Marie-Guillemine Benoist

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Marie-Guillemine Benoist

Description de cette image, également commentée ci-après

Autoportrait, autoportrait de 1790.

Nom de naissance Marie-Guillemine de Laville-Leroux
Naissance
Paris
Décès
Paris
Nationalité {france}
Activités Artiste-peintre
Maîtres Élisabeth Vigée Le Brun, Jacques-Louis David

Marie-Guillemine Benoist, née Marie-Guillemine de Laville-Leroux, le à Paris, décédée dans la même ville le , est une artiste peintre française de l’école néoclassique, peintre d’histoire et de genre. Née d’un père fonctionnaire, elle épouse le , Benoist d’Angers, banquier.

Formation[modifier | modifier le code]

Marie-Guillemine Benoist est formée par Élisabeth Vigée Le Brun à partir de 1781. En 1784, elle rencontre le poète Charles-Albert Demoustier, qui s’inspirera d’elle pour son personnage d’Émilie dans ses Lettres à Émilie sur la mythologie[1] (1821). Elle entre en 1786, comme sa sœur Marie-Élisabeth Laville-Leroux, à l’atelier de Jacques-Louis David, qui, sous l'empire, sera investi dans la fonction de "Premier peintre" par Napoléon Ier.

Une femme peintre au tournant du XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le tableau L’Innocence entre la vertu et le vice sous le couvert d’un sujet mythologique, reflète ses convictions féministes, le vice y étant représenté sous les traits d’un homme alors qu’il l’est traditionnellement sous ceux d’une femme. Marie-Guillemine Benoist expose pour la première fois au Salon en 1791 un tableau inspiré de la mythologie Psyché faisant ses adieux à sa famille, réalisé à la même époque que le précédent.

Vers 1795, Marie-Guillemine Benoist abandonne les sujets classiques pour la peinture de genre, après de rudes attaques[2] et se libère progressivement de l’influence de David. Elle continue sa carrière de peintre avec succès et expose au Salon de 1800 le Portrait d'une négresse, qui assoit immédiatement sa réputation. Peint seulement six ans après l’abolition de l'esclavage, ce tableau est considéré comme un manifeste de l’émancipation des esclaves[3] et du féminisme. Le tableau sera acheté par Louis XVIII pour l’État français en 1818[4].

Marie-Guillemine Benoist remporte une médaille d’or au Salon de 1804 et obtient une pension du gouvernement. Elle ouvre à cette époque un studio réservé exclusivement aux femmes à qui elle enseigne la peinture. Elle reçoit une commission de Napoléon Bonaparte, alors Premier Consul, pour réaliser son portrait à l’intention de la ville de Gand et réalisera un portrait d’Elisa Bonaparte, sœur de l’empereur et duchesse de Lucques en 1805.

À la Restauration, son époux Pierre-Vincent Benoist, monarchiste convaincu, est créé Comte héréditaire par ordonnance du 21 août 1828 après avoir été nommé au Conseil d’État, puis Ministre d'État et membre du Conseil privé. Marie-Guillemine Benoist doit, à son grand regret, cesser de peindre et d’exposer ses tableaux [réf. nécessaire] alors qu’elle est au sommet de sa carrière.

Certains ont vu en elle un esprit en avance sur son temps, ses aspirations d’émancipation et son talent ayant été étouffés par le poids de la société, malgré les promesses de la Révolution.

Œuvres[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Marie-Juliette Ballot, Une élève de David, La Comtesse Benoist, L’Émilie de Demoustier, 1768-1826, Plon, Paris, 1914
  • Astrid Reuter, Marie-Guilhelmine Benoist, Gestaltungsraüme einer Künstlerin um 1800, Lukas Verlag, Berlin, 2002
  • Marie-Josèphe Bonnet, "Liberté Egalité Exclusion, Femmes peintres en révolution- 1770-1804", Edition Vendémiaire, 2012.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Charles Albert Demoustier, Lettres à Émilie sur la mythologie : XVIIIe ‑ XXIe siècle : 1760-1790, Paris,‎ 1786-2002. (notice BnF no FRBNF30322979j), (Charles-Albert Demoustier, notice de François-Joseph-Marie Fayolle, 1817), (notice BnF no FRBNF30322989v). L. Tenré, 1820, (notice BnF no FRBNF358194556). L'ouvrage connaît des rééditions entre 1786 et 2002, (notice BnF no FRBNF38832326g).
  2. Kirstin Olsen, Chronology of women's history : -Xe ‑ XXe siècle : 1650-1994, Paris, Greenwood Publishing Group,‎ 1994.(notice BnF no FRBNF37475959t)
  3. Ce portrait représenterait une domestique ramenée des îles par le beau-frère de l’artiste.
    Inspiré par les oeuvres de David, ce tableau est une étude du clair et du foncé: une femme noire — probablement rencontrée dans la maison de son beau-frère, officier de marine qui s'était marié à la Guadeloupe — portant un vêtement et un turban blanc, et placée sur un fond clair. Son portrait de Madame Philippe Desbassayns de Richemont (Salon de1802) possède une même grâce dans la pose et les draperies. De tels portraits à la mode expliquent les nombreuses commandes napoléoniennes, dont le plus charmant exemple reste le Portrait en pied de la duchesse Napoleone Elisa, princesse de Piombino, avec son élégant costume. Dictionnaire de la SIEFAR, Vivian P. Cameron, traduction Sandrine Lely, « Benoist, Marie Guillemine [Le Roux de la Ville, La Ville, Le Roux (1768-1826) »], sur siefar.org, Siefar,‎ 2004 (consulté le )
  4. Marie-Guillemine Benoist
  5. Analyse de l'œuvre :