Pierre Sidos

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Pierre Sidos
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Pierre Sidos est un homme politique français né le à Saint-Pierre-d'Oléron.

Engagé à l'extrême droite, il fonde, puis préside de 1968 à 2012, L'Œuvre française, un mouvement mêlant néofascisme, pétainisme, antisémitisme et une forme de catholicisme social.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de François Sidos, ancien des Jeunesses patriotes, devenu sous l’Occupation un haut responsable de la Milice, jugé puis fusillé en 1946, et de Louise Rocchi, il a quatre frères et une sœur.

Devenu cadet du francisme de Marcel Bucard en 1943, fait pour lequel à la Libération, il est jugé comme mineur en 1946 et condamné[1]. Il fonde, en 1949 — avec ses frères Jacques (jugé pour faits de collaboration en 1946) et François — le mouvement Jeune Nation, qui a été interdit en 1958 et qu’il a reformé sous le nom de Parti nationaliste en 1959. Il a été ensuite membre du MP-13, mouvement pro-Algérie française.

Emprisonné pour soutien à l'OAS, Pierre Sidos crée ensuite le mouvement Occident, dont il fut finalement évincé par des militants plus jeunes. Il a fondé ensuite, en 1968, le mouvement l’Œuvre française.

En 1969, la candidature de Pierre Sidos à l'élection présidentielle est rejetée par le Conseil constitutionnel aux motifs que « le nombre des présentations valablement émises en faveur de ce dernier est inférieur au minimum exigé par les dispositions de l'article 3-1 de l'ordonnance n° 62-1292 du 6 novembre 1962[2] ». Ce refus fut pourtant considéré par Le Soleil, organe de L'Œuvre française, comme dû à la présence au Conseil constitutionnel de Gaston Palewski et René Cassin « tous deux d'ascendances juives étrangères[3] », considérations partagées par Roger Peyrefitte[4]. Toutefois, accepter la candidature de Pierre Sidos aurait pu, dans une certaine mesure, être interprété comme un acte de réhabilitation du passé collaborationniste des Sidos durant l'Occupation[5].

Pierre Sidos tient une place assez marginale dans l'extrême droite française depuis le début des années 1970. Il n'a d'abord pas souhaité rejoindre des mouvements plus rassembleurs comme Ordre nouveau ou le Front national, mais annonce finalement soutenir le FN en 1996.

Il participe à l’émission Ciel, mon mardi ! de Christophe Dechavanne le [n 1].

Depuis l'été 2010, Pierre Sidos exprime son détachement politique et intellectuel du Front national à la suite de la campagne interne qui voit Marine Le Pen prendre le dessus sur le parti au détriment de Bruno Gollnisch ; dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Rivarol daté du 30 juillet 2010, il appelle à proscrire le « tout-électoral » au profit d'un « nationalisme organique », en critiquant la capacité de Marine Le Pen d’assumer des responsabilités politiques pour la France[6].

En 2012, il quitte la présidence de L'Œuvre française, à laquelle Yvan Benedetti lui succède.

Le , l'association « Les Amis de Pierre Sidos », visant « à faire connaître l'œuvre du patriote Pierre Sidos ainsi que de sa famille », est fondée[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes

  1. Aux côtés de Malek Boutih, Nicolas Bonnal, Olivier Mathieu, Stéphane Meyer, Jean-Pierre Pierre-Bloch et Patrick Quentin ; Christophe Bourseiller et Régis Martin jouant quant à eux le rôle d'« observateurs ».

Références

  1. Génération Occident. Par Frédéric Charpier, Seuil, Paris, 2005
  2. Décision du 17 mai 1969 Le texte de la décision du Conseil est le suivant : « Considérant toutefois que des vérifications effectuées par le Conseil constitutionnel il résulte que quatre de ces présentations ne peuvent être regardées comme ayant un caractère authentique, qu'une autre avait été faite par une personne n'ayant pas qualité pour présenter valablement un candidat et qu'enfin dix autres émanaient, contrairement aux dispositions de l'article 4, premier alinéa, du décret n° 64-231 du 14 mars 1964 susvisé, de personnalités qui avaient également fait acte de présentation en faveur d'autres candidatures au moyen de lettres parvenues au Conseil constitutionnel antérieurement aux présentations concernant M. Sidos ; qu'ainsi le nombre des présentations valablement émises en faveur de ce dernier est inférieur au minimum exigé par les dispositions de l'article 3-1 de l'ordonnance n° 62-1292 du 6 novembre 1962 susvisée ; que, dès lors, sa candidature ne pouvait être retenue. »
  3. Le Soleil, n°99, 2-15 octobre 1970.
  4. « C'était trop demander à un aréopage où siégeaient Palewski et Cassin, que de procurer le bénéfice de la propagande officielle au dénonciateur de l'empire du judaïsme en France » (Ibid.).
  5. Joseph Algazy, L'extrême-droite en France de 1965 à 1984, Éditions L'Harmattan, p. 75.
  6. « Pierre Sidos : “Il faut d'urgence une révolution intellectuelle et morale” », propos recueillis par Jérôme Bourbon, Rivarol, no 2963, 30 juillet 2010.
  7. http://pierresidos.fr/pourquoi-lassociation/

Liens externes[modifier | modifier le code]