Les Dragons de Noailles

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Les Dragons de Noailles est une marche militaire dont la musique est peut-être du XVIIe siècle. Le titre et les paroles d'aujourd’hui doivent être le fruit de remaniements car ils mêlent personnes et faits d’époques différentes. Aujourd’hui, c'est aussi le chant du 2e régiment de dragons NBC

L’allusion aux ravages du Palatinat[modifier | modifier le code]

La musique de cette marche est parfois attribuée à Lully, et parfois datée de 1678[1]. Dans la version que l’on chante aujourd’hui, la marche est connue sous le titre Les Dragons de Noailles, et contient ces vers :

Ils ont traversé le Rhin
Avec monsieur de Turenne

Ils ont incendié Coblence
Les fiers dragons de Noailles
Et pillé le Palatinat

À l'écoute de la chanson, le rapport est donc établi entre les dragons d’un des quatre maréchaux de Noailles et l'un des deux ravages du Palatinat — plutôt le premier, puisqu’il est question de Turenne.

Le régiment[modifier | modifier le code]

Le Noailles-Cavalerie, régiment de cavalerie légère du maréchal Anne Jules de Noailles, n’est levé que le [2]. Il n’a donc pas participé au premier ravage du Palatinat (1674). Il ne peut non plus avoir servi sous les ordres de Turenne (mort en 1675).

Il n’est pas exclu, en revanche, qu’Anne Jules de Noailles ait accompagné Turenne dans la campagne de 1674 — avec des dragons sous ses ordres.

Le Noailles-Cavalerie a bien participé (sous le commandement du lieutenant-colonel Charles de Dyenne de Cheyladet[3]) aux campagnes successives de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, prétexte au second ravage du Palatinat (1689-1693). Mais il ne devient un régiment de dragons, sous le nom de Noailles Dragons, que le .

En 1791, il devient le 15e régiment de dragons[4]. Il est dissous en 1962.

Un hymne républicain[modifier | modifier le code]

L’écriture des paroles peut être tardive, ou bien des remaniements ont été apportés au fil des siècles. Ce qui expliquerait une certaine confusion entre la maison de Noailles, les dragons, les exactions de Turenne dans le Palatinat, le second ravage ordonné par Louvois et un « incendie de Coblence » qui peut faire référence à l’occupation française de 1632, aux bombardements lourdement destructeurs de 1688, à la prise de la ville en 1794 ou à la démolition de l’ancienne forteresse d’Ehrenbreitstein en 1801.

Après la défaite de 1870, la chanson devient un très populaire hymne républicain[5] (en gardant les références à l’Ancien Régime), au ton revanchard :

Les Français reprennent la Lorraine

Les paroles[modifier | modifier le code]

Version actuelle:

Ils ont traversé le Rhin
Avec Monsieur de Turenne
Au son des fifres et tambourins
Ils ont traversé le Rhin

Refrain :
Lon, lon, la
Laissez les passer
Les Français sont dans la Lorraine
Lon, lon, la
Laissez les passer
Ils ont eu du mal assez

Ils ont incendié Coblence
Les fiers Dragons de Noailles
Et pillé le Palatinat
Ils ont incendié Coblence

Ils ont fait tous les chemins
D’Anjou, d’Artois et du Maine
Ils n’ont jamais eu peur de rien
Ils ont fait tous les chemins

Ils ont pavoisé Paris
Les fiers Dragons de Noailles
Avec les trophées ennemis
Ils ont pavoisé Paris

Version chantée en école militaire[modifier | modifier le code]

Ils ont décoré Paris,
Les fiers dragons de Noailles,
Avec les drapeaux ennemis,
Ils ont décoré Paris.

Refrain :
Lon lon la, laissez les passer,
Les Français reprennent la Lorraine,
Lon lon la, laissez les passer,
Ils ont eu du mal assez.

Ils ont traversé le Rhin,
Avec monsieur de Turenne,
Au son des fifres et tambourins,
Ils ont traversé le Rhin.

Refrain

Ils ont incendié Coblence,
Les fiers dragons de Noailles,
Et pillé le Palatinat,
Ils ont incendié Coblence.

Refrain

Ils ont fait tous les chemins,
D’Anjou, d’Artois et du Maine,
Ils n’ont jamais eu peur de rien,
Ils ont traversé le Rhin.

Refrain

Tradition[modifier | modifier le code]

Dans les dernières années du 15e régiment de dragons, cette chanson est interprétée durant le défilé de la Saint-Georges. Le pas est lent (90 pas par minute)[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les Dragons de Noailles », sur fncv.com.
  2. Marie-France Robelin, « Historique du 15e régiment de dragons », sur ancestramil.fr.
  3. Charles de Dyenne de Cheyladet commandait à la place du maréchal de Noailles, employé ailleurs ; puis à celle du comte d'Ayen, trop jeune pour servir. Général Susane, « Régiment des dragons de Noailles », sur ancestramil.fr, Histoire de la cavalerie française, Hetzel, 1874, t. III, p. 23-28, transcrit en janvier 2009 par Jacques Barbe, p. 2.
  4. « 15e régiment de dragons », sur 1789-1815.com.
  5. a et b « Les dragons de Noailles », sur 2emecuirassiers.com.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Ministère de la Guerre, Historique des corps de troupe de l’armée française.
  • Colonel G.A. Durand, Historique succinct du 15e régiment de dragons.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]