Alberto Fujimori

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Alberto Fujimori
Alberto Fujimori en 1998.
Alberto Fujimori en 1998.
Fonctions
Président de la République du Pérou

(10 ans 3 mois et 25 jours)
Vice-président Máximo San Román
Carlos García García
Jaime Yoshiyama Tanaka
Carlos Torres y Torres Lara
Ricardo Márquez
César Paredes Canto
Francisco Tudela
Ricardo Márquez
Président du Conseil Juan Carlos Hurtado Miller
Carlos Torres y Torres Lara
Alfonso de los Heros
Óscar de la Puente
Alfonso Bustamante
Efraín Goldenberg
Dante Córdova
Alberto Pandolfi
Javier Valle Riestra
Alberto Pandolfi
Víctor Joy Way
Alberto Bustamante Belaúnde
Federico Salas
Prédécesseur Alan García
Successeur Valentín Paniagua (transition)
Biographie
Date de naissance (78 ans)
Lieu de naissance Lima (Région de Lima, Pérou)
Nationalité Péruvienne
Japonaise
Parti politique Cambio 90, Nueva Mayoría, Vamos Vecino, Perú 2000, Sí Cumple, Alianza por el Futuro, Nouveau parti du peuple
Conjoint Susana Higuchi (1974-1994)
Satomi Kataoka
Enfants Keiko Fujimori
Diplômé de Université nationale agraire La Molina
Université de Strasbourg
Université du Wisconsin-Milwaukee
Profession Ingénieur agronome, professeur des universités
Religion Catholicisme

Alberto Fujimori
Présidents de la République du Pérou

Alberto Kenya Fujimori, né le à Lima, est un homme d'État péruvien d'origine japonaise.

En tant que président de la République du Pérou, du au , il met fin à l'insurrection armée conduite par le Sentier lumineux et rétablit la stabilité macroéconomique du pays. Toutefois, sa présidence reste également caractérisée par une conception très autoritaire de la pratique du pouvoir et par des affaires de corruption. En 2004, Transparency International le cite parmi les dix ex-chefs d’États les plus corrompus pour ces vingt dernières années.

Après sa présidence, mis en cause par la justice dans des tueries perpétrées sous prétexte d'opérations de contre-guérilla, il fuit au Japon mais est finalement extradé au Pérou. Il est condamné à 25 ans de prison en 2009 pour crimes contre l'humanité, et à 8 ans - non cumulables - en 2015 pour corruption.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fujimori est né à Lima de parents japonais, Naoichi Fujimori (1897–1971) et Mutsue Fujimori (1913–2009), qui étaient natifs de Kumamoto et qui avaient émigré au Pérou en 1934. La naissance fut déclarée au consulat japonais pour que le bébé conserve la citoyenneté japonaise, par « droit du sang » car ses parents pensaient pouvoir retourner au Japon. Cependant, lorsque le Japon entra dans la Seconde Guerre mondiale, le Pérou fut le premier pays d'Amérique latine à rentrer en guerre aux côtés des États-Unis.

La réussite économique de la communauté japonaise ne fit qu'exacerber le ressentiment de la population péruvienne et beaucoup de Japonais furent persécutés et envoyés en camps de concentration aux États-Unis. Plus de 600 Japonais trouvèrent la mort durant la mise à sac de leurs petits commerces. Beaucoup de Japonais fuirent le Pérou et malgré la confiscation de leur atelier de réparation de pneumatiques, la famille Fujimori resta à Lima.

Il étudia à l'école de la Merced, puis au collège Alfonso Ugarte, où il sortit premier de sa promotion.

Ingénieur agronome de formation, il est aussi professeur de mathématiques, puis il a ensuite été recteur de l'université Agraria de La Molina et fut deux fois président de la Commission nationale des recteurs d'universités péruviennes (Asamblea Nacional de Rectores).

Deux de ses enfants poursuivent une carrière politique au Pérou :

  • sa fille, Keiko Fujimori (née en 1975), qui termine première, avec 40% des voix, du premier tour de l'élection présidentielle de 2016. Au second tour de l'élection, en juin 2016, elle fait face à Pedro Pablo Kuczynsk, mais perd l'élection de justesse (elle termine à 49,88% des voix contre 50,12% pour son adversaire)  ;
  • son fils, Kenji Fujimori (né en 1980), député. Il est suspecté par la justice péruvienne de blanchiment d'argent[1].

