Manurhin MR 73

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Manurhin MR 73
Image illustrative de l'article Manurhin MR 73
Manurhin MR 73 en .357 Magnum utilisé à le GIGN en 2009.</sm
Présentation
Pays France
Type Revolver à simple ou double action
Munitions .357 Magnum/9mm Parabellum/.38 Special/.357 Magnum Mega Match
Fabricant Manurhin
(à l'origine)
Chapuis Armes (actuellement)
Poids et dimensions
Masse (non chargé) 1,07 kg à 1,19 kg selon la longueur du canon
Longueur(s) 19,5 cm à 23,4 cm selon la longueur du canon
Longueur du canon 6,4 cm à 10,1 cm (2"1/2 à 4")
Caractéristiques techniques
Capacité 6 cartouches

Le Manurhin MR 73 est un revolver français à simple ou double action mis en production en 1973 et fabriqué initialement à Mulhouse par la société Manurhin. Il s'agissait du premier revolver construit en France depuis 1892.

Il a été développé pour répondre à la demande d'un revolver de la part de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale française, notamment de leurs unités spéciales (RAID, GIGN et GIPN). Ce revolver a été créé par Gilbert Maillard, alors ingénieur chez Manurhin.

Description[modifier | modifier le code]

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Fabrication[modifier | modifier le code]

L'acier constituant la carcasse du MR 73, et particulièrement le barillet, provient de la firme Aubert et Duval. La finition des chambres est réalisée par galetage. Selon le constructeur, les chambres d'un MR 73 peuvent théoriquement accepter une surcharge jusqu'à deux fois supérieure à leur munition[réf. souhaitée]. Les rayures et la finition du canon sont obtenues par martelage à froid[réf. souhaitée]. En ce qui concerne la mécanique, le fonctionnement en double action est continu et ne présente aucune aspérité, aucune dureté.[réf. souhaitée]

La surface de l'arme bénéficie d'un polissage et d'un bronzage glacé. Après de nombreuses années de sorties et rentrées dans des holsters, cette surface peut s'user, sans diminuer la précision. De même, certaines armes utilisées en patrouille et soumises à l'humidité ont parfois présenté des oxydations bloquant le mécanisme : après nettoyage, elles fonctionnaient à nouveau parfaitement.[réf. souhaitée]

Selon les documents de l'armurerie de la Gendarmerie Mobile de Maisons-Alfort, de nombreux MR 73 du GIGN auraient tiré plus de 150 000 cartouches, seule leur vis de poignée ayant été changée. Toutefois, afin d'économiser l'arme, les articulations et les finances, les munitions utilisées étaient des .38 Special et non des .357 Magnum, beaucoup plus puissantes. Cependant, le nombre de coups tirés n'a jamais été comptabilisé par cette armurerie.[pas clair][réf. nécessaire].

Arme en 4 pouces présentant un entrefer (espace barillet / canon) de 0,4 mm et un jeu à la rotation identique, le MR73 est encore capable d'atteindre une zone de cible de 7,5 cm de diamètre à 25m, ce qui est équivalent dans le meilleur des cas à un pistolet de service 9 × 19 mm moderne neuf.[réf. nécessaire]

Aux États-Unis, des armuriers n'hésitent pas à le placer au dessus des marques les plus prestigieuses comme Korth, Smith et Wesson ou Colt, en vantant sa qualité de fabrication et sa solidité.[réf. nécessaire]

Déclinaisons[modifier | modifier le code]

Le MR 73 est disponible en de nombreuses longueurs de canon et doté d'organes de visée réglables ou fixes. la version « Police » comporte un canon de 4 pouces et une visée fixe. La version « Gendarmerie » est identique mais dotée d'une hausse réglable. Il est notamment possible de l'équiper avec un canon de huit voire dix pouces (25,4 cm), d'une lunette et d'un bipied (utilisé par certaines unités d'intervention pour atteindre avec précision des cibles situées à moins de cent mètres).[réf. souhaitée]

En utilisation sportive, un Manurhin Silhouette est capable de réaliser un groupement de l'ordre de 200 mm de diamètre à 200 m.[réf. souhaitée]

Un barillet spécifique permet de tirer des munitions de 9 mm Parabellum (calibre .355/.356) normalement utilisées dans les pistolets. Cet accessoire inhabituel a pour objectif principal de permettre l'entraînement avec une munition moins onéreuse que le .357 Magnum. Mais, l'adéquation MR 73/9 mm Parabellum montra rapidement ses limites pratiques (éjection des douilles et rechargement tactique) et, pour les tireurs sportifs français, faisait passer le MR 73 de la 4e catégorie à la 1re catégorie, le 9 mm Parabellum ayant dans le droit français le statut de « munition de guerre ». Ainsi, dès le début des années 1980, la production se limita aux versions en .357.[réf. souhaitée]

Manurhin MR 38 Match pour gaucher.

