Kostenki

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51° 23.24′ N 39° 02.59′ E / 51.38733, 39.04317

Kostenki ou Kostionki (en russe : Костёнки) est un village de l'oblast de Voronej, en Russie. Il est situé sur la rive moyenne occidentale du Don, dans le raïon de Khokholski. Il est connu pour sa haute concentration de restes culturels d'humains anatomiquement modernes à partir du Paléolithique supérieur.

Archéologie[modifier | modifier le code]

Une couche de cendres volcaniques campaniennes d'il y a 40 000 ans recouvre certaines trouvailles, démontrant que des humains inconnus habitaient le site auparavant[1],[2].

Les plus anciens restes humains directement datés de ce site sont datés, dans un premier temps, de 32 600 ± 1 100 14C ans et consistent en un tibia et une fibula avec des traits classifiant les os en ceux d'humains modernes européens précoces[3].

L'éruption du volcan Campi Flegrei s'est produite environ 39.28 ± 0.11 ka. Une explosion de 500 km3 d'ignimbrite, la plus grande des 200 000 dernières années de l'histoire européenne[4]. Les ornements perforés à la main par forages rotatifs trouvés dans la couche II de Kostenki 17, datent d'avant l'éruption et suggèrent que la population était "technologiquement" prête pour l'hiver volcanique à venir. Dans la période approximative de 40 000 - 24 000 a été formé en Europe un modèle latitudinal clinal de caractères phénotypiques de Néandertaliens/hommes modernes. Des sites Kostenki sont situés à l'extrémité orientale "moderne". L'assemblage en dessous de la couche volcanique CI tephra est associé à la culture locale non transitionnelle streletskienne (Sungir) et analogue aux culture paléolithiques supérieures de l'Europe centrale et occidentale où la culture szélétienne est la plus proche[1].

Le mot "kostenski" signifie "petit os" en ukrainien.

Génétique[modifier | modifier le code]

En 2009, de l'ADN a été extraite des restes d'un chasseur-cueilleur masculin qui vivait il y a 30 000 ans et est mort à l'âge de 20-25 ans. Sa lignée maternelle s'est avérée être l'haplogroupe U2. Il a été enterré dans une fosse ovale dans une position accroupie, recouvert d'ocre rouge[5].

Une étude de 2014 portant sur l'ADN du squelette fossilisé âgé d'entre 36 200 et 38 700 ans d'un jeune homme décrit comme ayant les yeux foncés, la peau sombre et étant de petite taille, montre que celui-ci porte un mélange hétéroclite de gènes à partir d'au moins trois sources anciennes: les chasseurs-cueilleurs indigènes en Europe, les populations du Moyen-Orient et celles du nord-ouest asiatique près de la grande steppe de l'Europe orientale et de l'Asie centrale. Le squelette possède 1% de plus d'ADN de Néandertal que ne le possèdent les Européens et les Asiatiques d'aujourd'hui, confirmant que les humains et Néandertaliens se sont mélangé tôt, il y a plus de 45 000 ans, peut-être au Moyen-Orient. Selon le généticien des populations David Reich de l'Université Harvard, ce nouveau génome est important parce qu'il est le premier document à montrer une certaine continuité parmi les premières personnes à se rendre en Europe et les gens qui y vivent aujourd'hui. Le génome Kostenki 14 a déjà les trois principales composantes européennes que nous détectons chez les Européens modernes. L'étude prouve que les origines européennes « semblent être beaucoup plus complexe que la plupart des gens ne le pensaient »[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Anikovich, Mv; Sinitsyn, Aa; Hoffecker, Jf; Holliday, Vt; Popov, Vv; Lisitsyn, Sn; Forman, Sl; Levkovskaya, Gm; Pospelova, Ga; Kuz'Mina, Ie; Burova, Nd; Goldberg, P; Macphail, Ri; Giaccio, B; Praslov, Nd, « Early Upper Paleolithic in Eastern Europe and implications for the dispersal of modern humans », Science, vol. 315, no 5809,‎ , p. 223–6 (ISSN 0036-8075, PMID 17218523, DOI 10.1126/science.1133376, Bibcode 2007Sci...315..223A)
  2. pdf
  3. Higham, T; Ramsey, Cb; Karavanić, I; Smith, Fh; Trinkaus, E, « Revised direct radiocarbon dating of the Vindija G1 Upper Paleolithic Neandertals », Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, vol. 103, no 3,‎ , p. 553–7 (ISSN 0027-8424, PMID 16407102, PMCID 1334669, DOI 10.1073/pnas.0510005103, Bibcode 2006PNAS..103..553H, lire en ligne [Free full text])
  4. (en) B. De Vivo, « New constraints on the pyroclastic eruptive history of the Campanian volcanic Plain (Italy) », Mineralogy and Petrology, Springer Wien, vol. 73, no 1-3,‎ , p. 47–65 (DOI 10.1007/s007100170010, Bibcode 2001MinPe..73...47D, lire en ligne)
  5. (en) « DNA analysed from early European », BBC,‎ (lire en ligne)
  6. (en) European genetic identity may stretch back 36,000 years, sciencemag.org, 6 Novembre 2014