Nekketsu

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Trois caractères japonais Cette page contient des caractères japonais. En cas de problème, consultez Aide:Unicode ou testez votre navigateur.

Le nekketsu (熱血?, littéralement « sang chaud ») désigne un canevas et un genre employé dans les mangas (particulièrement les shōnen) et shōsetsu (romans). Il est directement inspiré du concept du monomythe tel que décrit par Joseph Campbell[1]. Osamu Tezuka est crédité pour avoir créé le genre, au travers de son manga La Nouvelle Île au trésor[1].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Certaines caractéristiques du nekketsu sont récurrentes[2] :

  • Le héros est un jeune garçon orphelin (ou vivant séparé de ses parents) ; la recherche du père est un thème récurrent ;
  • Le héros a souvent une quête qu'il veut absolument réaliser et ce, quels que soient les obstacles ;
  • Foncièrement honnête et innocent, il se révèle souvent naïf ;
  • Il est doté de capacités ou pouvoirs hors normes, parfois magiques, dont l'étendue se révèle progressivement ;
  • En compagnie d'amis rencontrés durant sa quête, il lutte contre le mal ;
  • Ses premiers adversaires deviennent généralement ses plus fidèles compagnons ;
  • Ils participent à un tournoi ou quelque chose de semblable ;
  • Lorsqu'il est sur le point de perdre ou de mourir, le héros se relève plus fort que jamais, grâce notamment à sa volonté, son « envie brûlante de gagner » (nekketsu) ;
  • Il y a généralement une ellipse à un certain point de l'aventure (le plus souvent entre un événement traumatique initial et le vrai début de l'histoire).

Honnêteté (justice), esprit de groupe (amitié) et dévouement à l'intérêt général (volonté de vaincre) sont les principales valeurs véhiculées par ces mangas.

On peut décrire le style comme le voyage initiatique qui révélera la transcendance du statut du personnage principal de « plutôt banal dans l'univers dans lequel il vit » vers l’« égal d'un dieu ». Cette trame progressive est particulièrement propice au jeu vidéo, et constitue donc la base d'un très grand nombre de scénarios de jeux vidéo japonais (notamment RPG), comme les Final Fantasy.

Son Gokū, le héros de Dragon Ball, est un exemple typique de personnage ayant ces caractéristiques[3]. On peut également citer :

  • Luffy de One Piece : connaît son père, mais n'y attache pas beaucoup d'importance car il n'est pas présent pendant son enfance. Il part cependant à l'aventure avec une équipe bien constituée et hétéroclite.
  • Naruto Uzumaki de Naruto : Orphelin, et hôte du démon renard à 9 queues, il dédie sa vie à devenir Hokage. Le manga possède beaucoup de caractéristiques typiques du style Nekketsu.
  • Natsu de Fairy Tail : recherche son père Ignir, mais s'entoure d'une équipe fidèle pour surmonter les obstacles.
  • Ichigo Kurosaki de Bleach : se bat pour venger sa mère, morte en essayant de le protéger d'un fantôme. Il se surpasse pour sauver ceux qu'il veut protéger.
  • Izuku Midoriya de My Hero Academia : qui cherche à se faire un nom dans un monde trop grand, en prenant pour père spirituel le plus grand héros qui soit.
  • Sakata Gintoki de Gintama : jeune orphelin, devenu ultra-puissant à la bataille, appelé « Shiroyasha » (Démon blanc) cherchant son ancien maître, devenu homme a tout faire avec Kagura, une Alien surpuissante, et Shinpachi, un jeune homme lamentable.
  • Gon Freecs de Hunter X Hunter : Gon est un garçon de 12 ans qui veut devenir un Hunter et retrouver son père, qui est considéré comme un des Hunters les plus puissants, en compagnie des amis qu'il se fera sur la route
  • Eren Jäger de L'Attaque des Titans : Eren a vu sa mère dévorée par un titan sous ses yeux pendant qu'il était enfant. Jeune apprenti dans un bataillon de tueurs de titans, il recherche aussi son père, grand savant mystérieusement disparu.

Histoire[modifier | modifier le code]

On s'étonnera parfois de trouver dans la même catégorie des mangas très réalistes liés au sport (comme Olive et Tom) et des mangas fantastiques de super-héros (comme Dragon Ball). C'est que le sous-genre du nekketsu se définit moins par un contexte que par une structure narrative, définie ci-dessus. Historiquement, les mangas nekketsu découlent des mangas éducatifs des année 1920 destinés à édifier les jeunes garçons par des exemples de courage et d'héroïsme, dans des histoires essentiellement guerrières et patriotiques. C'est après la Seconde Guerre Mondiale que ces histoires ont été rattachées à la notion d'effort sportif (le nationalisme étant disqualifié par l'occupant américain), donnant le manga sportif ou supokon, puis à des histoires de samouraïs (jidaigeki) progressivement teintées de fantastique, ou encore de science-fiction. Mais les valeurs de l'effort, du dépassement de soi, de la camaraderie et du sacrifice demeurent présentes dans toutes les œuvres issues de ce mouvement, quoi qu'il en soit de leurs différences superficielles[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Valérie Cools, Les Nekketsu shonen mangas : une littérature hypermoderne, Université Concordia, , 154 p..
  • Frédéric Vincent, « La Structure initiatique du manga : une esquisse anthropologique du héros », Sociétés, Bruxelles, De Boeck, no 106 « L'Univers des bandes dessinées »,‎ , p. 57-64 (ISBN 9782804104375, OCLC 690691192, lire en ligne).
  • Frédéric Ducarrme, « L'éthique du corps dans le manga nekketsu : l'exemple de Dragon Ball d'Akira Toriyama », dans Isabelle Guillaume, Aymeric Landot, Irène Le Roy Ladurie et Tristan Martine, Les langages du corps dans la bande dessinée, Paris, L'Harmattan, (lire en ligne).
  • Frédéric Ducarme, « Les mangas nekketsu shōnen sont-ils des mangas sportifs ? L’exemple de Dragon Ball », Comicalités,‎ (lire en ligne).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Vincent 2009, p. 47.
  2. Frédéric Ducarrme, « L'éthique du corps dans le manga nekketsu : l'exemple de Dragon Ball d'Akira Toriyama », dans Isabelle Guillaume, Aymeric Landot, Irène Le Roy Ladurie et Tristan Martine, Les langages du corps dans la bande dessinée, Paris, L'Harmattan, (lire en ligne).
  3. Frédéric Ducarme, « Problématiques de la paternité dans Dragon Ball », Bulles de Savoir,‎ (lire en ligne).
  4. Frédéric Ducarme, « Les mangas nekketsu shōnen sont-ils des mangas sportifs ? L’exemple de Dragon Ball », Comicalités,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]