Immigration au Québec
Cet article traite de l'immigration au Québec
Les ressortissants étrangers qui désirent immigrer au Canada pour s’établir au Québec doivent suivre un processus d’immigration en deux étapes. Dans un premier temps, ils doivent déposer une demande de sélection auprès du Ministère de l’immigration et des communautés culturelles (MICC), l’autorités d’immigration du Québec. [1]
Sommaire
Premiers peuplements[modifier | modifier le code]
Les premiers peuplements autochtones ont été effectués il y a plus de 8 000 ans[2]. Leur origine est complexe et fait l'objet d'études archéologiques. Il est difficile de dénombrer combien de leurs descendants vivent au Québec aujourd'hui étant donné les nombreux métissages dans les débuts de la colonisation européenne.
Colonisation[modifier | modifier le code]
Les premiers colons envoyés dans l'établissement colonial furent Louis Hébert et sa femme Marie Rollet au début du XVIIe siècle. Au moment de la conquête britannique lors de la guerre de Sept Ans, le territoire est peuplé d'environ 70 000 colons français et de nombreux peuples autochtones [2].
À la fin du XVIIIe siècle, l'immigration vers la province de Québec était étroitement contrôlée par les autorités britanniques, qui encouragèrent l'arrivée de loyaliste pour former le Haut-Canada après la guerre d'indépendance des États-Unis. Par ailleurs, des mercenaires allemands, qui étaient venus en Amérique du Nord pour le compte des Britanniques lors de la guerre d'indépendance, décidèrent eux-aussi de s'établir dans la province de Québec après les hostilités.
Au XIXe siècle, de nombreux Écossais et Irlandais viennent au Canada-Est. En 1860, à Québec, les Irlandais occupent ainsi le deuxième rang dans la population après les Québécois d’origine française. Sur les 58 319 habitants de Québec, les Irlandais comptaient 13 358 personnes, soit 23 % de toute la population de la ville[3].
Trois des cinq premiers premiers ministres canadiens sont nés dans les îles Britanniques.
En 1868,Thomas D'Arcy McGee, père de la Confédération canadienne, meurt assassiné par un partisan fénien.
De 1791 à 1871, le nombre de Canadiens-français est passé de 140 mille à plus d'un million. Cette croissance de la population a créé une surcharge par rapport aux terres cultivées. De plus, au cours du XIXe siècle, l'attractivité économique du voisin américain était très forte. Ainsi, le Québec a subi l’émigration d’environ un million de Canadiens-français vers les États-Unis de 1840 à 1930, voyant passer chaque année outre-frontière 5 % à 10 % de sa population, le privant donc d'une fraction importante de sa population active. La grande majorité de ces émigrés s'installera définitivement aux États-Unis. Ce phénomène d'émigration toucha aussi tout le Canada et la population de souche canadienne-britannique. Selon les estimations démographiques, sans cette émigration, le Québec aurait eu dans la décennie 2010 une population francophone de 13 millions d’habitants. Si les Canadiens-français ont pu conserver pendant quelque temps leur langue et leurs traditions, la plupart d'entre eux ont été assimilés, à la manière d'autres communautés, dans le système américain. Certains d'entre-eux, toutefois, ont su plus ou moins préserver leur héritage culturel. Par ailleurs, certaines villes, conservent par leur nom (Marquette, Escanaba, Manistique, Calumet, L’Anse) une trace québécoise[4].
XXe siècle[modifier | modifier le code]
Dans les premières décennies du XXe siècle, le pays (et notamment la métropole montréalaise) accueille de nombreuses communautés, dont des Britanniques, Irlandais, Italiens, Polonais, Portugais, Ukrainiens et dans une moindre mesure des Français. Il faut toutefois préciser qu'à l'époque, l'immigration était entièrement sous la juridiction du gouvernement fédéral.
En réaction à cette politique d'immigration qui aurait pu submerger les québécois, le gouvernement provincial du Québec favorisa à son tour largement les immigrants en fonction de leur langue ou de leur pays d’origine. Il est ainsi devenu beaucoup plus facile pour un français ou pour un belge francophone de venir au Québec. Dans les années 1960, le Québec revendique le droit fédéral de participer à la sélection des immigrants sur son territoire : en 1965 est créé le service d’immigration du Québec puis en 1968 le ministère de l'immigration du Québec. À partir de 1978, le Québec peut choisir ses immigrants selon des critères propres à un système de points d’appréciation établi par son ministère.
Depuis le dernier quart du XXe siècle, une grande vague d'immigration internationale rend le portrait du Québec beaucoup plus cosmopolite. Les immigrants ne viennent plus seulement d'Europe, mais de tous les continents : Asie (Chine, Inde), Afrique (notamment francophone : Algérie, Maroc), Amérique Centrale (Haïti). À noter également, la hausse du nombre d'immigrés français depuis les années 2010 (voir infra).
Les autorités québécoises espèrent que l'immigration massive pourra résoudre les problèmes de main-d'œuvre associés au déclin démographique et au vieillissement de la population. Cet impact de l'immigration est cependant mis en doute par certains chercheurs et spécialistes[5].