Il divorce d'avec Susana Higuchi en 1994. Celle-ci est alors formellement démise de son titre de première dame, qui est remis à leur fille aînée. Elle dénonce dès lors certains agissements criminels de la famille de son mari, et reconnait celui-ci comme un tyran et le dirigeant d'un gouvernement corrompu. Elle témoigne en 2001, devant le Congrès, des tortures qui lui ont été infligées par les services secrets de son mari[2].

Trois de ses frères et sœurs fuient le Pérou après la chute de son gouvernement, recherchés par la justice pour enrichissement illicite et association de malfaiteurs. Ils auraient détourné des dons japonais destinés aux pauvres du Pérou durant la présidence de leur frère[2].

Ascension politique[modifier | modifier le code]

Fujimori remporte de manière inattendue l'élection présidentielle de 1990 avec son nouveau parti Cambio 90, mettant en ballotage le célèbre écrivain Mario Vargas Llosa et l'emportant au second tour. Fujimori a profité de plusieurs éléments politiques locaux :

  • le désenchantement de la population à la suite de la présidence d'Alan García et de son parti l'APRA (Alliance populaire révolutionnaire américaine) ;
  • le rejet de la campagne de Vargas Llosa annonçant des réformes économiques libérales nécessaires selon lui d'après le contexte d'alors.

Enfin, pour certains commentateurs politiques, l'ascendance japonaise de Fujimori a pu lui rallier le vote populaire, une bonne partie des Péruviens étant d'ascendance amérindienne, et comme lui ne parlant que peu le castillan, le distinguant ainsi du reste du personnel politique, souvent d'ascendance plus particulièrement espagnole. Fujimori fut surnommé el Chino (« le Chinois ») [3].

Président de la République[modifier | modifier le code]

Libéralisation de l’économie[modifier | modifier le code]

Pour relancer une économie à bout de souffle, Fujimori renie ses promesses de campagne et se lance dans une libéralisation économique de grande envergure - rapidement rebaptisée « Fujichock ». Sous la tutelle du FMI, il s’engage dans de grandes réformes de l'économie péruvienne, plus drastiques encore que ce que Vargas Llosa avait prévu[4]. La monnaie est dévaluée de 200 %, les prix augmentent fortement (en particulier l'essence, dont le prix est multiplié par 30), des centaines d'entreprises publiques sont privatisées et 300 000 emplois sont supprimés. Le gouvernement obtient rapidement des résultats spectaculaires : le pays sort de la récession et atteint un niveau de croissance particulièrement élevé certaines années (+12 % du PIB en 1994) et l'inflation, qui avait atteint 2 700 % en 1989, se résorbe[5].

Le bilan social reste cependant beaucoup mois reluisant. La majorité de la population n'a pas profité des années de forte croissance, qui n'auront finalement qu'accentuer les écarts entre riches et pauvres. Le taux de pauvreté s'est maintenu aux alentours des 50 %, un niveau comparable à celui de fin de mandat d'Alan Garcia[5].

Une grande partie des sommes dégagées par les privatisations ont été englouties par la corruption[6].

Coup d’État de 1992[modifier | modifier le code]

Le , Alberto Fujimori renversa son propre gouvernement (en espagnol : autogolpe ou auto-coup d'État). La politique présidentielle se trouvait alors partiellement entravée par le Parlement, qui comprenait une forte proportions d'élus des partis d'opposition FREDEMO et APRA.

Fujimori annonce l'instauration d'un « gouvernement d'urgence et de reconstruction nationale », invoquant la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogue. Le Parlement est dissout, des partis d'opposition sont interdits et la presse est censurée[7]. A cela s’ajoute emprisonnement de dizaines de journalistes et dirigeants politiques, et le massacre de plus d'une centaine de militants maoïstes au pénitencier Castro-y-Castro, dans ce qui aurait été une tentative de mutinerie[8]. Fujimori ordonne l'arrestation d'Alan García, son prédécesseur social-démocrate à la présidence, mais celui-ci avait fui au Chili dès l'annonce du coup d’État et s'exile pour l'Europe[9].

Au commencement, avec la dissolution du Congrès et la restructuration du système judiciaire, les Péruviens ont peu protesté. Selon les sondages, ce fut le moment de plus forte popularité du président, avec 70 %. En raison de la situation économique et de la pauvreté, beaucoup tablaient sur le « Fujishock »[7].

