Trois Cocus (quartier de Toulouse)

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Trois Cocus
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Haute-Garonne
Métropole Toulouse Métropole
Commune Toulouse
Secteur 3 - Toulouse Nord
Géographie
Coordonnées 43° 38′ 24″ nord, 1° 26′ 42″ est
Transport
Gare Route-de-Launaguet
Métro Métro de Toulouse Ligne B du métro de Toulouse :
Bus Liste des lignes de bus de Toulouse4161​​​​​​​​​​​​​​
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Toulouse
Voir sur la carte administrative de Toulouse
City locator 14.svg
Trois Cocus

Le quartier des Trois Cocus, situé au nord-est de la ville, est un quartier résidentiel et populaire de Toulouse. Territoire maraicher depuis le 17e siècle, il accueille encore quelques « toulousaines » caractéristiques.

Longtemps excentré et non desservi par les transports en commun, le quartier – qui dispose de nombreux équipements, commerces, espaces verts et services – est maintenant à un quart d’heure en métro de la place du Capitole (hypercentre toulousain). Il profite également du dynamisme du quartier voisin Borderouge et fait l’objet d’un programme de construction et de renouvellement du bâti et des espaces publics.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

L’origine provient du mot « cocut », qui désigne le coucou en occitan[1].

La transcription de l’occitan « Tres Cocuts » au français « Trois Cocus » serait due, dit-on, à des soldats de Napoléon qui, séjournant dans le quartier, auraient demandé aux habitants le nom de leur quartier. Ceux-ci auraient répondu « Tres Cocuts » et les soldats, ne parlant pas l’occitan, auraient compris « trois cocus », nom qui aurait par la suite été inscrit sur les plans.

Ces trois coucous étaient sculptés sur la façade d’une demeure, aujourd’hui disparue, appartenant à un seigneur.

Il reste à ce jour quelques traces de l’ancien nom du quartier, avec le sentier des Trois coucous et la place des Trois Cocus sous-titrée en occitan « Plaça Dels Tres Cocuts ».

Historique[modifier | modifier le code]

Le quartier est connu pour son passé maraicher. Ce vaste espace marécageux est cultivé dès le Moyen Âge. Mais c’est surtout après 1850, quand les besoins en légumes frais se font de plus en plus sentir avec la croissance démographique rapide de la population de Toulouse, que se crée une importante ceinture maraichère près de la ville. Au début du 19e siècle, le secteur Trois Cocus-Croix-Daurade comptait entre 130 et 150 hectares de terrains maraichers[2]. Trois « noyaux villageois » témoignent encore de cette époque : Lalande, Croix-Daurade et Trois Cocus.

Construites à partir du 17e siècle, les fermes maraichères – appelées « maisons toulousaines » – constituent petit à petit l’essentiel de l’habitat du nord toulousain au 19e siècle. Bâties le long des chemins ruraux, elles sont le fruit du morcellement des grands domaines, ont fait la renommée des violettes de Toulouse et sont encore visibles pour certaines. © J. Odol

En 1921, la création de l’Office d’habitations à bon marché (ancêtres des HLM) entraine la construction de cités-jardins éloignées du centre-ville. C’est par exemple le cas,de la cité jardin de Lalande ou Cité du Nord route de Launaguet, avec l’une des premières cités-jardins de Jean Montariol, l’architecte qui a transformé la ville de Toulouse dans l’entre-deux-guerres, et la Cité Blanche, cité ouvrière des années 1950, aujourd’hui démolie.

Plan de la Cité du Nord, par Jean Montariol, architecte en chef de la ville de Toulouse, 1928.

Dans les années 1930, Jean Montariol construit également la salle des fêtes Ernest-Renan et le groupe scolaire autour du noyau villageois des Trois Cocus. L’objectif : répondre à l’urbanisation croissante du quartier. Cet édifice possède des points communs architecturaux avec la bibliothèque municipale (dite d’étude et du patrimoine) rue du Périgord construite l’année suivante.

En 1963, avec la création des zones à urbaniser en priorité (ZUP), est construit, au milieu des champs, un ensemble de petites barres d’immeubles qui accueillent les rapatriés d’Algérie. Le confort des appartements à cette époque est inégalé : eau courante, eau chaude, salle d’eau, cuisine, vide-ordures, balcon, espaces de jeux et espaces verts.

Groupe scolaire Ernest-Renan. © Ville de Toulouse - Inventaire général Région Midi-Pyrénées
Vue aérienne actuelle de la Cité Raphaëlle, en bas à gauche, et de la Cité des Violettes (aujourd’hui démolie), en bas à droite. © Drone Sud Toulouse

Le quartier commence à s’urbaniser à partir de cette période. Les parcelles des maraichers sont vendues à des particuliers : un quartier résidentiel se crée. Alors que de belles maisons sont construites, non loin de là, de véritables bidonvilles s’installent autour du stade Rigal et du stade des Violettes. Ils accueillent une population déshéritée composée de Maghrébins et de gens du voyage en voie de sédentarisation. Dans les années 1980, les alentours de ces stades sont réhabilités.

