Linagora

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Linagora
logo de Linagora

Création 26 juin 2000
Fondateurs Alexandre Zapolsky
et Michel-Marie Maudet
Forme juridique Société par actions simplifiée
Slogan Logiciels et services open source pour réussir les grands projets du libre
Siège social Paris-La Défense
Drapeau de la France France
Direction Alexandre Zapolsky
et Michel-Marie Maudet
Actionnaires Alexandre Zapolsky
et Michel-Marie Maudet
Activité Éditeur de logiciel libre (SSLL), fournisseur de services et de support de logiciels libres
Produits [OpenPaaS, [OBM]], LinShare, OpenPaaS, LinTo
Filiales Paris, Toulouse, Lyon, Marseille, Bruxelles, San Francisco, Québec, Hanoï, Tunis
Effectif 120 (2015)
SIREN 431473669[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
TVA européenne FR57431473669Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web linagora.com

Fonds propres 5 423 700 € fin 2017
Chiffre d'affaires 8,6 M€ (2017)[2]
Résultat net 583 700 € en 2017

Linagora est un éditeur de logiciels libres français, fondé en par Alexandre Zapolsky et Michel-Marie Maudet.

Située en France mais aussi en Belgique, au Canada, au Vietnam et en Tunisie, la société emploie plus de cent cinquante personnes.

Historique[modifier | modifier le code]

La société par actions simplifiée Linagora, dont l'activité est « Conseil en systèmes et logiciels informatiques » est créée le [3]. Son nom est une contraction des mots « Linux » et « Agora »[4]. La société est fondée par Alexandre Zapolsky et Michel-Marie Maudet. Très rapidement, les deux entrepreneurs sont rejoints par l'épouse et le frère d’Alexandre Zapolsky intégrant respectivement les postes de directrice commerciale et directeur administratif et financier de la PME[4].

En 2006, le consortium Bull-Capgemini-Linagora est retenu par le ministère des Finances[5].

En 2007, la société est retenue par l'Assemblée nationale pour fournir la partie logiciels des ordinateurs Linux (autour du système d'exploitation Kubuntu, en remplacement de Microsoft Windows[6]. Linagora revendique ensuite la place de leader français du logiciel libre par le chiffre d’affaires[7].

En 2010, Linagora réalise 30 % de son chiffre d’affaires en développement logiciel, 35 % en prestation de services d'assistance technique, 25 % de services sur de nombreux projets communautaires open source et 10% en activité de formation. Le portefeuille client est partagé entre secteur public (40 %) et privé (60 %).[réf. nécessaire]

En 2015, le Premier ministre Manuel Valls attribue un financement de 10,7 millions d'euros puisés dans les investissements d'avenir, pour un programme de recherche destiné à faire émerger une nouvelle génération de plate-forme logicielle en open source, issue de l'offre de Linagora[8],[9].

En 2016, Linagora lance au Vietnam le programme de formation OpenUp : premier cycle de formation professionnelle open source au Vietnam. Chaque année, Linagora Vietnam forme ainsi cinquante ingénieurs aux métiers de l’open source en partenariat avec l’Institut polytechnique de Hanoï (Đại học Bách khoa Hà Nội).

En , Linagora lance pour l'Humanité le réseau social nommé La Cerise. Sous forme d'application[10], ce réseau a pour objectif « d'être une caisse de résonance pour les idées du journal » en offrant « un service et un outil [aux] lecteurs ainsi qu'à tous les citoyens qui se mobilisent sur des causes. Afin qu’ils puissent partager leur engagement, on a souhaité mettre en place un outil qui rassemble pétitions, discussions, agenda et contacts[11]. »

En , la société remporte les deux marchés publics portant sur le support des logiciels libres dans quarante-deux ministères et autres entités administratives[12].

En , Linagora lance un projet de formations certifiantes en partenariat avec la Grande École du numérique, appelé OpenHackAdemy[13].

