Jean-Frédéric Schall

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Jean-Frédéric Schall, ou « Frédéric-Jean », dit aussi « Challe » ou « Chall », né le à Strasbourg et mort le à Paris, est un peintre de genre et portraitiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir reçu sa formation initiale à l’École publique de dessin de Strasbourg, Schall monta, jeune encore, à Paris, au mois de juin 1772. Entré à l’École des Élèves protégés de l’Académie Royale, sous le patronage de Nicolas Guy Brenet, il entre dans l’atelier de Francesco Casanova et complète ses études en 1777. Protégé par Johann Heinrich Eberts et Johann Georg Wille, et par Georges-Frédéric Meyer à Ermenonville, puis par Jean-Baptiste Lemoyne, il est successivement l’élève de Jollain Le Jeune, en 1775, et de Lépicié fils, de 1776 à 1779[1].

Dès 1776, il produit ses premières œuvres de peintre de sujets galants dans la manière de Fragonard et de Debucourt. Datant de cette époque, ses premières œuvres l’Offrande à l’Amour (1776) et le Matin et l’Après-Midi sont gravées en couleurs par Bonnet en 1778. À sa sortie de l’École, ses relations le mettent en contact avec la haute société de son temps, dont il va rapidement devenir le peintre préféré. Il représente les fêtes galantes données dans les « Folies » et les « Petites Maisons » des financiers et des puissants, aux comédiennes, danseuses, femmes à la mode frivoles et galantes qui sont leurs maitresses[1].

D’abord au service du duc Christian IV de Deux-Ponts, il peint, pour son Musée secret, le Fidèle Indiscret, Finissez ! et la Pantoufle, œuvres d’un style très osé et gravées par Gabriel Marchand ou Nerbé. Parmi les autres Strasbourgeois à le protéger, on compte le facteur de pianos Sebastian Erhard, pour qui il exécute le Bouquet Impromptu. Le succès grandissant rencontré par son œuvre l’engageant à persévérer dans la voie dans laquelle il s’était lancée dès le début de sa carrière, il va persévérer, jusqu’à la fin de sa carrière, dans cette voie et ce style d’ouvrages, en se qualifiant de « peintre d’histoire ». Témoin, dans un genre parfois scabreux, de la douceur de vivre de l’Ancien Régime finissant, mémorialiste des mœurs légères, dans un décor tout à la fois réaliste et imaginaire, il devient un maitre mineur dans le genre de Fragonard et de Watteau[1].

Outre ses scènes de genre, non dénuées d’intentions satiriques, et ses fêtes galantes, il a également portraituré les actrices et danseuses de son temps, comme la Dugazon, Sophie Arnould, Dazincourt, Louise Contat de la Comédie-Française, ainsi que réalisé de nombreux portraits scéniques de danseuses, souvent accompagnés de leurs répliques avec variantes, destinés à décorer le cabinet de leurs riches protecteurs, ou les salons des « Sociétés » galantes dont elles faisaient partie. Il a, de même, abondamment illustré les œuvres littéraires, comme Paul et Virginie, Le Paradis perdu, les Amours de Psyché et de Cupidon de La Fontaine, mais surtout les Confessions[2] de Rousseau[3], pour lesquelles il a produit une suite importante : le Baiser donné, le Baiser reçu, Madame de Warens initiée à l’amour, la Douce Résistance, le Ruisseau, les Cerises, repris par le burin de nombreux graveurs, comme la plupart de ses œuvres immédiatement gravées, souvent en couleurs, par des artistes tels qu’Alexandre Chaponnier, qui a gravé les Plaisirs de l’Hymen et L’Exemple dangereux ou les Désirs de l’Amour[4], Louis-Marin Bonnet, Charles-Melchior Descourtis, Augustin Legrand et de nombreux autres[1].

