Nettie Stevens

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Stevens.
Nettie Maria Stevens
Description de cette image, également commentée ci-après

Nettie M. Stevens

Naissance
Cavendish (Vermont) (États-Unis)
Décès (à 50 ans)
Baltimore (Maryland) (États-Unis)
Nationalité Drapeau des États-Unis États-Unis
Champs Génétique, Embryologie
Institutions Westfield Normal School
Stanford University
Bryn Mawr College
Diplôme Université Stanford
Renommée pour La découverte du système XY de détermination sexuelle

Nettie Maria Stevens[1] est une généticienne américaine, née le à Cavendish (en) (Vermont) et morte à Baltimore (Maryland) le . Elle a fait l'une des grandes découvertes biologiques du début du XXe siècle : que le sexe de chaque individu est déterminé par des caractères chromosomiques. Vivant à une époque où toutes les femmes scientifiques étaient des exceptions et devaient tailler leur place[2], elle s'est fait reconnaître pour ses contributions scientifiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Troisième des quatre enfants d'Ephraïm Stevens, charpentier dans le Vermont, et de Julia Adams Stevens, elle n'entre que tardivement dans la vie de chercheur scientifique.

Son père gagne suffisamment bien sa vie pour pouvoir payer des études à ses enfants. Élève brillante, elle achève en deux ans les quatre années d'études à la Westfield Normal School (aujourd’hui la Westfield State University (en)) dans le Massachusetts et y reçoit son diplôme d'institutrice en 1880 ; elle est major[3] de sa promotion. Au cours des seize années suivantes, elle exercera cette profession, puis celle de bibliothécaire.

Elle a 35 ans quand, en 1896, elle décide d'entamer un cursus universitaire de biologie à l’université Stanford, en Californie. Elle y obtient son Bachelor of Arts en 1899 et son Master of Arts en 1900. Stevens continue ses études en cytologie au Bryn Mawr College, où elle est influencée par les travaux de l’ancien directeur du département de biologie, Edmund Beecher Wilson (1856-1939), et de son successeur, Thomas Hunt Morgan (1866-1945). Durant sa première année à Bryn Mawr, elle se mérite le prix du président et étudie à l'université de Würzburg, à Heligoland et à la Stazione zoologica Anton Dohrn. Après son doctorat en 1903 (elle a plus de quarante ans), elle reçoit un assistanat du Carnegie Institute of Washington pour les années 1904–1905.

Nettie Stevens meurt d'un cancer du sein à l'âge d'à peine cinquante ans : « Sa détermination et son dévouement, combinés à un grand sens de l'observation, son sérieux et sa patience, unis à un solide jugement, expliquent en partie sa remarquable réussite » (Thomas Hunt Morgan[4]).

Contributions[modifier | modifier le code]

C'est au Bryn Mawr College que Nettie Stevens mène ses recherches, dont l'une aboutira, en 1905, à la découverte du rôle joué par le chromosome Y dans la détermination sexuelle. Edmund Beecher Wilson fait une découverte similaire, indépendamment, la même année[5]. Elle utilise, pour ses expériences, divers insectes et identifie le chromosome Y chez un coléoptère du genre Tenebrio. Elle déduit alors que la base de la détermination du sexe dépend de la présence ou de l’absence du chromosome Y.

Elle aborde aussi à Bryn Mawr des questions comme la régénération chez les organismes multicellulaires primitifs, la structure des organismes unicellulaires, le développement du sperme et des ovules, les cellules germinales des insectes et la division cellulaire chez les Echinoidea et les vers.

Publications (liste partielle)[modifier | modifier le code]

On compte une quarantaine de publications de Stevens[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) « Nettie Maria Stevens (1861–1912) »
  • (en) Stephen G. Brush, « Nettie M. Stevens and the discovery of sex determination by chromosomes », dans Isis, juin 1978, vol. 69, no 2, p. 163–172[9]
  • Simone Gilgenkrantz, « Nettie Maria Stevens (1861–1912) », dans Médecine/Sciences, vol. 24, no 10, octobre 2008, p. 874–878
  • (en) Joel Hagen, Nettie Stevens and the problem of sex determination, Minneapolis, University of Minnesota Press, 37–47 p.

Compléments[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Nettie Stevens a reçu de son vivant l'Alice Freeman Palmer Fellowship, pour un an de recherches, de l'American Association of University Women (1908).
  • Elle est inscrite depuis 1994 au National Women's Hall of Fame[10].
  • Le , Google lui dédie un Doodle[11] pour le 155e anniversaire de sa naissance.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La première version de cet article était une traduction de l'article de même nom de la Wikipédia en anglais du 28 avril 2007.
  2. Angeline Durand-Vallot, « Nettie Stevens et la découverte de la détermination chromosomique du sexe », dans Adeline Gargam, Femmes de sciences de l'Antiquité au XIXe siècle : réalités et représentations, Éditions universitaires de Dijon, , 274 p. (ISBN 978-2-36441-081-7), p. 274.
  3. Major, nom commun, sens 5.
  4. « Her single-mindedness and devotion, combined with keen powers of observation; her thoughtfulness and patience, united to a well-balanced judgment, account, in part, for her remarkable accomplishment. » T. H. Morgan, « The scientific work of Miss N. M. Stevens », Science, vol. 36, no 298,‎ , p. 468–70 (DOI 10.1126/science.36.928.468, JSTOR 1636618). On se souviendra d'elle, ajoute Morgan, dans une notice nécrologique développée.
  5. E. B. Wilson, « The chromosomes in relation to determination of sex in insects », dans Science, 22, p. 500–502 (1905).
  6. (en) « Nettie Stevens : A discoverer of sex chromosomes », Nature,‎ (consulté le 6 juillet 2016).
  7. Dans les années 1880, Hermann Henking (de), Privatdozent à l'université de Göttingen, remarqua un « élément » qui persistait durant la plus grande partie de la première division méiotique chez les cellules germinales de l'insecte appelé gendarme, ou pyrrhocore (Pyrrhocoris apterus). Cet élément fut appelé « chromosome accessoire ». Frederick B. Churchill, August Weismann, p. 424.
  8. Fiche de worldcat.org.
  9. Accès payant, The University of Chicago Press Journals.
  10. « Nettie Stevens », sur le site de l'organisation.
  11. Doodle du .

Liens externes[modifier | modifier le code]