En , Linagora organise, en présence du secrétaire d'État au numérique Cédric O, à l'occasion de la soirée de célébration de son 19e anniversaire, une collecte de fonds destinés à :

  • la création d’un fonds permettant aux parents d’enfants polynésiens, hospitalisés en France, de les accompagner en métropole ;
  • l’équipement des écoliers de classes primaires de moyens numériques (tablettes ou PC) ;
  • la mise en place d’une Grande École du numérique « OpenHackademy » en Polynésie qui permettra à des jeunes éloignés de l’emploi d’être formés aux métiers du numérique, et de trouver un travail[14],[15],[16].

En mars 2020, Linagora met à disposition une plate-forme gratuite et souveraine de vidéoconférence basée sur le logiciel Jitsi et le répartiteur de charge NGINX, pour faciliter les pratiques de télétravail dans le contexte d'épidémie de Covid-19[17].

Achats[modifier | modifier le code]

La société achète :

  • en [18], la PME AliaSource située à Ramonville-Saint-Agne et dirigée par son fondateur, Pierre Baudracco[19] ;
  • en 2008, la société Netaktiv, un hébergeur Open Source membre du groupement d'intérêt économique (GIE) Gitoyen, et annonce cet achat à l'occasion du salon Solutions Linux de 2008[20] ;
  • en 2012, la société toulousaine EBM Websourcing, éditeur du logiciel libre et open source Petals Link, dont elle reprend le développement[21] ;
  • en 2016, l'agence numérique Neoma Interactive, experte en UX design et en stratégie de communication numérique[22].

Implantations[modifier | modifier le code]

En 2017, le siège social de la société est situé à Puteaux La Défense[23] et l'entreprise dispose de filiales en France à Lyon, Toulouse et Marseille et à l'étranger à Bruxelles, à Montréal, au Vietnam et en Tunisie. En 2005, l'entreprise a tenté une implantation à Nantes[24].

Effectifs[modifier | modifier le code]

L'entreprise dispose en 2015 d'un effectif de 120 salariés en France[25].

Domaines d'activité[modifier | modifier le code]

Les produits[modifier | modifier le code]

OpenPaaS[modifier | modifier le code]

Conçu avec le financement de l'État à hauteur de 11 millions d'euros « pour concurrencer Google et Microsoft », OpenPaaS est « une suite collaborative Cloud unissant messagerie instantanée, partage de fichiers, visioconférence et réseau social d’entreprise »[26].

En 2018, le moteur de recherche Qwant annonce que son service de courriel Qwantmail sera conçu sur la base du produit OpenPaaS[27].

Linshare[modifier | modifier le code]

LinShare est une application de partage de fichiers sécurisé libre et gratuite, permettant la mise en place d’une plate-forme de partage de fichiers, avec une contrainte forte de sécurité, entre les collaborateurs d’une entreprise mais également avec des correspondants externes.

LinTO[modifier | modifier le code]

En 2017, Linagora initie son projet de réalisation d'un assistant vocal open source nommé LinTO[28],[29]. Cet assistant vocal destiné aux réunions entreprises, qualifié de « GAFAM Free » a été présenté lors du CES 2018 à Las Vegas[30],[31],[32].

Le framework vocal LinTO fut développé dans le cadre du projet de recherche éponyme financé par Bpifrance (instrument Grands Défis du Numérique)[33]. Ce projet réunissait les partenaires suivants : LINAGORA (pilote), Zelros, IRIT (équipes SAMOVA et MELODI), LAAS-CNRS, Laboratoire d’informatique de l’École polytechnique (LIX équipe DaSciM).

Les services[modifier | modifier le code]

L'OSSA (Open Source Software Assurance)[modifier | modifier le code]

L'une des principales activité de l'entreprise repose sur l'OSSA[34].

C'est au moyen de l'OSSA que Linagora assure en 2012 le support des logiciels libres de 42 ministères et autres entités administratives[35].

Contentieux concernant la société Linagora[modifier | modifier le code]

Contentieux avec la société BlueMind[modifier | modifier le code]

En 2012 naît un contentieux entre les sociétés BlueMind et Linagora. La deuxième accuse la première, notamment de contrefaçon (en copie de son logiciel OBM), de concurrence déloyale, ou encore de non-respect d'une clause de non-concurrence. Ainsi, plusieurs actions en justice sont engagées[36],[37] :

Par un jugement du , le tribunal judicaire de Bordeaux condamne BlueMind pour concurrence déloyale et parasitisme, rejetant le grief tiré de la contrefaçon. La société doit alors verser près de 170 000  à Linagora[38],[39].