Contraint par la Révolution de faire évoluer ses thèmes vers des motifs plus austères, il tente quelque temps de se mettre au gout du jour avec des compositions dans le genre patriote, telles que l’Allégorie à la Liberté, où l’on voit deux enfants s’embrassant au pied d’une statue de la Liberté, l’Héroïsme de Guillaume Tell, ou le général Lacombe-Saint-Michel délivrant les Français de Tunis (1797)[5], mais retourne bien vite à ses sujets de jeunesse préférés, dès que les évènements le lui permettent, la Révolution étant loin de lui avoir enlevé son public, les événements n’ayant pas changé le gout de la grande majorité des amateurs, qui lui étaient restés fidèles[6]. Schall retourne, sous prétexte de mythologie, aux sujets licencieux représentant des femmes nues dans des paysages bucoliques[6] qui ont fait son succès[7], exposant aux Salons de 1793, de 1798 et de 1806, où son envoi, la Fausse apparence, fut couronné par le Jury des Arts.

Boilly a représenté, dans son tableau Réunion d'artistes dans l'atelier d'Isabey[1], Schall à l’époque du Directoire, alors qu’il vivait, avec sa femme, Marie-Catherine Naudé, épousée en 1787, et ses filles, au Louvre, escalier de la chapelle no 22, puis dans le phalanstère d’artistes établi rue Childebert sur les ruines de l’ancienne abbaye de Saint-Germain-des-Prés.

Attribution[modifier | modifier le code]

Recherchées par les amateurs, les œuvres de ce peintre prolifique ont été diversement attribuées, durant le XIXe siècle, à Fragonard, à Antoine-François Callet, Jean-Baptiste Huet. Le fait qu’il ait signé Challe (« Challe fecit parisiis »), dans les années 1770, peut-être pour essayer de bénéficier de la vogue pour les œuvres de l’académicien Challe], n’a sans doute pas été étrangère à ces erreurs d’attribution. Par la suite, il a signé « F. Schall », mais il a fallu beaucoup effectuer de recherches pour restaurer l’attribution et reconstituer la provenance de ses œuvres presque toutes cataloguées aujourd’hui[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Emmanuel Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, t. 3 L à Z, Paris, R. Roger et F. Chernoviz, (lire en ligne).
  2. Beaux-arts : chronique des arts et de la curiosité, Paris, (lire en ligne), p. 10.
  3. Ayant rencontré Jean-Jacques en personne à Ermenonville, chez le marquis de Girardin, Schall a fait de lui le portrait maintes fois reproduit sous le titre : l’Homme de la Nature.
  4. (en) Röbbig München, « A pair of paintings “Les époux“ and “Les fiancés“ » (consulté le 23 juillet 2017).
  5. Société d’études et de publications économiques, Connaissance des arts, vol. 23-34, Paris, (lire en ligne), p. 18.
  6. a et b Toulouse, musée des Augustins, « Petits Théâtres de l’intime : La Peinture de genre française entre Révolution et Restauration », sur augustins.org (consulté le 23 juillet 2017).
  7. « la peinture de genre reste plus représentée dans les salons de peinture des années révolutionnaire que la grande peinture d’histoire au sujet noble. » Toulouse, musée des Augustins, « Petits Théâtres de l’intime : La Peinture de genre française entre Révolution et Restauration », sur augustins.org (consulté le 23 juillet 2017).

Galerie[modifier | modifier le code]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, t. 3 L à Z, Paris, R. Roger et F. Chernoviz, (lire en ligne).
  • André Girodie, Jean Frédéric Schall (Strasbourg 1752 Paris 1825) : Un peintre de fêtes galantes, Strasbourg, A. & F. Kahn, , 82 p., 47 planches de portraits, fac-similés (lire en ligne).
    Cette publication contient un fac-similé très important : il s’agit de la pétition des artistes contre l’inscription du nom d’Élisabeth Vigée-Lebrun sur la liste des émigrés. On y découvre plus d’une centaine de signatures des peintres de cette époque.
  • Théodore Rieger, « Jean Frédéric Schall », Nouveau Dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 33. Scha-Schm,‎ , p. 3401 (ISBN 9782857590323, OCLC 245949255).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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