Canadiens français
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4 680 820 (2016)[1] |
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2 109 242 descendants compris (2017)[2] |
| Régions d’origine |
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| Langues | français canadien (français québécois, français acadien), anglais, chiac, métchif |
| Ethnies liées |
Québécois Canadiens francophones Diaspora québécoise Franco-Américains, Acadiens, Brayons, Cadiens, Métis |
L'expression Canadiens français (en anglais : French Canadians) (adjectif canadien-français[3]) ou Franco-Canadiens[3],[4],[5],[6],[7] (en anglais : Franco-Canadians) désigne les citoyens canadiens d'ascendance et de langue françaises. De 1763 au milieu du XXe siècle, les Canadiens français forment une population[8],[9],[10] aspirant à une plus grande émancipation et reconnaissance de la part du gouvernement fédéral canadien[11]. La Chambre des communes du Canada et l'Assemblée nationale du Québec reconnaissent comme une nation les Québécois qui habitent le Québec, seule province du Canada où les Canadiens d'origine française sont majoritaires. Aujourd'hui, les Canadiens français sont plutôt considérés comme une origine ethnique dont les ancêtres ont fondé le Canada de la Nouvelle-France (appelé aussi Canada[12],[13],[14]) aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle siècles. Avec les Acadiens, Cadiens et Métis, ils composent la francophonie nord-américaine issue de l'Amérique française[15],[16],[17],[18]. Les Canadiens français comptent parmi les nations fondatrices de la Confédération canadienne et représentent l'un des grands groupes ethniques du Canada avec les Premières Nations et les Canadiens anglais[19]. Ils constituent toujours la population majoritaire au Québec[20].
Au Québec, c'est plutôt à la faveur du développement du nationalisme québécois et du mouvement pour l'indépendance du Québec centrés sur une identification exclusive à un État québécois, que le terme « Québécois » remplace celui de « Canadien français ».
Ethnonymie
[modifier | modifier le code]Formé de l'ethnonyme « Canadiens » qui désigna, à partir des explorations de Jacques Cartier certaines Premières Nations de la vallée du Saint-Laurent (en concurrence avec l'ethnonyme « Canadois[21] ») et du nom « Français » désignant les sujets du royaume de France, le vocable « Canadiens français » apparaît au tournant du XVIIIe siècle[22] pour identifier les Français nés dans la colonie du Canada. Faisant suite à l'expression « François-Canadois[23] », il fut utilisé tout comme « Français du Canada[24] », « Français-Canadiens[25] » ou le plus souvent « Canadiens[26]» jusqu'à la fin de la Nouvelle-France.
Si le vocable « Canadiens » fut généralement préféré par les Canadiens français pour évoquer entre eux leur réalité nationale, l'expression Canadiens français s'impose rapidement à l'écrit, puis de manière générale, avec la mise en minorité progressive des Canadiens français au Canada durant le XIXe siècle de même que l'émergence et l'affirmation toujours plus grande d'un nationalisme étatique canadien à la suite de la création de la fédération canadienne. Dans la seconde moitié du XIXe siècle apparait également l'expression populaire « Canayens » pour désigner les Canadiens français[27]. On situe généralement à l'époque de la Première Guerre mondiale, l'appropriation par les populations d'origine anglo-saxonne d'une identité canadienne étendue « d'un océan à l'autre ». L'appellation de « Canadiens français » dominera ainsi jusqu'aux années 1970.
Le peuplement canadien-français, d'abord localisé dans la vallée du Saint-Laurent (aujourd'hui au Québec), s'étendit dès la Nouvelle-France à l'intérieur du continent, notamment au pourtour des Grands Lacs[28]. Au XIXe siècle, cette expansion atteint l'Ouest américain et l'Ouest canadien, de même que plusieurs États de Nouvelle-Angleterre où les Canadiens français prennent le nom de « Franco-Américains ». La diaspora canadienne-française couvre ainsi l'ensemble de l'Amérique du Nord. Les Acadiens et les Métis ont parfois été englobés dans la dénomination « Canadiens français » prise dans son acception nationale la plus large.
Orthographe
[modifier | modifier le code]L'orthographe de l'expression « Canadiens français » a varié dans le temps, tant du fait d'une certaine liberté orthographique admise avant le XIXe siècle que par la suite de choix étymologiques, non exempts de considérations politiques ou idéologiques. Dans son sens premier de « Français du Canada », l'expression commandait des majuscules étant simplement la combinaison des deux substantifs « Canadiens » et « Français » qu'on reliait ou non d'un trait d'union (Canadiens-Français)[29]. Vers la fin du XIXe siècle, avec le développement d'un nationalisme pancanadien, notamment chez les intellectuels libéraux, on voit apparaître la forme « Canadiens français » pour exprimer moins une nationalité qu'un simple qualificatif de culture. Cette forme orthographique sera normalisée vers l'époque de la Première Guerre mondiale.
Caractéristiques nationales
[modifier | modifier le code]Si on dénote dès l'époque du Canada de la Nouvelle-France un caractère singulier qui distingue les Canadiens français des Français métropolitains[30], cela relève davantage d'un régionalisme. Le Canada français est une province de France[31] au même titre que l'Alsace ou la Bretagne. Il aura fallu le choc de l'abandon du pays par la France à la Grande-Bretagne pour que naisse la nation canadienne-française. Cette cession, survenue à la suite de la signature du traité de Paris de 1763, pose en effet problème. Les Canadiens français sont catholiques alors que l'Empire britannique proscrit le catholicisme. Or, par volonté de Louis XV, un article spécifique[32] du traité leur garantit la libre pratique de leur religion.
La religion catholique est ainsi, d'un point de vue légal, le premier des éléments positifs qui définissent la nationalité canadienne-française et qui assurent son droit à l'existence. Les institutions canadiennes-françaises qui seront fondées au cours des siècles suivants seront ainsi pour la plupart de confession catholique.
Le deuxième élément reconnu par la couronne britannique sera le maintien du droit civil français par l'Acte de Québec de 1774. Tous les aspects légaux entourant notamment la famille, la propriété et le travail pourront continuer d'être réglementés dans la « Province of Quebec » selon la Coutume de Paris.
Simultanément à la reconnaissance du droit français, le pouvoir britannique reconnaît aussi le statut officiel de la langue française qui constitue un troisième élément positif de la nationalité canadienne-française. Ce statut sera d'ailleurs confirmé en 1793 par l'Assemblée législative du Bas-Canada[33], puis par le Parlement du Canada-Uni et par l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867. Cependant, cette reconnaissance formelle n'empêchera pas l'interdiction des écoles françaises dans presque toutes les provinces canadiennes jusqu'aux années 1970, mesure mise en place par les Canadiens anglais afin de minoriser et d'assimiler les Canadiens français[34], phénomène qui se poursuit encore aujourd'hui[35],[36],[37].
