Kostenki

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Kostenki, ou Kostionki (en russe : Костёнки), est un village de l'oblast de Voronej, en Russie. Il est situé sur la rive moyenne occidentale du Don, dans le raïon de Khokholski. Le mot "kostenki" signifie "petit os" en russe.
Le village est connu pour ses vestiges archéologiques et restes fossiles d'Homo sapiens datés du début du Paléolithique supérieur.

Archéologie[modifier | modifier le code]

L'éruption du volcan des Champs Phlégréens, en Italie, s'est produite il y a environ 39,28  ±  0,11 ka : une explosion de 500 km3 d'ignimbrite, la plus grande des 200 000 dernières années en Europe[1]. Une couche de cendres volcaniques campaniennes datée de 39 000 ans recouvre certains vestiges, montrant que des humains non identifiés habitaient le site avant l'éruption[2],[3].

Les ornements perforés à la main par forages rotatifs, trouvés dans la couche II de Kostenki 17, datent d'avant l'éruption et suggèrent que la population était "technologiquement" prête pour l'hiver volcanique à venir. L'assemblage d'outils lithiques situé au-dessous de la couche volcanique CI tephra est attribué à la culture locale non transitionnelle streletskienne (ou Sungir), analogue aux cultures paléolithiques d'Europe centrale à la même époque telles que le Bohunicien[2].

Les premiers restes humains analysés ont été datés de 32 600 ± 1 100 ans avant le présent par datation au carbone 14, et consistaient en un tibia et une fibula attribués à Homo sapiens[4].

Génétique[modifier | modifier le code]

En 2009, de l'ADN mitochondrial a été extrait d'un fossile masculin daté de 30 000 ans, mort à l'âge de 20-25 ans. Il appartient par sa lignée maternelle à l'haplogroupe U2. Il a été enterré dans une fosse ovale dans une position accroupie, recouvert d'ocre rouge[5].

Une étude de 2014 portant sur l'ADN nucléaire du squelette fossile, âgé entre 36 200 et 38 700 ans, d'un jeune homme décrit comme de petite taille, ayant les yeux foncés et la peau sombre, montre que celui-ci porte un mélange hétéroclite de gènes, pour moitié eurasiatique occidental, à partir de deux sources principales, les chasseurs-cueilleurs indigènes en Europe et les populations du Proche-Orient, et pour moitié issu du reste du monde afro-asiatique. Le fossile possède 1% d'ADN néandertalien de plus que les Européens et les Asiatiques actuels, confirmant que les Homo Sapiens et les Néandertaliens se sont mélangés tôt, il y a plus de 45 000 ans, probablement au Moyen-Orient. Selon le généticien des populations David Reich, de l'Université Harvard, ce spécimen est important parce qu'il est le premier à montrer une certaine continuité entre les premiers Européens et les Européens actuels. Le génome Kostenki 14 possède en effet deux des trois composantes trouvées chez les Européens modernes. L'étude montre que les origines des populations européennes actuelles « semblent être beaucoup plus complexes que la plupart des gens le pensaient »[6].

Le génome Kostenki 14 possède quelques gènes propres aux Moyen-orientaux actuels, et trouvés également dans la population d'agriculteurs qui sont arrivés en Europe il y a environ 8 000 ans[7].

Certains éléments du génome Kostenki confirmeraient l'existence d'une lignée de population eurasiatique éteinte. Cette population se serait tôt séparée des ancêtres communs aux autres Eurasiens, Européens et Asiatiques orientaux actuels[7], et serait alors plus ancienne que les deux autres grandes lignes génétiques eurasiennes. Les deux populations pourraient avoir interagi brièvement avant 36 000 ans, puis seraient restées isolées l'une de l'autre pendant des millénaires[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) B. De Vivo, « New constraints on the pyroclastic eruptive history of the Campanian volcanic Plain (Italy) », Mineralogy and Petrology, Springer Wien, vol. 73, nos 1-3,‎ , p. 47–65 (DOI 10.1007/s007100170010, Bibcode 2001MinPe..73...47D, lire en ligne)
  2. a et b Mv. Anikovitch et al., « Early Upper Paleolithic in Eastern Europe and implications for the dispersal of modern humans », Science, vol. 315, no 5809,‎ , p. 223–6 (ISSN 0036-8075, PMID 17218523, DOI 10.1126/science.1133376, Bibcode 2007Sci...315..223A)
  3. pdf
  4. T. Higham et al., « Revised direct radiocarbon dating of the Vindija G1 Upper Paleolithic Neandertals », Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, vol. 103, no 3,‎ , p. 553–7 (ISSN 0027-8424, PMID 16407102, PMCID 1334669, DOI 10.1073/pnas.0510005103, Bibcode 2006PNAS..103..553H, lire en ligne)
  5. (en) « DNA analysed from early European », BBC,‎ (lire en ligne)
  6. (en) European genetic identity may stretch back 36,000 years, sciencemag.org, 6 novembre 2014
  7. a, b et c (en) DNA shows earliest European genomes weathered the ice age, and shines new light on Neanderthal interbreeding and a mystery human lineage, cam.ac.uk, 6 novembre 2014

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]