Pedro Castillo

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Pedro Castillo
Illustration.
Pedro Castillo en 2021.
Fonctions
Président de la République du Pérou
En fonction depuis le
(9 mois et 25 jours)
Élection 6 juin 2021
Vice-président Dina Boluarte
Président du Conseil Guido Bellido
Mirtha Vásquez
Héctor Valer
Aníbal Torres
Gouvernement Castillo I, II, III et IV
Coalition PL-JP-FA-RUNA-NP
(2021)
PL-JP-FA-NP
(2021-2022)
PL-JP-PD
(depuis 2022)
Prédécesseur Francisco Sagasti
Biographie
Nom de naissance José Pedro Castillo Terrones
Surnom El Profe
Date de naissance (52 ans)
Lieu de naissance Puña (Chota, Pérou)
Nationalité Péruvienne
Parti politique PP (2002-2017)
Conjoint Lilia Paredes
Diplômé de Université César Vallejo
Profession Instituteur
Religion Catholicisme
Résidence Palais du gouvernement du Pérou

Signature de Pedro Castillo

Pedro Castillo
Présidents de la République du Pérou

José Pedro Castillo Terrones est un syndicaliste et homme d'État péruvien, né le à Puña (province de Chota, Pérou). Il est président de la République du Pérou depuis le .

Issu d'un milieu pauvre et rural, il est instituteur de profession et l'un des meneurs d’une grève nationale d'enseignants qui dure près de trois mois en 2017.

Lors de l’élection présidentielle de 2021, il se présente comme candidat de Pérou libre, un parti marxiste-léniniste dont il n'est cependant pas membre. Affrontant au second tour la populiste de droite Keiko Fujimori, il est proclamé élu avec 50,1 % des suffrages exprimés à l’issue de six semaines de recomptage des bulletins de vote.

Il affiche des positions de gauche radicale sur l'économie et la politique étrangère, tout en se montrant conservateur sur les sujets sociétaux.

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Origines et jeunesse[modifier | modifier le code]

José Pedro Castillo Terrones est issu d'une famille cholo (métis péruvien)[1]. Ses parents sont des paysans pauvres et illettrés[2]. Il est le troisième d'une famille de neuf enfants[3].

Il grandit dans un hameau près de Puña et doit marcher plusieurs kilomètres pour se rendre à l'école. Durant son enfance, il effectue également des travaux agricoles avec ses parents[1].

Dans sa jeunesse, il est un « rondero », du nom des groupes d’autodéfense de paysans luttant contre le vol de bétail et la guérilla du Sentier lumineux à partir des années 1980[4].

Lilia Paredes, son épouse.

En 2000, il épouse Lilia Paredes Navarro (née en 1973), avec qui il est en couple depuis qu’il est jeune adulte et avec laquelle il a deux enfants. Également d'origine paysanne, elle est enseignante et membre d'une congrégation évangélique[5],[6].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

À partir de 1995, Pedro Castillo travaille comme instituteur à Puña. Il est titulaire d'une maîtrise en psychopédagogie de l'université César Vallejo[7].

Engagement syndical[modifier | modifier le code]

Dans sa région rurale[modifier | modifier le code]

Alors qu'il enseigne dans l’une des régions les plus pauvres du Pérou, où ses élèves sont souvent sujets à la sous-nutrition, Pedro Castillo décide de s'engager dans la lutte syndicale pour que l'éducation en milieu rural soit mieux soutenue par les autorités[8].

Grève nationale de 2017[modifier | modifier le code]

Il acquiert une notoriété nationale en 2017, lorsqu'il conduit une grève suivie pendant près de trois mois, avec un pic à plus de 200 000 enseignants pour obtenir une augmentation du budget de l'éducation[8]. Fragilisant le président de la République, le libéral Pedro Pablo Kuczynski, le mouvement obtient partiellement gain de cause, avec notamment des hausses de salaire[9].

Ascension politique[modifier | modifier le code]

Au sein de Pérou possible[modifier | modifier le code]

Pedro Castillo en 2020.

En 2002, Pedro Castillo se présente sous les couleurs de Pérou possible (Perú Posible, PP), parti classé au centre ou au centre gauche, pour devenir maire d’Anguía ; il est battu[10]. À partir de 2005, il est l’un des principaux militants de Pérou possible dans la région de Cajamarca, où il réside. Il reste membre du parti jusqu’à sa dissolution en 2017, à la suite de mauvais résultats électoraux[11].