Quatrième élément, un ensemble de référents socioculturels transmis par la famille et par l'école, notamment une histoire et une culture française enrichies des savoirs et des pratiques hérités d'un enracinement en sol canadien depuis 1534.
Enfin, la connaissance intime d'un territoire où ces éléments positifs ont pu se déployer dans leur plénitude par une mise en valeur séculaire, un territoire successivement appelé Canada, Province of Quebec, Bas-Canada, Canada-Est, puis Province de/du Québec et qui est considéré, du moins jusqu'aux années 1970, patrie des Canadiens français.
Histoire
[modifier | modifier le code]Nouvelle-France (1534-1763)
[modifier | modifier le code]L'histoire des Canadiens français et du Canada français débute avec les voyages de Jacques Cartier (1534-1542) au cours desquels l'explorateur reconnait un territoire qu'il nomme Canada et qu'il place sous juridiction du roi de France. La colonie de Cap-Rouge (appelé Charlesbourg-Royal, puis France-Roy) fondée à l'occasion du troisième voyage de Cartier et qui abrita plusieurs centaines de colons entre et [38] constitue ainsi une première tentative de peuplement français au Canada.
La mort de François Ier, commanditaire de Cartier, puis les Guerres de religion qui divisent la France jusqu'à la fin du XVIe siècle, détournent les mouvements de colonisation française du Canada. Seuls les pêcheurs, basques et bretons notamment, ainsi que les marchands de fourrures continuèrent à remonter le Saint-Laurent.
Si en 1600, un premier poste de traite permanent est établi à Tadoussac par François Dupont-Gravé et Pierre de Chauvin, il faut attendre la fondation de Québec en 1608 par Samuel de Champlain pour qu'une nouvelle colonie de peuplement puisse être établie au Canada français. Rappelons que l'histoire du peuplement de l'Acadie débute en 1604 avec la fondation d'une colonie sur l'île Sainte-Croix.
Le peuplement du Canada français connaît des débuts très lents. D'une part, la mort d'Henri IV en 1610 et la minorité de Louis XIII ne favorisent pas une intervention directe du pouvoir royal, et d'autre part, l'acclimatation assez rude, l'insécurité face à la menace iroquoise et l'opposition profonde qui existe entre un commerce des fourrures lucratif et une colonisation agricole qui demande de coûteux investissements, constituent les principaux obstacles au développement de la colonie. Une première famille, celle de Louis Hébert et de Marie Rollet, s'établit tout de même à Québec en 1617.
En 1627, on établit la Compagnie des Cent-Associés[39] qui devait assurer sur 15 ans l'établissement de 4000 colons. Malheureusement, la flotte de 1628 avec 300 colons à son bord devait être capturée par les frères Kirk, des marchands rivaux à la solde de l'Angleterre en guerre contre la France depuis 1627. Québec, sans ressources, doit capituler en 1629 alors même qu'un traité de paix est signé entre les belligérants. Québec ne sera rendu à la Couronne française qu'en 1632. La Compagnie des Cent-Associés est ruinée et le retour des autorités coloniales n'y peuvent rien changer. La population se limitera encore pour dix ans à quelques centaines d'individus[40].
Néanmoins, l'expansion territoriale reprend. Champlain charge le Sieur de Laviolette d'établir un fortin plus haut sur le cours du Saint-Laurent à l'embouchure du Saint-Maurice marquant ainsi les débuts des Trois-Rivières en 1634. Cette fondation rapproche les Français de leurs alliés amérindiens dans la lutte qui les opposent aux Iroquois. Une guerre qui s'intensifiera au tournant des années 1640. Sous l'impulsion de la Société de Notre-Dame de Montréal pour la conversion des Sauvages de la Nouvelle-France, un poste est fondé sur l'île de Montréal en 1642. Pendant près de 20 ans, et surtout après la destruction de la Huronie en 1649-50, les premiers montréalais -les Montréalistes- vivront dans des conditions précaires, en butte aux expéditions punitives iroquoises. Cela dit, la fondation de Ville-Marie présente l'avantage de détourner les incursions de Québec et d'y faciliter ainsi les progrès de la colonisation.
Il faudra attendre l'exploit du Long-Sault de Dollard des Ormeaux, de ses compagnons et de leurs alliés algonquins en 1660 pour que la pression se relâche sur Montréal. En 1665, Louis XIV, qui avait déjà octroyé à la Nouvelle-France le statut de province royale deux ans auparavant[41], envoie le Régiment Carignan-Salières, fort de 1 200 hommes en armes, pour pacifier le pays. Cette pacification réussie ouvrira une période de développement considérable pour la colonie. Sous l'impulsion de l'intendant Jean Talon et du gouverneur Frontenac, ce développement est fortement redevable de l'arrivée des Filles du Roi, qui débarquent par centaines entre 1663 et 1673, et dont la fécondité remarquable assurera la pérennité du peuplement de la souche française du Canada.
Une seconde période sera cruciale pour l'enracinement des Canadiens français, celle de l'intendance de Gilles Hocquart. Sous son administration, qui s'étale entre 1729 et 1748, la population passe de 30 000 à 50 000 environ[42].
Régime britannique (1763-1867)
[modifier | modifier le code]Les Britanniques, qui avaient saisi l'Acadie par le traité d'Utrecht en 1713, avaient déporté 75 % des Acadiens vers d'autres colonies britanniques en 1755. Ailleurs en Nouvelle-France les habitants échappèrent à ce sort en partie grâce aux articles de la capitulation, qui firent d'eux des sujets britanniques sans qu'ils soient pour autant dénaturalisés en France[43]. La signature du Traité de Paris se fait le par George III. Cette dernière met fin à la Guerre de Sept Ans, et cède la Nouvelle-France à la Couronne d'Angleterre. Au cours de la même année, la Proclamation royale britannique signée par George III crée la Province of Quebec par Proclamation royale du 7 octobre 1763 (« Indian Bill of Rights » ou « Magna Carta for Indian affairs »). Puis, l'Acte de Québec de 1774, toujours sous George III, fait le de la Province of Quebec (1763–1791), un vaste territoire s’étendant du Labrador jusqu’aux confins des Grands-Lacs jusqu’en Haute-Louisiane et permet d'utiliser à nouveau le code civil français dans cette Province of Quebec. Après la signature du Traité de Paris le 3 septembre 1783 par le même George III qui reconnaissait la nouvelle indépendance des États-Unis fait perdre à la Province of Quebec sa partie sud près des Grands-Lacs. L'Acte constitutionnel du 10 juin 1791 adopté par le Parlement britannique et signé toujours par George III scinde la Province of Quebec en créant le Haut-Canada et le Bas-Canada pour satisfaire les demandes des sujets loyalistes ayant quitté les États-Unis à la faveur de la guerre d’indépendance américaine de 1775-1783 et instaure le parlementarisme de type britannique, accordant aux hommes, propriétaires terriens, le privilège de participer à l’élection des membres de l'Assemblée législative dont les lois devaient être d’abord entérinées par un conseil législatif nommé par le gouverneur ; de même que le système des comtés. Les Bas-Canadiens firent connaissance avec le système parlementaire britannique à partir de 1791, avec la création d’une assemblée législative composée de députés élus.
