Jean-Victor Tharreau

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Jean Victor Tharreau
Image illustrative de l'article Jean-Victor Tharreau

Naissance
Bégrolles-en-Mauges, Maine-et-Loire
Décès (à 45 ans)
Mojaïsk, Russie
Mort au combat
Origine Français
Allégeance Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 17921812
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes Bataille de la Moskova
Distinctions Baron de l'Empire
Officier de la Légion d'honneur
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 11e colonne
Autres fonctions Chef d'état-major de l'armée des Ardennes
Famille Pierre-Jean-François Tharreau
François-Charles Tharreau

Jean-Victor Tharreau est un général français de la Révolution et de l’Empire, né le au logis de Bégrolles en Maine-et-Loire et mort le à Mojaisk en Russie, des suites de blessures reçues à la bataille de la Moskova.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sous la Révolution et le Consulat[modifier | modifier le code]

Jean-Victor Tharreau s'enrôle le 7 août 1792 comme volontaire dans la Garde nationale du district de Cholet. Dès le 17 août 1792, il est élu par ses pairs adjudant-major au 2e bataillon de volontaires de Mayenne-et-Loire. Son frère cadet Honoré-Chrysostôme Tharreau le suitdans le 3e bataillon de volontaires de Mayenne-et-Loire avec le même grade le 29 octobre 1792, et devient rapidement aide de camp de Jean-Victor aux armées de Mayence et du Danube. Honoré-Chrysostôme décède à Colmar en 1799.

Aide de camp provisoire du général de Tourville le 20 avril 1793, puis du général Ferrand, Tharreau est nommé général de brigade et chef d'état-major de l'armée des Ardennes le 24 mars 1794 par les représentants en mission — Massieu, Roux et Garnier de Saintes. Les représentants Saint-Just et Gillet ordonnent, le 3 juin 1794, une expédition contre « les brigands de Chimaye » qui s'en prennent aux convois de vivres et menacent les communications. Le général en chef Desjardin et Tharreau diffèrent cet ordre, considérant que cela ne faisait pas partie des priorités de leur mission. Saint-Just propose alors la destitution de Tharreau au Comité de salut public, destitution qui est entérinée par le Comité le 13 juin 1794.

Tharreau rassemble dans un premier temps ses compagnons d'armes, pour tout d’abord faire lever sa destitution, et par la suite obtenir la réintégration dans ses fonctions. Ses nombreuses démarches auprès du Comité, appuyées notamment par son état-major et les généraux Jourdan, Desjardins, Ferrand, Marceau et Kléber, lui permettent d’obtenir gain de cause. Tharreau est réintégré dans ses fonctions le 13 juin 1795 et affecté à l'armée du Rhin et Moselle, sous le commandement en chef de Moreau. Il s'illustre pendant la retraite de cette armée d'où il ramène sa division presque sans perte. Il passe à l'armée d'Allemagne le 23 septembre 1797.

Entretemps, à Colmar, le 4 août 1797, il épouse une jeune alsacienne d'excellente famille, Anne-Marguerite-Charlotte Martin, fille unique de Charles-Félix Martin, directeur de l’enregistrement et des domaines du département du Haut-Rhin. Le 12 janvier 1798, Tharreau est envoyé à l'armée d'Angleterre, en poste à Cherbourg. Cette expédition échoue lamentablement en raison de la tempête incessante, de la faiblesse de la marine révolutionnaire mais aussi et surtout des surveillances rapprochées des Anglais. Le 17 juillet 1798, il est nommé à l'armée de Mayence, puis à celle du Danube dans la division Férino en mars 1799. Il sert à Pfullendorf le 21 mars et à Stockach le 25 du même mois.

Promu général de division le 20 avril 1799, il est nommé commandant la 3e division du centre de l'armée d'Helvétie, mais se trouve à nouveau destitué. Rappelé à Besançon le 16 août 1799, Tharreau se voit chargé de l'organisation des bataillons auxiliaires de la 6e division militaire. Le 11 septembre, il est employé à l'armée du Rhin et commande la place de Strasbourg puis la 3e division du corps du centre sous Gouvion-Saint-Cyr le 15 mars 1800. Il se distingue ensuite à Biberach le 9 mai. Cette campagne se termine peu après pour Tharreau par un violent désaccord envers Moreau, général en chef de cette armée. Le 20 novembre 1800, il sert à l'armée d'observation du Midi où il commande une division d'élite sous Murat, avec lequel il entretient de véritables rapports d'amitié et de compréhension réciproques. Chargé de la conquête de l'île d'Elbe, Tharreau investit Portoferraio le 2 mai 1801, puis est employé près des corps de troupes françaises stationnées en République cisalpine le 13 décembre 1801.

Général de l'Empire[modifier | modifier le code]

Créé baron de l’Empire le 21 décembre 1808, il est nommé commandant de la 2e division de grenadiers d'Oudinot le 19 mars 1809 à l’armée d’Allemagne, puis de la 1re division. Il est blessé à l’attaque de Vienne les 11 et 12 mai. Bien qu’insuffisamment rétabli de ses blessures, il tient à rester à la tête de ses troupes et prend une part importante à la bataille d’Essling le 22 mai 1809, qui se déroule en grande partie dans l’île de Lobau en Autriche. Il sert une nouvelle fois à Wagram le 6 juillet, où il contribue pour beaucoup à la victoire malgré la perte de plusieurs de ses officiers, parmi lesquels son aide de camp Leroux.

