Denys Rinpoché

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Lama Denys Teundroup Rinpoché est un maître bouddhiste français de la tradition kagyüpa du bouddhisme tibétain. Principal héritier occidental de Kalou Rinpoché, il est le fondateur et le supérieur du Sangha Dashang Rimay, une communauté bouddhiste devenue congrégation[1]. Il œuvre aujourd'hui à la transmission de la tradition du Bouddha à travers le monde, en particulier dans sa filiation Shangpa Kagyü, Mahâmudrâ et Dzogchen. Il est l'auteur de nombreuses traductions de textes traditionnels et dirige aujourd'hui, suivant les instructions de Kalou Rinpoché, la traduction française du Trésor des Connaissances, la grande encyclopédie du Dharma compilée au XIXe siècle par Jamgön Kongtrül Lodrö Thayé. Il participe très activement au dialogue inter-religieux et est à l'initiative de nombreuses rencontres inter-traditions.

Biographie[modifier | modifier le code]

Denys Rinpoché naquit au sein d’une famille chrétienne non pratiquante. La large ouverture d’esprit de sa famille lui permet rapidement de laisser libre cours à une quête personnelle nourrie de nombreux ouvrages, parmi lesquels, les œuvres de René Guénon tiennent une place de choix. Il découvre une démarche qui pose les repères fondamentaux jalonnant un parcours traditionnel et définit les éléments constitutifs d’un cheminement spirituel.

Le très beau film d’Arnaud Desjardins Le Message des Tibétains renforce son intérêt pour la voie bouddhiste tibétaine dont il pressent la complétude, la vitalité et la capacité à dépasser les formulations dans une expérience libératrice. En 1968, souhaitant rencontrer les témoins vivants de l’enseignement du Bouddha, il décide de partir à la rencontre des maîtres et yogis tibétains et gagne l’Inde après avoir passé son baccalauréat.

C’est à Sonada, au nord de l’Inde, qu’il rencontre Kalu Rangjung Künchab (Kalu Rinpoché, 1904-1989), maître spirituel tibétain, unanimement reconnu et vénéré par toutes les écoles. La rencontre va orienter la vie du jeune Denys. Même s’il ne comprend pas encore la langue tibétaine, s’instaure une communication de cœur à cœur qui va sceller de longues années de formation traditionnelle et faire de lui son plus jeune disciple occidental[réf. souhaitée]. De retour en France, il entreprend des études de médecine, de philosophie, de sciences humaines et bien sûr de tibétain à l’École Nationale des Langues Orientales Vivantes. Au cours de cette période, il rencontre en Écosse Chögyam Trungpa Rinpoché (1940-1987) qui allait devenir célèbre pour sa présentation des enseignements du Bouddha, sous une forme adaptée au grand public occidental. Il tisse avec lui une profonde connexion spirituelle qui demeurera vivante tout au long de son cheminement.[réf. souhaitée]

En 1970, ses diplômes d’études universitaires générales en poche, il décide de s’installer en Inde. Il étudie le sanskrit à la Sanskrit University de Bénarès tout en améliorant sa connaissance du tibétain, avant de rejoindre le département d’études tibétaines à l’université Vishvabhârati fondée au Bengale par Rabîndranâth Tagore. Étudiant, il vit à Sonada où il reçoit de Kalu Rinpoché nombre de transmissions, initiations et instructions, dont celles sur Mahâmudrâ-Dzogchen sur la nature essentielle de l’esprit, cœur de l’enseignement du Bouddha. Il effectue plusieurs retraites en solitaire et son maître ne cesse alors de l’encourager à étudier et à pratiquer avec énergie. Il réussit à concilier sa formation traditionnelle et son cursus universitaire en devenant diplômé en études indo-tibétaines. Fidèle à l'esprit Rimay, dont Kalu Rinpoché était l'un des plus grands représentants, il reçoit les plus importantes initiations, transmissions et instructions de grands maîtres d'autres écoles, dont le Dalaï-Lama XIVème, le XVIème Gyalwang Karmapa, Düjom Rinpoché, Dilgo Khyentsé Rinpoché, Chobgyé Tri Rinpoché, Sakya Trizin Rinpoché, Kangyur Rinpoché et Chatral Rinpoché.[réf. souhaitée]

Dès 1971, à la faveur des voyages que Kalu Rinpoché fait en Europe, Denys Rinpoché devient son interprète et participe à ses côtés à la création de centres du Dharma et du premier centre en occident pour la traditionnelle retraite de trois ans et trois mois (Losum Chosum) à La Boulaye en Saône-et-Loire. Denys Rinpoché y entre en retraite le 5 décembre 1976 pour compléter sa formation traditionnelle. Il reçoit de son maître la totalité de la transmission Shangpa et durant ces années de pratique approfondit expériences et réalisations. Lorsqu’il en ressort à l’âge de 31 ans, il reçoit le nom tibétain de Lama Denys Töndrup Gyaltsen et son maître lui confie la direction spirituelle de Karma Ling, un institut pour l’étude et la pratique des enseignements du Bouddha, niché au cœur d’une vallée savoyarde, là où naguère priait une communauté de chartreux.

