ordinaire du roi Stanislas, avait été chargé par ce dernier de documenter ses différentes constructions. L'Intendance est ainsi présentée dans une gravure de . Celle-ci présente certains éléments de décors retirés par la suite, comme six groupes d'enfants ornant un balcon avec une balustrade. Leur date de retrait demeure inconnue. Au contraire, les quatre femmes assises accompagnées par des enfants sculptées par Barthélémy Guibal, et placées dans un entablement séparant le premier et le deuxième étage, ne sont quant à elles pas encore existantes au moment de la représentation[1].

Passation à la France

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Conformément à ce qui avait été prévu, la Lorraine devint française à la mort de Stanislas en . Jacques Philippe de Choiseul-Stainville, nouveau gouverneur, réclame le palais, car c'est le plus important de la ville. Des réparations sont entreprises d'urgence pour accueillir le nouvel hôte. En , appelé au gouvernement de l'Alsace, Stainville laisse la place à Choiseul la Baume.

Période révolutionnaire

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Le Palais est loué à divers particuliers. Un café y fut même temporairement établi. La municipalité prononça ensuite la désaffectation du bâtiment.

Premiers militaires

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En , la Constituante en fit le siège de la toute récente 4e division militaire. Le général de Victongoff est le premier à s'y établir (-) ; il est suivi par le général Bernoville (-), par le général Gilot (-), puis par le général Lacoste de à . En , le général d'Escars est le dernier à ce poste, car c'est la date de la fusion de la 4e division avec la 3e et du choix de Metz comme nouveau siège.

Préfecture

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À la fin du règne de Louis XVIII, la ville prêta le palais au département de la Meurthe pour y installer ses services, charge à ce dernier de l'entretenir. Le premier préfet, le marquis de Foresta, s'y installa en .

En fonction des changements de régimes, les Commissaires de la République succèdent aux préfets royaux avant de laisser la place aux préfets du Second Empire.

Le palais reçoit des visiteurs prestigieux, accueillant notamment : Charles X, Louis-Philippe Ier, l'empereur François-Joseph d'Autriche, Napoléon III et l'impératrice Eugénie.

Premier retour de l'armée française

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L'une des conséquences de l'attentat d'Orsini est la réorganisation militaire en de la France en cinq grands commandements militaires. Chaque commandement était confié à un maréchal. Le préfet Lengle dut céder le palais à Canrobert, fraîchement nommé commandant supérieur des Divisions de l'Est. Mac Mahon, Forey, Bazaine et le général de Failly suivirent.

Guerre de

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Pendant la guerre de , l'armée allemande, qui occupe la ville, installe son commandement dans le palais. Les généraux Adolf von Bonin, Heinrich von Zastrow et Albrecht von Stosch s'y succèdent jusqu'en .

Second retour de l'armée française

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Au premier étage, bureau de Foch, commandé en et à Louis Majorelle.

La perte de l'Alsace et de la Moselle fait de Nancy la nouvelle capitale de l'Est et renforce son rôle hautement stratégique. À partir de , Nancy devient le siège de la célèbre 11e division d'infanterie dite « Division de Fer ». Le XXe corps d'armée lui succède de à . Parmi les nombreux généraux qui le commandèrent, on peut citer Paul Pau, Ferdinand Foch, Hippolyte Pénet, Maurice Gamelin. En , Nancy devient le siège de la XXe région militaire.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le palais est occupé par les Allemands de à . Après la Libération, l'édifice abrite le siège de :

  • - : la 2e division d'infanterie
    • - : général Gonzales de Linares
    • - : général Pierre Brisac
    • - : général Baillif
    • - : général Beaufre
  • - : la Subdivision de Meurthe-et-Moselle
    • - : général Pons
    • - : général Vennin
  • - : le 1er Corps d'armée
  • - : le Commandement d'armes de Nancy
    • - : général Cussac
  • - : la 4e division blindée et la 61e division militaire territoriale
    • - : général de Barry
    • - : général Louis d'Harcourt
    • - : général Duhesme
    • - : général de la Roche de Rochegonde
    • - : général Simon
  • - : la 4e division aéromobile et la 61e division militaire territoriale
    • - : général Préaud
    • - : général Xavier de Reviers de Mauny (d)
  • - : la 4e division aéromobile
    • - : général Xavier de Reviers de Mauny (d)[a]
    • - : général Claude Batllo (d)[b]
    • - : général Charles-Henri de Monchy (d)[c]
    • - : général d'Avout d'Auerstaedt[d]
  • - : la 4e brigade aéromobile
    • - : général François de Goësbriand (d)[e]
    • - : général Jean-Luc Hotier[f]
    • - : général Robert Augier de Cremiers[g]
    • - : général Marc d'Anselme (d)[h]
    • - : général Olivier Jumelet[i]

Depuis que l'armée a quitté le palais du gouvernement, les gouverneurs militaires de Nancy sont :

Départ de l'armée

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En , l'armée quitte le palais, cédé à la Ville de Nancy[2],[3]. Cette dernière décide d'incorporer le palais dans le vaste programme de rénovation et d'extension du Musée lorrain. Depuis , il est ouvert au public lors d'expositions thématiques. Les derniers étages sont occupés par le pôle Culture et Attractivité de la Ville de Nancy, ainsi que par la mission du Livre sur la place.

