Les Mamelles de Tirésias

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Projet de décor de Sylvain Lhermitte pour Les Mamelles de Tirésias (2004).

Les Mamelles de Tirésias est un drame « surréaliste[1] » en deux actes et un prologue de Guillaume Apollinaire, créé au conservatoire Maubel le dans une mise en scène de Pierre Albert-Birot[2], décor de Serge Férat et costumes d'Irène Lagut. La musique était de Germaine Albert-Birot.

L'auteur s'est inspiré du mythe du devin aveugle de Thèbes, Tirésias, tout en lui appliquant des thématiques modernes et provocatrices : le féminisme et l'antimilitarisme. L'histoire se base sur celle de Térésa, qui change de sexe pour gagner du pouvoir parmi les hommes. Son but est de modifier les coutumes, rejetant le passé pour y établir l'égalité des sexes.

La première de la pièce fait scandale[2] pour notamment ses allusions à la Première Guerre mondiale.

Résumé[modifier | modifier le code]

Après un prologue où le personnage du directeur de troupe proclame « On tente ici d’infuser un esprit nouveau au théâtre », la pièce nous amène au Zanzibar, pays en manque d'enfant, allégorie de la France en guerre. L'héroïne Thérèse après une série de proclamations féministes avant l'heure, fait savoir qu'elle refuse son devoir de procréation, et se choisit un nom d'homme, Tirésias. Ses attributs féminins, deux ballons de baudruche, se détachent de son corsage et s’envolent dans les airs, cependant que la barbe lui pousse. Elle oblige ensuite son mari à se travestir et lui laisse le soin de procréer à son tour. Ce dernier met au monde 40 050 bébés en un jour. Dans le second acte, Thérèse revient sur sa décision et promet de donner naissance à deux fois plus d'enfants que son mari.

Création[modifier | modifier le code]

La première présentation a lieu au Conservatoire Renée Maubel, rue de l’Orient[3], dans une mise en scène de Pierre Albert-Birot. La création de l'œuvre se fait dans des conditions incertaines à cause du contexte de guerre. Le budget est réduit, le décor en papier. Les seins de Thérèse s'envolant devaient être représentés par des ballons gonflés à l'hélium, le gaz étant réservé à l'armée, on se contente de balles de tissu pressé. Le metteur en scène manque également de subir un désistement d'acteur de dernière minute, tandis qu'en l'absence de musiciens, la musique de Germaine ne peut être jouée. Finalement, un seul pianiste, se chargeant également de bruitage, se charge de son exécution. La pièce qui fait salle comble, à sa représentation, a un avant-goût de soirée Dada : déjà, par les réactions passionnés, le spectacle est autant sur scène que dans le public. « Les journalistes [...] crient au scandale. [...] La pièce se termine dans un tohu-bohu indescriptible. »[4] Autre incident, Jacques Vaché, accompagné de Théodore Fraenkel, menace la salle d'un revolver[4]. Plus tard, Albert-Birot dira douter de la véracité de cette anecdote. La pièce s'attire les foudres de la presse, qui se déchaîne autant contre Apollinaire que contre Albert-Birot. Elle fait en outre s'éloigner d'Apollinaire plusieurs cubistes, Juan Gris en tête. Le jeune Aragon, en revanche, pressé par Albert-Birot, fait un compte-rendu élogieux dans SIC[5].


Distribution[6]
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  • Edmond Vallée : Le Directeur
  • Louise Marion : Thérèse-Tirésias et la Cartomancienne
  • Marcel Herrand : Le Mari
  • Juliette Norville : Le Gendarme
  • Yéta Daesslé : Le Journaliste parisien
  • - : Le Fils
  • - : Le Kiosque
  • - : Lacouf
  • Edmond Vallée : Presto
  • Howard : Le Peuple de Zanzibar
  • Georgette Dubuet : Une Dame
  • Niny Guyard, Maurice Lévy, Max Jacob, Paul Morisse, etc. : Les Chœurs

Adaptations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mot inventé par Apollinaire, comme il le fait remarquer dans sa préface à l’œuvre. cf. http://obvil.paris-sorbonne.fr/corpus/apollinaire/mamelles-de-tiresias/preface. D'après le manuscrit, il avait d'abord pensé au terme "surnaturaliste". Le terme "sur-réalisme" figurait d'ailleurs déjà, en mai 1917, dans le programme de Parade.
  2. a et b « Les Mamelles de Tirésias : folie poétique », sur Le Figaro (consulté le 26 novembre 2011)
  3. LATOUR Geneviève, Pierre Albert - Birot et le théâtre de Guillaume Apollinaire, [1].
  4. a et b LATOUR Geneviève, Pierre Albert - Birot et le théâtre de Guillaume Apollinaire, [2].
  5. ALBERT-BIROT Pierre (dir.), SIC, n° 27, Paris, mars 1918, p.4.
  6. Apollinaire, Les Mamelles de Tirésias, France, Gallimard, , 67 p. (ISBN 978-2-07-031948-0)
  7. David Gullentops, Malou Haine, Jean Cocteau, textes et musique, Éditions Mardaga, 2005, page 177
  8. Bibliothèque nationale de France : http://data.bnf.fr/cross-documents/11992890/12516728/680/page1 L'édition originale comprend des collages de Joseph Sima et une couverture réalisée par Karel Teige.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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