Lysichiton americanus

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Le Lysichiton américain (Lysichiton americanus) est une espèce de plante herbacée vivace de la famille des Araceae.

Elle est aussi appelée « Faux Arum », « Arum d'Amérique » ou « Lysichite jaune ».

Elle originaire de la façade Ouest du nord de l'Amérique (Canada et États-Unis d'Amérique, de l'Alaska à la Californie). Signalée en France comme échappée de jardins depuis 1995, elle y est devenue localement invasive[1].

À ne pas confondre avec :

Habitats[modifier | modifier le code]

Lysichiton americanus, dans son habitat naturel (sol forestier au bord d'un ruisseau) dans le Redwood National Park, au nord de la Californie.

Elle croît dans les zones riches en matière organique, plutôt acides, humides à gorgées d'eau (tourbières, mégaphorbiaies, berges de ruisseaux de forêt alluviale, queues d'étangs[1]

Description[modifier | modifier le code]

Lysichiton americanus
  • Feuilles : entières, ovales, larges et pouvant dépasser le mètre, elles évoquent celles du tabac. Elles ont des nervures épaisses qui ne se développent qu'après la floraison. Les feuilles dépérissent en hiver mais via son rhizome, la plante peut vivre 80 ans ou plus[1]x.
  • Fleurs : les inflorescences évoquent celles des Arum, mais sont grandes (30 cm) et jaunes vif. Le spadice de 6−15 cm est composé de plusieurs centaines de fleurs et entouré d’une bractée (ou spathe) jaune vif, de 12 à 25 cm.
    Un pied porte 2 à 4 inflorescences par saison.
    On a d’abord cru que cette plante était monoïque et/ou dioïque, mais elle est en réalité caractérisée par un hermpaphroditime successif (dichogamie protogyne, c’est-à-dire que les fleurs femelles sont matures avant les fleurs mâles. La fleur possède généralement 4 tépales verts et d’un ovaire quadrilobé composé de 1 à 2 ovules au sein de 2 carpelles prolongées par un style et un stigmate. Lorsque la plante devient mâle, 4 étamines se forment dans la fleur (par paires). Les spadices dégagent (tout comme les parties froissées de la plante) une odeur musquée de moufette[1]. Elle attire les insectes.
  • Fruits : apparaissant de la mi-juin à juillet en France. L'infrutescence est constituée de 150 à 350 baies vertes disposées en épi le long du spadice. Chacune abrite 1 à 2 graines brun-rouge. Les fruits tombent au sol et libèrent leurs graines qui peuvent notamment être disséminées par l'eau (la reproduction peut aussi se faire par fragmentation/dispersion de rhizomes)[1].

Situation en Europe[modifier | modifier le code]

Spectaculaire, cette plante doit aussi être considérée comme envahissante, son apparition en Europe semble être due à des plantations sauvages et illégales, dans les zones humides ou à des échappées de jardin. Introduite en 1901 au Royaume-Uni sous le nom erronné de L. camtschatcense, après la seconde guerre mondiale, elle a peu à peu été retrouvée dans la nature en Angleterre et en Irlande, puis dans divers pays d’Europe de l'Ouest à partir des années 1980. On la trouve actuellement à l'état « sauvage » en Suède (depuis 1981), Danemark (1981), Norvège (1994), Suisse(2003), Pays-Bas(2004), Finlande(2005), Belgique (2006), Pologne (réglementée depuis 2011)[1].
Résistante, elle se répand localement très bien, au point de menacer la végétation d'origine. Elle a été placée sur la liste noire établie par l'université de Genève et doit être éradiquée hors de ses habitats originels.

En France, cette espèce est légalement inscrite sur la liste annexe de l'arrêté du relatif aux espèces végétales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain[2]. Après avoir été d'abord signalée en Haute-Vallée du Furan en 1995 à Le Bessat, en mars 2015 cette était aussi présente à Tarentaise (Loire) puis à Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne), puis dans le Rhône, les Vosges[1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h et i ONEMA (coordonné par Florent Lament), Recueil de fiches d'identification ; espèces exotiques envahissantes des milieux aquatiques et associés en France métropolitaine, mars 2015
  2. F. Mitteault, C. Geslain-Lanéelle et P. Dehaumont, « Arrêté du 14 février 2018 relatif à la prévention de l'introduction et de la propagation des espèces végétales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain », JORF, vol. texte n° 11, no 0044,‎ (lire en ligne, consulté le 28 décembre 2019)