Soupe au vin sucré

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Soupe au vin sucré
Image illustrative de l’article Soupe au vin sucré
Soupe au vin sucré

Autre nom bijane (Bourgueil)
miettée (Beauce),
midonnée (Berry)
mige ou mijet (Poitou),
miget ou migeot (Berry),
mijoh (Montmorillonnais)
mijhot (Charente),
miot (Berry et Touraine),
miotte (Touraine)
soupe au perroquet (Bordelais)
soupine (Anjou et Deux-Sèvres),
trempotte ou trampusse (Jura)
trempée (Berry)
tosti (Provence)
Lieu d’origine Drapeau de la France France
Place dans le service entrée, en-cas, déjeuner
Température de service froide
Ingrédients pain rassi mouillé de vin rouge sucré
Mets similaires tranches de pain, lait, et quelques fraises des bois

Le soupe au vin sucré est une soupe qui fut consommée dans de nombreuses provinces, du Poitou, où elle était connue sous le nom de mijet, à l'Anjou, où on la dénommait soupine, en passant par la Beauce, où elle s'appelait miettée, ou par les Charentes, où on le retrouvait dénommée mijhot, elle était faite uniquement avec du vin du pays charentais.

Préparation[modifier | modifier le code]

Cette soupe rustique se prépare à partir de pain sec, découpé en dés, d’autant plus petits que le pain est sec. On l’arrose ensuite d'une bonne rasade de vin, que l'on le sucre légèrement, puis le tout était mis au frais. Dans les campagnes, on le mettait au puits quelques heures afin de le rafraîchir.

Origines[modifier | modifier le code]

Elles sont multiples. Dans le Jura, la trempotte ou trampusse désignait ce pain trempé dans du vin sucré[1]. Ailleurs, c'était la trempée du Berry ou la miotte[2]. En Touraine, au milieu du XIXe siècle, la miotte désignait aussi une soupe au vin rouge non chauffée mais sucrée au miel ; chauffé, le mets était appelé rôtie[3], tout comme en Mayenne où on la dénommait routie[4]

À Bourgueil, on désignait par bijane le pain trempé dans le vin frais sucré, et par soupine le pain trempé dans le vin chaud et sucré[5]. Dans le Poitou, il s'agissait de la mige (ou mijet), de la soupine (ou trempine) dans les Deux-Sèvres et de la midonnée dans le Berry[6].

En Provence, on parlait de tosti : « Au milieu de l'après-midi, parce que les mauvaises herbes étaient dures à bêcher entre les ceps ou lourde la sulfateuse, se déroulait la cérémonie du tosti. Debout, pour surtout ne plus avoir à se relever, le vigneron trempait une tranche de pain dans sa gamelle de vin sucré. Le tout avalé et bu permettait de tenir jusqu'au soir »[7].

Ne pas confondre avec la soupe que les hommes consomment additionnée de vin (on dit alors qu'ils font chabrot en français ou godaille en dialecte Saintongeais.

Soupe au perroquet[modifier | modifier le code]

Soupe au perroquet

Dans la région de Bordeaux, on trempait aussi du pain dans son vin. Cela s'appelait « avaler une soupe au perroquet »[1]. Dans le Sauternais, les vendangeuses qui, dès l'aube, allaient recueillir un à un les grains atteints par la pourriture noble, se réchauffaient ensuite en avalant la soupe au perroquet. C'était du vin sucré chaud dans lequel trempaient de grosses lèches de pain. Cette soupe passait pour être souveraine contre les bronchites attrapées pendant les vendanges tardives[8].

Soupe de perroquet ou déjeuner de perroquet[2], ce mélange « pain et vin », avait la réputation de délier les langues. Car, comme l'avait expliqué Molière, dans Le médecin malgré lui : « Il y a dans le vin et le pain, mêlés ensemble, une vertu sympathique qui fait parler ; ne voyez-vous pas bien qu'on ne donne autre chose aux perroquets, et qu'ils apprennent à parler en mangeant de cela ? »[9].

Variante[modifier | modifier le code]

On peut remplacer le vin par du lait, et ajouter quelques fraises des bois, dont le parfum délicat n’ôte rien à la simplicité du plat. Dans le Montmorillonnais, l'appellation mijet était réservée pour la préparation à base de lait frais et mijoh pour la préparation à base de vin rouge additionné d'eau fraîche et de sucre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Florence Mothe, Toute honte bue. Un siècle de vin et de négoce à Bordeaux, Éd. Albin Michel, Paris, (ISBN 978-2-7339-0968-3)
  • Jean-Pierre Saltarelli, Les Côtes du Ventoux, origines et originalités d'un terroir de la vallée du Rhône, Avignon, A. Barthélemy, Avignon, 2000, (ISBN 978-2-87923-041-2 et 2879230411)
  • Madeleine Othonin-Girard, Le livre du vin. Tous les vins du monde, sous la direction de Louis Orizet, Éd. Les Deux Coqs d'Or, 29 rue de la Boétie, 75008, Paris, 1970.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]