  • Par Linagora, pour non-respect d'une garantie d'éviction lors d'une cession et violation d'une clause de non-concurrence devant le tribunal de commerce de Paris :

Dans un jugement du , le tribunal de commerce de Paris déboute la société Linagora de son action contre deux ex-associés (Pierre Baudracco et Pierre Carlier qui ont démissionné en 2010 et ensuite fondé BlueMind) et la condamne à leur verser 20 000  chacun en remboursement des frais engagés. Linagora leur reprochait d'avoir violé la garantie d'éviction qui lui était due (suite à la cession de leurs parts), notamment d'avoir « démarché et détourné sa clientèle, dénigré son logiciel OBM, capté parasitairement son savoir-faire intellectuel et industriel, de s’être approprié illicitement la technologie cédée à Linagora, d’avoir débauché des salariés, désorganisé la société et créé une société concurrente, BlueMind », ce à quoi le tribunal répond qu'aucun « élément comptable ou financier » n'est apporté permettant de prouver le trouble allégué. Ensuite, Linagora reprochait une violation de la clause de non-concurrence inscrite dans le pacte d'actionnaires, considérée comme illicite par les juges, « en raison de son absence de limitation géographique et de contrepartie financière »[40],[41].

Linagora fait appel de la décision et obtient gain de cause concernant le grief de violation de la garantie d'éviction, la cour d'appel de Paris, dans un arrêt du , estimant que le trouble était justifié. Les deux ex-associés sont ainsi condamnés in solidum à verser un peu plus de 480 000  à Linagora. Les juges confirment sur les autres points le jugement rendu en première instance[42],[43].

Pierre Baudracco et Pierre Carlier se pourvoient alors en cassation. Dans un arrêt du , la Cour de cassation casse et annule le jugement rendu en appel, confirmant ainsi la non-violation de la garantie d'éviction, comme l'avaient estimé les premiers juges. L'affaire est renvoyée devant la cour d'appel de Paris autrement composée[44],[45],[46]. Cette dernière rend un nouvel arrêt le , dans lequel elle confirme la décision de cassation, estimant que la garantie d'éviction « qui doit nécessairement être limitée dans le temps pour ne pas contrevenir au principe à valeur constitutionnel de la liberté d’entreprendre » n'avait pas été violée[47],[48].

Par delà les accusations en justice, Linagora crée un site dédié à « la lutte contre les agissements de BlueMind » à l'adresse laveritesurbluemind.net. Les dirigeants de BlueMind, s'estimant diffamés et injuriés publiquement engagent alors une procédure devant le tribunal correctionnel de Toulouse, lequel rend un jugement, le , dans lequel il fait droit aux demandes des dirigeants de BlueMind sur le fondement de la diffamation, rejetant le grief d'injure publique. Il condamne la société Linagora à une amande de 3 000  avec sursis et 18 500  de dommages-intérêts, ainsi que publier, pendant trois mois, un communiqué judiciaire sur le site en question[49].

Linagora fait appel de la décision et dans un arrêt du , la cour d'appel de Toulouse confirme le jugement de première instance[50],[51].

Condamnation pour licenciement nul et harcèlement moral[modifier | modifier le code]

Le , le site de la chaîne France 3-Occitanie fait état d'un arrêt de la cour d'appel de Versailles du [52] qui conclut « La cour [...] dit que le harcèlement moral est établi, dit que le licenciement de M. X est nul, condamne la SA Linagora à payer à M. X les sommes suivantes : 22 000 euros à titre d’indemnité pour licenciement nul, 11 000 euros à titre d’indemnité compensatrice de préavis, 6 600 euros à titre d’indemnité légale de licenciement, 3 200 euros brut à titre de paiement de la mise à pied conservatoire, 3 000 euros à titre de dommages et intérêts au titre du harcèlement moral »[53],[54]. Cet arrêt cite les témoignages de plusieurs salariés évoquant la situation vécue au sein de l'entreprise[Note 1].