Tharreau participe à la campagne de Russie à la tête de la 23e division westphalienne, dont il prend le commandement le 5 mars 1812 à Cassel. Il succède ensuite au général Vandamme en qualité de commandant provisoire du 8e corps de la Grande Armée, sous Jérôme Bonaparte. Ne cherchant pas les honneurs, revient finalement au commandement de sa 23e division, la direction du 8e corps étant confiée à Junot. Tharreau marque tout d’abord sa déception de voir ainsi une promotion prestigieuse lui échapper et qui lui semble promise, puis l'accepte rapidement. Le 19 août, Tharreau a à sa merci l’arrière-garde de Bagration. Le maréchal Ney lui enjoint de poursuivre cette action d'éclat, mais la jalousie perfide de Junot s'opposant aux ordres met Tharreau en demeure de cesser cette manœuvre.

Le 6 septembre 1812, Tharreau tente une attaque sur les premières redoutes de Chevardino. Il en revient sans grande perte et avec quelques prisonniers russes. Lors de la bataille de la Moskowa, le lendemain, Tharreau, toujours à la pointe du combat, est grièvement blessé de deux coups de feu. Évacué à Mojaïsk, il y meurt des suites de ses blessures le 26 septembre 1812. Conformément à ses dernières volontés, son cœur est rapatrié à Orvault où son épouse habite le manoir familial. En 1852, au décès de la baronne, ils sont réunis dans le cimetière de cette ville, où la tombe est toujours visible.

Famille[modifier | modifier le code]

Particulièrement bien établie dans les Mauges, sous l'Ancien Régime, la famille Tharreau a donné des notaires, des fermiers généraux de l’abbaye de Bellefontaine, des procureurs fiscaux ; tandis que d’autres de ses membres se sont adonnés au très lucratif commerce des toiles de Cholet. Elle occupe donc, sous la Révolution et le Premier Empire, une position de tout premier plan, résultat d’une évolution sociétale de plus d’un siècle ; chaque génération s’appliquant en cela à élargir progressivement son cercle d’influence, ce qui va se traduire tout naturellement par des alliances avec les plus anciennes familles bourgeoises de la région et amener progressivement, comme il se doit, ses membres à assumer des responsabilités de plus en plus importantes aussi bien au point de vue politique, administratif qu’économique, et ceci en débordant largement des Mauges, son berceau originel. Elle marquera donc, à tous ces titres, cette période de notre histoire.

Son oncle, Jean-Mathieu Tharreau, sieur de la Moncellière, né en 1721, épouse en 1749 à Bressuire Anne-Jeanne Richard de La Maisonneuve. De cette union vont naître huit enfants : cinq garçons et trois filles. Le couple va quitter le berceau familial de Bégrolles vers 1755, et ira s’établir dans le bourg du May, dans une fort belle demeure, désignée à tort comme étant la « maison natale du général Tharreau ». Parmi les huit enfants de Jean-Mathieu Tharreau :

Pierre-Alexis Tharreau des Germonières, né vers 1725, frère de Jean-Mathieu, épousera Marie-Geneviève Gentet. C’est dans cette famille de négociants aisés que naquit Jean-Victor, au logis de Bégrolles. Ses parents, le firent baptiser le lendemain 16 janvier 1767 en l'église Saint Michel du May-sur-Evre.

Son frère aîné, Pierre-Jean-François (1755-1806), bénéficiait déjà sous l'Ancien régime d’une intéressante situation. Il était en effet en 1781 conseiller du roi, président de l’élection de Châtillon. Sous la révolution, il deviendra successivement procureur-syndic de Bressuire, représentant au Conseil des Anciens (1795-1798) sous le Directoire, puis adjoint au maire d'Angers en 1803.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacky Hudon, Biographie abrégée du général de division Jean-Victor Tharreau, in Société des Sciences Lettres et Arts de Cholet et de sa Région p.64, N° 135-juillet/décembre 2010
  • Michel Merlet, Recherches généalogiques sur la parentèle de Jean-Victor Tharreau général de division né à Bégrolles-en-Mauges Maine et Loire en 1767-décéde à Mojïask, en Russie en 1812, in S.L.A de Cholet et de sa Région 2013.
  • Jean-Joseph Chevalier, Les bleus de Cholet en 1793, Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest, tome 99, 1992, numéro 4, p. 356
  • Claude Petitfrère, Les Paysans des Mauges au XVIIIe siècle
  • Paul Cottin, Mémoires du sergent Bourgogne (1812-1813) 1910, sixième édition (préface de Jean Tulard, introduction et notes de Marcel Spivak)
  • Pierre Furet, Cholet, étude de géographie historique, Imp. Farré et Freulon; Cholet, 1950.
  • Jean Tulard, La France de la Révolution et de l'Empire, Presses universitaires de France; Avril 2004.
  • Jean Tulard, Napoléon 1er, le magazine du Consulat et de l'Empire,N°2 Napoléon en campagne. N° 5,8,15,23.
  • François Furet, La Révolution française, Le Club, 2007 (préface de Mona Ozouf)
  • Louis-Gabriel Michaud, « Tharreau (le baron Jean-Victor) », Biographie universelle ancienne et moderne, vol. 84e, Paris, 1811, 1er éd.chez Michaud frères, (lire en ligne), p. 8-11