BlueMind (logiciel)

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BlueMind
Description de l'image LogoBM_1000-Bleu.png.

Informations
Développé par BlueMind
Dernière version 4.1.5 ()
Environnement GNU/Linux
Type Groupware
Licence Libre : AGPL v3
Site web Bluemind.net

BlueMind est une suite logicielle libre de messagerie d’entreprise, d’agendas et de travail collaboratif utilisant JavaScript et HTML5. C'est aussi le nom de la société qui développe et distribue le produit.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

L'ensemble de ses fonctionnalités s'accède depuis un navigateur, y compris en mode déconnecté sans installation de logiciels supplémentaires. BlueMind est aussi accessible depuis les clients lourds de messagerie classique au moyen des protocoles standard SMTP/POP/IMAP. Pour les logiciels Thunderbird et Outlook, BlueMind fournit des connecteurs pour gérer et synchroniser contacts et calendriers (sans passer par lightning pour Thunderbird). Depuis la version 4 de bluemind, le logiciel outlook est supporté de manière native grâce au support du protocol MAPI Pour la synchronisation des plates-formes Apple Mac, BlueMind supporte le protocole CalDAV et CardDAV.

La synchronisation en push avec des smartphones (Android, iPhone, iPad, Windows Mobile...) est native au moyen du protocole Exchange ActiveSync (EAS).

BlueMind peut s'interfacer nativement avec les serveurs d'annuaire d'une entreprise (LDAP, Active Directory). De plus, il possède la fonctionnalité de se connecter en authentification unique SSO grâce au protocole CAS ou en Kerberos.

Contentieux avec la société Linagora[modifier | modifier le code]

En 2012, la société Linagora a :

  • soutenu que le logiciel BlueMind est une contrefaçon[1] et mis en ligne le site laveritesurbluemind.net[2] la mettant en cause (et contre lequel la société BlueMind a engagé une procédure en 2014).
  • engagé plusieurs actions en justice contre la société BlueMind [3], et notamment pour contrefaçon et concurrence déloyale.

Parmi ces actions il faut distinguer :

  • une action contre la société Blue Mind (cf jugement du Tribunal Judiciaire de Bordeaux en 2020),
  • et une action contre les dirigeants de Blue Mind (cf jugement du Tribunal de commerce de Paris en 2018)

Action contre la société Blue Mind[modifier | modifier le code]

  • En , Linagora révèle l’action en contrefaçon et en concurrence déloyale menée à l’encontre de Blue Mind, son concurrent dans la messagerie collaborative Open Source. « Il s’agirait de la première action de ce genre menée en France à propos d’une potentielle violation d’une licence libre par un éditeur Open Source »[4].
  • En 2020, Linagora gagne devant le Tribunal Judiciaire son action en concurrence déloyale contre Blue Mind, condamnée à 150 000 euros de dédommagement[5] :
    • La contrefaçon n'est pas retenue :

Encore faudrait-il que les logiciels en question soient éligibles à une protection par le droit d’auteur, or les magistrats aquitains jugent un peu sévèrement que la preuve de leur originalité n’a pas été suffisamment rapportée par Linagora. Exit donc l’éventualité d’une contrefaçon de droit d’auteur

  • La concurrence déloyale pour débauchage fautif et parasitisme est retenue :

"L’éditeur du logiciel open source, même s’il reconnaît beaucoup de libertés à l’utilisateur, ne lui transfère pas tout. « Les licences open source ne constituent pas un blanc-seing qui permet de tout faire sur tout » écrit le professeur Clément-Fontaine (art. préc.). En particulier, le savoir-faire relatif au logiciel n’est pas transmis. À ce titre la société Blue Mind a commis deux fautes constitutives de parasitisme. Dans sa communication commerciale, elle a revendiqué une expertise de la solution logicielle OBM, en rappelant que ses collaborateurs sont à l’origine de son développement dans l’entreprise rachetée par Linagora. Ce faisant elle se plaçait dans le sillage d’un savoir-faire d’entreprise qui fait la réputation de Linagora, et essayait ainsi de capter une part du prestige de cette expertise. Le tribunal sanctionne ce comportement au titre de la création d’un risque de confusion, mais il aurait pu tout aussi bien le faire au nom du parasitisme pour captation indue de la notoriété de la victime. De plus, en débauchant l’équipe-clé travaillant sur ces modules logiciels, elle a détourné à son profit les investissements consentis par Linagora pour acquérir cette solution logicielle, financer son développement et construire une compétence particulière, fondement d’une activité économique de services d’accompagnement de l’utilisation du logiciel. « Le fait qu’il s’agisse de logiciels Open source dont les codes sources sont en libre accès sur Internet et peuvent être librement utilisés et modifiés par tout utilisateur sous réserve d’en respecter les contrats de licence, rendait précisément particulièrement important le savoir-faire détenu sr ces logiciels lequel permettait de développer une activité d’assistance technique et l’équipe-cœur du logiciel OBM détenant depuis l’origine ce savoir-faire », note le tribunal. Blue Mind s’est donc rendue coupable de parasitisme et de concurrence déloyale."

