Jean Montariol

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Jean Montariol
Image illustrative de l'article Jean Montariol
Présentation
Naissance (125 ans)
Toulouse
Décès
Toulouse
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Architecte en chef de la ville de Toulouse
Formation École supérieure des beaux-arts de Toulouse
Œuvre
Réalisations Bibliothèque municipale de Toulouse, Toulouse
Kiosque à musique, Toulouse

Jean Montariol (1892-1966) fut architecte en chef de la ville de Toulouse de 1929 à 1949. On lui doit un ensemble de monuments publics emblématiques de l'architecture toulousaine des années 1930 réalisés dans le cadre du programme de la municipalité SFIO.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Montariol est né à Toulouse le 24 avril 1892. N'envisageant pas de succéder à son père Jean-Joseph Montariol ingénieur des arts et métiers et entrepreneur, contrairement aux souhaits de ce dernier, il entre à l'école des Beaux-Arts de Toulouse et obtient le Grand Prix municipal de Toulouse en 1911. Il termine sa formation d'architecte à Paris dans l'atelier Deglanes et Nicod.

Mobilisé en 1914, il est réformé en 1915, puis engagé spécial en 1917.

Après avoir obtenu plusieurs prix d'architecture, il devient architecte DPLG le 7 juin 1922.

À Paris il fréquente Picasso et Le Corbusier et noue une amitié avec Clergue.

Il revient s'installer à Toulouse en 1923 et s'associe à son frère Antonin qui gère une entreprise de bâtiment familiale.

En 1923 il réussit le concours de professeur suppléant d'architecture et de dessin industriel à l'école des beaux-arts de Toulouse, fonctions qu'il occupe jusqu'en 1930.

À partir de 1925 il travaille à l'Office public d'HBM et en 1927 il est nommé architecte en chef adjoint de la ville.

Le 30 décembre 1930 il épouse Eugénie Bombail avec qui il aura deux filles Elizabeth Fortunée et Francine Elise.

Le 27 avril 1935 il se remarie avec Suzanne Marcelle Younet originaire du Gers où il va commencer à passer beaucoup de temps.

En 1941, il est élu à l'Ordre des architectes, dont il est nommé membre du Conseil régional le 26 septembre 1942.

Suspecté de collaboration à la Libération, il est jugé par la Commission d'épuration le 15 mars 1945, qui propose sa suspension de l'Ordre des architectes pour 2 ans. Mais Jean Montariol fait appel, et obtient le classement de son dossier en 1946.

En 1948, il est architecte des Bâtiments de France à l'agence nouvellement créée à Toulouse. Il se consacre alors à la restauration de monuments historiques, particulièrement dans les départements du Gers et de la Haute-Garonne.

En 1949, il quitte son poste d'Architecte en chef de la ville de Toulouse.

Il décède à Toulouse le 22 juillet 1966[1].

Principales réalisations[modifier | modifier le code]

Entre 1925 et 1939, il réalise neuf groupes de bâtiments HBLM (logements sociaux du parc du Calvaire, rue du Féréta, cité Bonnefoy, rue Jean Aicard...) et neuf groupes de cités-jardins (Trois-Cocus, Fontaine Lestang...).

En 1925, il propose un projet pour l'aménagement de quatre urinoirs de la place du Capitole, qui sera réalisé en 1933.

En 1926, il commence à travailler, à la demande de la Mairie, à un projet d'agrandissement des abattoirs d'Urbain Vitry, mais le choix de Montariol suscita un grand débat, en raison des fonctions diverses qu'il occupait alors. Le Clou le présenta comme un capitolard, un cumulard, un arriviste type.

Entre 1927 et 1933, il réalise une série de constructions scolaires dont la première fut l'école de la Juncasse, avenue Louis-Plana à Toulouse auquel succèderont Jules-Julien à Rangueil, Jules-Ferry à la Salade, Ernest-Renan à Lalande, le groupe scolaire de Verfeil, celui de Bonhoure, l'agrandissement de l'école Fabre et enfin l'école Fontaine-Lestang en 1940.

Bibliothèque Municipale de Toulouse

On lui attribue de 1929 à 1935 la construction de la Bibliothèque municipale de Toulouse, rue de Périgord, bâtiment orné de nombreuses œuvres d'art affichant la volonté de la municipalité de rendre la culture disponible à tous, de préserver le patrimoine, et de faire œuvre à travers un bâtiment qui constitue un ensemble très représentatif de l'art toulousain de l'entre-deux guerres[2].

À partir de 1931, Jean Montariol s'emploie au très vaste projet du Parc municipal des sports. Le Stadium et la piscine Nakache portent fortement sa marque.

Entre 1931 et 1952, il réalise la Bourse du travail, à l'angle de la place Saint-Sernin et de la rue Merly.

En 1933, il œuvre à la construction du kiosque à musique de la place Marius Pinel.

Jusqu'en 1939, il accomplit de nombreux chantiers pour d'autres communes autour de Toulouse et quelques villas pour des personnes privées.

Postérité[modifier | modifier le code]

Selon Jean-Louis Marfaing il a été «  le bâtisseur de la modernité toulousaine »[3].

En guise de bilan de sa carrière, on peut lire dans Toulouse 1920-1949. La ville et ses architectes que Jean Montariol «  avait pu réaliser dans le cadre de la municipalité SFIO un programme très vaste de constructions de grande qualité en très peu de temps (1928-1940) comportant des bâtiments fort différents : écoles, HBM, cités-jardins, lavoirs, bains-douches, WC, kiosques, bibliothèques, équipements sportifs, abattoirs, qui tous avaient été unanimement salués par la presse et lui avaient valu de nombreuses récompenses. (...) Il avait toujours recherché une certaine qualité architecturale dans ses constructions. Celles-ci sont tout à fait caractéristiques : modernes par l'emploi du béton, des toitures terrasses, elles n'hésitent pas à rompre l'alignement de la rue. Pourtant elles sont encore classiques dans le soin apporté au décor. Montariol demeure un architecte de transition. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Toulouse 1920-1940. La ville et ses architectes, Toulouse, Ombres, , 262 p. (ISBN 2 905 964 39 1), p. 248-251
  2. Luce Barlangue et Louis Peyrusse, Les artistes de la bibliothèque municipale, Toulouse, Mairie de Toulouse, , 84 p. (ISBN 2-85322-060-5)
  3. Jean-Louis Marfaing, Le dictionnaire de Toulouse : de l'aéropostale au Zénith, Portet-sur-Garonne, Loubatières, , 477 p. (ISBN 2-86266-410-3)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • CAUE 31 et Ecole d'architecture de Toulouse, Toulouse 1920-1940 : la ville et ses architectes, Éditions Ombres, , 262 p. (ISBN 2905964391)
  • Gérard Santier dir., Le Dictionnaire de Toulouse, Éditions Loubatières,
  • Luce Barlangue et Louis Peyrusse, Les artistes de la Bibliothèque Municipale : Toulouse 1935. Centenaire de la Société des artistes méridionaux, Mairie de Toulouse, , 84 p. (ISBN 2853220605)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]