Charles-Edmond Chojecki

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Charles Edmond
Image dans Infobox.
Portrait photographique de Charles Edmond par Nadar.
Fonctions
Conservateur des bibliothèques
Palais du Luxembourg
-
Rédacteur en chef
La Tribune des Peuples
mars -
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
MeudonVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Edmund Franciszek Maurycy ChojeckiVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Charles Edmond, Jules TibylVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Russe
Français (depuis le )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Rédacteur à
Autres informations
Distinction

Charles-Edmond Chojecki (Edmund Franciszek Maurycy Chojecki ou Karol Edmund Chojecki) (prononciation polonaise : [xɔˈjɛt͡skʲi], dit « Charles Edmond », né le [n 1],[n 2] à Wiski[n 3] et mort à Meudon le [1], est un écrivain et journaliste français de naissance polonaise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d’Andrzej Xawery Chojecki et de Karolina Tarzycka, Chojecki a milité très jeune dans la presse nationaliste de gauche, à Varsovie, où il a passé sa jeunesse. Ami du poète Norwid, il a contribué au mensuel Przegląd Warszawski[n 4] ) et le mensuel Biblioteka Warszawska[n 5], de 1840 à 1842. En 1841, il a fondé un journal, l’Écho, qui n’a eu qu’une courte durée[2]. Il était également secrétaire du conseil d’administration des Dyrekcja Warszawskich Teatrów[n 6].

En 1844, ses activités de militant pour la cause polonaise le contraignent, pour échapper à une condamnation politique des autorités russes, à s’exiler en France[3]. Dès l’année suivante, il s’est engagé activement dans les mouvements de gauche européens. En 1846, il publie Czechja i Czechowie[n 7], sur l’histoire des terres tchèques[4] Il a effectué, à l’occasion des révolutions de 1848, de nombreux voyages, souvent politiques, en Europe, notamment comme délégué à la diète révolutionnaire de Prague, d’où il a dû s’enfuir, pourchassé par la police autrichienne[3].

L’année suivante, en 1849, il est devenu rédacteur en chef de la Tribune des peuples, l’hebdomadaire politique romantique-nationaliste radical fondé par le poète polonais Adam Mickiewicz[5]. À ce titre, il est entré en contact avec de nombreux émigrés russes et allemands de premier plan[6], comme Alexandre Herzen[7]. La Tribune des peuples a paru de mars à novembre 1849, avec une interruption par la censure du 14 avril au 31 aout 1849. Lié à George Sand[8], il a également collaboré à la la Revue indépendante, co-éditée par celle-ci, ainsi qu’au Peuple et à la Voix du Peuple de Proudhon. Émile de Girardin l’a également associé à sa création de la Presse[9].

Lorsque ses activités militantes lui vaudront d’être interdit de séjour, le , il quitte la France, le suivant, pour l’Égypte[10], recommandé par le père Enfantin[11], où il s’est intéressé à l'égyptologie et a rencontré Gustave Flaubert[n 8]. Il est ensuite passé par l’Italie, la Suisse, avant d’être autorisé à revenir en France, en [10]. En , il s’engage dans l’armée turque[n 9], pendant la guerre de Crimée mais, malade, la quitte avant le déclenchement des hostilités[10].

Alors qu’il avait soutenu, jusque dans les années 1850, des idées révolutionnaires-démocrates et utopistes-socialistes, comme dans Rewolucjoniści i stronnictwo wsteczne w r. 1848[n 10], il a fini par se rapprocher des cercles savants et intégrer l’élite littéraire parisienne, pour devenir le familier des frères Goncourt[12]. Entré en relations avec le prince Napoléon, celui-ci l’a emmené comme interprète dans une croisière en Islande sur le Reine Hortense[n 11]. Devenu ministre de l’Algérie, Napoléon, qui est devenu en quelque sorte son protecteur, a créé pour lui une place de bibliothécaire dans son ministère[13].

Naturalisé français le [14], il a présidé le conseil d’administration du Temps[2]. Napoléon III lui a ensuite octroyé, en 1869, le poste de bibliothécaire du Sénat, qu’il a occupé jusqu’à sa mise à la retraite, en 1895. Il a été fait officier de la Légion d’honneur le [15]. Le même année, il a été commissaire général du vice-roi d’Égypte à l’Exposition universelle de Paris[2].