La réaction internationale elle fut en partie négative. Les organisations financières internationales reportèrent leurs prêts. Les États-Unis, l'Allemagne et l'Espagne annulèrent toute aide au Pérou, sauf l'aide humanitaire. Le Venezuela rompit ses relations diplomatiques. L'Argentine et le Chili réclamèrent que le Pérou soit suspendu de l'Organisation des États américains (OEA). Le coup d'État, par ses conséquences diplomatiques, mit en danger les réformes économiques en coupant le Pérou d'une partie de ses partenaires commerciaux.

Cependant, l'OEA et le gouvernement de George H. W. Bush reconnurent officiellement Fujimori comme chef légitime du Pérou, malgré le non-respect des règles démocratiques. Leur crainte était de voir le pays s'affaiblir, alors que les États-Unis venaient en 1991 de signer un accord de coopération militaire avec le Pérou pour lutter contre les producteurs de coca. De plus, le gouvernement américain commençait à s'inquiéter du mouvement du Sentier lumineux (Sendero Luminoso en espagnol) d'Abimael Guzmán.

Le 13 novembre 1992, une tentative militaire du coup d'État échoue à renverser Fujimori, qui se réfugie temporairement, en pleine nuit, dans l'ambassade japonaise.

En 1993, le Pérou adopte une nouvelle Constitution et revient sur la scène internationale. En avril 1995, au moment de sa plus forte popularité, Fujimori fut réélu et son parti obtint la majorité absolue au Congrès. Il battit Javier Pérez de Cuéllar, ancien secrétaire général des Nations unies.

Guerre avec l’Équateur[modifier | modifier le code]

Alberto Fujimori et sa fille, Keiko Fujimori, en 1995.

Quelques jours après son élection, un conflit territorial à la frontière avec l'Équateur éclata, provoquant de quelques dizaines à plusieurs centaines de morts. Cédant une partie du territoire réclamé, Fujimori signa un accord de paix avec l'Équateur, mettant fin à près de deux siècles de conflits territoriaux en Amazonie. Cet accord permit également d'obtenir des fonds internationaux pour développer la région frontalière.

Fujimori avança également dans les discussions avec le Chili au sujet du traité d'Ancón.

Lutte contre la guérilla[modifier | modifier le code]

Beaucoup de Péruviens créditent Fujimori d'avoir mis fin aux insurrections armées conduites par les groupes maoïste Sentier lumineux (Sendero Luminoso) et socialiste MRTA-Mouvement Révolutionnaire Túpac Amaru, qui s'opposaient militairement au gouvernement. Pour permettre cela, Fujimori a accordé à l'état-major militaire le pouvoir d'arrêter les personnes suspectés de terrorisme et de les juger en secret par des tribunaux militaires. Dans le même temps, Fujimori encourageait les habitants à former des patrouilles de campagne (rondas campesinas) pour veiller à la sécurité des zones rurales.

Fujimori est accusé d'avoir permis les arrestations et assassinats de milliers de Péruviens innocents, d'avoir miné les droits et libertés individuels au profit de l'armée, sans compter les ruraux qui ont pu se trouver pris au milieu des opérations de l'armée et du Sentier lumineux. Néanmoins, en 1992, l'arrestation du principal dirigeant du PCP-SL, Abimael Guzmán, entraine une réduction significative des actions de la guérilla, et Fujimori se posa en vainqueur.

Le rapport final de la commission « Vérité et Réconciliation » du gouvernement péruvien, publié le 28 août 2003, soutient toujours la thèse de Fujimori voulant que la majorité des atrocités commises entre 1980 et 1995 sont bien le fait du Sentier lumineux ; toutefois, ce rapport affirme également que les forces armées péruviennes sont coupables de la destruction de villages et de meurtres de paysans suspectés d'aider les terroristes, comme le massacre de 47 habitants, enfants compris, de Cayara (département d'Ayacucho) en 1988, dont les officiers responsables furent condamnés à des peines de prison de trois mois à un an; mais beaucoup ne furent pas condamnés, faute de preuve ou de témoin[10].