Élection présidentielle de 2021[modifier | modifier le code]

Pedro Castillo est choisi par une assemblée nationale des représentants des professeurs pour être leur candidat à l'élection présidentielle de 2021[8]. Approché par plusieurs partis, il choisit la formation de gauche radicale et d’obédience marxiste-léniniste Pérou libre (Perú Libre, PL)[12]. Il n'est cependant pas membre du parti[13]. Comme colistiers pour la vice-présidence, il désigne Dina Boluarte et Vladimir Cerrón. Secrétaire général de Pérou libre, ce dernier est condamné en 2019 à quatre ans de prison pour corruption, une situation qui conduit à l'invalidation de sa candidature[14],[15]. Si Pedro Castillo essaie par la suite de s'en dissocier, l'influence supposée de Cerrón revient régulièrement dans le débat[16],[17].

S'exprimant moins dans les médias que ses adversaires, Pedro Castillo fait campagne pour une réforme constitutionnelle (Il estime que l'actuelle Constitution du Pérou, promulguée en 1993 sous le président Alberto Fujimori, est responsable des inégalités économiques du pays parce qu'elle consacre un modèle de libre marché)[18], une restructuration du système des retraites et la nationalisation de l'industrie du gaz[17],[19],[20]. Son programme s'appuie sur trois thématiques principales : la santé, l'éducation et l'agriculture, qu'il compte renforcer pour stimuler le développement du pays[21]. Il bénéficie d'une certaine image de probité puisqu'il fait partie des huit candidats (sur dix-huit) à n’être cité dans aucune affaire dans un pays où la corruption politique est importante[9],[22].

Bulletin de vote du second tour de l'élection présidentielle ().

À la surprise générale, il arrive en tête du premier tour, avec 18,9 % des suffrages exprimés, réalisant ses meilleurs scores dans les régions rurales et pauvres[23],[24]. Au second tour, il affronte la populiste de droite Keiko Fujimori, fille de l'ancien président autoritaire Alberto Fujimori, emprisonné pour crimes contre l'humanité et corruption. La candidature de Castillo rencontre alors l'hostilité des milieux d'affaires et de la plupart des médias péruviens[12],[25]. Alors que la monnaie nationale, le sol, tombe à un niveau historiquement bas face au dollar à quelques jours du second tour, le Financial Times indique que l'élite péruvienne s'inquiète de la perspective d'une victoire de Pedro Castillo et que les plus grandes fortunes cherchent à transférer leurs économies à l'étranger et à les convertir en dollars[26].

Pedro Castillo et Dina Boluarte, président et vice-présidente élus, avec Francisco Sagasti, chef de l’État sortant, et Violeta Bermúdez, présidente du Conseil des ministres sortante (Lima, ).

À l’issue de dix jours d’incertitudes, l’Organe national du processus électoral (ONPE) proclame Pedro Castillo vainqueur avec seulement 50,12 % des suffrages exprimés, soit 44 000 voix d’avance sur près de 19 millions de votants[27]. Des allégations de fraudes portées par ses adversaires de droite conduisent le Jury national électoral (JNE) à examiner les résultats. Les semaines qui suivent sont particulièrement tendues, alors que plusieurs centaines d'officiers à la retraite appellent l'armée à empêcher l'investiture de Castillo et qu’ont lieu des manifestations anticommunistes parfois émaillées de violence[28] ; cependant, aucun militaire actif ne prend position[29].

Le , six semaines après le second tour et neuf jours avant l’investiture prévue du nouveau président, l'instance confirme les résultats et Keiko Fujimori reconnaît sa défaite[30]. Jorge Luis Salas Arenas, président du JNE, remet les lettres de créance à Pedro Castillo le suivant[31].

Président de la République[modifier | modifier le code]

Investiture[modifier | modifier le code]

Pedro Castillo devient président de la République le , jour du bicentenaire de l'indépendance du Pérou. Sa cérémonie d'investiture est marquée par le refus du Congrès de laisser le président sortant, Francisco Sagasti, entrer dans son enceinte afin qu'il puisse remettre l'écharpe présidentielle à son successeur, conformément à la tradition[32].

Premier chef d'État péruvien sans lien avec les élites économiques et politiques du pays, Pedro Castillo promet dans son discours d'investiture, d'éradiquer la corruption et renouvelle son souhait de mettre en place une nouvelle Constitution[33]. Il s'engage à garder de la rémunération présidentielle uniquement l'équivalent de son ancien salaire d'instituteur ainsi qu’à réduire de moitié les indemnités des ministres et parlementaires[1],[34].

Premier gouvernement[modifier | modifier le code]

Pedro Castillo avec le président du Conseil, Guido Bellido, le .

