Léonce Manouvrier

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Léonce Manouvrier
Manouvrier, Leonce Pierre.JPG

Léonce Manouvrier
(à droite, à côté de Marceau Bilhaut) en 1894.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Léonce-Pierre ManouvrierVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Distinction

Léonce-Pierre Manouvrier, né le à Guéret et mort à Paris le , est un anthropologue, anatomiste et physiologiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un conducteur des ponts et chaussées, Léonce Manouvrier débuta ses études au collège de Guéret.
Lors de la guerre franco-allemande de 1870, il s'engagea volontairement et servit pendant six mois dans la Deuxième armée de la Loire du général Chanzy. Par la suite, il restera réserviste comme médecin militaire avec le grade d'aide-major.

Élève et disciple de Broca, il travailla sous sa direction comme préparateur bénévole (entre 1878 et 1880) puis titulaire (à partir de 1880) au sein du laboratoire d'anthropologie de l'École des hautes études, dont il deviendra plus tard le directeur-adjoint (1900) puis le directeur titulaire après la mort du docteur Laborde (1903).
Ayant soutenu en 1882 ou 1884 une thèse sur ses Recherches d'anatomie comparative et d'anatomie philosophique sur les caractères du crâne et du cerveau, il fut reçu docteur en médecine, mais n'exercera jamais la profession médicale pour mieux se consacrer à la recherche et à l'enseignement.
Professeur libre à l’École d'anthropologie à partir de 1881, il y obtint la chaire d'Anthropologie physiologique en 1887. Il travailla également avec son ami Eugène Gley en tant que sous-directeur de la station physiologique du Collège de France (1904). Au sein de cette institution, il fut l'assistant de Grégoire Wyrouboff entre 1910 et 1913.
Secrétaire général de la Société d'anthropologie de Paris depuis 1900, il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1909.

Manouvrier fut un spécialiste de l'ostéologie mais aussi de la neuroanatomie, tout en s'intéressant à la psychologie et à la sociologie. Rédacteur d'un important mémoire sur L'interprétation de la quantité dans l'encéphale et du poids du cerveau en particulier, il trouva la solution du problème de l'interprétation du poids cérébral et réfuta les théories déterministes de Lombroso et celles, racistes, de Gobineau et Lapouge. Il réfuta également la prétendue infériorité du cerveau féminin.
Positiviste influencé par Auguste Comte, Manouvrier forgea un concept baptisé « Anthropotechnie », selon lequel la science anthropologique devait s'appliquer aux arts sociaux (dont la politique, la morale, la criminologie et l'hygiène). Il se détourna cependant de certains aspects du « comtisme » en se ralliant au transformisme après la publication des découvertes d'Eugène Dubois (1894).
Écologiste avant l'heure, il s'opposa vivement aux conséquences de l'industrialisation dans la vallée du Taurion.

En 1894, il accepta d'examiner les ossements exhumés du cimetière Sainte-Marguerite, faussement identifiés comme ceux de Louis XVII, et avec l'aide du docteur Magitot, les attribua à un sujet probablement masculin âgé de 18 à 20 ans[1].

Mort en 1927, Léonce Manouvrier fut inhumé dans son département natal, à La Chapelle-Taillefert.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Félix De Backer, Louis XVII au cimetière de Ste-Marguerite - Enquêtes médicales, Paris, Paul Ollendorff, 1894.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • R. Anthony, G. Papillault, M. Weisgerber, E. Gley, Louis Lacrocq, Dumont, Bloch et alii « Discours prononcés aux obsèques de M. L. Manouvrier », Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, 1927, vol. 8, p. 2-13.

Lien externe[modifier | modifier le code]