À sa mort à son domicile de Bellevue, où il vivait avec son épouse Marguerite Julie Fridrich[10], il a été inhumé au cimetière des Longs Réages de Meudon[16].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Sous le nom de plume de « Charles Edmond », il a écrit des romans et des pièces de théâtre sous le pseudonyme de « Charles Edmond ». On lui doit plusieurs pièces de théâtre (sous le pseudonyme de Charles Edmond », il a notamment collaboré aux comédies d’Adolphe d'Ennery et d’Édouard Foussier, de romans (Souvenirs d’un dépaysé, 1862 ; Le Neveu du comte Sérédine, 1898 ; etc.) et d’ouvrages sur la Pologne (La Pologne captive et ses trois poètes : Mickiewicz, Krasinski, Slowacki, 1864). Il a aussi écrit avec Jules Claretie sous le nom de plume commun de « Jules Tibyl ». On lui doit également le livret de l’Aïeule, avec d’Ennery[n 12] et du Dompteur, également avec d’Ennery[17].

Charles Edmond a contribué à l’histoire de la littérature polonaise sous la forme d’un roman réaliste, Alkhadar (1854), racontant les vicissitudes d’un conspirateur romantique dans le contexte de la gentry terrienne de la Galice polonaise, ruinée par le capitalisme[6]. Il a également traduit en polonais de nombreuses œuvres en langue française, dont le célèbre roman fantastique de Jan Potocki, Manuscrit trouvé à Saragosse (1847). Après que les sections du roman de Potocki ont été perdues, d’autres fragments ayant été publiés séparément en 1804 et 1813-14, les sections manquantes ont pu être restaurées grâce à la rétro-traduction en français de la traduction polonaise de Chojecki[18].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L’acte de décès de la ville de Meudon mentionne donne le 16 novembre 1822 comme date de naissance.
  2. Le dossier de Légion d’honneur donne le 26 décembre 1822 comme date de naissance.
  3. Le dossier de la Légion d’honneur donne Lublin comme lieu de naissance.
  4. Revue de Varsovie.
  5. Bibliothèque de Varsovie.
  6. Théâtres de Varsovie.
  7. La Tchéquie et les Tchèques.
  8. Flaubert l’a, par la suite, sollicité pour la documentation de ses romans.
  9. Souvenirs d’un dépaysé est le témoignage littéraire de cette expérience.
  10. Les Révolutionnaires et les Réactionnaires en 1848, 1849.
  11. C’est à la suite de ce voyage d’exploration qu’il a publié, à son retour, Voyages dans les mers du Nord, en 1857.
  12. Musique de Louis Boïeldieu et Henri de Saint-Georges.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Selon les archives des Yvelines (décennales 1872-1902 Meudon) page 308/349.
  2. a b et c Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, Paris, Hachette et cie, , 5e éd., 1892 p. (lire en ligne), p. 404.
  3. a et b (pl) Internetowa encyklopedia PWN (Encyclopédie Universelle PWN) : "Chojecki, Edmund"; tome 1, p. 454.
  4. (pl) Czechja i Czechowie : przy końcu pierwszéj połowy XIXgo stulecia, Berlin, F. Schneider, , 270 p. (lire en ligne).
  5. Société d'histoire de la Révolution de 1848, Bibliothèque de la Révolution de 1848, t. 23-24, Paris, Société d'histoire de la Révolution de 1848, (lire en ligne), p. 167.
  6. a et b (pl) Jan Zygmunt Jakubowski, éd., Literatura polska od średniowiecza do pozytywizmu (La littérature polonaise du Moyen Âge jusqu’au positivisme), p. 498.
  7. Raoul Labry, Herzen et Proudhon, Paris, Bossard, , 248 p. (lire en ligne), p. 608.
  8. George Sand et Georges Lubin (dir.), Correspondance : Juin 1868-Mars 1870, t. 21, Paris, Garnier, coll. « Classiques Garnier », , xv, 992 p., 19 cm (ISBN 978-2-7370-0267-0, OCLC 883357688, lire en ligne), p. 433.
  9. Michèle Battesti, Plon-Plon : le Bonaparte rouge, Paris, Perrin, , 617 p. (ISBN 978-2-262-02286-0, lire en ligne), p. 181.
