Marguerite II de Hainaut
| Marguerite II de Hainaut | |
Marguerite II de Hainaut. | |
| Titre | |
|---|---|
| Impératrice du Saint-Empire | |
| – (19 ans, 8 mois et 24 jours) |
|
| Prédécesseur | Isabelle d'Angleterre |
| Successeur | Anne de Schweidnitz |
| Reine de Germanie | |
| – (23 ans, 7 mois et 16 jours) |
|
| Prédécesseur | Isabelle d'Aragon |
| Successeur | Blanche de Valois |
| Comtesse de Hollande | |
| – (9 ans, 2 mois et 11 jours) |
|
| Prédécesseur | Guillaume IV |
| Successeur | Guillaume V |
| Comtesse de Hainaut | |
| – (10 ans, 8 mois et 28 jours) |
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| Prédécesseur | Guillaume II |
| Successeur | Guillaume III |
| Biographie | |
| Dynastie | Maison d'Avesnes |
| Date de naissance | |
| Date de décès | |
| Lieu de décès | Le Quesnoy (Hainaut) |
| Sépulture | Valenciennes |
| Père | Guillaume Ier de Hainaut |
| Mère | Jeanne de Valois |
| Conjoint | Louis IV du Saint-Empire |
| Enfants | Élisabeth Louis Guillaume Albert Othon |
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Marguerite II, née vers 1311 et morte le au Quesnoy (Hainaut), est une princesse de la maison d'Avesnes, fille du comte Guillaume Ier de Hainaut et de Jeanne de Valois. Elle fut reine de Germanie de 1324 et impératrice du Saint-Empire de 1328 à 1347, par son mariage avec l'empereur Louis IV de Wittelsbach, puis comtesse de Hollande (sous le nom de Marguerite Ire) de 1345 à 1354 ainsi que comtesse de Hainaut de 1345 jusqu'à sa mort.
Biographie
[modifier | modifier le code]Marguerite est la fille aînée de Guillaume le Bon (mort en 1337), comte de Hainaut (en tant que Guillaume Ier) et de Hollande (en tant que Guillaume III) depuis 1304, et de son épouse Jeanne (morte en 1352), elle-même fille du comte Charles de Valois et sœur du roi français Philippe VI. Son père, membre de la maison d'Avesnes, fut l'un des plus puissants princes dans le nord-ouest du Saint-Empire, avec les ducs de Brabant et les comtes de Flandre.
Des conflits avec le roi français Philippe IV le Bel, l'oncle de son épouse Jeanne de Valois, ont conduit à l'alliance avec Louis IV de Wittelsbach, élu roi des Romains en 1314 rivalisant avec Frédéric le Bel. Dans la lutte pour le trône du Saint-Empire, Guillaume fut un allié essentiel. Après la victoire sur les troupes de Frédéric à la bataille de Mühldorf en 1322, Louis IV, veuf depuis la mort de sa première épouse Béatrice de Świdnica le , conclut un contrat de mariage afin d'épouser Marguerite le à Cologne.
Son frère aîné Guillaume II décédant sans postérité en 1345, l’Angleterre revendique dès lors ses droits sur le Hainaut et ses héritages. Un accord est cependant conclu en 1346 à Ypres entre Marguerite et sa sœur Philippa de Hainaut, épouse du roi Édouard III d'Angleterre : Philippa renonçant à ses prétentions sur les héritages de son frère et ce, en faveur de sa sœur[1]. De son côté, à Francfort, l’empereur germanique, Louis IV de Bavière, s’engage pour lui-même et ses héritiers, et au nom de son épouse, l’impératrice Marguerite (la dite Marguerite II (d’Avesnes) comtesse de Hainaut), à ne jamais céder, diviser ni engager les comtés de Hainaut, de Hollande, de Zélande et de la seigneurie de Frise, qui appartiennent à la dite Marguerite et à ses héritiers, sauf les droits de ses sœurs[2].
Marguerite nomme son fils (le futur Guillaume III comte de Hainaut) et des gouverneurs pour les comtés dont elle hérite, et ne décide de s'en occuper qu'en 1347, à la mort de son époux[3]. Mais son fils s'y oppose et s'allie aux Hollandais pour la contrer. En 1348, Marguerite cède officieusement la souveraineté de la Hollande, de la Zélande et la Frise à son fils Guillaume[4]. Cependant, malgré l'intervention des Anglais pour défendre son droit lors des batailles de Veere puis celle de Zwartewaal, elle est contrainte de céder de fait la Hollande à son fils en 1351. Un parchemin daté du à Mons, énonce les conditions de la passation définitive des États de Marguerite à son fils Guillaume : elle reçoit une somme de 40 000 florins de Florence et une rente viagère, et son fils, en contrepartie, renonçant à ses droits sur le Hainaut, tant que sa mère vivra[5]. Elle décédera un an et demi plus tard.
Mariage et descendance
[modifier | modifier le code]Marguerite épouse le Louis IV de Wittelsbach (1282 † 1347), duc de Bavière, roi de Germanie en 1314, puis sacré empereur Louis IV) en 1328. Ils eurent dix enfants :
- Marguerite (1325 † 1374), marié en 1351 à Étienne de Hongrie († 1354), duc de Croatie, puis vers 1357 à Gerlach de Hohenlohe ;
- Anne (1326 † 1361), mariée à Jean de Wittelsbach (1329 † 1340), duc de Basse-Bavière ;
- Élisabeth, mariée en 1350 à Cangrande II della Scala (1332 † 1359), seigneur de Vérone, puis en 1362 à Ulrich du Wurtemberg (1342 † 1388), fils du comte de Wurtemberg ;
- Louis VI le Romain (1330 † 1365), duc de Haute-Bavière et margrave de Brandebourg ;
- Guillaume (1330 † 1388), duc de Bavière-Straubing, comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande ;
- Albert Ier (1336 † 1404), duc de Bavière-Straubing, comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande ;
- Othon V (1341 † 1379), duc de Haute-Bavière et margrave de Brandebourg ;
- Béatrice (1344 † 1359), mariée à Éric XII (1339 † 1359), roi de Suède ;
- Agnès (1345 † 1352) ;
- Louis (1347 † 1348).