À la fin des années 1970, les rapatriés quittent progressivement les immeubles, d’autres habitants arrivent. À partir des années 1980, la délinquance apparait. Le quartier voit se développer le trafic de stupéfiants notamment.

En 1996, la zone urbaine sensible « Les Izards » est créée afin de permettre au quartier de bénéficier des dispositifs de la politique de la ville (Développement social des quartiers, contrat urbain de cohésion sociale…). Depuis 2015, le quartier est inscrit dans la nouvelle géographie prioritaire (QPV) et bénéficie du contrat de ville 2015-2022.

Depuis les années 1990, le quartier a connu plusieurs phases de réhabilitation. En 2010, il a été déclaré d’intérêt communautaire, et un projet de renouvellement urbain a été initié par convention en 2012 entre la ville de Toulouse, la communauté urbaine du Grand Toulouse (devenue Toulouse Métropole en 2015), Toulouse Métropole Habitat et le Nouveau Logis Méridional. Puis, en 2014, le quartier est classé « quartier prioritaire de la politique de la ville » et inscrit comme programme d’intérêt régional bénéficiant du Nouveau Programme national de renouvellement urbain 2020-2025 (NPNRU). Ce programme de renouvellement et de développement urbain va transformer durablement le quartier.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Situé au nord-est de Toulouse, le quartier Trois Cocus est bordé à l’est et au sud par le quartier Borderouge, avec le parc de la Maourine, et au sud-ouest par le quartier La Vache, avec le parc de La Vache. Au nord, les terres maraichères de l’actuelle ferme de Borde Bio se prolongent jusqu’à la rocade.

Vue aérienne du quartier Trois Cocus. © Ville de Toulouse – Toulouse Métropole


Parc de la Maourine.

Aménagement urbain[modifier | modifier le code]

Le quartier est principalement résidentiel et offre une grande diversité d’habitat : maisons individuelles, logements collectifs, habitat social et privé.

Ce tissu urbain est quadrillé par un ensemble de jardins, de sentes et d’espaces verts issus de son passé maraicher. Il accueille d’ailleurs une des plus grandes fermes intra-urbaines de Toulouse, Borde Bio[3], et un certain nombre d’initiatives d’agriculture urbaine fleurissent dans le quartier[4].  

la friche de Partageons les jardins. © Ville de Toulouse
La ferme de Borde Bio. © Ville de Toulouse

Plusieurs services et équipements publics sont présents dans le quartier ou à proximité immédiate[5] :

  • la Caf et La Poste, situées place Micoulaud
  • la maison de quartier des Chamois[6]
  • le centre culturel Ernest-Renan
  • une médiathèque[7]
  • un centre social
  • un lieu d’initiative emplois
  • un accueil jeunes - réussite éducative
  • une maison de quartier
  • l’annexe du Conservatoire[8] à La Vache
  • une crèche et un RAM
  • un lieu d’accueil enfants-parents[9]
  • trois groupes scolaires (Jean-Zay[10], Niboul[11] et Ernest-Renan[12])
  • un collège[13]
  • un lycée professionnel[14]
  • un stade
  • un complexe sportif
  • un gymnase
  • un city stade
  • deux boulodromes  

Les commerces se concentrent essentiellement autour de la place Micoulaud et du chemin d'Audibert.

Dans les prochaines années, le quartier va continuer de se transformer dans le cadre du projet de renouvellement urbain porté par les collectivités locales et l’Anru. Ce projet[15] déjà initié comprend notamment :

-      la construction de 1 400 logements ;

-       la réhabilitation de 140 logements ;

-       la résidentialisation de 359 logements ;

-       la démolition de 351 logements ;

-       la création de six nouveaux équipements : un Pôle jeunesse, un Espace seniors et club-house, une crèche associative, une salle de sports associative, un centre d’accueil et de loisirs, la réhabilitation complète du stade Rigal ;

-       la rénovation des places Micoulaud et Trois-Cocus pour créer un nouveau cœur de quartier : des logements, des commerces, des services de proximité et des équipements ;

-       la création de 8 500 m2 de nouveaux jardins et d’espaces verts ;

-       la rénovation de 19 000 m2 d’espaces verts.

La nouvelle signature « Trois Cocus, Cultivons la ville ! » accompagne le projet urbain. Ce slogan vient valoriser les grands axes du projet : moderniser et re-dynamiser le quartier tout en préservant ses dimensions verte et maraichère.

Vie culturelle et associative[modifier | modifier le code]

Depuis plusieurs années, le nord de la métropole est devenu un haut lieu de la vie culturelle toulousaine. Le quartier Trois Cocus dispose de plusieurs équipements culturels tels que la salle de concert Ernest-Renan et la Friche culturelle de L’Imprimerie, et se situe à proximité immédiate du Metronum[16] et du cinéma d’art et d’essai Utopia[17]... Il accueille par ailleurs des manifestations culturelles telles que le festival Origines Contrôlées[18].