L'une des difficultés reconnues de la politique d'immigration québécoise est que la très grande majorité des immigrants s'installe dans les quartiers de la ville de Montréal. Selon un sondage publié en mars 2017, 57 % des Québécois estiment que les musulmans sont mal intégrés, des chiffres qui seraient « très similaires » avec ceux des régions du Canada anglophone[6].
Immigration au Québec depuis 1980 (selon la langue maternelle)[modifier | modifier le code]
Immigrants francophones[modifier | modifier le code]
La venue d'immigrants francophones a peu évolué depuis 1980, sinon par une légère augmentation. En 1980, 12 % des immigrants étaient de langue maternelle française ; ils étaient 13,4 % en 2006. Sur la période 2011-2015, la proportion d'immigrants francophones s'élève à 16,9 %[7].
Immigrants anglophones[modifier | modifier le code]
Les immigrants anglophones étaient presque égaux aux immigrants francophones en 1980, où ils représentaient 10,9 % des immigrants. Cette situation a changé. En effet, depuis la fin des années 1980, le taux d'immigrants anglophones s'est effondré. Il est passé de 10,1 % en 1986 à 3,7 % en 1990. Le résultat de 2006 n'est guère plus élevé qu'un 3,4 % comparativement aux années 1980 et 3,5 % pour la période 2011-2015[7].
Immigrants allophones[modifier | modifier le code]
Les immigrants ayant pour langue maternelle une langue autre que le français et l'anglais étaient déjà majoritaires en 1980 où ils comptaient pour 77,1 % des immigrants. Leur nombre a progressé pour atteindre 83,2 % en 2006. Pour la période 2011-2015, cette proportion retombe à 79,6 %[7].
Immigration au Québec des Français[modifier | modifier le code]
L'immigration au Québec suscite un réel engouement de la part des Français depuis ces dernières années. Les Français représentent même le premier groupe d'immigrés pour l'année 2015. 74,4 % des immigrants français venus au Canada choisissent de s'installer dans la province du Québec[8]. En 2011, 3 235 Français [9] (Français étant défini ici comme né en France) se sont installés au Québec avec un visa de résident permanent (RP). Le croisement des données des recensements de 2001 et 2006 [10] et des chiffres du MICC [11] permettent de connaître l'accroissement de la population française au Québec et le taux de rétention de la province. Il en ressort que sur le long terme, 55 % des immigrants français venus avec le statut de RP restent au Québec.
Provenance de l'immigration (classement par pays)[modifier | modifier le code]
Statistiques[modifier | modifier le code]
Résidents permanents admis au Québec :
| Année | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | 2012 | 2013 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nouveaux | 37 629 | 39 583 | 44 246 | 43 312 | 44 681 | 45 201 | 44 198 | 49 488 | 53 985 | 53 982 | 55 036 | 51 959 |
| Depuis 2002 | 37 629 | 77 212 | 121 458 | 164 770 | 209 451 | 254 652 | 299 850 | 349 338 | 403 323 | 457 305 | 512 341 | 564 300 |
Références[modifier | modifier le code]
- « Immigration au Québec - Aperçu - Canada Immigration and Visa Information. », Canada Immigration and Visa Information. Canadian Immigration Services and Free Online Evaluation., (lire en ligne)
- [1]
- http://grandquebec.com/400-anniversaire/archives-de-quebec-2008/episodes-historiques/immigration-au-quebec/
- http://grandquebec.com/histoire/migration-etats-unis/
- Benoit Dubreuil et Guillaume Marois (2011). Le remède imaginaire. Pourquoi l'immigration ne sauvera pas le Québec. Éditions Boréal, 320 pages
- Immigration et religion: Lisée blâme l'inaction de Couillard, lapresse.ca, 13 mars 2017
- « Recueil de statistiques sur l’immigration et la diversité au Québec »,
- Statistique Canada, Recensement de la population 2006
- MICC : Tableaux sur l'immigration permanente au Québec, 2006-2010
- Statistique Canada, Recensement de la population 2001 et 2006
- Ministère de l'Immigration et des Communautés Culturelles, Recherche et statistiques
- Immigrants selon le pays de naissance, Québec
- Immigrants selon le pays de naissance, Québec
Voir aussi[modifier | modifier le code]
- Programme des travailleurs qualifiés du Québec
- Immigration des Gens d’affaires
- Programme de l’Expérience Québécoise
Articles connexes[modifier | modifier le code]
- Accord Canada-Québec relatif à l'immigration et à l'admission temporaire des aubains
- Démographie du Québec
- Droit des étrangers au Canada
- Immigration au Canada
Bibliographie[modifier | modifier le code]
- Julie Lacroix, Alain Gagnon et Vincent Lortie, « À l'intersection du genre et de l'origine nationale : quels sont les parcours professionnels des immigrants sélectionnés au Québec ? », Population, vol. 72, no 3, , p. 435-462 (DOI 10.3917/popu.1703.0435, lire en ligne).