Araceae

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Les Araceae (Aracées) sont une famille de plantes qui comprend quelque 3 500 espèces réparties en environ 129 genres[1].

Ce sont des plantes monocotylédones, arbustes ou plantes herbacées, parfois arborescentes des régions sub-tropicales, tropicales, et, en nombre réduit, des régions tempérées. Appartient à cette famille l'arum titan (Amorphophallus titanum), originaire de Sumatra, la plus grosse inflorescence de cette famille. On peut citer en France le gouet tacheté (Arum maculatum).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom vient du genre type Arum issu du latin, le terme grec αρον / aron désignant la même plante[2].

Classification[modifier | modifier le code]

Les quelques espèces du genre Acorus, initialement placées dans la famille des Aracées, en ont été récemment retirées et placées dans celle des Acoracées. Ces plantes de zones uliginaires sont actuellement considérées comme les monocotylées les plus primitives.

La classification phylogénétique incorpore les Lemnacées (les « lentille d'eau »), dans cette famille. Ces plantes très simplifiées, qui n’ont que quelques feuilles minuscules, voire l'absence de racines, possèdent une inflorescence réduite à l’extrême, qui n’est constituée que de deux ou trois fleurs, avec uniquement une étamine ou un pistil.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Leur inflorescence est typique, constituée d'un spadice (axe d'inflorescence), où sont placées de minuscules fleurs, et d'une large bractée, dite spathe. Certaines espèces (ex : Anthurium ou Zantedeschia aethiopica, l'arum blanc des fleuristes) ont un spadice recouvert de fleurs sur toute sa longueur. La spathe est soit complètement étalée (Anthurium) soit repliée en forme de cornet ; sa portion inférieure protégeant ainsi la base du spadice (Zantedeschia).

Dans le genre Arum, les fleurs ne sont présentes que sur la partie inférieure du spadice, et cachées dans un repli de la spathe. Quand les fleurs femelles sont réceptives, la partie supérieure du spadice émet un parfum qui attire les insectes pollinisateurs. Certaines espèces comme Arum creticum ont une odeur agréable. D'autres, pollinisées par les mouches ou des insectes nécrophages sentent la viande avariée ou le fumier. Un groupe de fleurs stériles filamenteuses présent à hauteur d'un rétrécissement de la spathe fonctionne comme une trappe. Il laisse entrer les insectes couverts de pollen provenant d'une autre inflorescence et les retient prisonniers pour qu'ils assurent la fécondation. Les fleurs mâles s'ouvrent ensuite. Les fleurs filamenteuses se flétrissent, libérant alors les insectes couverts de pollen, qui pourront, en visitant une plante voisine, assurer une pollinisation croisée.

Certaines espèces, dont le spectaculaire arum titan Amorphophallus titanum de Sumatra, espèce géante présente dans les serres de quelques jardins botaniques, ont éveillé l'imagination de populations primitives et étaient — sont parfois encore — considérées comme des symboles phalliques. Ainsi Arum maculatum, l'arum tacheté de nos régions, est appelé en anglais cuckoo pint — de l'anglo-saxon cucu pintle, littéralement phallus erectus. Typhonium venosum (syn. Sauromatum venosum), l'Arum cornu du sud de l'Himalaya, est aussi dit voodoo lily. Ses tubercules, parfois présentés comme fleurissant à sec à l'intérieur, produisent une inflorescence « diabolique » à long spadice violet entouré par une spathe jaunâtre à taches pourprées. Cette espèce spectaculaire a une odeur nauséabonde, faisant qu'on s'en débarrasse souvent rapidement…

Utilisation[modifier | modifier le code]

Usage ornemental[modifier | modifier le code]

De nombreuses espèces de cette famille sont utilisées comme plantes ornementales et d'appartement (genres Anthurium, Dieffenbachia, Monstera).

Usage alimentaire[modifier | modifier le code]

Rares sont celles cultivées à des fins alimentaires, on peut citer le taro, une plante du genre Colocasia, le taro géant des marais (genre Cyrtosperma), le faux philodendron Monstera deliciosa ou le konjac. Pour Sauromatum, voir Typhonium.

Les feuilles et/ou rhizomes de quelques espèces sont (ou ont été) consommées, après préparation pour les rendre comestibles. Colocasia esculenta est cultivée pour son tubercule[3].

Liste des genres[modifier | modifier le code]

Selon Kew liste[modifier | modifier le code]

World Checklist of Selected Plant Families (WCSP) (30 août 2012)[4]

Selon APWebsite[modifier | modifier le code]

Angiosperm Phylogeny Website (17 mai 2010)[5]

Selon NCBI[modifier | modifier le code]

NCBI (14 avr. 2010)[6]

Selon Delta-angio[modifier | modifier le code]

DELTA Angio (14 avr. 2010)[7]

Selon ITIS[modifier | modifier le code]

ITIS (14 avr. 2010)[8]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Deni Brown, Aroids – Plants of the Arum Family (seconde édition), Timber Press, 2000 (ISBN 0-88192-485-7)
  • Réginald Hulhoven, Les arums et autres aracées des régions tempérées, Les Jardins d'Eden, 17: 16-23, 2003
  1. « Araceae Juss. | Plants of the World Online | Kew Science », sur Plants of the World Online (consulté le 1er avril 2020)
  2. (en) Maarten J M Christenhusz, Michael F Fay et Mark W. Chase, Plants of the World : An Illustrated Encyclopedia of Vascular Plants, Chicago, The University of Chicago Press, , 816 p. (ISBN 978-0-2265-2292-0, lire en ligne), p. 120.
  3. Couplan, François (2009) Le régal végétal : plantes sauvages comestibles ; Editions Ellebore, 527 pages
  4. WCSP. World Checklist of Selected Plant Families. Facilitated by the Royal Botanic Gardens, Kew. Published on the Internet ; http://wcsp.science.kew.org/, consulté le 30 août 2012
  5. Angiosperm Phylogeny Website, consulté le 17 mai 2010
  6. NCBI, consulté le 14 avr. 2010
  7. DELTA Angio, consulté le 14 avr. 2010
  8. ITIS, consulté le 14 avr. 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi Lemnaceae.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Deni Bown, Aroids: Plants of the Arum Family, Timber Press, , 392 p.