Festival Origines Contrôlées en 2019. © Ville de Toulouse



Les associations et acteurs du quartier proposent de nombreuses initiatives : au sein du centre d’animation des Chamois, du centre social, de la médiathèque ou encore lors des fêtes locales...

Ils animent la vie du quartier et de ses habitants à travers des jardins partagés, des cours de sports, des cours de cuisine, des ateliers culturels, etc.  

Une fête de l’association Partageons les jardins.

Le projet Edenn anime également le quartier. Il rassemble une dizaine d’acteurs qui travaillent ensemble sur des espaces maraîchers de Trois-Cocus. Ce projet permet aux habitants de cultiver des fruits et légumes en compagnie de professionnels, et de vendre les récoltes à des prix abordables[19].

Voies de communications et transports[modifier | modifier le code]

Le quartier est bien desservi par les transports en commun et reste proche des grands axes routiers, en particulier de la rocade.

Station de métro Trois Cocus : à 15 minutes du Capitole.

Transports en commun[modifier | modifier le code]

Depuis , le quartier est desservi par deux stations de métro (Trois Cocus et La Vache). Depuis l'été 2008, deux Vélôstations complètent le réseau transports en commun (une "chemin d'Audibert" et une autre "Rue Ernest Renan", derrière la mairie de quartier).

Réseaux routiers[modifier | modifier le code]

Le quartier est directement accessible au nord par la rocade, ce qui permet de rejoindre l’A62 et l’A620 en quelques minutes.

Pistes cyclables[modifier | modifier le code]

Le quartier est quadrillé par plusieurs kilomètres de pistes cyclables. Six stations VélôToulouse viennent compléter l’offre de transports en commun.

Autres[modifier | modifier le code]

Personnes célèbres liées au quartier[modifier | modifier le code]

  • Jean Montariol, célèbre architecte qui a conçu de nombreux bâtiments toulousains (notamment la bibliothèque municipale) et dans d’autres villes françaises.
  • Zebda (groupe de musique militant et engagé)
  • Mustapha et Hakim Amokrane (membres du groupe Zebda et fondateurs du groupe de musique Mouss et Hakim, engagés auprès du Tactikollectif).
  • Ahmed Chenane, médecin très investi dans la vie du quartier, il est décédé en 2020 et a laissé son nom à l’une des principales places du quartier.

Faits divers[modifier | modifier le code]

Deux criminels sont originaires de ce quartier :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

·       Quartiers de Toulouse

·       Transports en commun de Toulouse

·       Trois Cocus (métro de Toulouse)

·       VélôToulouse

·       Quartier Borderouge

·       Quartier La Vache

·       Toulouse Métropole

·       Toulouse

·       Anru

·       Le Programme national de rénovation urbaine (PNRU)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Salies, Dictionnaire des rues de Toulouse,
  2. J. Odol, « La banlieue maraîchère au Nord de Toulouse », Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest. Sud-Ouest Européen, vol. 23, no 3,‎ , p. 189–222 (DOI 10.3406/rgpso.1952.1343, lire en ligne, consulté le )
  3. « Toulouse. Cette ferme (en bio depuis 30 ans) propose des légumes en vente directe, aux Izards », sur actu.fr (consulté le )
  4. « Partageons les jardins – association » (consulté le )
  5. « Les équipements du quartier Trois Cocus - Borderouge - Croix Daurade - Paleficat - Grand Selve - Toulouse.fr », sur www.toulouse.fr (consulté le )
  6. https://www.facebook.com/centredanimationdeschamois/
  7. « Médiathèque des Izards - Bibliothèque de Toulouse », sur https://www.bibliotheque.toulouse.fr/ (consulté le )
  8. https://conservatoirerayonnementregional.toulouse.fr/index.php?post/Les-antennes-de-quartier
  9. « Lieux d'Accueil Enfants Parents - Toulouse.fr », sur www.toulouse.fr (consulté le )
  10. « École Jean Zay | Toulouse » (consulté le )
  11. « Ecole élémentaire publique Niboul », sur Ministère de l'Education Nationale de la Jeunesse et des Sports (consulté le )
  12. « Blog de l'école élémentaire Ernest Renan » (consulté le )
  13. « Rosa Parks de Toulouse », sur rosa-parks.ecollege.haute-garonne.fr (consulté le )
  14. « Lycée des métiers du bâtiment Urbain Vitry », sur urbain-vitry.mon-ent-occitanie.fr (consulté le )
  15. « Les Izards - La Vache - Trois Cocus - La Vache - Toulouse.fr », sur www.toulouse.fr (consulté le )
  16. « Accueil - Metronum », sur metronum.toulouse.fr (consulté le )
  17. « Cinema Utopia Toulouse Borderouge et Tournefeuille », sur www.cinemas-utopia.org (consulté le )
  18. tactik, « Origines Contrôlées – Édition 2019 – Tactikollectif » (consulté le )
  19. « Edenn, un projet expérimental autour de l'alimentation et de l'agriculture urbaine à Toulouse », sur France Bleu, (consulté le )