Lev Mekhlis

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Lev Mekhlis
Lev Z. Mekhlis
Lev Z. Mekhlis
Fonctions
Membre dirigeant de l'URSS
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Odessa
Date de décès (à 64 ans)
Lieu de décès Moscou
Parti politique Parti communiste de l'Union soviétique
Nikita Khrouchtchev et Lev Z. Mekhlis durant la Seconde Guerre mondiale en Bessarabie

Lev Zakharovitch Mekhlis (en russe : Лев Заха́рович Ме́хлис), né le 13 janvier 1889 à Odessa et mort le 13 février 1953 à Moscou, était un communiste russe, membre dirigeant de l'URSS sous Staline.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Durant l'enfance, il étudie dans une école rabbinique russe.

De 1904 à 1911, il est clerc et précepteur. C'est à cette époque qu'il s'engage au Parti des travailleurs sionistes.

À partir de 1911, il sert dans l'armée russe, en tant que grenadier dans un régiment d'artillerie. Il est nommé au grade de bombardier en 1912.

Il adhère au Parti communiste en 1918 et exerce à partir de 1920 des activités politiques au sein de l'Armée rouge.

L'ascension (1921-1941)[modifier | modifier le code]

En 1921-1922, il dirige l'inspection administrative du Commissariat au peuple des travailleurs. C'est à ce moment qu'il rencontre Staline.

De 1922 à 1926, il est le secrétaire personnel du Secrétaire général du PCUS, Joseph Staline. Mekhlis aide ce dernier à éliminer politiquement Léon Trotski de la scène politique russe[1] .

De 1926 à 1930, il enseigne à l'Académie du Parti communiste et à l'Institut des enseignants communistes.

En 1930, il est nommé chef du service de presse du Comité central, membre du comité de direction et rédacteur en chef de la Pravda.

En 1932-1934, il supervise avec d'autres responsables l'Holodomor ukrainienne[2] .

Entre 1937 et 1940, il est adjoint du Commissaire du peuple à la défense et chef de la Direction politique de l'Armée rouge.

Il est nommé membre du Comité central du PCUS en 1939.

En 1940-1941, il est Commissaire du peuple au Contrôle de l'État (Goskontrolya). Il est favorable au Massacre de Katyn et plaide pour l'exécution de 25 000 officiers polonais [2] .

En juin 1941, alors que les allemands envahissent l'URSS, il est nommé général.

Son rôle durant la seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1942, Staline, dont il est l'intime, l'envoie en qualité de représentant du Haut Quartier général de l'Armée rouge sur le Front de Crimée, où il entre en compétition avec le général chargé des opérations sur le terrain, le général Dmitri Kozlov, chef de la 51e Armée. Ces deux personnalités donnent des ordres contradictoires aux généraux et colonels placés sous leur autorité, ce qui désorganise l'action militaire.

Le général en chef chargé du front Nord-caucasien, Semion Boudionny, était aussi en conflit avec Mekhlis, et ne suivait que les ordres du Quartier général moscovite.

Lorsque des échecs eurent lieu sur le front, Mekhlis, le « politique », attribuait ces échecs aux militaires Boudionny ou Kozlov, qui contestaient l'action du commissaire politique.

Compte tenu de cette désorganisation, Staline envoie un télégramme brutal et comminatoire à Mekhlis, dans lequel il fustige l'incompétence, les incohérences et l'inactivité de son commissaire politique.

Après la défaite particulièrement cinglante, en mai 1942, des armées soviétiques sur le front de Crimée (sur 250 000 hommes engagés, 162 000 ont été perdus en 12 jours de combats), il est limogé de ses fonctions de Commissaire adjoint à la défense et Chef de l'administration politique de l'armée.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

De 1946 à 1950, il est ministre du Contrôle politique de l'URSS.

Le 27 octobre 1950, il est placé d'office à la retraite (il est remplacé par Vsevolod Merkoulov) ; la raison officielle est : « problèmes de santé ».

Il meurt en février 1953, à l'âge de 64 ans, trois semaines avant Staline. Les historiens sont dans l'incapacité de dire si sa mort est d'origine naturelle ou s'il a été exécuté sur l'ordre de Staline, les deux hypothèses étant tout aussi plausibles.

La mort non naturelle est parfaitement possible, dans la mesure où, début 1953, Staline avait lancé une vaste campagne antisémite et souhaitait éliminer des sphères dirigeantes de l'URSS tous les juifs ou conjoints de juifs (cf. la campagne d'accusations lancées contre les médecins juifs) : l'assassinat de Mekhlis pouvait non seulement s'inscrire dans cette « purge » antisémite mais aussi dans l'élimination d'un homme qui avait montré son incompétence notoire durant la Seconde guerre mondiale.

Hommages et distinctions[modifier | modifier le code]

Il a été décoré à quatre reprises de l'Ordre de Lénine.

Il est enterré à la Nécropole du Kremlin.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On remarquera que Trotski et Mekhlis avaient deux points communs : leur judéité et leur prénom.
  2. a et b Voir ce site.