Cette assemblée législative n'ayant pas de pouvoirs réels, cette situation intenable aboutit à la révolution des Patriotes de 1837–1838, à l'issue de laquelle les deux provinces furent unifiées. Cette union avait notamment pour but de restreindre les pouvoirs politiques des Canadiens d'origine française. En 1840, l’Acte d’Union des Haut-Canada et Bas-Canada est adopté par le Parlement du Royaume-Uni en pour donner suite au rapport Durham. Ce rapport, commandé après l’écrasement des rébellions des Patriotes de 1837-1838, prône sans détours l’assimilation complète des français du Canada aux mœurs anglaises, en imposant l’unilinguisme anglais dans les institutions législatives (Article 41) ; article finalement abrogé le grâce notamment à l’action de Louis-Hippolyte La Fontaine (premier chef de gouvernement démocratiquement désigné à travers l’ensemble du monde colonial, tous empires confondus). Au cours des années 1850, après plusieurs décennies d'immigration britannique, les Canadiens d'origine française devinrent minoritaires au Canada-Uni. Cette immigration majoritairement irlandaise et écossaise commença à se nommer « Canadian » et non plus britannique.
Avec l'explosion démographique de la population anglaise du Canada depuis 1840, les « Canadiens » cessent de s'appeler comme tel, et optent plutôt pour le vocable "Canadien français", pour se distinguer des anglais qui usurpent cette appellation. Mais qu'importe le vocable, on désigne la même chose : les habitants d'origine française de la vallée du Saint-Laurent, collectivité canadienne originaire de Nouvelle-France ayant survécu au traité de Paris de 1763.
En 1844, la population canadienne-française se chiffre à 524 000 âmes[44]. En 1851, en raison principalement de l'immigration britannique, la population francophone devient minoritaire au Canada[45].
Confédération canadienne (1867-1945)
[modifier | modifier le code]Chez les francophones hors Québec, le terme « Canadiens français » est parfois utilisé, dans un contexte contemporain, pour faire référence à tous les Canadiens francophones, se confondant ainsi avec l'expression « Franco-Canadiens »[réf. nécessaire]. Au Québec, depuis que s'est développée l'identité québécoise avec la montée du nationalisme québécois dans les années 1960, les termes « Canadiens français » et « Québécois » se complètent, notamment dans les documents officiels de l'État, afin de distinguer précisément l'ethnicité canadienne-française de la citoyenneté québécoise. Dans la langue anglaise, toutefois, les vocables « Canadiens » et « Québécois » désignent proprement l'origine française selon qu'il est question de l'ensemble des Canadiens francophones ou, précisément, de ceux du Québec — par opposition à « Canadians », qui désigne l'ensemble des citoyens du Canada.
Par extension, les Franco-Américains sont des habitants des États-Unis d'ascendance française ou, simplement, de langue française.
Cependant, en Nouvelle-Angleterre, le terme « Franco-Américains » fait précisément référence aux Canadiens français et à leurs descendants. En 2008, le Connecticut a déclaré la date du comme journée franco-américaine afin de reconnaître la culture et l'influence des Canadiens français dans cet État. Par la suite, les États du Maine, du New Hampshire et du Vermont lui ont emboîté le pas[46].
Les Acadiens des provinces Maritimes et les Métis forment des communautés francophones distinctes. À l'origine, les termes « Canadien » et « Acadien » désignaient les habitants de ce qui constituait les provinces françaises du Canada et d'Acadie en Nouvelle-France. Après la Conquête, la province française du Canada est devenue la Province of Quebec, plus tard appelée Bas-Canada, puis Canada-Uni, et enfin Québec. L'Acadie, quant à elle, était l'une des trois régions de la Nouvelle-France. Une partie de son territoire a été rattachée aux 13 colonies anglaises à compter de 1713.
Le traité d'Utrecht est signé en 1713. Son article 12 cède définitivement l'Acadie au Royaume-Uni, au même titre que la Terre de Rupert et Terre-Neuve. La France conserve tout de même l'île Saint-Jean (île du Prince-Édouard) et l'île Royale (île du Cap-Breton). De plus, la Couronne française considère que toute l'Acadie continentale (l'actuel Nouveau-Brunswick, ainsi que l'est du Maine et la Gaspésie) lui appartient toujours.
Après la Conquête de 1759-1760, la Grande-Bretagne obtient de la France ses possessions en Nouvelle-France : l'Île Royale, l'Isle Saint-Jean, la partie de l'Acadie qui appartenait toujours à la France, et la « province » du Canada (incluant le bassin des Grands Lacs, la rive gauche du Mississippi et une partie de la Louisiane française).
Néanmoins, depuis cette époque (où le terme « Canada » ne désigne plus uniquement les basses-terres du Saint-Laurent, mais bien l'ensemble des provinces appartenant à la Confédération), les Acadiens sont naturellement considérés comme des Canadiens de langue française.
Les États-Unis comptent également une importante communauté franco-américaine. Principalement présente en Nouvelle-Angleterre, mais aussi au Michigan et dans les autres États du Midwest, elle est majoritairement issue des Canadiens de Nouvelle-France. Elle compte parfois aussi des Acadiens, particulièrement près de la frontière entre le Maine et le Nouveau-Brunswick. Les Cadiens de Louisiane descendent essentiellement de la population de la Nouvelle-France (dont de nombreux Acadiens déportés de Nouvelle-Écosse dans les années 1750, peu avant la Conquête), mais proviennent aussi des possessions françaises de Saint-Domingue (Haïti), de l'Alabama ou directement de France. Dans L'Avenir du français aux États-Unis, Calvin Veltman constate que la langue française a été délaissée si massivement que le terme « Canadien français » fait aujourd'hui davantage référence à l'ascendance qu'à l'usage de la langue au XXIe siècle.
