Ligue d'action civique

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La Ligue d'action civique était un regroupement de citoyens et un parti politique municipal à Montréal (Québec, Canada), de 1951 à 1964.

Objectifs[modifier | modifier le code]

La Ligue d'action civique se veut un mouvement d'éducation civique et politique. Faisant suite au Comité de moralité publique, elle regroupe des citoyens motivés par l'épuration de la politique et de l'administration municipales montréalaises. La Ligue est fondée le 17 janvier 1951. Sa devise est « servir et non se servir ». Ses objectifs sont notamment d'intéresser les électeurs aux affaires publiques et de rétablir l'honnêteté et l'intégrité dans l'administration publique. Elle soutient l'enquête sur la moralité à Montréal menée par Pacifique Plante et qui aboutit au rapport du juge François Caron en 1954, dont la publication crée un contexte favorable à un changement d'administration municipale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Lors des élections municipales de Montréal de 1954, la Ligue soutient 34 candidats dont 28 sont élus. Son président Pierre DesMarais accède au poste de président du comité exécutif de la ville et Jean Drapeau, soutenu par la Ligue, est élu au poste de maire. Lors de l'élection suivante, en 1957, la Ligue s'oppose à Sarto Fournier et à son parti, le Ralliement du Grand Montréal. La Ligue réussit à augmenter à 33 le nombre de ses candidats élus au conseil municipal, Pierre DesMarais conservant notamment son siège de conseiller, bien que Jean Drapeau soit défait au poste de maire par son adversaire Sarto Fournier. La Ligue élargit quelque peu ses activités pour s'intéresser à la politique provinciale, surtout vers la fin des années 1950, et elle favorise la création de ligues d'action civiques dans d'autres régions du Québec. Mais elle se concentre de nouveau sur le niveau municipal montréalais par la suite.

La Ligue participe aux consultations de la Commission Champagne, mandatée par le gouvernement du Québec pour proposer une réforme des structures municipales de Montréal. La Ligue d'action civique préconise un système politique municipal démocratisé et ouvert. Par contre, Jean Drapeau préconise plutôt un système centré sur un maire disposant de larges pouvoirs. Ces divergences de philosophie politique ainsi que des oppositions entre DesMarais et Drapeau causent des frictions dans la Ligue. Une scission se produit au sein de la Ligue juste avant les élections municipales de 1960. Dix-neuf des trente-trois conseillers municipaux de la Ligue, dont Lucien Saulnier et Gérard Niding, annoncent qu'ils quittent celle-ci. Le candidat de la Ligue à la mairie, Jean Drapeau, annonce qu'il crée plutôt avec ces dissidents un nouveau parti, le Parti civique, dont il prend la tête et qui s'oppose à la Ligue d'action civique lors des élections de 1960. Lors de celles-ci, Drapeau et son Parti civique remportent une nette victoire. La Ligue ne fait élire aucun de ses candidats. Drapeau donnera à son nouveau parti, ainsi qu'à l'administration municipale qui en sera issue, des structures et un fonctionnement axés sur le contrôle par le chef et ainsi opposés aux principes de la Ligue. La Ligue d'action civique continue ses activités un certain temps puis disparaît du paysage politique vers 1964.

Le fonds d’archives Ligue d'action civique est conservé au centre d’archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[1].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

La ligue d'action civique est l'un des premiers partis politiques municipaux au Québec à être organisé au niveau interne selon des structures démocratiques. Son fonctionnement comporte entre autres des assemblées générales des membres, un conseil d'administration et divers comités.

Présidents du conseil d’administration :

  • Pierre DesMarais, 1951-1955
  • Antoine Desmarais, 1955-1956
  • Ruben Lévesque, 1956-1959
  • Pierre DesMarais, 1960-1962
  • Gaston P. Marchand, 1962-vers 1964

Secrétaire-trésorier :

  • J.-Z.-Léon Patenaude, 1951-vers 1964

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J.-Z.-Léon Patenaude, Le vrai visage de Jean Drapeau, Montréal, Éditions du Jour, .
  • Adhémar Raynault, Témoin d'une époque, Montréal, Éditions du Jour, , 237 p.
  • Alain Stanké et Jean-Louis Morgan, Pax, lutte à finir avec la pègre, Montréal, Éditions La Presse, , 251 p.
  • Marcel Adam, La démocratie à Montréal ou le vaisseau dort, Montréal, Éditions du Jour, , 268 p.
  • Susan Purcell et Brian McKenna, Jean Drapeau, Montréal, Stanké, , 372 p. (ISBN 2-76040105-7).
  • Paul-André Linteau, Histoire de Montréal depuis la Confédération, Montréal, Les Éditions Boréal, , 613 p. (ISBN 2-89052-441-8).

Notes et références[modifier | modifier le code]