Action contre les dirigeants de Blue Mind[modifier | modifier le code]

Lors d’un jugement rendu le , le tribunal de commerce de Paris déboute la société Linagora de ses demandes et la condamne à des dommages et intérêts envers les dirigeants de BlueMind qu’elle avait mis en cause[6]. Ce jugement est renversé en appel en 2020[7].

Une décision du Tribunal de Commerce est intervenue le sur le litige concurrentiel avec Linagora, tranchant en faveur de l'éditeur de Bluemind, mais sans prendre position sur le statut du logiciel qui est contesté par Linagora[6].

Alexandre Zapolsky, PDG de Linagora, a été condamné le par le tribunal correctionnel de Toulouse [8] pour diffamation contre la société BlueMind. Cette condamnation a été confirmée par un arrêt du de la cour d’appel de Toulouse [9]. Concernant le statut du logiciel, le jugement [10] indique "Il sera observé que l’expertise précitée ne conclut en aucun cas à une contrefaçon de la part de la société Blue Mind".

Modèle économique et développement[modifier | modifier le code]

Le modèle économique choisi par Blue Mind (société), est celui d'un éditeur de logiciels libres[11]. Initialement distribué gratuitement sous licence AGPLv3 et sous licence CECILL V2, le logiciel est désormais distribué uniquement sous licence AGPLv3. Ce modèle logiciel donne prise à une offre de services payants permettant de réaliser des mises à jour et de bénéficier de services (expertise, support, intégration), soit par Blue Mind elle-même, soit à travers un réseau comptant environ 25 partenaires en 2016[12].

En croissance en 2017, Blue Mind lance une campagne de recrutement[13] et annonce l'ouverture d'une filiale BlueMind Africa peu de temps avant que le CEO, Pierre Baudracco, préside l'évènement Paris Open Source Summit 2017.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.silicon.fr/linagora-action-contrefacon-concurrence-blue-mind-94461.html
  2. « La vérité sur Blue Mind », sur www.laveritesurbluemind.fr, (consulté le 22 août 2017)
  3. « Linagora vs Blue Mind la Pression monte d'un cran », sur Le monde informatique
  4. Ariane Beky, « Open source : Linagora met en scène son action en contrefaçon contre Blue Mind », sur le site Silicon.fr, site sur l’actualité des technologies de l’information, (consulté le 22 novembre 2017).
  5. « [EXTRAIT] Concurrence déloyale - Atteinte au modèle économique d’un éditeur de logiciel open source », sur Tendance Droit, (consulté le 27 décembre 2020)
  6. a et b https://www.legalis.net/actualite/premiere-decision-dans-le-conflit-blue-mind-linagora/
  7. « Cour d'appel de Paris, Pôle 5 - chambre 8, 1er décembre 2020, n° 19/00030 », sur Doctrine (consulté le 27 décembre 2020)
  8. « Legalis | L’actualité du droit des nouvelles technologies | Première décision dans le conflit Blue Mind / Linagora » (consulté le 5 juin 2020)
  9. « Legalis | L’actualité du droit des nouvelles technologies | Confirmation en appel de la condamnation du Pdg de Linagora » (consulté le 5 juin 2020)
  10. « Legalis | L’actualité du droit des nouvelles technologies | TGI de Toulouse, jugement correctionnel du 29 janvier 2019 » (consulté le 5 juin 2020)
  11. (en) « Témoignage Bluemind | Drupal | inno³ | Open Innovation, Open Source et Open Data | », sur inno3.fr (consulté le 19 février 2018)
  12. « BlueMind dévoile sa nouvelle identité visuelle et son nouvel espace Partenaires à l'occasion du salon IT Partners - ChannelNews », ChannelNews,‎ (lire en ligne, consulté le 19 février 2018)
  13. « BlueMind en route vers une croissance redynamisée - Distributique », sur www.distributique.com (consulté le 19 février 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]