Canada contemporain (1982-)
[modifier | modifier le code]L'assimilation linguistique et le remplacement des générations francophones au Québec et au Canada demeurent un sujet de préoccupation majeur[47],[48],[49].
Distinction et stigmatisation des Canadiens d'origine française
[modifier | modifier le code]Pour se distinguer des « Canadiens » d'origine française, l'appellation anglophone French Canadian a commencé à être employée dans les journaux de Toronto afin de stigmatiser les Métis de l'Ouest qui cherchaient à protéger leurs territoires, et pour susciter l'appui des « Canadians » (l'immigration d'origine écossaise, irlandaise et britannique)[50]. Au début du siècle dernier, cette appellation conservait ce caractère dénigrant, comme l'illustrent les films tournés à Hollywood à cette époque sur l'histoire du Canada : les antagonistes y étaient systématiquement des French Canadians.
« En 1975, le journaliste et historien populaire Pierre Berton publie Hollywood’s Canada, the Americanisation of Our National Image. Cette magistrale étude recense 575 productions hollywoodiennes se déroulant au Canada depuis 1907 et révèle des caractéristiques thématiques presque constantes. Le rôle négatif, le « vilain », est attribué à des Canadiens français frustrés, laids, barbus, puants, gros bras sans intelligence, retors et souvent violeurs. À l'inverse, l'agent de la « Police montée » « qui attrape toujours son homme » — bel homme, propre, intelligent, séducteur — porte toujours un nom anglais. L'héroïne, jeune fille séduisante et tentation pour le héros, parfois très pure mais souvent aux mœurs légères, est généralement une Canadienne française. Quant aux Métis, toujours engendrés par des francophones, ils sont perçus comme doublement dangereux puisqu'ils allient la sauvagerie attribuée aux Indiens à celle des Canadiens français. »
— Dictionnaire de la Censure : littérature et cinéma[51]
La représentation dénigrante des Canadiens français par Hollywood a parfois perduré. Le film The Revenant, par exemple, contrairement au roman dont il s'inspire, perpétue l'image de barbares sanguinaires[52],[53],[54],[55].
Bien que cette expression fût choquante pour les Canadiens d'origine française, ces derniers l'endossèrent progressivement par solidarité avec les Métis et Louis Riel après sa pendaison le . Cette appropriation a duré jusque dans les années 1960, soit pendant près de 75 ans.
La contribution des Canadiens d'origine française a été essentielle pour assurer l'établissement d'un « gouvernement responsable » et la mise en place de la Confédération canadienne en 1867. Toutefois, vers la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, leur mécontentement s'est accentué quant à leur rôle au sein du Canada.
Durant cette période, environ un million de Canadiens d'origine française ont quitté le Québec pour s'établir aux États-Unis, principalement en Nouvelle-Angleterre. Si cet exode fut d'abord motivé par des raisons économiques, des facteurs politiques y ont contribué. Le Premier ministre Wilfrid Laurier avait nommé comme ministre de l'Immigration Clifford Sifton, qui voyait d'un mauvais œil l'établissement de francophones dans les provinces de l'Ouest. Ce dernier préférait recruter des immigrants anglais, allemands, ukrainiens et américains pour défricher ces terres. Le coût du transport vers l'Ouest étant deux fois plus élevé que pour les immigrants venant d'Angleterre, les Canadiens français ont préféré se diriger vers la Nouvelle-Angleterre pour y travailler dans l'industrie textile, les entreprises américaines assumant souvent le coût du voyage[56].
Schéma historiographique
[modifier | modifier le code]Ci-dessous est présenté un schéma historiographique relatif au terme « Canadiens français » et à ses équivalents, depuis son apparition jusqu'au XXIe siècle.
De la Nouvelle-France au XXIe siècle
[modifier | modifier le code]- Des origines à la Proclamation royale (c. 1666-1763)
- De la Proclamation royale à l'Acte constitutionnel (1763-1791)
- De l'Acte constitutionnel à l'Acte d'union (1791-1840)
- Edward Ellice
- Stephen Theodore Badin
- Jean-Baptiste Montmignon
- François Blanchet
- Michel Bibaud
- Charles-Michel d'Irumberry de Salaberry
- Augustin-Norbert Morin
- Comité spécial sur les terres incultes de la Couronne
- Comité choisi sur le gouvernement civil du Canada
- Louis-Joseph Papineau
- Grégoire Louis Domeny de Rienzi
- François-Marie-Thomas de Lorimier (dit le chevalier de Lorimier)
- Isidore Lebrun
- Journals of the Legislative Council of the province of Lower Canada, being the second session of the fifteenth provincial Parliament
- Napoléon Aubin
- Amury Girod
- John George Lambton (Lord Durham)
- De l'Acte d'union à l'Acte de l'Amérique du Nord britannique (1840-1867)
- Constitution et règlements de l'Institut canadien de Montréal
- Règles et règlements de la Compagnie des voltigeurs pompiers
- Constitution et règlements de la Société mercantile d'économie
- Comité constitutionnel de la réforme et du progrès
- Amable Berthelot
- François-Xavier Garneau
- Louis-Hippolyte La Fontaine
- Comité spécial de l'Assemblée législative, nommé pour s'enquérir des causes et de l'importance de l'émigration du Bas-Canada vers les États-Unis
- Étienne Parent
- Stanislas Drapeau
- Hercule Beaudry
- De la Confédération aux États généraux du Canada français (1867-1969)
- George-Étienne Cartier
- Dominique Racine (dit l'apôtre du Saguenay)
- Antoine Labelle (dit le curé Labelle)
- Ignace Bourget
- Honoré Mercier
- Jules-Paul Tardivel
- Wilfrid Laurier
- Henri Bourassa
- Lionel Groulx
- La Bolduc
- Germaine Guèvremont
- Claude-Henri Grignon
- Gabrielle Roy
- Charles-Émile Gadbois
- André Laurendeau
- Richard Verreau
- Félix Leclerc
- Jean Drapeau
- Maurice Duplessis
- René Lévesque
- Depuis les États généraux du Canada français
Généalogie
[modifier | modifier le code]Outre les archives diocésaines et nationales, divers organismes et ouvrages généalogiques permettent de retracer les origines françaises des familles depuis l'époque de la colonie. Parmi les documents écrits se trouvent non seulement les actes de baptême, de mariage et de sépulture, mais aussi les recensements. Si tous les Canadiens d'origine française (tout comme les Acadiens) peuvent aujourd'hui produire leur arbre généalogique en remontant jusqu'aux premiers temps de la colonie, c'est en grande partie grâce à l’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539. Celle-ci obligeait les paroisses et les diocèses du royaume de France — y compris le vice-royaume de Nouvelle-France — à tenir un registre des baptêmes. En 1579, l’ordonnance de Blois a étendu cette obligation aux mariages et aux sépultures, tandis que le Code Louis de 1667 a exigé la tenue de ces registres en double exemplaire.