Cette information est reprise le surlendemain dans Le Journal du dimanche[55]. Mediapart consacre par ailleurs un article aux pratiques managériales dans l'entreprise — entre 2008 et 2012 —, qu'il qualifie de « brutales », sur la foi de témoignages d'anciens salariés[54].

Faits divers[modifier | modifier le code]

Le , le journal télévisé de 20 heures de France 2 diffuse un reportage sur un entrepreneur de 43 ans atteint par une forme grave de la Covid-19 : Alexandre Zapolsky que l’on retrouve affaibli avec des difficultés respiratoires[56].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'arrêt de la cour d'appel de Versailles du cite les témoignages de MM. A., B., C., D., E., F., H. et I.[53].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Système national d'identification et du répertoire des entreprises et de leurs établissements, (base de données)Voir et modifier les données sur Wikidata
  2. « Linagora », sur societe.com (consulté le ).
  3. « Linagora », sur la recopie du registre du commerce et des sociétés (consulté le ).
  4. a et b « Linagora : faire le choix de l’Open Source, c’est faire le choix de l’innovation », sur un site de l'école Télécom SudParis, (consulté le ).
  5. Bertrand Lemaire, « Question no 90608 », sur le site de l'Assemblée nationale, (consulté le ).
  6. Camille Paloque-Berges, Christophe Masutti, Histoires et cultures du Libre. Des logiciels partagés aux licences échangées, p. 469, [lire en ligne].
  7. Linagora revendique la place de «leader français du logiciel libre» selon ZDNet, 14 juin 2007
  8. S. C., « Le gouvernement essaie de faire émerger une solution concurrente des géants américains », sur le site du quotidien Les Échos, (consulté le ).
  9. Dominique Filippone, « L'Etat injecte 10,7 M€ dans une plateforme collaborative cloud open source », sur le site de l'hebdomadaire Le Monde informatique, (consulté le ).
  10. Societe Nouvelle du Journal l'Humanité, Linagora, « La Cerise, le réseau de mobilisation sociale », sur La Cerise, le réseau de mobilisation sociale (consulté le )
  11. Romain HOUEIX, « L'application La Cerise du journal L'Humanité peut-elle provoquer le Grand Soir ? », Mashable avec France 24,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. Cyril Chausson, « Support logiciels libres : les contrats interministériels et du Minefi attribués à Linagora », sur le site LeMagIT, site internet consacré à l’information informatique, (consulté le ).
  13. « Openhackademy - Openhackademy », sur Openhackademy (consulté le ).
  14. « Linagora fête ses 19 ans et organise l'OpenTahitiNight ce 17 mai », sur Actu IA, (consulté le ).
  15. « Linagora soutient le développement du numérique à Tahiti - Informatique », sur Informatique, (consulté le ).
  16. http://www.erp-infos.com/info_article/d/3733/linagora-celebre-la-french-tech-polynesie.html
  17. « Plateforme visio »
  18. Laurent Marcaillou, « Linagora achète AliaSource pour créer un champion du logiciel libre », sur le site du quotidien Les Échos, (consulté le ).
  19. « Ramonville. LinAgora, le Google made in France », sur le site du quotidien La Dépêche du Midi, (consulté le ).
  20. Cyrille Chausson, « Solutions Linux : Le rachat de NetAktiv propulse Linagora dans le Saas », sur le site du magazine Le Monde informatique, (consulté le ).
  21. « EBM Websourcing : Linagora reprend la PME », sur le site du quotidien La Dépêche du Midi, (consulté le ).
  22. communiqué de presse de Linagora, « LINAGORA annonce l'acquisition de l'agence digitale NEOMA Interactive », sur le site edubourse.com de Sébastien Dufi, (consulté le ).
  23. « Linagora s'installe à La Défense | Paris La Défense », sur www.ladefense.fr (consulté le )
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  26. Reynald Fléchaux, « OpenPaas : l’Etat injecte près de 11 millions pour concurrencer Google et Microsoft », sur Silicon, (consulté le )
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Liens externes[modifier | modifier le code]

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