Manuel Prado Ugarteche

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Manuel Prado Ugarteche
Illustration.
Le président Manuel Prado.
Fonctions
Président de la République du Pérou

(5 ans, 11 mois et 20 jours)
Élection
Vice-président Luis Gallo Porras
Premier ministre Luis Gallo Porras
Pedro Beltrán Horrible
Prédécesseur Manuel A. Odría (chef militaire de l'Ocherio)
Successeur Ricardo Pérez Godoy (chef de la junte militaire)

(5 ans, 7 mois et 20 jours)
Élection
Vice-président Rafael Larco Herrera
Premier ministre Alfredo Solf y Muro
Coalition Coalition conservatrice
Prédécesseur Oscar R. Benavides (président constitutionnel)
Successeur José Luis Bustamante y Rivero
Biographie
Nom de naissance Manuel Carlos Prado y Ugarteche
Date de naissance
Lieu de naissance Lima
Date de décès (à 78 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Péruvienne
Parti politique Parti civil
Mouvement démocratique péruvien
Père Mariano Ignacio Prado
Mère María Magdalena Ugarteche Gutiérrez de Cossío
Fratrie Javier Prado Ugarteche
Jorge Prado Ugarteche
Conjoint Guirlande Enriqueta Higginson
Clorinda Málaga Bravo
Enfants Rosa et Manuel

Manuel Prado Ugarteche
Présidents de la République du Pérou

Manuel Prado Ugarteche (Lima, - Paris, ), ingénieur, banquier et homme d'État péruvien, fut président de la République du Pérou à deux reprises, du au et du au .

Jeunes années[modifier | modifier le code]

Manuel Prado est né en 1889 dans une famille patricienne de Lima. Son père, Mariano Ignacio Prado, fut chef suprême du Pérou. Son frère aîné est le philosophe Javier Prado y Ugarteche. Un autre frère, Leoncio Prado, fut un héros militaire. Il suit des études supérieures à l’école d’Ingénieurs du Pérou (l’actuelle Universidad Nacional de Ingeniería), et en sort avec le diplôme d’ingénieur civil. De 1915 à 1919, Prado est professeur à l'université nationale principale de San Marcos à Lima. En 1918, il se marie avec Enriqueta Garland, dont il a un fils et une fille. En 1919, il est élu député du parti Partido de la Unión Parlamentaria au Congrès pendant le gouvernement de Augusto B. Leguía. Mais il s’oppose à la dictature de ce dernier et doit s’exiler à Paris de 1921 à 1932.

De retour au Pérou, il préside le Banco Central de Reserva del Perú, la banque centrale péruvienne, de 1934 à 1939.

Première présidence[modifier | modifier le code]

En 1939, à la tête de la Coalición Conservadora, Prado obtient 78 % des voix et succède à Oscar R. Benavides à la présidence du Pérou. Il permet le retour à la légalité du Partido Aprista Peruano (parti apriste péruvien) qui l’a soutenu.

En 1941, le Pérou est engagé dans un court conflit armé avec l’Équateur qui lui assure la souveraineté sur 200 000 km2 supplémentaires de forêt amazonienne. Il signe en 1942 le protocole de Rio de Janeiro qui définit les frontières entre les deux pays. Pendant la Seconde Guerre mondiale le pays s’aligne nettement sur les alliés. Le Pérou est la première nation sud-américaine à déclarer la guerre à l’Axe mais il n’a participé à la guerre qu’en 1945.

Pendant son gouvernement le pays parvient à asphalter complètement sa portion de la Route panaméricaine.

Prado termine son mandat en 1945 et José Luis Bustamante y Rivero lui succède. Il part s’installer quelques années à Paris, cette fois-ci de son plein gré.

Seconde présidence[modifier | modifier le code]

Il revient au Pérou en 1955 pour participer à l’élection présidentielle de 1956, qu’il remporte avec le soutien de l’Alliance populaire révolutionnaire américaine qui avait de nouveau été interdite par le gouvernement précédent de Manuel A. Odría. Il remporte les élections face à Fernando Belaúnde Terry qui a obtenu 45 % des voix. Il devient président de la République pour la deuxième fois

Prado annonce qu’il va soumettre au congrès nouvellement élu une loi pour légaliser de nouveau l’Alliance populaire révolutionnaire américaine. La loi est adoptée et le fondateur de l’Alliance populaire révolutionnaire américaine, Víctor Raúl Haya de la Torre peut ainsi rentrer de son exil à l’étranger.

Aligné diplomatiquement sur les États-Unis, il suggère parfois des initiatives. Lors d'une rencontre avec le secrétaire d’État Dean Rusk, il lui propose « de mener une action rapide et décisive » contre Fidel Castro, sans se préoccuper des possibles protestations internationales. D'après lui « Les réactions ne dureront pas et l'affaire sera aussi rapidement oubliée que l'invasion du Guatemala et l'assassinat de Patrice Lumumba »[1].

Sa politique économique oscille entre d’une part l’expérimentation libérale (suppression des subventions aux combustibles et aux produits alimentaires, ce qui provoque des grèves et des troubles) et d’autre part le contrôle des sorties de capitaux et le début de la nationalisation de la production pétrolière.

En 1958, il obtient de l’Église catholique qu’elle annule son mariage avec Enriqueta Garland pour épouser en secondes noces Clorinda Málaga.

En 1961, il est le premier chef d’État étranger à se rendre en visite le Japon depuis la Seconde Guerre mondiale.

Exil en France[modifier | modifier le code]

Prado ne termine pas son second mandat à quelques jours près, car il est renversé par un coup d’État militaire le conduit par Ricardo Pérez Godoy qui vise à empêcher que l’apriste Víctor Raúl Haya de la Torre, arrivé en tête des élections du 10 juin n’accède au pouvoir. Il doit s’exiler de nouveau à Paris, où il meurt cinq ans plus tard, le .

Manuel Prado Ugarteche a publié divers travaux scientifiques sur le calcul infinitésimal et l’hydrostatique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Lemoine, Les enfants cachés du général Pinochet. Précis de coups d’Etat modernes et autres tentatives de déstabilisation, Don Quichotte, , p. 112

Liens externes[modifier | modifier le code]