En moyenne, une douzaine de générations se sont succédé depuis la fondation de la colonie jusqu'au début du XXIe siècle. L'endogamie a longtemps été de rigueur, ce qui explique les fréquentes ascendances communes, cousinages et fraternités partagées avec les Acadiens. L'île d'Orléans est ainsi souvent surnommée le « berceau de l'Amérique française » et le « microcosme traditionnel du Canada français ». Située à proximité de la « vieille capitale » de la Nouvelle-France, l'île fut l'un des premiers lieux d'établissement des colons venus d'Europe et abrita les ancêtres d'une grande partie des Canadiens français d'aujourd'hui.
Organismes
[modifier | modifier le code]Ci-dessous, une liste des principaux organismes permettant de retracer les origines françaises des familles canadiennes :
Ouvrages
[modifier | modifier le code]Voici une liste des principaux ouvrages généalogiques retraçant l'origine française des familles canadiennes :
- Hubert Charbonneau et Jacques Legaré, Répertoire des actes de baptême, mariage et sépulture et des recensements du Québec ancien, vol. I-XLVII. Montréal : Les Presses de l'Université de Montréal, 1980 (ISBN 2-7606-0471-3).
- René Jetté et collab., Dictionnaire généalogique des familles du Québec. Des origines à 1730, Montréal : Les Presses de l'Université de Montréal, 1983 (ISBN 9782891058155).
- Noël Montgomery Elliot, Les Canadiens français 1600-1900, vol. I-III. Toronto : 1re éd., La Bibliothèque de recherche généalogique, 1992. (ISBN 0-919941-20-6).
- Cyprien Tanguay, Dictionnaire généalogique des familles canadiennes. Depuis la fondation de la colonie jusqu'à nos jours, vol. I-VII, 1871-1890. Nouvelle édition, Montréal : Éditions Élysée, 1975. (ISBN 0-88545-009-4).
Anthropologie physique
[modifier | modifier le code]Au début du XIXe siècle, le visage typique des Français du Canada est décrit comme long et mince ; leur teint brunâtre et hâlé devient parfois plus foncé que celui des Amérindiens. Leurs petits yeux noirs sont pleins de vivacité, le nez proéminent tend vers la forme aquiline, les joues sont creusées, les lèvres fines et les pommettes saillantes. Tel était le portrait dressé pour près des cinq sixièmes des Canadiens[57].
Ethnologie
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Affirmation nationale
[modifier | modifier le code]Au cours des derniers siècles, de génération en génération, se sont développées diverses formes d'action nationale. Sous l'impulsion de personnalités comme Honoré Mercier, Henri Bourassa, Lionel Groulx et Maurice Duplessis, ces actions ont assuré la cohésion et le rapport de force du peuple canadien-français. L'objectif était de sauvegarder collectivement la culture de langue française en Amérique, et ce, malgré l'isolement et la précarité économique des Canadiens français face à une forte immigration britannique.
Canada français
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Le terme « Canada français », par opposition au Canada anglais, désigne généralement les territoires où les francophones sont historiquement majoritaires ou bien implantés : principalement le Québec, l'Acadie et l'est de l'Ontario.
La dénomination des francophones varie en fonction de leur province ou territoire d'origine :
- Au Québec, on les nomme Québécois ;
- à Terre-Neuve-et-Labrador, on les nomme Franco-Terreneuviens ;
- en Ontario, on les nomme Franco-Ontariens (et parfois Ontarois) ;
- au Manitoba, on les nomme Franco-Manitobains ;
- en Saskatchewan, on les nomme Fransaskois ;
- en Alberta, on les nomme Franco-Albertains ;
- en Colombie-Britannique, on les nomme Franco-Colombiens ;
- au Yukon, on les nomme Franco-Yukonnais ;
- dans les Territoires du Nord-Ouest, on les nomme Franco-Ténois ;
- au Nunavut, on les nomme Franco-Nunavois ;
- au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à l'Île-du-Prince-Édouard, on les nomme Acadiens. Il s'agit toutefois d'un peuple distinct des Canadiens français.
Un nombre significatif de Canadiens d'origine française est recensé dans les agglomérations suivantes :
- Ottawa, Ontario
- Cornwall, Ontario
- Hawkesbury, Ontario
- Sudbury, Ontario
- Hearst, Ontario
- Windsor, Ontario
- Winnipeg, Manitoba
- Gravelbourg, Saskatchewan
- Prince Albert, Saskatchewan
- Regina, Saskatchewan
- Falher, Alberta
- Peace River / St-Isidore / Marie-Reine, Alberta
Des communautés francophones importantes sont également recensées dans les localités suivantes :
- Péninsule de Port-au-Port, Terre-Neuve-et-Labrador (Franco-Terreneuviens)
- Grand-Sault, Nouveau-Brunswick (Cadiens/Acadiens)
- Edmundston, Nouveau-Brunswick (Acadiens)
- Moncton, Nouveau-Brunswick (Acadiens)
Organisation sociale
[modifier | modifier le code]Associations générales
[modifier | modifier le code]Associations liées à la francophonie au Canada
[modifier | modifier le code]- Assemblée communautaire fransaskoise[60]
- Assemblée de la francophonie de l'Ontario
- Fédération de la jeunesse franco-ontarienne
- Association canadienne-française de l'Alberta
- Association des francophones du Nunavut[61]
- Association franco-yukonnaise[62]
- Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse[63]
- Fédération des francophones de la Colombie-Britannique[64]
- Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador[65]
- Fédération franco-ténoise[66]
- Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick[67]
- Société franco-manitobaine[68]
- Société Saint-Thomas-d'Aquin (Société acadienne de l'Île-du-Prince-Édouard)[69]
Au Québec
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Selon l'ex-ministre péquiste Rodrigue Tremblay, la distinction entre « Canadien français » et « Québécois » pourrait s'exprimer ainsi : « On voit là toute la différence pratique entre un Québécois appartenant à une nation majoritaire au Québec, et un “Canadien français” faisant partie d'un groupe ethnique minoritaire dans le reste du Canada. Le Québécois est politiquement majoritaire chez lui et il a les moyens d'organiser sa survie et son développement ; le Canadien français est minoritaire et il doit compter, pour sa survie et son développement en tant que francophone, sur la bienveillance possiblement changeante d'une majorité anglo-canadienne[70]. »
Religion
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L'Église catholique a longtemps exercé une forte autorité morale dans la vie sociale et politique des Canadiens d'origine française, s'appuyant sur la doctrine ultramontaine. L'omniprésence du clergé catholique était telle qu'elle structurait l'organisation de la société d'ordres. Si la religion chrétienne de confession catholique a pu imprégner si profondément la collectivité, c'est notamment en raison de l’édit de Fontainebleau (1685), qui interdisait à tout non-catholique de s’établir dans la colonie de Nouvelle-France.
