Hôtel-Dieu de Château-Thierry

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Hôtel-Dieu de Château-Thierry
Nuit européenne des musées 08557.JPG
Façade sur rue lors de la Nuit européenne des musées.
Présentation
Destination initiale
hospice
Destination actuelle
musée
Architecte
Construction
1304 - bâtiments reconstruits en 1876
Propriétaire
Communauté d'agglomération de la Région de Château-Thierry
Statut patrimonial
Site web
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées
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L'hôtel-Dieu de Château-Thierry est un Hôtel-Dieu situé à Château-Thierry, dans le département français de l'Aisne en région Hauts-de-France[1].

Description[modifier | modifier le code]

L'architecture de l'actuel Hôtel-Dieu est complexe puisqu'elle mêle des bâtiments de plusieurs époques. Néanmoins, deux grands ensembles se détachent à commencer par la partie la plus récente des bâtiments édifiée entre 1876 et 1879 sous la direction de l'architecte Eugène Rouyer. Ce vaste hôpital dresse sa massive silhouette de pierre calcaire blanche et de brique rouge rythmée de grandes ouvertures trouvant leur origine dans l'architecture hygiéniste de l'époque. Haut de trois étages, cet hôpital en activité jusqu'au début des années 1980 présente des blasons sculptés des principaux bienfaiteurs de l'établissement au cours des siècles gravés dans la pierre entre les arcades sur jardin de sa façade sud. Sur son flanc est on peut observer une construction accolée qui correspond à une survivance de l'Hôtel-Dieu édifié à la fin du XVIIe siècle. Cet espace a échappé à la démolition puisqu'il s'agissait de l'espace conventuel abritant les sœurs augustines. Au centre de ce bâtiment se distingue notamment un massif contrefort qui, avec des caves voutées en arrêtes, constituent les vestiges de l'Hôtel-Dieu primitif édifié au XIVe siècle à la suite de la volonté de la reine de France Jeanne de Navarre. Cette construction aurait été englobée au sein de maçonneries postérieures.

Localisation[modifier | modifier le code]

L'Hôtel-Dieu est situé en centre-ville, à la périphérie de la ville médiévale. Il s'ouvre au nord-ouest sur une cour carrée qui donne sur la rue du château (rue étroite qui relie le centre-ville à l'entrée du château médiéval), et au sud sur une esplanade qui débouche avenue Joussaume-Latour (ancienne limite de la ville).

Historique[modifier | modifier le code]

L’hôpital de Château-Thierry a été fondé en 1304 par Jeanne de Navarre, épouse du roi Philippe IV le Bel.

L'établissement fut très modeste jusqu'en 1698, date à laquelle le roi Louis XIV lui rattacha vingt huit maladreries (petits hôpitaux soignant les lépreux) de la région environnante.

« Les localités intéressées par ce rattachement durent faire à l'hôpital l'abandon de leurs biens fonds, en compensation elles eurent le droit à un certain nombre de journées de maladie proportionnées à l'importance des biens abandonnés. »
(H. Chaloin - Informateur XI.59).

À la fin du XVIIe siècle, Madame de la Bretonnière fit adopter l'ordre de Saint Augustin à l'Hôtel-Dieu. Ses oncle et tante, Monsieur et Madame de Stoppa, furent les bienfaiteurs et restaurateurs de l'hôpital. On voit leur mausolée dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu.

Au cours des siècles, les bâtiments furent agrandis jusqu'à leur démolition (après 1870). Un nouvel hôpital fut construit dès 1876 et inauguré en 1879. Durant les travaux, les malades étaient soignés à La Charité (aujourd'hui la maison de retraite de Bellevue).

La tour des Augustines

En 1890, les vieilles murailles de la ville qui clôturaient l'hôpital au midi, furent démolies à l'exception de la tour d'angle qui servait de tombeau aux religieuses de l'établissement (la tour des Augustines).

