Portrait d'une femme noire

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Portrait d'une femme noire
Marie-Guillemine Benoist - portrait d'une negresse.jpg

Portrait d'une femme noire.

Artiste
Date
Technique
Dimensions (H × L)
81 × 65 cm
Localisation
Numéro d’inventaire
INV 2508

Portrait d'une femme noire anciennement dénommé Portrait d'une négresse est un tableau du peintre français Marie-Guillemine Benoist, élève de Jacques-Louis David, réalisée en 1800.

Cette huile sur toile est un portrait d'une jeune femme noire considéré comme une célébration de l'abolition de l'esclavage dans les colonies par la Révolution française.

Acquise en 1818, cette œuvre est conservée au Musée du Louvre, à Paris[1].

Peindre la peau noire était un exercice rare et peu enseigné car jugé ingrat[1]. L’abolition de l’esclavage, décrétée le 4 février 1794, par la Convention est alors récente et n'est appliquée que partiellement, du fait de la guerre ou de l’opposition des colons, qui tentent d'obtenir son rétablissement et la reprise de la traite[2]. les dégradés de la pigmentation de la peau noire, la texture particulière des cheveux sont magnifiques. Elle met en valeur la couleur ébène de la peau de la jeune femme par un subtil contraste chromatique qui l’oppose au blanc immaculé de la robe et du fichu et au fond ivoire.

Selon Luce-Marie Albigès, le portrait de cette femme noire « se présente dans une situation non conforme à sa condition de domestique, qui était probablement même celle d’une esclave avant 1794. Le regard directement tourné vers le spectateur, assise dans un fauteuil à médaillon drapé d’un riche tissu, elle occupe la place traditionnelle d’une femme blanche[2] ». Domestique chez le beau-frère de la peintre, la femme noire accède au même statut que les femmes bourgeoises qui font faire leur portrait. Représentée assise dans un élégant fauteuil à dossier médaillon, de trois-quarts, le regard tourné vers le spectateur, dans la position dévolue aux portraits de femme de la haute société, elle s’apparente la posture prise par Madame Récamier sur le célèbre portrait que David compose également en 1800[3].

Madame Récamier (1800, Paris, musée du Louvre).

Pour Albigès, « l'œuvre pourrait ainsi avoir deux objectifs apparemment contradictoires : présenter cette femme noire comme un objet de possession, un bien acquis parmi des objets de luxe, mais aussi, au-delà de la différence raciale, la faire reconnaître comme un être doué de sensibilité[2]. » Cette toile est donc précurseure de part le soin apporté à la représentation des Noirs à la femme dans l’art. L'artiste perçoit l’importance du sexe, de la race et de la classe sociale à l’époque de l’entrée de la France dans la modernité[2]. Les idéaux de liberté ainsi exprimés seront cependant masqués durant la période coloniale et par l'essor de la pensée racialiste.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Marie-Guillemine BENOIST », louvre.fr (consulté le 1er août 2017)
  2. a, b, c et d Luce-Marie Albigès, « Portrait d'une négresse », histoire-image.org, (consulté le 1er août 2017)
  3. « Portrait d’une négresse » de Marie-Guillemine Benoist, lesyeuxdargus, (consulté le 2 août 2017)

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]