Sans l'influence protectrice du clergé, l'assimilation culturelle des Canadiens d'origine française aurait probablement été beaucoup plus marquée. Malgré la Grande Hémorragie (1840-1930), les Franco-Américains exilés aux États-Unis ont continué à manifester leur profond attachement à la foi catholique. À l'instar de ce qui se faisait au Canada, ils ont bâti des écoles primaires, secondaires et post-secondaires à vocation catholique, ainsi que des hôpitaux francophones.
Durant les années 1960 au Québec, l'État québécois moderne a pris forme et a rapidement remplacé l'Église dans ses fonctions civiques (culture, éducation, santé, services sociaux). C'est la Révolution tranquille, marquée par une sécularisation accélérée. Dans les autres provinces canadiennes et aux États-Unis, l'Église a continué un temps à exercer son rôle de protectrice de la langue et de la culture françaises, bien que cette fonction ait inévitablement décliné au fil du temps.
Culture
[modifier | modifier le code]La fête nationale des Canadiens d'origine française correspond traditionnellement à la fête de la Saint-Jean, célébrée le de chaque année (qui est aussi la Fête nationale du Québec).
Le Carillon Sacré-Cœur est un drapeau conçu vers 1902 par l’abbé Elphège Filiatrault dans le but de doter les Canadiens français d’un étendard national[71]. Utilisé comme drapeau ethnique à l'instar du tricolore étoilé, il coexiste historiquement avec le drapeau tricolore français, le fleurdelisé et les autres drapeaux civiques des Canadiens francophones.
Littérature
[modifier | modifier le code]La littérature patriotique et d'enracinement comprend, notamment :
- Journaux et revues :
- Le Canadien, de 1806 à 1893
- La Minerve, de 1826 à 1899
- L'Action catholique, de 1915 à 1962
- Le Devoir, depuis 1910
- L'Action nationale, depuis 1917
- La Liberté, depuis 1913
- Essais et romans historiques :
- Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu’à nos jours de François-Xavier Garneau, 1845
- Les Anciens Canadiens de Philippe Aubert de Gaspé, 1863
- L'Appel de la race du chanoine Lionel Groulx, 1922
- Bonheur d'occasion de Gabrielle Roy, 1945
- Nègres blancs d'Amérique de Pierre Vallières, 1968
- La Naissance d'une nation de Pierre Caron, de 2004 à 2007
- Maria Chapdelaine de Louis Hémon, 1913
- Un homme et son péché de Claude-Henri Grignon, 1933
- Le Survenant de Germaine Guèvremont, 1945
Musique
[modifier | modifier le code]Chants patriotiques
[modifier | modifier le code]Chanson populaire et folklore
[modifier | modifier le code]- Chants canadiens pour piano, Octave Crémazie, 1856
- Quadrille canadien, Antoine Dessane, vers 1850
- Le Carnaval de Québec, Ernest Gagnon, 1862
- Mosaïque sur des airs populaires canadiens, Joseph Vézina, 1880
- La Bonne Chanson, Charles-Émile Gadbois, 1937
- Les Veillées du bon vieux temps de Conrad Gauthier
- J'ai quitté mon île, Daniel Lavoie
- Soirée canadienne
Interprètes
[modifier | modifier le code]- Airs traditionnels : Garolou, Gaston Mandeville, Gilles Vigneault, Harmonium, La Bottine souriante, La Volée d'Castors, Les Charbonniers de l'enfer, Les Grands Hurleurs, Les Karrik, Le Rêve du Diable, Le Vent du Nord, Nicolas Pellerin, Mes Aïeux.
- Airs contemporains : Céline Dion, Damien Robitaille, Daniel Lavoie, Hart-Rouge (comprenant notamment Carmen Campagne), Robert Charlebois, Robert Goulet, Robert Paquette, Paul Piché, Véronic DiCaire, Éric Lapointe.
Folklore
[modifier | modifier le code]Personnalités notables
[modifier | modifier le code]- Littérature
- Jean-Louis Kerouac, dit Jack Kerouac (Franco-Américain d'ascendance québécoise), écrivain.
- Gabrielle Roy (Franco-Manitobaine), écrivaine.
- Patrice Desbiens (Franco-Ontarien), poète.
- Patrick Senécal (Québécois), romancier.
- Politique
- Wilfrid Laurier (Québécois), premier Canadien français à devenir premier ministre du Canada (de 1896 à 1911).
- Louis Riel (Franco-Manitobain), père fondateur de la province du Manitoba (1870) et député fédéral de Provencher (1873-1875).
- Paul Martin (Franco-Ontarien), premier Franco-Ontarien à devenir premier ministre du Canada (de 2003 à 2006).
- Jeanne Sauvé (Fransaskoise), journaliste et gouverneure générale du Canada.
- Marc-Amable Girard (Franco-Manitobain), premier francophone à devenir premier ministre du Manitoba (de 1871 à 1872).
- René Lévesque (Québécois), journaliste, fondateur du Parti québécois et premier ministre du Québec (1976-1985).
- Pierre Elliott Trudeau (Québécois), premier ministre du Canada (1968-1979 et 1980-1984).
- Jean Chrétien (Québécois), premier ministre du Canada (1993-2003).
- Maria Chaput (Franco-Manitobaine), première femme francophone du Manitoba nommée au Sénat du Canada (2002-2016).
- Justin Trudeau (Ontarien/Québécois), premier ministre du Canada depuis 2015.
- Sport
- Jean-Baptiste « Jack » Laviolette (Franco-Ontarien), cofondateur des Canadiens de Montréal et ancien capitaine.