Ce revolver a également été décliné en version « Match » pour les tireurs sportifs. Il s'agissait des MR 38 Match (chambré en .38 Special), MR 32 Match (chambré en calibre 32) et MR 22 Match (chambré en 22LR). Leur canon mesure généralement 13,4 ou 15,2 cm. Un contrepoids de 100 g était vendu sur commande. Les versions Match sont uniquement en simple action ( toutefois, la pression sur la détente en double action provoque un mouvement du chien) et disposent d'une hausse rallongée vers l'arrière. Cela permet d'augmenter la longueur de visée sans augmenter la longueur totale de l'arme, ce qui lui aurait fait dépasser les dimensions maximales autorisées dans certaines compétitions.[réf. souhaitée]

La fabrication du MR 73 est maintenant assurée par la firme Chapuis Armes[1]. Les versions « Match », toujours chambrées en calibre .38 et .32, sont désormais désignées sous l'appellation « MR 73 Match » (les anciennes appellations « MR 38 » et « MR 32 » n'étant plus utilisées par Chapuis). Finition et qualité ne sont pas du même niveau que les armes fabriquées par Manurhin.[réf. nécessaire]

Usage[modifier | modifier le code]

Le MR 73 a été en dotation dans la Police nationale, la Gendarmerie nationale et des services particuliers comme les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, remplacée ensuite par des pistolets de type Beretta 92G (dit PAMAS), aux calibre 9 × 19 mm Parabellum ou par le GLOCK 17, un peu moins puissant mais aussi moins lourde pour une plus grande capacité.[réf. souhaitée]. Suite aux

Quelques cas de blessures collatérales étaient relevées à cause de la sur-pénétration des projectiles .357 Magnum, qui traversent trop facilement le corps humain en ressortant avec une énergie résiduelle élevée, problème toujours présent dans les armes de calibre 9 × 19 mm Parabellum, mais en moindre mesure. En effet, la surpuissance du .357 Magnum avait incité très tôt l'utilisation quasi-généralisée de munitions .38 Special, de calibre compatible mais moins puissantes. Ce choix rendait le poids et la robustesse du MR73 disproportionnés par rapport a son utilisation réelle - l'arme y était surdimensionnée, mais restait fiable et précise.[réf. souhaitée]

L'arme est encore utilisée dans des services spéciaux car elle ne s'enraye pas, permet de tirer avec une grande précision des munitions puissantes et particulièrement meurtrières, indispensables dans des combats contre des adversaires déterminés. Ce genre d'armes est mis maintenant dans des mains expertes et dans des conditions d'emploi extrêmes comme les assauts en milieu confiné, par exemple lors de la prise d'otages du vol Alger/Paris en 1994[2].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Étui de revolver contenant un Manurhin MR 88 (le petit frère moins cher du MR 73) en .357 Magnum en dotation à l'Office national des forêts (2009).
Versions « Défense / Gendarmerie »
  • Calibre : .357 Magnum/9mm Parabellum/.38 Special
  • Longueur : 19,5 cm à 23,4 cm selon la longueur du canon.
  • Longueur du canon : de 6,4 cm à 10,1 cm (2"1/2 à 4")
  • Poids non chargé : 0,860 kg à 1 kg selon la longueur du canon.
  • Capacité : 6 coups.
  • Usage : Arme de police.
Versions « Match / Sport »
  • Calibre : .357 Magnum/.22 LR/.32 S&W Long./ .357 Magnum Mega Match
  • Longueur : 23,4 cm à 33,4 cm selon la longueur du canon.
  • Longueur du canon : de 10,1 cm à 20,3 cm (4" à 8"), sans oublier la version "Long Range" équipé d'un canon de 9" soit 22,8 cm et le magnifique MR73 silhouette et son canon de 10"3/4 soit 27 cm destiné à la pratique du tir sur silhouettes métalliques
  • Poids non chargé : 1,07 kg à 1,19 kg selon la longueur du canon.
  • Capacité : 6 coups.
  • Usage : Tir sportif.

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

Elle équipe également une partie du personnel de l'Armée de l'air, ainsi que la Douane, les inspecteurs de l'environnement de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et de l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (ONEMA) avant 2014 et désormais les Polices municipales depuis 2016.
La munition de 357mag ou de 38sp étant puissante, la doctrine d'utilisation n'étant plus la même (grande capacité, puissance réduite, coût de fabrication moindre, poids réduit...), le MR73 a été abandonné au profit de pistolets chambrés en 9x19, comportant des chargeurs grande capacité, dotés d'un projectile particulier qui va rester dans la cible et ne pas la traverser. Toutefois, sa grande fiabilité (aucun enrayage, précision excellente, résistance à l'usure, qualité de fabrication...) font que cette arme est encore utilisée dans certaines unités d'intervention.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Manurhin », chapuis-armes.com (consulté le 20 octobre 2017).
  2. « Groupes d’intervention, le choix d’une arme : Le revolver Manurhin MR-73 », Aquila, gign.org (consulté le 20 octobre 2017).
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) Ian Hogg, Jane's Infantry Weapons 1989-90, 15th Edition, Jane's Information Group, , 826–836 p. (ISBN 0-7106-0889-6)
  4. (en) « World Infantry Weapons: Central African Republic »
  5. (en) « Manurhin MR-73 (France) », modernfirearms.net (consulté le 20 octobre 2017).
  6. (en) « World Infantry Weapons: Niger »
  7. (en) Richard Jones, Jane's Infantry Weapons 2009-2010, Jane's Information Group, (ISBN 0-7106-2869-2), p. 902

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • R. Caranta, Les Armes de votre défense, Balland, 1977.
  • R. Caranta, Pistolets & Révolvers d'aujourd'hui, 5 tomes, Crépin-Leblond, 1998-2009.