Les révélations en 2002 sur le dénouement de la prise d'otages de la résidence de l'ambassadeur du Japon à Lima parlent également contre le comportement de l'armée. Du au , les miliciens du groupe Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA) prennent en otage 800 personnes (diplomates, hauts-fonctionnaires et dignitaires du régime) dans la résidence de l'ambassadeur japonais. Malgré la libération de la plupart des otages, le gouvernement Fujimori a refusé en échange de délivrer des prisonniers membres du MRTA. L'armée prend la résidence d'assaut le 22 avril : deux soldats sont tués, un otage (le juge de la Cour suprême, Carlos Ernesto Giusti) ainsi que les 14 preneurs d'otages. Selon les témoignages d'otages libérés, plusieurs membres du commando se sont rendus aux militaires mais ont été sommairement exécutés. Le seul otage tué, opposant notoire à Fujimori, aurait été exécuté sur ordre du chef des services secrets et bras droit du président, Vladimiro Montesinos[11].

En 1995, Alberto Fujimori amnistia tous les membres de l'armée et de la police péruvienne accusés ou coupables d'abus contre les droits de l'homme entre 1980 et 1995[12].

Stérilisations forcées de femmes indigènes[modifier | modifier le code]

Alberto Fujimori fait démarrer une campagne de stérilisations forcées dans certaines régions rurales du pays. Emprunt d'eugénisme, le programme est essentiellement dirigé contre les populations indigènes : 330 000 femmes et 25 000 hommes en seront victimes selon un rapport du ministère de la Santé. L'objectif aurait été de juguler la démographie afin de bénéficier d'une aide économique accrue promise par les États-Unis, mais également de réduire des populations fortement défavorisées et suspectes de sympathies pour la guérilla du Sentier lumineux[13][14].

Départ du pouvoir[modifier | modifier le code]

Malgré l'interdiction constitutionnelle de briguer un troisième mandat présidentiel, Fujimori se porta candidat pour les élections de 2000 en prétextant que le 1er mandat avait eu lieu sous l'ancienne Constitution.

Il fut déclaré vainqueur de l'élection du 28 mai, au milieu d'accusations d'irrégularités faites par ses opposants. Le leader de l'opposition, Alejandro Toledo, fit campagne pour l'annulation de cette élection. Dans ce contexte, remonta le scandale de corruption autour de Vladimiro Montesinos : une vidéo fut diffusée de Montesinos corrompant un député d'opposition. Fujimori fuit le pays en novembre 2000 pour le Japon. Le 17 novembre, le Congrès péruvien vote sa destitution.

Après un intérim assuré par Valentín Paniagua, Toledo est élu le et installé président de la République le 28 juillet.

En exil[modifier | modifier le code]

Alberto Fujimori, n'ayant pas abandonné sa nationalité japonaise lors de la réforme de la loi sur la citoyenneté de 1985, demeura au Japon.

Le , deux mois avant l'exil, le ministre de la Justice péruvien met en accusation le président Fujimori pour homicide.

En mars 2003, à la demande du gouvernement péruvien, Interpol émet un mandat d'arrêt international contre Fujimori pour meurtre, kidnapping et crime contre l'humanité.

En septembre 2003, le gouvernement de Alejandro Toledo fait une demande d'extradition de l'ancien président aux autorités japonaises. Cependant, le Japon et le Pérou n'ont pas conclu de traité d'extradition. Le gouvernement péruvien prévoit de présenter par leur ministre de la justice les dossiers d'inculpation au gouvernement japonais, et leur rappeler que Fujimori a la double nationalité.

Emprisonnement[modifier | modifier le code]

Alberto Fujimori en 2008.

Il fut arrêté le quelques heures après être arrivé à Santiago du Chili, où il a expliqué qu'il voulait regagner le Pérou et se porter candidat à la présidence bien que toute fonction publique lui soit interdite dans ce pays jusqu'en 2011[15]. Le , il annonce officiellement sa candidature à l'élection présidentielle d'avril 2006. Le Conseil électoral péruvien n'interdit qu'aux délinquants condamnés de se porter candidat à la présidence, mais de nombreux observateurs s'attendent à ce que la candidature de Fujimori soit rejetée.

Fujimori, voyant que le procès permettant de l'extrader avance, décida de jouer sa dernière carte en et annonça sa candidature à la Chambre des conseillers, la chambre haute du Parlement japonais, ou Diète) sous les couleurs du Nouveau parti du peuple (NPP), créant ainsi une tension entre le Chili et le Japon. Il est néanmoins battu aux élections sénatoriales japonaises du .