- Léo Dandurand (Franco-Américain de l'Illinois), fondateur des Alouettes de Montréal et ancien propriétaire des Canadiens de Montréal.
- Claude Julien (Franco-Ontarien), ex-entraîneur-chef des Canadiens de Montréal.
- Jacques Martin (Franco-Ontarien), ex-entraîneur-chef des Canadiens de Montréal.
- Édouard « Newsy » Lalonde (Franco-Ontarien), ex-entraîneur-chef et ex-capitaine des Canadiens de Montréal.
- Maurice Richard (Québécois), légende et ex-capitaine des Canadiens de Montréal.
- Jonathan Toews (Franco-Manitobain), hockeyeur, le plus jeune joueur à entrer au Club Triple Or.
- Érik Bédard (Franco-Ontarien), joueur de baseball.
- Napoléon Lajoie (Franco-Américain), légende du baseball détenant le record de la meilleure moyenne au bâton en une saison (0,426 en 1901).
- Georges St-Pierre (Québécois), champion du monde des mi-moyens de l'UFC (Ultimate Fighting Championship).
- David Lemieux (Québécois), boxeur professionnel et ancien champion du monde IBF des poids moyens.
- Divers
- Quintuplées Dionne (Franco-Ontariennes), célèbre fratrie.
- Henri Bergeron (Franco-Manitobain), animateur et présentateur de télévision.
- Louise Arbour (Québécoise), Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, juge à la Cour suprême du Canada, procureur en chef du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie et du Tribunal pénal international pour le Rwanda à la Haye.
- Félix Lengyel, plus connu sous son pseudonyme « xQc », célèbre streamer sur la plateforme de diffusion de vidéos en direct Twitch. Il figure d'ailleurs parmi les têtes d'affiche de cette plateforme.
- Reines de beauté
- Alice Ste-Marie, Miss Canada 1945.
- Dominique Dufour, Miss Canada 1981, première dauphine de Miss Univers 1981.
- Dorothy Moreau, Miss Canada 1956.
- Leanne Marie Cecile, Miss Universe Canada 2003.
- Personnalités de langue maternelle anglaise
- Angelina Jolie, actrice, ayant des origines canadiennes-françaises.
- Avril Lavigne, auteure-compositrice-interprète pop-rock.
- Camilla Parker Bowles, épouse de Charles III, roi du Royaume-Uni.
- Madonna, chanteuse, ayant des origines canadiennes-françaises.
- Matt LeBlanc, acteur.
- Kelly LeBrock, actrice.
- Alanis Morissette, chanteuse rock.
- Hillary Clinton, secrétaire d'État et ancienne Première dame des États-Unis, ayant des origines canadiennes-françaises.
- Shania Twain, chanteuse country.
- Brie Larson, actrice lauréate aux Oscars du cinéma et fille d'un Franco-Manitobain.
Conceptions françaises des rapports entre la France et les Canadiens d'origine française
[modifier | modifier le code]L'État français a implicitement remis en cause la prétendue perte de qualité du français par les Canadiens après 1763[72]. Plusieurs auteurs, parmi lesquels Tocqueville, ont souligné qu'ils avaient conservé un excellent français malgré la domination britannique. Après 1870, l'abbé Raboisson, auteur nationaliste français, est allé jusqu'à assimiler leur situation à celle des Alsaciens-Lorrains, les considérant comme des Français arrachés de force à leur nation.
Ces conceptions, réactualisées dans le contexte de la montée de l'indépendantisme québécois, ont inspiré la politique française d'émancipation des Canadiens français menée par Charles de Gaulle à partir de 1967 et de son célèbre discours à Montréal. Elle s'est formalisée à travers le slogan « Français du Canada », qui visait à réaffirmer les devoirs de la France envers ce peuple. L'année 1967 a ainsi vu la rédaction d'un avant-projet de loi du retour, réaffirmant la nationalité française rémanente des Canadiens d'origine française[73]. Ce projet fut toutefois abandonné à la suite de la démission de de Gaulle de la présidence en 1969. Cette vision d'une communauté nationale française englobant les Français et les Canadiens français a trouvé des échos chez des figures comme Louis-Joseph Papineau, Georges-Antoine Belcourt, Honoré Mercier, Laurent-Olivier David et Henri Bourassa[74].
Drapeaux
[modifier | modifier le code]De Nouvelle-France
[modifier | modifier le code]-
Pavillon royal de 1534 à 1599.
-
Pavillon de la marine marchande de 1600 à 1663.
-
Pavillon royal de 1663 à 1763.
Après la Conquête
[modifier | modifier le code]-
Drapeau des Patriotes de Saint-Eustache.
-
Carillon moderne de Filiatrault en 1902.
-
Drapeau du Québec pendant les années 1950.
-
Drapeau du Québec pendant les années 1960.
-
Drapeau du Québec (à partir des années 1970).
Des établissements civiques canadiens-français
[modifier | modifier le code]Des groupes francophones situés en terre d'origine
[modifier | modifier le code]Des groupes francophones formés par l'émigration canadienne-française
[modifier | modifier le code]Des autres peuples issus de la colonisation de la Nouvelle-France
[modifier | modifier le code]Les relations interconfessionnelles chez les Canadiens français
[modifier | modifier le code]Bien que les Canadiens français ne s'entendent pas tous sur la possibilité de s'identifier comme tel après avoir renoncé à la foi catholique romaine[75],[76], nous présumerons pour les besoins de cette section que cela est possible.
Confessions des Canadiens français
[modifier | modifier le code]L'Église catholique romaine
[modifier | modifier le code]Jusqu'au concile Vatican II
[modifier | modifier le code]Par l'édit de Fontainebleau, le roi Louis XIV avait officiellement interdit la « religion prétendue réformée » (RPR)[77]. Il était par exemple stipulé : « Les catholiques qui, après avoir revêtu le signe de la croix, se mettront à l'œuvre (se accinxerunt) pour l'extermination des hérétiques, jouiront de la même indulgence et du même saint privilège qui sont accordés à ceux qui prennent part à la guerre de la Terre Sainte. »
À la suite de la signature du traité de Paris en 1763[78], le roi d'Angleterre a garanti la liberté religieuse aux catholiques romains[79]. Toutefois, même après la cession, l’Église romaine continuait de mettre toute version protestante de la Bible et les écrits d'auteurs protestants à l'Index des livres interdits, menaçant d'excommunication tout catholique qui posséderait de tels ouvrages[80].