Le nouveau président doit composer avec un Congrès pour lequel les élections législatives d’ ont accordé une confortable majorité aux partis centristes, de droite et d’extrême droite[28].

Au lendemain de son investiture, il nomme à la présidence du Conseil des ministres Guido Bellido, un nouveau député de Pérou libre sans expérience politique, au positionnement marxiste revendiqué et à l'origine de déclarations sur le Sentier lumineux ayant conduit à l'ouverture d’une enquête judiciaire à son encontre pour apologie du terrorisme[32],[35]. Le même jour, un gouvernement de dix-huit membres est formé, avec une majorité relative d'indépendants, des membres de Pérou libre, d’Ensemble pour le Pérou, du Front large et Nouveau Pérou. Dans un pays conservateur et alors que seulement deux femmes sont nommées, avec un président du Conseil ayant tenu des propos homophobes et sexistes[36], Anahí Durand, une féministe pro-avortement et LGBT, devient ministre de la Femme et des Populations vulnérables[37]. Au ministère des Affaires étrangères, le choix d’Héctor Béjar fait polémique en raison de son passé de guérillero[38] et d'une vidéo où il explique que « le terrorisme au Pérou a été lancé par la marine […], formée pour cela par la CIA »[39], ce qui le contraint à la démission le [40].

D'une façon générale, ce gouvernement n'est pas jugé par la presse péruvienne de nature à rassembler après des élections particulièrement disputées et suscite la déception des centristes perçus comme de potentiels alliés de Castillo[32],[41]. Alors que les cours boursiers chutent après ces annonces, Pedro Castillo procède à la nomination d’autres membres du gouvernement, dont un économiste de gauche modérée, Pedro Francke, comme ministre des Finances[35]. Le nouveau gouvernement obtient finalement le vote de confiance du Congrès le , par 73 voix pour et 50 contre[42].

Deuxième gouvernement[modifier | modifier le code]

Affaibli par des tensions avec le Congrès, des confrontations avec ses ministres et le président ainsi que par trois affaires judiciaires, Guido Bellido démissionne le , deux mois seulement après sa nomination. Le même jour, Pedro Castillo le remplace par Mirtha Vásquez, ancienne présidente du Congrès par intérim et figure d’une gauche plus modérée. Sept nouveaux ministres sont nommés et le nombre de femmes présentes passe de deux à cinq. Avec ce nouveau gouvernement, la presse relève que le chef de l'État s'affranchit de son aile la plus à gauche, incarnée par Bellido et Vladimir Cerrón[43]. Cette dernière retire son appui au gouvernement, « sans toutefois passer dans l’opposition », et le groupe parlementaire de Pérou libre se divise entre les députés favorables au nouveau gouvernement et les « dissidents »[44].

Le site El Foco divulgue en des enregistrements révélant que les dirigeants de l'organisation patronale Société nationale des industries et des responsables politiques ont envisagé diverses actions, dont la paralysie du secteur des transports pour le mois de , afin de déstabiliser le gouvernement et favoriser le départ du président Pedro Castillo[45].

Troisième et quatrième gouvernements[modifier | modifier le code]

La formation d'un troisième gouvernement Castillo intervient en raison de la démission de Mirtha Vásquez le , à la suite d'une crise quant au choix du successeur du ministre de l’Intérieur, démissionnaire ; la présidente du Conseil sortante invoque un « problème structurel de corruption » au sein de différentes branches de l’État, dont en particulier la police, et l'impossibilité d'obtenir un consensus, le président refusant de destituer le commandant général de la police[46],[47]. Cette démission provoque une crise politique. Le Parti violet, un parti centriste-clé pour Pedro Castillo, menace de demander la démission du président de la République si le gouvernement nommé ne lui convient pas[48],[49], tandis que la 3e vice-présidente du Congrès, Patricia Chirinos (En avant pays), annonce le dépôt d'une motion de défiance envers le chef de l’État pour « corruption évidente de son gouvernement »[50].

Le , Héctor Valer, issu de la droite, est nommé président du Conseil, ce qui amplifie la crise politique. Le , il est révélé qu'il fait l’objet de deux plaintes pour violences (déposées en 2016 par sa femme et sa fille, pour lesquelles un tribunal a accordé une protection en 2017)[51] ; l'intéressé nie les faits[52]. La majorité des groupes parlementaires annonce alors ne pas vouloir voter la confiance au président du Conseil[53],[54]. Le , Pérou libre décide également ne pas accorder la confiance à Héctor Valer[55]. Dans le même temps, une rupture intervient entre Pedro Castillo et Nouveau Pérou en raison notamment de la non-reconduction de la ministre de la Femme et des Populations vulnérables, Anahí Durand, et du ministre de l’Économie, Pedro Francke, tous deux remplacés par des personnalités plus conservatrices ; la dirigeante du parti, Verónika Mendoza, dénonce un tournant idéologique à droite qui ne correspond pas aux promesses électorales du président[56],[57].

