Gustave Guétant
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | |
| Activités |
Gustave Paul Guétant est un dessinateur et sculpteur français, né le à Marseille, et mort à Paris 14e, le .
Formation et début de carrière
[modifier | modifier le code]Il naît dans une famille bourgeoise et protestante de Marseille. Son père, Louis, était relieur d'art. Gustave Guétant est d'abord attiré par le dessin et souhaite devenir peintre. Il suit à partir de 1893 des cours à l'École des beaux-arts de Marseille. Déçu par sa formation de peinture, il opte durant l'année 1895-1896 pour la classe de sculpture. En 1896, il réussit le concours de sculpture sur le thème de La Rencontre d'Évandre et d'Énée et devient pensionné de sa ville. De 1896 à 1900, il est élève à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, dans les classes des sculpteurs Louis-Ernest Barrias et Jules Coutan.
En 1900, pour des circonstances familiales, il doit revenir à Marseille. Selon les règlements, il ne peut rester étudiant que jusqu'à l'âge des trente ans. Abandonner ses études lui interdit de participer au concours du prix de Rome.
À partir de 1903, il expose au Salon des artistes français, où il est sociétaire. Il fréquente des représentants de l'École de Nancy, partage leur goût de faire évoluer les Arts décoratifs : il en devient membre du jury en 1913. Il le restera toute sa vie. En 1910, il est classé hors concours dans la section Art décoratif, après avoir réalisé Le livre.
Il est membre de la Société des aquarellistes, où il expose en 1908. En 1909, il devient officier d'académie.
La Première Guerre mondiale
[modifier | modifier le code]Il est mobilisé le dans l'infanterie. Il fait partie, avec de nombreux méditerranéens, Provençaux, Corses et Alpins, de l'Armée des Vosges, de novembre 1914 à 1917. Gustave Guétant est envoyé sur le front le . Il est d'abord affecté dans les tranchées. Sa qualité de dessinateur reconnue par une recommandation d'artistes du camouflage lui permet de rejoindre la section topographique de l'armée dès [1].
En poste à Saint-Dié, dans les bureaux juste à l'arrière-front, il découvre la petite ville vosgienne. Occupée par l'ennemi, objet de rivalité durant l'été, souvent bombardée par l'artillerie ou la voie des airs, elle a subi des destructions importantes, mais garde son cachet ancien. De février à , le dessinateur militaire croque avec ses crayons la ville et ses environs.
Son amour de la montagne vosgienne est constant depuis l'hiver 1914. Pendant ses temps libres, en 1915, il sort crayons et albums et dessine les fermes, les forêts et des scènes quotidiennes. À la belle saison, il observe les vaches, les bœufs sur lesquels le paysan place le joug, les animaux de basse-cour et les animaux domestiques.
La maladie interrompt son service au bureau d'études. Il est retiré de la zone de front en 1917 et passe huit mois à l'hôpital. En , il est reversé au service auxiliaire, et réformé le . Sa femme retrouve un mari à la santé ébranlée, qui bougera difficilement pendant de longues années : « Il fallait le ménager » dit-elle dans ses lettres[2].
Œuvres de l'entre-deux-guerres
[modifier | modifier le code]Guétant reprend dès qu'il peut une activité de décoration de livres et d'illustrations de couverture dans l'atelier de reliure de sa famille. Il suit l'évolution des arts décoratifs dans la branche du livre. Il renoue avec d'anciens collègues de la Société des artistes décoratifs, d'abord en 1921, puis 1924 et 1925. En 1925, il est membre du jury pour la section du livre à l'exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes à Paris. En 1927, il est membre actif du jury au Salon des artistes décorateurs.
Reprise de la sculpture en 1930
[modifier | modifier le code]Il illustre de nombreux livres, en particulier Polyphème d'Albert Samain. Il retrouve la santé en 1930 et reprend son activité de sculpture animalière. Salué par la presse spécialisée, il expose dans de nombreux salons de 1931 à 1940[3]. En 1931 et 1932, il renoue avec la Société des aquarellistes.
Jean-Pierre Auclert, dans son livre La Grande Guerre des crayons, Les noirs dessins de la propagande en 1914-18, explique[4] :
Il milite en 1939 à la Confédération des travailleurs intellectuels.
En 1954, un an après sa mort, sa veuve lègue au musée de Saint-Dié un lot d'aquarelles, et une cinquantaine de ses dessins[5]. Le couple avait été ému d'apprendre la destruction en des lieux qui avaient inspiré Gustave après 1916.
Œuvres
[modifier | modifier le code]Œuvres dans les collections publiques
[modifier | modifier le code]- Marseille : Les Deux amis, 1934, groupe de deux lions en bronze, acquis par la ville en 1935.
- Paris :
- musée d'art moderne de la ville de Paris : Yak du Tibet, 1940, bronze.
- parc zoologique de Paris : La Lionne assise, 1938, pierre.
- Localisation inconnue :
- Le Premier crayon, ou Le Chimpanzé écrivant, 1931, bronze, acquis par l'État en 1931.
- Le Buffle d'Égypte, 1940, bronze, acquis par l'État en .
- Le Lion marchand, acquis par l'État en 1942.
- Une Lionne au repos, 1937, pierre, acquis par l'État en 1946.
- Mère Yack allaitant ses petits, 1940, bronze, acquis par l'État en 1953.
Œuvres exposée au Salon
[modifier | modifier le code]- 1936, Salon des artistes français :
- Le Lion debout, médaille de bronze ;
- Le Lion marchand, médaille de bronze, acquis par l'État en 1942.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Théophile Alexandre Steinlen et Jean-Louis Forain, affectés au service de camouflage et peintres de décor sur les toiles des carlingues des avions de chasse français, signalent l'artiste discret parmi les hommes de troupe à l'état-major[réf. nécessaire].
- ↑ Lettre de Madame Paul Guétant citée par P. Guétant in « Gustave Guétant 1873-1953 », Bulletin de la Société philomatique vosgienne, 80e année, 1954, pp. 85–87.
- ↑ À partir de 1930, il est présent au Salon des artistes français, au Salon des artistes décorateurs, au Salon des Tuileries et au Salon des indépendants. Son retour à la sculpture est salué par une médaille en 1931[réf. nécessaire].
- ↑ Jean-Pierre Auclert, La Grande Guerre des crayons, Les noirs dessins de la propagande en 1914-18, Paris, Robert Laffont, 1981.
- ↑ Une douzaine de ses feuilles a été reproduite à partir de clichés et éditée par la Société philomatique vosgienne.
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- P. Guétant, « Gustave Guétant 1873-1953 », Bulletin de la Société philomatique vosgienne, 80e année, 1954, pp. 85–87.
- Jean-Pierre Auclert, La Grande Guerre des crayons, Les noirs dessins de la propagande en 1914-18, Paris, Robert Laffont, 1981, 208 p. (ISBN 2-221-50302-3).
Liens externes
[modifier | modifier le code]
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- « Gustave Guétant », dans la base Arcade
- Une fiche succincte de l'artiste
