Jean Seignalet

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Jean Seignalet
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Jean Seignalet, né le et mort le , est un immunologue français qui a théorisé un régime alimentaire qualifié d'hypotoxique et auquel son nom est parfois donné, le régime Seignalet. Ce régime d'éviction, ainsi que ses théories sur la façon dont la consommation de certains aliments seraient à l'origine de nombreuses maladies, ont été popularisés à travers son livre de diététique, L'Alimentation ou la Troisième médecine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Seignalet naît le [réf. nécessaire]. Interne des hôpitaux de Montpellier (promotion 1962), il dirige le laboratoire d'histocompatibilité de Montpellier de 1969 à 1989 au Centre de transfusion et d’hématologie[1]. Immunologue il étudie notamment la compatibilité des donneurs d’organes. Sa production scientifique en tant que maître de conférences des universités-praticien hospitalier à l'université Montpellier 1 porte sur l'hématologie et l'immunologie. Seignalet est crédité de 78 publications scientifiques référencées concernant ses travaux sur l'histocompatibilité[2].

En 1985, ses recherches le mènent vers la nutrition, convaincu de l'extrême incidence de l'alimentation sur de nombreuses pathologies let le conduisent à s'ouvrir à tous les secteurs de la médecine, mais aussi de la biologie :

Je me suis guéri d'une grave dépression nerveuse en m'imposant un régime alimentaire excluant les céréales et les produits laitiers et riche en produits crus. Au bout de cinq mois, j'ai senti le calme revenir en moi et, quelques semaines plus tard, j'ai retrouvé le sommeil et un fonctionnement cérébral normal. J'ai alors pris conscience que, depuis de nombreuses années, je souffrais parce que je m'alimentais mal.[3]

Il adapte son alimentation selon les recommandations de plusieurs personnalités dont Catherine Kousmine, ainsi que de l'alimentation crudivore de Guy-Claude Burger. Il rédige d'ailleurs la préface de l'ouvrage de Burger "Instinctothérapie, manger vrai" en 1990, dans laquelle il écrit « J'ai fait la connaissance de Guy-Claude Burger en 1983, à l'occasion d'une conférence qu'il donnait à Montpellier. Je fus frappé par son intelligence, sa culture, la mesure de ses propos et très intéressé par la théorie surprenante qu'il présentait. Pendant deux heures, je le mitraillai de questions concernant la biochimie, la génétique et l'immunologie, branches qui me sont familières. Il me répondit à tout de manière satisfaisante et je ne découvris aucune faute dans son exposé. Cinq ans après, malgré une étude attentive et détaillée de ses publications, je n'ai toujours pas décelé de faille. [...] Si j'ai accepté de rédiger cette préface, c'est parce que j'ai la conviction que les travaux de Burger se rattachent à la médecine classique. En effet, comme celle-ci, I'instinctothérapie repose sur une démarche scientifique rigoureuse »[4].

Son soutien apporté à Guy-Claude Burger, lors de ses procès notamment pour exercice illégal de la médecine (il sera condamné), a largement contribué à la défiance que beaucoup de praticiens et d'autorités médicales lui ont témoigné[réf. nécessaire].

Il meurt, le , des suites d'un cancer du pancréas[réf. nécessaire]. Ce décès a été relevé par ceux qui critiquent sa démarche comme un élément en défaveur de ses théories alimentaires, infondée et comprenant certains risques selon la grande majorité des gastroentérologues, allergologues et autres nutritionnistes[réf. nécessaire].

Hypothèses diététiques[modifier | modifier le code]

Ses hypothèses sur le déclenchement des maladies, et particulièrement les maladies chroniques et auto-immunes, se basent sur le fait que certains aliments "encrassent" l'organisme, la réaction de l'organisme à cet encrassement, selon le "terrain" particulier de chacun, étant un processus d'élimination. Sont visés particulièrement les aliments trop cuits, industriels et trop transformés, le gluten, les produits laitiers. Dans sa pratique clinique, Jean Seignalet élabore et teste ses hypothèses de “diététique ancestrale” pour ses patients en leur proposant un modèle nutritionnel qualifié d'hypotoxique. Il expose les conclusions, positives et négatives du suivi des malades sur souvent des temps longs, voire des années, dans un ouvrage destiné au grand public : L'Alimentation ou la troisième médecine, plusieurs fois réédité, revu et augmenté.

Si ses études et ses conclusions ont rencontré beaucoup d'opposition de la part de ses confrères, la diffusion et le grand succès de son livre a permis à beaucoup de patients de réformer leur alimentation et de constater par et sur eux même le bien-fondé de ses recherches. Des associations, des groupes de malades se sont créés.

Critiques[modifier | modifier le code]

Pour Cohen et Legrand, anthropologues de la santé, « le statut de la preuve des expérimentations de Kousmine ou de Seignalet est controversé par absence de dispositif expérimental probant et notamment par absence de randomisation. Ainsi, ces « autorités » alternatives revendiquant une démarche scientifique et rationnelle ne peuvent néanmoins s’inscrire totalement dans la preuve scientifique, source de leur discrédit. Leurs références théoriques sont parfois soumises à de nombreuses controverses puisqu’elles puisent dans des références non dominantes, non conventionnelles, voire parallèle à la médecine »[5].

Ses travaux suscitent toujours depuis trente ans le scepticisme de ses pairs. « On l’a traité de fou, aucun médecin n’a accepté de pousser la porte de son service, à l’hôpital, pour constater les succès obtenus auprès des patients qu’il suivait. Mais il était pugnace et il a pu compter sur le soutien des patients qu’il a soignés et sur le bouche-à-oreille. » Ainsi témoigne sa fille dans la revue Psychologies en juillet 2020[6].

Son élève le rhumatologue Jean-Pierre Poinsignon[7] continue ses recherches, il a publié Rhumatismes : et si votre alimentation était coupable ? - Comment éviter l'arthrose, l'ostéoporose, les arthrites, les tendinites, etc., en mangeant autrement en 2009[8].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]