Malgré l'ampleur de la crise politique, Héctor Valer annonce avoir choisi de se rendre au Congrès le pour demander un vote de confiance[55]. Mais la présidente du Congrès, Maricarmen Alva, refuse la tenue d'un vote pour le lendemain sans concertation des groupes parlementaires[58]. Face à la crise, Pedro Castillo prononce un discours le jour même — au moment où se tient une manifestation exigeant la démission du président du Conseil —, annonçant un remaniement et une recomposition du gouvernement[59],[60].

Aníbal Torres (à gauche), nommé président du Conseil après les démissions successives de Mirtha Vásquez (à droite) et Héctor Valer.

Finalement, Héctor Valer présente sa démission le [61]. Après trois jours de suspens et différentes consultations, Pedro Castillo annonce son gouvernement le . Aníbal Torres, ministre de la Justice depuis et avocat de Castillo durant la crise postélectorale, est nommé président du Conseil[62].

En février 2022, il délaisse son chapeau de paille, qu'il portait depuis la présidentielle de 2021 à l'initiative de Guido Bellido[63].

Mesures économiques[modifier | modifier le code]

Lors de l'entrée en fonction de Castillo, le Pérou est confronté à une importante crise économique et apparaît comme l'un des pays les plus touchés par la pandémie de Covid-19.

Pedro Castillo annonçant le lancement de sa réforme agraire (Cuzco, ).

Comme annoncé durant sa campagne, il lance en une réforme agraire, qu'il promet sans expropriations. Celle-ci prévoit un plan d’industrialisation en faveur des paysans pour promouvoir le développement de l'agriculture, et entend proposer aux paysans pauvres un accès plus équitable aux marchés. Il fait ces annonces un , date du coup d'État en 1968 du général nationaliste de gauche Juan Velasco Alvarado contre le président Fernando Belaúnde[64].

En , il annonce une augmentation du salaire minimum de 930 à 1 000 sols (soit 223 à 250 dollars), la vente de l'avion présidentiel acquis en 1995, ou encore l’interdiction pour tout fonctionnaire de voyager en première classe dans le cadre de voyages officiels[65].

Relations internationales[modifier | modifier le code]

Dans son discours d'investiture à la présidence, Pedro Castillo dénonce la colonisation du Pérou. Il tient cette période pour responsable d'une grande partie des problèmes contemporains du pays, dont un « système de castes et de discrimination », et fait un jeu de mots en critiquant les « multiples felipillos » venus aider les colonisateurs alors que Felipe VI, roi d’Espagne, se trouve dans la salle[66],[67].

En , il rétablit les relations diplomatiques avec la République arabe sahraouie démocratique, suspendues en 1996 sous la présidence d'Alberto Fujimori. Pour justifier cette décision relative à un État non reconnu par la majeure partie de la communauté internationale et revendiqué par le Maroc, le gouvernement péruvien invoque le « principe d’autodétermination des peuples »[68].

Tentative de destitution[modifier | modifier le code]

Les tensions avec le Congrès, dominé par des partis conservateurs, sont particulièrement vives. Celui-ci approuve une loi d’interprétation de la Constitution qui restreint la possibilité pour l’Exécutif de dissoudre le Parlement, alors que ce dernier conserve le droit de destituer le président. En décembre 2021, le Congrès vote une loi en vertu de laquelle un référendum visant à convoquer une Assemblée constituante, l'une des promesses phares de Pedro Castillo pendant l'élection présidentielle, ne pourra se tenir sans une réforme constitutionnelle préalablement approuvée par le Parlement. Lors d'une visite au Parlement espagnol, la présidente du Congrès péruvien María del Carmen Alva demande aux députés du Parti populaire d'approuver une déclaration affirmant que « le Pérou a été capturé par le communisme et que Pedro Castillo est un président dépourvu de toute légitimité »[44].

Il échappe à la destitution le 28 mars 2022, la motion étant votée par seulement 55 députés alors que 87 étaient nécessaires[69]. Une lobbyste l'accuse d'avoir demandé des pots-de-vin à des entreprises lors d'un appel d'offres pour la construction d'un pont. Le jour même du vote sur la destitution, la justice a émis onze mandats d'arrêts, dont trois contre deux neveux du président et un autre contre l'ancien secrétaire général de la présidence de la République[70].