Les bâtiments, qui devenaient vétustes par rapport aux besoins de la médecine moderne, furent désaffectés en 1988, date à laquelle un hôpital moderne a été construit sur les hauteurs de la ville.

Le monument est inscrit au titre des monuments historiques en 2007[1]. La nef du 12e siècle avec travée adjacente est couverte d'une coupole ovoïde allongée sur pendentifs. Le transept et l'abside flanquent les piliers d'un clocher en bois assis sur coupole octogonale à pendentifs. Le chœur date du 13e siècle. La première travée touchant la façade a été revoûtée au 14e siècle.

L'Hôtel-Dieu est retenu pour bénéficier du loto du patrimoine en mai 2018[2].

Le musée[modifier | modifier le code]

C'est à la mort de la dernière religieuse augustine en 1966 que remonte la prise de conscience autour du patrimoine remarquable que constitue le Trésor de l'Hôtel-Dieu. Le centre Hospitalier de la ville s'est installé quelques années plus tard au sein d'un nouveau complexe, libérant ainsi l'espace pour constituer un musée. L'association Arts et Histoire de Château-Thierry s'est constituée en 1992 avec pour objectif d'œuvrer à la réalisation d'un musée autour de ce patrimoine. Grâce aux efforts conjoints des collectivités territoriales et de nombreux mécènes, le musée du Trésor a pu ouvrir ses portes en septembre 2010 [3]. [4]. Aujourd'hui visitable, ce musée retrace au travers de ses dix-huit salles ouvertes à la visite toute l'histoire hospitalière du site depuis sa fondation par la reine de France, Jeanne de Navarre, épouse de Philippe IV le Bel. Sur plus de 1 500 m2 d'espaces muséographiés, on peut découvrir plus de 1 300 œuvres d'art au sein d'espaces aménagés à la mode des XVIIe et XVIIIe siècles. Avec douze pièces classées aux Monuments Historiques, ces collections témoignent des mécénats prestigieux dont a joui l'Hôtel-Dieu de Château-Thierry. Issues des possessions de la communauté des sœurs Augustines qui a occupé le site pendant presque sept siècles, ainsi que des dons fait à l'association Arts et Histoire de Château-Thierry, ces œuvres embrassent tous les grands domaines artistiques. Les thématiques abordées y sont aussi diverses que la peinture avec des toiles attribuées à l'école de Louis de Boullogne, la céramique avec des réalisations de Nevers et de Delft, en passant par le textile et des broderies gothiques. Mobilier, sculpture et orfèvrerie viennent compléter cet ensemble qui laisse entrevoir la richesse d'un puissant hôpital à la fin du Grand Siècle.


L'Hôtel-Dieu, un patrimoine en péril[5][modifier | modifier le code]

L’Hôtel-Dieu, figure parmi les 18 projets emblématiques du loto du patrimoine. Les fonds collectés permettront de financer la première phase d’une grande réhabilitation des bâtiments.

Ce bâtiment nécessite aujourd’hui un travail urgent de sauvegarde et de restauration, les façades et étages supérieurs. Désaffecté depuis plus de trente-cinq ans, il n’a pas reçu d’entretien préventif et son état s’aggrave de mois en mois. En partenariat avec la Fondation du Patrimoine, la Communauté d’Agglomération de la région de Château-Thierry lance une grande campagne de mécénat populaire au profit de ce lieu emblématique. Les fonds collectés permettront de financer les travaux d’urgence pour sauvegarder les bâtiments et les collections.

Le projet à venir...[modifier | modifier le code]

L’Hôtel-Dieu est destiné à devenir un grand musée de dimension nationale sur l’histoire hospitalière. Le futur musée occupera la majeure partie du bâtiment et abritera de nouveaux espaces scénarisés ainsi que des expositions de fonds provenant d’autres hôtels-Dieu maintenant fermés à la visite.

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Cartes postales sur la base Joconde[modifier | modifier le code]