Plusieurs charges sont retenues contre Fujimori :

  • Meurtre pour le massacre de Barrios Altos en 1991 et la mort de quinze personnes dînant dans un quartier pauvre de Lima, dont un enfant de 8 ans. Ils furent tués par un escadron de la mort nommé Grupo Colina et qui aurait agi sur ordre de Montesinos.
  • Meurtre pour le massacre de l'université de La Cantuta en 1992 et la mort de neuf étudiants et d'un professeur soupçonnés d'appartenir au Sentier lumineux, commis par le même escadron.
  • Le Congrès vota également à l'unanimité l'accusation contre Fujimori d'être responsable de la détention et de la disparition de 67 étudiants de la ville andine de Huancayo et de la disparition de plusieurs habitants de la ville côtière de Chimbote pendant les années 1990.

Alberto Fujimori a plusieurs fois déclaré que ces accusations et ces procédures étaient politiques et infondées. Il a créé, depuis le Japon, un nouveau parti, Sí Cumple, pour participer à l'élection présidentielle de 2006. La commission nationale électorale rappela en septembre 2003 qu'il ne pouvait se présenter jusqu'en 2011, le Congrès l'ayant accusé d'avoir abandonné son poste en fuyant le pays.

Après cinq ans d'exil volontaire au Japon, il fut arrêté au Chili peu de temps avant l’élection présidentielle de 2006. Il y est demeuré en attendant son extradition vers le Pérou. Le 21 septembre 2007, son extradition a finalement été acceptée par la Cour suprême du Chili. Il a été condamné le mardi 7 avril 2009 à 25 ans de prison par le tribunal de Lima, pour violation des droits de l'homme pendant sa présidence, peine confirmée par la Cour suprême du pays le 2 janvier 2010[16]. Il est également condamné à sept ans et demi de prison pour détournement des fonds avec lesquels il a payé Vladimiro Montesinos, chef de ses services de renseignement. Il a été par ailleurs reconnu coupable le 30 septembre 2009 d'avoir payé des députés d'opposition, des journalistes, et de s'être livré à des mises sur écoute téléphonique d'opposants, de journalistes, et d'hommes d'affaires, y compris Mario Vargas Llosa ou Javier Pérez de Cuéllar. Pour ces motifs, il a été condamné à 6 ans de prison. Les peines ne s'additionnant pas au Pérou, il ne devrait effectuer que la plus longue des peines de prison.

Il est également condamné en 2015 à 8 ans de prison pour détournement de fonds[17].

Il est entretenu dans une prison dont 10.000 m2 alloués à son seul usage, disposant d'un jardin planté de 5 000 rosiers, d'une clinique privée, d'un atelier de peinture et d'un salon de réception lui permettant de recevoir des visites sans restriction[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « Fiscalía peruana abre investigación contra hijos de Alberto Fujimori por lavado de activos - PULSO », PULSO,‎ (lire en ligne)
  2. a et b (fr) « Au Pérou : le sulfureux clan Fujimori divise les électeurs », sur Ouest-France.fr (consulté le 8 juin 2016)
  3. http://www.youtube.com/watch?v=gtZ3bClBG7o
  4. « Le Pérou otage d'un pouvoir autoritaire », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  5. a et b « Pérou: les ratés du système Fujimori », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  6. (es) El Mercurio S.A.P., « Revelan en Perú que US$6 mil millones desaparecieron durante gobierno de Fujimori | Emol.com », Emol,‎ (lire en ligne)
  7. a et b « Établissement d'un gouvernement d'urgence au Pérou | Perspective monde », sur perspective.usherbrooke.ca
  8. « Pérou : l'armée contre les journalistes », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  9. « ¿Alan, dónde estás? », larepublica.pe,‎ (lire en ligne)
  10. http://peru21.pe/noticia/731206/caso-madre-mia-denuncian-que-hubo-soborno
  11. « Montesinos mandó matar a vocal Carlos Giusti y a ex canciller Tudela | LaRepublica.pe »,‎
  12. Raúl Zibechi, « RISAL.info - Le procès de Fujimori : une opportunité pour le Pérou »
  13. Vincent Ostria, « Les Inrocks - Quand le Pérou stérilisait ses femmes de force », sur Les Inrocks,‎
  14. « Au Pérou, 300 000 femmes stérilisées de force »,‎
  15. Fujimori veut rentrer au Pérou pour briguer la présidence
  16. « Massacres, disparitions : la face noire de la démocratie au Pérou », Rue89, 15 janvier 2010.
  17. « Pérou: L'ex-président Fujimori condamné à 8 ans pour détournement de fonds »,‎
  18. (fr) Thierry Portes, « Au Pérou, la prison c'est parfois l'eldorado », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]