Judicat

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Les quatre Judicats Sardes.

Les Judicats (en italien, Giudicati, du latin médiéval, Judex Provincae) étaient quatre régions de la Sardaigne médiévale qui ont conservé une grande autonomie entre le VIIIe siècle et le XIIIe siècle, leur création est incertaine.

Historique[modifier | modifier le code]

Selon la tradition douteuse vers 687 un certain Gialeto de Cagliari se révolte contre la domination byzantine et aurait pris le titre de « roi de Sardaigne » [1]. Il partage ensuite l'île avec ses trois frères; Nicola, Tortocore et Inerio en quatre Judicats : Cagliari, Torres ou Logudoro, Arborée (ou Oristano) et Gallura. Toutefois dès 851, une lettre du pape Léon IV demande de l'aide aux Judices Sardinae.

Leur structure reposait sur un découpage administratif de l'Empire byzantin, pendant que la Sardaigne dépendait de l'exarchat d'Afrique, situé à Carthage. Le magistrat résidant à Cagliari était appelé Praeses ou Judex Provincae et disposait du gouvernement civil tandis qu'un commandement militaire était confié à un Dux, installé à Forum Traiani pour contrôler la Barbagia. Rapidement, chaque judicat, contrairement aux systèmes féodaux continentaux, reposait sur un territoire administré, nommé Logu (lieu) ou Rennu (règne), avec des terres d'État, et était gouverné selon les règles de droit romano-byzantines.

Ce sont les razzias incessantes et la lutte permanente contre les Sarrasins, qui finirent par isoler l'île et provoquèrent une autonomie croissante des judicats du pouvoir byzantin, trop lointain, à tel point qu'ils se considéraient comme indépendants et souverains.

Leurs chefs en étaient les Juges (en sarde, Iudici, en italien, Giudici), élus par la Corona de Logu (un parlement sarde). Leurs noms étaient du nord au sud :

Ils perdirent progressivement leur indépendance entre 1258 et 1420 en raison de la présence croissante des Pisans et du Royaume d'Aragon.

Le plus célèbre judicat est celui d'Arborée qui maintint son indépendance jusqu'en 1420, notamment grâce au personnage que fut Éléonore d'Arborée.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Au XVIIIe siècle, ont été créés par un groupe de faussaires dirigés par Ignace Pillitto, les « Papiers d'Arborea » (huit parchemins et vingt-sept codex de papier), il s'agit d'un colossal canular romantique, réalisé par amour de la « petite patrie sarde », dont le savant allemand Theodor Mommsen a facilement démontré la fausseté. (it) Luciano Marroccu, Theodor Mommsen nell'isola dei falsari, Éditrice CUEC, Cagliari 2009, (ISBN 9788884674937)

Voir aussi[modifier | modifier le code]