  10. a b c et d Jean-Louis Cabanès et Pierre Dufief, Les Frères Goncourt, Paris, Fayard, , 800 p. (ISBN 978-2-213-71413-4, lire en ligne), p. 232.
  11. Emmanuel Desurvire, Charles Edmond Chojecki : patriote polonais, explorateur, soldat, poète, dramaturge, romancier, journaliste, bibliothécaire, t. I, Saint-Escobille, E. Desurvire, , 462 p. (ISBN 978-1-4709-7793-1, lire en ligne), p. 94.
  12. Emmanuel Desurvire, Charles Edmond Chojecki : patriote polonais, explorateur, soldat, poète, dramaturge, romancier, journaliste, bibliothécaire, t. V, Saint-Escobille, E. Desurvire, , 474 p. (ISBN 978-1-291-10088-4, lire en ligne), p. 314.
  13. Jean-Claude Polet, Patrimoine littéraire européen : Index général : Anthologie en langue française, t. 13, Bruxelles, De Boeck Supérieur, , 600 p. (ISBN 978-2-8041-3162-3, OCLC 44747048, lire en ligne), p. 333.
  14. Archives Nationales, « Dossier LH/529/76 : 2/1 », sur Base Léonore, (consulté le 12 septembre 2020).
  15. Archives Nationales, « Dossier LH/529/76 : 1/1 », sur Base Léonore, (consulté le 12 septembre 2020).
  16. Emmanuel Desurvire, Charles Edmond Chojecki : l’œuvre et la vie ; une biographie d’après, Saint-Escobille, E. Desurvire, , 602 p., 24 cm (ISBN 978-1-291-66064-7, OCLC 909000223, lire en ligne), p. 257.
  17. Jules Claretie, La Vie à Paris, 1895, 1896, 1897, 1898, 1899, 1900, t. 11, Paris, Charpentier et Pasquelle, , 436 p. (lire en ligne), p. 346.
  18. (en) Czesław Miłosz, The History of Polish Literature, Berkeley, University of California Press, , 583 p. (ISBN 978-0-520-04477-7, lire en ligne), p. 193-4.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • (pl) Alkhadar, 1854.
  • La Florentine, drame en 5 actes, en prose, 1856, lire en ligne sur Gallica.
  • Voyages dans les mers du Nord à bord de la corvette « La Reine-Hortense », Michel Lévy frères, 1857, lire en ligne sur Gallica.
  • Les Mers polaires, 1858, lire en ligne sur Gallica.
  • L’Africain, comédie en quatre actes en prose, 1860.
  • Souvenirs d’un dépaysé, 1862.
  • L’Aïeule, drame en cinq actes et six tableaux, 1863.
  • La Pologne captive et ses trois poètes Mickiewicz, Krasiński, Slowacki, 1864, lire en ligne sur Gallica.
  • Le Dompteur, avec Adolphe d’Ennery, 1870.
  • La Baronne, avec Édouard Foussier, drame en 4 actes, en prose, 1871, lire en ligne sur Gallica.
  • Le Fantôme rose, 1873, lire en ligne sur Gallica.
  • Un salon d’attente, 1876.
  • Le Lendemain de la Toussaint, 1878, lire en ligne sur Gallica.
  • Zéphyrin Cazavan en Égypte, 1880.
  • Harald, 1881.
  • Louis Blanc, 1882.
  • La Bucheronne, 1883.
  • Le Ménage Hubert, précédé de Une journée à Bellevue, avec Jules Claretie sous le nom commun de « Jules Tibyl », Paris , Édouard Dentu, 1884, lire en ligne sur Gallica.
  • Conte vénitien, 1885, lire en ligne sur Gallica.
  • Le Trésor du Guèbre, 1885.
  • Rose Fleury, 1887.
  • Paul Rochebert, 1891.
  • Jean Dhasp, 1892.
  • Le Neveu du comte Sérédine, scènes de la vie russe, 1898.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel Desurvire, Charles Edmond Chojecki : patriote polonais, explorateur, soldat, poète, dramaturge, romancier, journaliste, bibliothécaire, t. I-VI, Saint-Escobille, E. Desurvire, .
  • Emmanuel Desurvire, Charles Edmond Chojecki : l’œuvre et la vie ; une biographie d’après, Saint-Escobille, E. Desurvire, , 602 p., 24 cm (ISBN 978-1-291-66064-7, OCLC 909000223, lire en ligne).
  • Emmanuel Desurvire, Charles-Edmond Chojecki et ses intimes : Sand, Flaubert, de Goncourt, Proudhon, Herzen, Czosnowska, suivi de son théâtre français, Bonnelles, E. Desurvire, , 265 p., 1 vol. 24 cm (ISBN 978-0-244-42088-8, OCLC 1111606692)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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