Ascendance
[modifier | modifier le code]Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Général baron Guillaume, « Guillaume III », Académie royale de Belgique, Biographie nationale, vol. 8, Bruxelles, [détail des éditions], p. 480-481.
- Monique Maillard-Luypaert, « Marguerite d’Avesnes, Madame de Hainaut (1346–1356) : « faible femme » ou femme affaiblie ? », dans Eric Bousmar, Jonathan Dumont, Alain Marchandisse et Bertrand Schnerb (dir.), Femmes de pouvoir, femmes politiques durant les derniers siècles du Moyen Âge et au cours de la première Renaissance, Bruxelles, De Boeck, coll. « Bibliothèque du Moyen Âge » (no 28), (lire en ligne), p. 325-347.
- Geoffroy G. Sury, « Bayern Straubing Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut, XIVe-XVe s. », Edit. G. G. Sury, Bruxelles, 2010 (2e éd.), p. 63-71.
Liens externes
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- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Sury Geoffroy G., « Bayern Straubing Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut, XIVe-XVe s. », Edit. G. G. Sury, Bruxelles, © 2010 (2e éd.), p. 66. - Un chirographe sur parchemin daté du 17/10/1346 à Ypres (Ieper), dont le sceau est détruit, énonce un accord conclu entre l’impératrice Marguerite II comtesse de Hainaut (épouse de Louis IV de Bavière, empereur germanique) etc., et sa sœur Philippine (Philippa de Hainaut), reine d’Angleterre (épouse du roi Édouard III) touchant la succession de leur défunt frère, Guillaume II comte de Hainaut, etc. Philippa, renonçant à ses prétentions sur le Hainaut, la Hollande, la Zélande et la Frise. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 869, Éditions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 190.
- ↑ Sury Geoffroy G., « Bayern Straubing Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut, XIVe-XVe s. », Edit. G. G. Sury, Bruxelles, © 2010 (2e éd.), p. 66. - Un parchemin daté du 7/09/1346 à Francfort, dont le sceau est détruit, énonce que Louis IV de Bavière empereur du Saint-Empire romain germanique s’engage pour lui-même et ses héritiers, et au nom de son épouse, l’impératrice Marguerite, à ne jamais céder, diviser ni engager les comtés de Hainaut, de Hollande, de Zélande et de la seigneurie de Frise, qui appartiennent à la dite Marguerite (Marguerite II (d’Avesnes) comtesse de Hainaut) et à ses héritiers, sauf les droits de ses sœurs, et, après le décès de cette dernière, à leur deuxième fils, Guillaume (futur Guillaume III comte de Hainaut) duc (I) de Bavière, et, celui-ci décédé, à Albert (futur Albert Ier comte de Hainaut), duc (I) de Bavière, leur troisième fils. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 868, Éditions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 190. (Or. sur pch. ; dét. (Francfort, 7/09/1346.)
- ↑ - Un parchemin daté du 8/09/1346 à Geertruidenberg, d’après une traduction latine de l’allemand datée du 16/03/1347 (date nouv. st.), énonce que Marguerite II comtesse de Hainaut (épouse de Louis IV de Bavière, empereur germanique) etc., commet son fils Guillaume (le futur Guillaume III comte de Hainaut) au gouvernement des comtés de Hainaut, de Hollande, de Zélande, et de la seigneurie de Frise durant son absence. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote)868, Éditions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 190.
- ↑ - Curieusement, un vidimus du 25/03/1348 se référant à un parchemin daté du 5/01/1348 à München (Munich), énonce que l’impératrice Marguerite, comtesse (II) de Hainaut, etc., cède la souveraineté des comtés de Hollande et de Zélande et de la seigneurie de Frise à son fils Guillaume (le futur Guillaume III comte de Hainaut), duc de Bavière, et invite les nouveaux sujets de ce dernier à lui jurer obéissance. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 881, Éditions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 193.
- ↑ Geoffroy G. Sury, « Bayern Straubing – Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut, XIVe – XVe s. », Edit. G. G. Sury, dép. lég., Bruxelles, 2010, 2e éd., p. 67. - Un parchemin en partie détruit et daté du 7/12/1354 à Mons, à 4 sceaux appendus brisés, énonce que Jean de Hainaut et Wallerand de Luxembourg seigneur de Ligny, agissant en qualité de personnes intermédiaires et arbitres, pour rétablir la paix entre Marguerite et son fils, le duc Guillaume de Bavière (le futur Guillaume III comte de Hainaut), font connaître les termes de l’ordonnance d’arbitrage évoquée dans les actes passés, dont ils restituent la teneur : « .. En exécution de ladite ordonnance, la comtesse Marguerite (II) de Hainaut, etc. cède à son fils Guillaume duc de Bavière (futur Guillaume III comte de Hainaut), les comtés de Hainaut, de Hollande, de Zélande, et la seigneurie de Frise, moyennant le paiement d’une somme de 40 000 florins de Florence et d’une pension viagère de 7 000 florins » ; de son côté, ledit duc (futur Guillaume III comte de Hainaut) « ..renonce à faire valoir ses droits sur le Hainaut tant que vivra sa mère ». In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 974, Éditions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 209-210.