Léonce Manouvrier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Fichier:Photo
mamouvrier
Léonce Manouvrier
Manouvrier, Leonce Pierre.JPG

Léonce Manouvrier
(à droite, à côté de Marceau Bilhaut) en 1894.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Léonce-Pierre ManouvrierVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Distinction

Léonce-Pierre Manouvrier, né le à Guéret et mort à Paris le , est un anthropologue, anatomiste et physiologiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un conducteur des ponts et chaussées, Léonce Manouvrier débuta ses études au collège de Guéret.
Lors de la guerre franco-allemande de 1870, il s'engagea volontairement et servit pendant six mois dans la Deuxième armée de la Loire du général Chanzy. Par la suite, il restera réserviste comme médecin militaire avec le grade d'aide-major.

Élève et disciple de Broca, il travailla sous sa direction comme préparateur bénévole (entre 1878 et 1880) puis titulaire (à partir de 1880) au sein du laboratoire d'anthropologie de l'École des hautes études, dont il deviendra plus tard le directeur-adjoint (1900) puis le directeur titulaire après la mort du docteur Laborde (1903).
Ayant soutenu en 1882 ou 1884 une thèse sur ses Recherches d'anatomie comparative et d'anatomie philosophique sur les caractères du crâne et du cerveau, il fut reçu docteur en médecine, mais n'exercera jamais la profession médicale pour mieux se consacrer à la recherche et à l'enseignement.

Dans une publication (2) où il additionne plusieurs études dont celle de son maître Broca il indique des résultats sur le poids comparé du cerveau chez l’homme et chez la femme : il rapporte une étude de Broca  où le poids de l’encéphale chez des sujets parisiens de 20 à 60 ans est 1361 gr chez 154 hommes et de 1201 gr chez 44 femmes.

En cumulant plusieurs études où il tient compte du poids et de la taille du sujet il précise page 722 :

1-Les poids du cervelet, de l’isthme et du bulbe, comme le poids du cerveau sont plus élevés dans le sexe féminin, relativement à la masse active du corps.

2-Chez la femme les poids du cervelet de l’isthme et du bulbe sont plus élevés que chez l’homme, en moyenne relativement au poids du cerveau

3-C’est le poids du bulbe qui est relativement plus élevé chez la femme, puis vient le poids de l’isthme, puis celui du cervelet. C’est le poids des hémisphères qui est relativement le moins élevé

Puis plus loin page 724 : dans l’un et l’autre sexe, le poids absolu de tous les centres encéphaliques sans exception est plus élevé dans le groupe des individus de grande taille.

Puis au chapitre interprétation il précise que les différences sexuelles des centres nerveux sont manifestement liées à la différence de la taille dans les deux sexes. Il indique aussi dans cet article  qu’il faudrait tenir compte du poids des individus et de l’envergure, soulignant le caractère relatif de ses résultats.

Il publiera ses résultats à l’Académie de Médecine rue Bonaparte à la fin du 19ième siècle et ses propos sur l’éventuelle supériorité ou l’égalité du poids du cerveau chez l’homme et chez la femme furent très fraîchement accueillis par les académiciens de Médecine de l’époque allant même pour certains à demander son exclusion de la Faculté de Médecine de Paris (3). Grâce au soutien de son maître Broca il resta professeur d’anthropologie. Il est considéré comme l'un des premiers féministes
Professeur libre à l’École d'anthropologie à partir de 1881, il y obtint la chaire d'Anthropologie physiologique en 1887. Il travailla également avec son ami Eugène Gley en tant que sous-directeur de la station physiologique du Collège de France (1904). Au sein de cette institution, il fut l'assistant de Grégoire Wyrouboff entre 1910 et 1913.
Secrétaire général de la Société d'anthropologie de Paris depuis 1900, il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1909.

Manouvrier fut un spécialiste de l'ostéologie mais aussi de la neuroanatomie, tout en s'intéressant à la psychologie et à la sociologie. Rédacteur d'un important mémoire sur L'interprétation de la quantité dans l'encéphale et du poids du cerveau en particulier, il trouva la solution du problème de l'interprétation du poids cérébral et réfuta les théories déterministes de Lombroso et celles, racistes, de Gobineau et Lapouge. Il réfuta également la prétendue infériorité du cerveau féminin.
Positiviste influencé par Auguste Comte, Manouvrier forgea un concept baptisé « Anthropotechnie », selon lequel la science anthropologique devait s'appliquer aux arts sociaux (dont la politique, la morale, la criminologie et l'hygiène). Il se détourna cependant de certains aspects du « comtisme » en se ralliant au transformisme après la publication des découvertes d'Eugène Dubois (1894).
Écologiste avant l'heure, il s'opposa vivement aux conséquences de l'industrialisation dans la vallée du Taurion.

En 1894, il accepta d'examiner les ossements exhumés du cimetière Sainte-Marguerite, faussement identifiés comme ceux de Louis XVII, et avec l'aide du docteur Magitot, les attribua à un sujet probablement masculin âgé de 18 à 20 ans[1].

Mort en 1927, Léonce Manouvrier fut inhumé dans son département natal, à La Chapelle-Taillefert.

manouvrier

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Félix De Backer, Louis XVII au cimetière de Ste-Marguerite - Enquêtes médicales, Paris, Paul Ollendorff, 1894.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1-R. Anthony, G. Papillault, M. Weisgerber, E. Gley, Louis Lacrocq, Dumont, Bloch et alii « Discours prononcés aux obsèques de M. L. Manouvrier », Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, 1927, vol. 8, p. 2-13.
  • 2-L. Manouvrier Les variations du poids absolu et relative du cervelet, de la protubérance et du bulbe, et leur interprétation. Association française pour l’avancement des sciences. Compte rendu de la vingt-deuxième session Besançon 1893 Seconde partie 715-736 Ed Masson
  • 3-d’après le Dr Jean-Paul Adenis (professeur d’ophtalmologie), arrière petit neveu du Pr Léonce Manouvrier : propos rapportés par son grand père Jules Adenis et son père André Adenis neveu et petit neveu de L Manouvrier

Lien externe[modifier | modifier le code]