Manifestations de 2022[modifier | modifier le code]

Une série de manifestations se déroulent dans tout le Pérou à partir du 28 mars 2022 pour dénoncer l'inflation et protester contre le gouvernement du président Pedro Castillo. Les manifestations interviennent directement après l'échec de la tentative de destitution du président Castillo, dans un contexte de hausse de l'inflation et des prix du gaz résultant des sanctions internationales contre la Russie à la suite de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022.

Prises de position[modifier | modifier le code]

Questions économiques et sociales[modifier | modifier le code]

Pedro Castillo est classé à gauche ou à l'extrême gauche sur l'économie et la politique étrangère. Il tient un discours socialiste et populiste, réclamant en particulier de fortes hausses des budgets de l'éducation et de la santé. Cependant, il s'engage à défendre les intérêts des entreprises privées péruviennes[22].

Sujets sociétaux[modifier | modifier le code]

Le président Castillo assistant à une messe en hommage à Rose de Lima en la cathédrale Saint-Jean de Lima, le .

Catholique conservateur, Pedro Castillo est considéré comme de droite sur les questions sociétales[71]. Il exprime son opposition au mariage homosexuel, à l'euthanasie, à la légalisation du cannabis ainsi qu'à « l'approche de l'égalité des sexes » dans l’éducation[72],[73]. Il a l’habitude de citer des passages bibliques pour justifier son conservatisme sur les sujets de société[74]. Alors que son programme présidentiel, rédigé par Pérou libre, prévoit la dépénalisation de l'avortement[75], il fait savoir qu’il y est hostile à titre personnel et que cette question devra être tranchée par les parlementaires[73].

Il se prononce pour le retrait du Pérou de la Convention américaine relative aux droits de l'homme afin de pouvoir rétablir la peine de mort dans le pays[76]. Durant la campagne présidentielle de 2021, il promet de gracier Antauro Humala, un militaire ethnocacériste emprisonné à la suite d'un soulèvement armé conduit en 2005 pour renverser le pouvoir en place (Andahuaylazo) et pour lequel il est reconnu coupable du meurtre de policiers (quatre policiers et deux rebelles étant tués)[77].

Il propose aux Péruviens une expérience culturelle qui serait semblable à une révolution, avec des normes de consommation devant améliorer leurs « habitudes décentes » (buenas costumbres)[78][source insuffisante].

Hostile à l'immigration, il promet en 2021 d'expulser sans délai les migrants illégaux qui commettraient des crimes au Pérou[9],[79]. Il défend l'idée que la société civile doit pouvoir s'armer et appelle à étendre le modèle de « justice à la rondera » à tout le Pérou[4],[78]. Il propose également de transformer les prisons en ateliers dans lesquels les détenus travailleraient pour assumer leur entretien[80].

Institutions[modifier | modifier le code]

Il propose de faire élire une Assemblée constituante pour remplacer la Constitution de 1993, héritée du régime d'Alberto Fujimori, le texte étant selon lui excessivement favorable à l'économie de marché[9],[81]. Il indique qu'il dissoudra la Cour constitutionnelle si celle-ci s’oppose à son projet de changement de Constitution[79].

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Pedro Castillo rencontrant le président de la République du Chili, Sebastián Piñera, le jour de son investiture à la tête du Pérou.

Les analystes comparent parfois Pedro Castillo à Evo Morales, ancien président de la Bolivie[82]. Il considère que le régime dirigé par Nicolás Maduro au Venezuela constitue un gouvernement démocratique et non une dictature, et estime qu'il revient aux Vénézuéliens eux-mêmes de résoudre les problèmes de leur pays, sans ingérence étrangère ; ce soutien au régime de Maduro est minoritaire au sein de la gauche péruvienne[9],[83].

Relations avec le Movadef[modifier | modifier le code]

Pendant la grève des enseignants de 2017, il est accusé par le ministre de l'Intérieur Carlos Basombrio d'être lié au Movadef (Mouvement pour l'amnistie et les droits fondamentaux), généralement considéré comme la branche politique du Sentier lumineux et comme terroriste par le gouvernement péruvien[84],[85]. Il participe en 2020 à des réunions virtuelles avec des membres de l'organisation pour évoquer son expérience syndicale[86]. Lui-même dément cependant avoir des liens avec le Movadef et indique avoir appartenu à une ronde paysanne visant à empêcher les incursions de la guérilla dans les villages[71],[81].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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