L'Institut canadien, fondé le à Montréal par un groupe de jeunes intellectuels canadiens-français, possédait une bibliothèque contenant des livres mis à l’Index (tels que les œuvres de François Guizot[81]). L'Institut refusa de les retirer malgré les demandes de l’Église.
En 1858, l'opposition de MModèle:Gr Ignace Bourget, évêque de Montréal, a entraîné la démission de 138 membres de l'Institut. Rome a fini par condamner l'organisme et a mis son annuaire de 1868 à l'Index. L’opinion catholique s’étant massivement tournée contre lui, l’Institut a été dissous en 1885[82].
En 1872, dans son ouvrage Études historiques et légales sur la liberté religieuse en Canada, l’avocat Siméon Pagnuelo célébrait la liberté religieuse accordée à l’Église romaine tout en précisant : « Comme les expressions : liberté religieuse, liberté des cultes, sont souvent employées dans ce livre, et que je les invoque en faveur de l'Église catholique en Canada, je déclare ne pas les comprendre dans le sens condamné par l'Encyclique et le Syllabus de 1864, et, en enfant soumis et dévoué de l'Église catholique, accepter d'une manière entière ses enseignements sur toutes ces questions. »[83]
Historiquement, l’Église s’est opposée à la création d’écoles protestantes francophones au Québec. Elle préférait que les enfants de francophones protestants s’assimilent à la communauté anglophone plutôt que d’exposer davantage de francophones à l’« hérésie ». Les prêtres imposaient souvent en chaire le rejet et l’exclusion sociale des protestants francophones[80].
De Vatican II à aujourd'hui
[modifier | modifier le code]Le , lors du deuxième concile du Vatican, la déclaration Dignitatis humanae a officiellement reconnu le droit à la liberté religieuse[84].
Cette déclaration a poussé la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X à rejeter cette notion interconfessionnelle en déclarant : « La liberté religieuse fut condamnée par le pape Grégoire XVI (1830-1846) dans l’encyclique Mirari vos du , puis par le pape Pie IX (1846-1878) dans l’encyclique Quanta cura du . La déclaration Dignitatis humanae sur la liberté religieuse contredit explicitement l’enseignement de la Tradition antérieure. »[85] La Société Saint-Pie-X a depuis maintenu une présence au Canada[86].
La foi chrétienne conserve une influence notable au Canada, où Pâques et Noël demeurent des jours fériés statutaires à l'échelle du pays[87].
La foi protestante
[modifier | modifier le code]Avant la cession de la Nouvelle-France à l'Angleterre, la couronne française interdisait la RPR (religion prétendue réformée) sur ses territoires via l’édit de Fontainebleau[77].
Néanmoins, la Nouvelle-France dépendant fortement de commerçants et de marins marchands de confession protestante, les autorités coloniales toléraient parfois officieusement ces derniers pour des impératifs économiques[80].
Après la Conquête, le roi d'Angleterre a accordé la liberté religieuse aux francophones protestants[79], ce qui a permis un certain réveil du protestantisme francophone en Amérique du Nord.
Charles Chiniquy a joué un rôle marquant dans ce mouvement. Cet ancien curé catholique farouchement antiprotestant, né à Kamouraska, est devenu pasteur protestant pour les Canadiens de Sainte-Anne (Illinois). Il a mené les fidèles de sa paroisse vers le protestantisme et a publié des ouvrages dénonçant la corruption qu'il affirmait avoir observée au sein de l’Église romaine[88]. Ses livres, dont Le Prêtre, la femme et le confessionnal[89],[88] et Cinquante ans dans l'Église romaine[90], ont été traduits dans plusieurs langues.
En 1896, Prospère Ledoux (née Tétrault) décrivait ainsi son expérience de conversion au protestantisme : « Mon mari serait irrité si en devenant protestante j’étais obligée de quitter l’école, ne gagnant plus d’argent pour payer nos dettes […] J’allais aux cultes protestants à une distance de quatre milles, ce qui n’était pas facile parce que nous rencontrions les catholiques qui s’en allaient à la messe et qui nous lançaient toutes sortes d’injures. »[91]
De telles épreuves sociales ont fortement contribué à l’assimilation des protestants canadiens-français au sein de la majorité anglophone[80].
Notes et références
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- ↑ « franco-canadien », sur Usito (consulté le ).
- ↑ « franco-canadien », dictionnaire Larousse (consulté le ).
- ↑ Le Grand Robert de la langue française (version numérique
, 2022) : « franco-canadien, ienne : ◆ N. Canadien(ne) francophone. Les Franco-Canadiens de la Saskatchewan. ».
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- ↑ Baraton Edouard, De Gaulle ou l'hypothèque française sur le Canada, Paris, Harmattan, , 218 p. (ISBN 978-2-343-01884-3, lire en ligne), p. 81-85.
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- ↑ Prospère Ledoux au Comité des Dames missionnaires de l’Église de Marieville, le 21 novembre 1896 : https://fr.novalis.ca/products/huguenots-et-protestants-francophones-au-quebec
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Les voyages de la Nouvelle France occidentale, dite Canada, Samuel de Champlain
- Relations des jésuites (lettres publiées de 1632 à 1672)
- Histoire et description générale de la Nouvelle-France, Pierre-François-Xavier de Charlevoix
- Histoire du Canada (ouvrage publié de 1837 à 1878), Michel Bibaud
- Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours (trois volumes publiés de 1845 à 1848), François-Xavier Garneau
- Histoire de la seigneurie de Lauzon, Joseph-Edmond Roy (cinq volumes publiés de 1897 à 1904)
- Cours d'histoire du Canada (huit volumes publiés de 1919 à 1934), Thomas Chapais
- Histoire du Canada français depuis la découverte (quatre volumes publiés de 1950 à 1952), Lionel Groulx
- Revue d'histoire de l'Amérique française (publiée depuis 1948), Institut d'histoire de l'Amérique française
- Histoire économique et sociale du Québec, 1760-1850. Structures et conjonctures (publié en 1966), Fernand Ouellet
- Édouard Baraton, Les Français perdus, essai historique sur la nationalité française en Amérique du Nord du XVIIIe siècle à nos jours, éditions Baudelaire, 2019.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Acadiens – Canadiens francophones – Canadiens (peuple) – Canadiens anglais – Canada anglais
- Fransaskois – Franco-Américains
- Franco-Ontariens – Franco-Manitobains – Franco-Albertains – Franco-Colombiens – Franco-Yukonnais – Franco-Ténois – Franco-Terreneuviens
- Francisation
Liens externes
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- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- Site de la Société généalogique canadienne-française.
- Archives nationales du Québec (BAnQ).

