Homo paleojavanicus

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Homo palaeojavanicus
Description de cette image, également commentée ci-après
L'enfant de Modjokerto, Musée de Sangiran, Province de Sragen, Indonésie
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Ordre Primates
Famille Hominidae
Genre Homo

Nom binominal

Homo palaeojavanicus
Franz Weidenreich et
Gustav von Koenigswald, 1942

Homo paleojavanicus est le nom donné à plusieurs fragments de mandibules et de crânes humains fossiles trouvés depuis 1941 sur le site de Sangiran, près de Surakarta, au centre de Java (Indonésie). Le nom d'origine était Meganthropus palaeojavanicus, mais les fossiles ont depuis été rattachés au genre Homo par la majorité des auteurs. Ils avaient été perçus à l'origine comme appartenant à une espèce géante, ce qui a par la suite été démenti.

La taxonomie et la phylogénie des spécimens concernés demeure incertaine, car de nombreux paléoanthropologues les considèrent comme des Homo erectus archaïques, et d'autres comme une variété d'Australopithèques.

Historique[modifier | modifier le code]

L'espèce Meganthropus palaeojavanicus a été créée en 1942 par Franz Weidenreich et Gustav von Koenigswald à partir d'un fragment de mandibule de grande taille découvert en 1941 par le second sur le site de Sangiran, à Java (Indonésie)[1].

Principaux fossiles[modifier | modifier le code]

Les fossiles trouvés jusqu'à présent sont au total assez peu nombreux, et leur caractère fragmentaire ne permet pas d'être assuré qu'ils représentent une espèce unique.

Meganthropus A / Sangiran 6[modifier | modifier le code]

Ce fragment de mandibule fut découvert en 1941 par Gustav von Koenigswald. Celui-ci fut retenu prisonnier par les Japonais durant la Seconde Guerre mondiale, mais parvint à envoyer un moulage de la mandibule à Franz Weidenreich, qui décrivit le spécimen en 1942, et fut frappé par sa taille, perçue comme la plus grande mandibule humaine connue jusqu'alors. Elle avait selon lui à peu près la même taille que celle d'un gorille, mais avec une forme différente. Alors que chez les grands singes, la mandibule atteint sa plus grande hauteur au niveau de la symphyse, c'est-à-dire là où les deux ramus se rejoignent, ce n'est pas le cas sur Sangiran 6, où la plus grande hauteur est atteinte au niveau de la première molaire (M1).

Meganthropus B / Sangiran 8[modifier | modifier le code]

Cet autre fragment de mandibule fut décrit par Marks en 1953. Il apparaissait de prime abord de même taille et forme que le premier fossile découvert, et il était aussi très endommagé. Une équipe de chercheurs japonais et indonésiens a récemment pu reconstruire le fossile, celui d'un adulte, et a montré qu'il était plus petit que les spécimens connus d'Homo erectus. Sangiran 8 montre cependant plusieurs caractères trouvés uniquement sur Sangiran 6 et inconnus chez Homo erectus[2].

Meganthropus C / Sangiran 33/BK 7905[modifier | modifier le code]

Ce fragment de mandibule fut découvert en 1979, et possède quelques caractéristiques en commun avec les fossiles précédents[2]. Son appartenance à l'espèce Homo paleojavanicus apparait néanmoins la plus ténue de toutes les mandibules découvertes.

Meganthropus D[modifier | modifier le code]

Ces mandibule et ramus fossiles furent acquis par le chercheur indonésien S. Sartono en 1993, et ont été datés entre 1,4 et 0,9 million d'années. Le fragment de ramus est très endommagé, mais le fragment de mandibule apparait à peu près intact, bien que les dents aient été perdues. Le fossile est légèrement plus petit que Meganthropus A et très similaire dans la forme. Sartono, Tyler, et Krantz ont été d'accord pour dire que Meganthropus A et D appartenaient très probablement à la même espèce, quelle qu'elle soit[3].

Meganthropus I / Sangiran 27[modifier | modifier le code]

Tyler décrivit ce spécimen comme un crâne presque complet mais écrasé, qui se situait dans la variabilité supposée de Meganthropus et en dehors de celle d'Homo erectus. Le spécimen avait de manière inhabituelle une double crête sagittale, qui se rejoignait presque au sommet du crâne, et une crête nucale très épaisse[4],[5].

Meganthropus II / Sangiran 31[modifier | modifier le code]

Ce crâne partiel fut d'abord décrit par Sartono en 1982. Tyler parvint de son côté à la conclusion qu'il sortait de la variabilité d'Homo erectus. Le crâne était plus profond, plus bas, et plus large qu'aucun autre spécimen trouvé jusque-là. Il avait la même double crête sagittale que le fossile précédent, avec un volume endocrânien d'environ 800 à 1000 cm3. Dans cette configuration, les muscles temporaux montent jusqu'au sommet du crâne où ils se rejoignent presque. On ne connait pas de spécimen d'Homo erectus qui soit doté de ce caractère[4],[5],[6].

Depuis sa présentation en 1993, la reconstruction de Sangiran 31 faite par Tyler a été acceptée par la plupart de ses pairs. Comme la majorité des fossiles, il était fortement endommagé, mais avec une calotte crânienne quasi-complète les risques d'erreur dans la reconstruction étaient limités.

Meganthropus III[modifier | modifier le code]

Ce fossile n'a que des liens ténus avec Homo paleojavanicus. Il semble être la partie postérieure d'un crâne humain, mesurant environ 7 à 10 cm. Il a été décrit par Tyler en 1996, qui a trouvé que l'angle occipital du crâne entier devait être d'environ 120°, ce qui selon lui sortirait de la variabilité d'Homo erectus, celui-ci ayant un occiput bien plus anguleux. Son interprétation du fragment de crâne a cependant été discutée par d'autres chercheurs, avec des doutes que le fragment soit bien la partie d'un crâne selon la vision de Tyler[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. G. Pottier, Bulletin de la Société préhistorique de France, volume 45, numéro 8, p. 331-333, 1948
  2. a et b Yousuke Kaifu, Fachroel Aziz, and Hisao Baba, "Hominid Mandibular Remains From Sangiran : 1952-1986 collection", American Journal of Physical Anthropology, 2005. Résumé disponible ici
  3. G. Krantz, S. Sartono, and D. Tyler, "A New Meganthropus Mandible from Java", Human Evolution, 1995. Résumé disponible dans les Suppléments 1995 du American Journal of Physical Anthropology
  4. a et b D. Tyler, "Taxonomic Status of 'Meganthropus' Cranial Material". Résumé disponible dans les Suppléments 1993 du American Journal of Physical Anthropology
  5. a, b et c A.C. Durband, "A re-examination of purported Meganthropus cranial fragments", 2003. Résumé disponible dans les Suppléments 2003 du American Journal of Physical Anthropology. Disponible aussi ici
  6. A. Kramer, "A Critical Analysis of Southeast Asian Australopithecines", 1994. Journal of Human Evolution, volume 26, numéro 1

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Vandermeersch, « Méganthrope », in : Dictionnaire de la Préhistoire, dir. André Leroi-Gourhan, éd. PUF, 1988, p. 706
  • Russell Ciochon, John Olsen, Jamie James, Other Origins : The Search for the Giant Ape in Human Prehistory, Bantam Books, 1990
  • Bernard Heuvelmans, On the Track of Unknown Animals, Rupert Hart Davis, Londres, 1962
  • Franz Weidenreich, Apes, Giants, and Man, University of Chicago Press, 1946

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]