En 1984, Kalu Rinpoché investit formellement Lama Denys du pouvoir d’enseigner et de transmettre la tradition du Vajrayâna, en le désignant vajrâcarya soit « maître du Vajrayâna ». Il devient ainsi le premier occidental habilité à diriger des retraites de trois ans — la première à se dérouler à Karma Ling débute en 1985.

Sa profonde expérience spirituelle, sa capacité à transmettre le cœur et l’esprit du Dharma universel dans l’environnement culturel et intellectuel occidental contemporain et sa double formation — traditionnelle et universitaire — font de Denys Rinpoché un interprète exceptionnel de la rencontre Orient-Occident. Il enseigne désormais dans le monde entier, jouant un rôle majeur dans les nombreuses initiatives menées en faveur de la rencontre des traditions et l’émergence d’une culture de paix et de non-violence.[style à revoir]

En 1994, Rimay est reconnue par l’État français et Denys Rinpoché est investi par Chamgön Khentin Tai Situ Rinpoché (l’un des quatre régents de l’école Karma-Kagyü) Lama Rinpoché, représentant des écoles kagyüpa en Europe et supérieur de Rimay.

Longtemps président de l’Union Bouddhiste Européenne, Denys Rinpoché est un des membres fondateurs du Shangpa Network, qui réunit tous les détenteurs et lamas de la lignée Shangpa Kagyü et de la Fondation Shangpa, créée en 2016 dont l’objectif est la préservation et la transmission des enseignements de cette lignée.

En 2016, Denys Rinpoché crée la fondation Dharma qui a pour but de faire vivre un institut bouddhiste permettant l’étude, la pratique et l’intégration de tout l’enseignement du Bouddha dans des parcours adaptés aux réceptivités et motivations de chacun.

Depuis plus de trente-cinq ans, Denys Rinpoché œuvre à la convergence des courants humanistes d’Orient et d’Occident et a initié de grandes rencontres inter-traditions et pluridisciplinaires, telles que la « rencontre des traditions du monde » en 1997, et les rencontres « Écologie & spiritualité » en 2007, « Économie et Spiritualité » en 2011 et « Humanisme & Mindfulness » en 2015.

En 2012, revenant aux origines aculturelles et atemporelles de la tradition du Bouddha, il lance un programme de mindfulness-pleine présence[Quoi ?] et fonde l’Altruistic Open Mindfulness, qui promeut la transmission d’un humanisme intégral dans la société occidentale et contemporaine.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Avec Jean-Yves Leloup et Faouzi Skali, Guérir l'esprit. Le colloque de Bodhgaya, Albin Michel, 2001. ; réed. Albin Michel, coll. Espaces libres, 2004.
  • La lignée Shangpa Kagyu, revue Dharma no 50, éditions Prajna, 2005.
  • Le Dharma et la vie, éditions du Relié, 2005.
  • Avec Arnaud Desjardins, Dialogue à deux voies, éditions La Table Ronde, 1993.
  • La voie du Bonheur, éditions Actes Sud, 2002.
  • Dialogue avec un Lama Occidental, entretiens avec Philippe Kerforne, éditions Dervy-livres, collections À mots ouverts, 1991.
  • Le soutra du cœur, éditions Le Bois D'orion, 2012.
  • L’éveil du cœur et de l’esprit, éditions Le Bois D'orion, 2012.
  • Entrer dans l’expérience éveillée, éditions Le Bois D'orion, 2013.
  • L'entraînement de l'esprit, éditions du Relié, 2013.
  • Les préliminaires du vajrayâna, éditions Rimay, 2010.
  • Un nouveau monde en marche, éd. Yves Michel, 2012, de Laurent Muratet et Étienne Godinot, collectif avec entre autres Akhenaton, Christophe André, Stéphane Hessel (préface), Jean-Marie Pelt, Pierre Rabhi, Matthieu Ricard, Jean Ziegler.
  • Le sâdhana de Chenrézi, éditions Rimay, 2012.
  • Traduction de Dezhung Rinpoché, Le Flambeau de la Voie de la Libération, Editions Rimay, 2014.
  • Traduction de Jamgön Kongtrül Lodrö Thayé, La grande voie d’éveil, Editions Rimay, 2015.
  • Traduction de Gampopa Sönam Rinchen, La précieuse guirlande de la voie sublime, Editions Rimay, 2016.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Reconnue par Décret d’état publié au Journal Officiel le 21 février 1994.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]