En , le restaurant Le Louis et le bar Le XV, qui se trouvaient jusqu'alors au Grand Hôtel de la Reine, également propriété de la Ville de Nancy, déménagent dans le palais du gouvernement pour y rester jusqu'à la fin des travaux de rénovation de l'hôtel[4],[5].

Architecture et jardin

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En hémicycle, pourvu d'une balustrade, il ferme la place de la Carrière ; il marque aussi la limite ouest du parc de la Pépinière.

Il possède son propre jardin de 8 800 m2, dans lequel se trouvent des plantations d'érables et deux platanes monumentaux (42 m de haut et 6,70 m de circonférence) labellisés arbres remarquables de France en . Plantés sous Stanislas, ils sont aujourd'hui âgés de plus de 250 ans[6]. Fermé à partir du dans le cadre des travaux du Musée lorrain, le jardin est rouvert le au public. Il est accessible depuis la rue Jacquot ou par le Parc de la Pépinière[7].

Le palais du Gouverneur a été classé monument historique en , puis classé en [8] pour ce qui est du mobilier et de la face nord. Il a été classé en [9] pour la façade sur la place du Général-de-Gaulle.

Depuis , comme la place de la Carrière dont il ferme la perspective, le palais du Gouverneur fait partie du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Références

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  1. Christian Pfister, Histoire de Nancy, t. II, Paris et Nancy, Berger-Levrault, , p. 220 [lire en ligne].
  2. Amandine Mehl, « Nancy : à quoi sert le palais du gouvernement aujourd'hui ? », LorraineActu, sur actu.fr, .
  3. « Un ensemble architectural exceptionnel », sur nancy.fr, Ville de Nancy.
  4. Amandine Mehl, « Déménagement du restaurant Le Louis et du bar Le XV à Nancy : on connaît le week-end de réouverture », LorraineActu, sur actu.fr, .
  5. Valérie Richard, « Grand Hôtel de la Reine : les premiers clients conquis par le nouveau décor du bar Le XV et le restaurant Le Louis au palais du Gouvernement », L'Est républicain, .
  6. « Le jardin du palais du Gouvernement, un nouvel espace de nature ouvert à tous », sur nancy.fr, Ville de Nancy, (version du sur Internet Archive).
  7. « Nancy. Jardin du Palais du gouvernement : un nouvel écrin de verdure en cœur de ville », sur estrepublicain.fr, L'Est républicain, (consulté le ).
  8. « Ensemble immobilier du palais du Gouvernement », notice no PA00106305, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  9. « Immeuble », notice no PA00106171, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Décrets de nomination des gouverneurs, dans le Journal officiel de la République française (JORF), sur Légifrance :

  1. Décret du , JORF, no 186, , p. 10638, NOR DEFM9100040D.
  2. Décret du , JORF, no 152, , p. 8759, NOR DEFM9200017D.
  3. Décret du , JORF, no 129, , p. 8832, NOR DEFM9500015D.
  4. Décret du , JORF, no 165, , p. 10820, NOR DEFM9700015D.
  5. Décret du , JORF, no 125, , p. 8139, NOR DEFM9900012D.
  6. Décret du , JORF, no 132, , p. 9197, NOR DEFM0100010D.
  7. Décret du , JORF, no 134, , texte no 57, p. 9911, NOR DEFM0300012D.
  8. Décret du , JORF, no 133, , texte no 40, NOR DEFX0508497D.
  9. Décret du , JORF, no 149, , texte no 67, NOR DEFB0756732D.
  10. Décret du , JORF, no 85, , texte no 23, NOR DEFB1105758D.
  11. Décret du , JORF, no 294, , texte no 48, NOR DEFB1132999D.
  12. Décret du , JORF, no 131, , texte no 59, NOR DEFB1312484D.
  13. Décret du , JORF, no 158, , texte no 39, NOR DEFB1616518D.
  14. Décret du , JORF, no 134, , texte no 70, NOR ARMB1814086D.
  15. Décret du , JORF, no 155, , texte no 83, NOR ARMB2318022D.
  16. Décret du , JORF, no 177, , texte no 84, NOR ARMB2314052D.
  17. Décret du , JORF, no 144, , texte no 89, NOR ARMB2416023D.

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Bibliographie

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  • Emmanuel Héré, « Plan de la nouvelle intendance », dans Recueil des plans, élévations et coupes des châteaux et jardins que le roi de Pologne occupe en Lorraine, vol. 3, (lire en ligne).
  • Christian Corvisier et Mireille-Bénédicte Bouvet, « Nancy-Place de la Carrière et palais de l'Intendance », dans Congrès archéologique de France : 164e session. Nancy et Lorraine méridionale. 2006, Paris, Société française d'archéologie, , 318 p. (ISBN 978-2-901837-32-9), p. 296–302.
  • Capitaine Plasse, « Le palais du gouvernement », dans L'armée à Nancy, - : mélanges d'histoire militaire, Nancy, Berger-Levrault, , 287 p., p. 156–168.

Articles connexes

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Liens externes

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