Gustave Chaudey

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Gustave Chaudey
Courbet Chaudey.jpg
Portrait de Chaudey (1870) par Courbet.
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Le Siècle
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Tombe de Gustave Chaudey (division 29).JPG
Tombe de Chaudey au cimetière de Montmartre.

Ange Gustave Chaudey, né à Vesoul le et fusillé à Paris 5e le , est un avocat, homme politique et journaliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir commencé ses études au collège de Vesoul, Gustave Chaudey les poursuit à partir de à Paris, où il obtient une licence en droit en 1840. Journaliste à La Presse dès , il seconde Lamartine et soutient Cavaignac au début de la Deuxième République. Après la victoire de Louis-Napoléon Bonaparte à l'élection présidentielle, Chaudey se fait inscrire au barreau de Vesoul. Opposé au coup d’État du 2 décembre 1851, il lacère une affiche préfectorale justifiant cet acte, ce qui lui vaut deux mois de prison. Il s'exile ensuite en Suisse où il devient le rédacteur en chef du Républicain neuchâtelois.

De retour à Paris en 1856, Chaudey y exerce son métier d'avocat tout en collaborant, à partir de 1860, au Courrier du dimanche. En 1865, il est, avec Langlois, Alexandre Massol et Duchêne, l'un des exécuteurs testamentaires de Proudhon, qu'il a défendu lors d'un procès en (à la suite de sa publication de De la justice dans la Révolution et dans l'Église)[1].

Après l'arrestation de jeunes gens réunis au Café de la Renaissance de la place Saint-Michel en , Chaudey prend part à leur défense. Parmi les inculpés, proches des blanquistes, on compte Tridon, Raoul Rigault (qui deviendra procureur de la Commune et ordonnera l'exécution de Chaudey), Léonce Levraud, Da Costa, le libre-penseur Alfred Verlière, Longuet, Genton, Protot, le menuisier Largilière, et Landowski[2].

Rédacteur en chef du Siècle, il devient l'ami du principal actionnaire de ce journal républicain, le banquier Henri Cernuschi. En 1869, il fait paraître une brochure intitulée L'Empire parlementaire est-il possible ? qui connaît un grand retentissement.

1870-1871[modifier | modifier le code]

Exécution de Chaudey à Sainte-Pélagie, par Jules Rouquette (1871).

Quelques semaines après la chute du Second Empire, il est nommé, par un arrêté en date du , maire du 9e arrondissement de Paris, en remplacement d’Arthur Ranc, démissionnaire[3]. Il ne conservera ces fonctions que quelques jours, car il est battu par Ernest Desmarest lors des élections municipales du 5 novembre. Il est alors nommé adjoint au maire de Paris. Présent à l’hôtel de ville lors du événements du 22 janvier 1871, il répond à une députation, qui réclame la Commune, que la Commune est une idée fausse, qu’il l’a combattue et qu’il la combattra énergiquement et se fâche, même injurieusement, devant une nouvelle députation avec les mêmes demandes[4]. Une manifestation (contre la décision du Gouvernement de Défense nationale d’offrir aux Prussiens la capitulation de Paris) ayant dégénéré en tentative de soulèvement, Gambon envoie cette dépêche télégraphique à Jules Ferry : « Chaudey consent à rester là ; mais prenez des mesures le plus tôt possible possible pour balayer la place. Je vous transmets, du reste, l’avis de Chaudey[5]. »

Haï par les Communards qui voient en lui un fusilleur du peuple, le Père Duchêne rappelle le rôle qu’il a joué dans l’ordre donné à la troupe de réprimer l’émeute et de tirer sur la foule, et il est arrêté le par Pilotell, au moment même où il se ralliait à la révolution communaliste[6]. Incarcéré à Mazas puis à la prison de Sainte-Pélagie, il est exécuté dans le préau de cette dernière prison le , en pleine Semaine sanglante, sur ordre du procureur de la Commune Raoul Rigault[7]. Chaudey avait dit, après le , à « Ferré et des partisans de la Commune qui réclamaient la liberté de Louise Michel et de leurs amis : « Les plus forts fusilleront les autres ». Il mourut peut-être de ce mot[8] ». Avec lui périrent en même temps, l'archevêque de Paris Georges Darboy, le président Bonjean, l’abbé Surat, archidiacre de Notre-Dame et l'abbé Deguerry, curé de la Madeleine.

Cette exécution pousse le peintre Gustave Courbet, qui avait réalisé son portrait, à démissionner de ses mandats[9]. Aucune preuve de la culpabilité de Chaudey dans la fusillade du 22 janvier n'a jamais été apportée. Sur la demande de Vermorel, Courbet a vainement tenté de trouver un quelconque ordre de Chaudey d'ouvrir le feu. Vermorel avait conclu à la libération de Chaudey mais Delescluze s'y était opposé[10].

En mars 1872, l'ingénieur Gustave Simon Préau de Vedel, présumé avoir assisté Rigault lors de l'exécution de Chaudey, ce qu'il a toujours nié, est exécuté[11],[12].

Tombe[modifier | modifier le code]

Érigé entre fin 1873 et début 1874 dans la 29e division du cimetière de Montmartre, le monument funéraire de Chaudey comporte un buste sculpté par Jules Renaudot ainsi qu'une citation prémonitoire du défunt :

« Si quelque balle récriminatrice nous est réservée, nous n'aurons qu'à tomber en faisant des vœux pour la République[13]. »

Famille[modifier | modifier le code]

Gustave Chaudey est le père de Georges Chaudey, député de la Haute-Saône entre 1893 et 1898.

Publications[modifier | modifier le code]

  • De la formation d'une véritable opposition constitutionnelle, Paris, Amyot, , 68 p., in-8° (OCLC 457572863, lire en ligne).

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, Paris, Hachette, 1880, p. 411-412.
  • Lettres inédites de Proudhon à Gustave Chaudey et à divers comtois, publié par Édouard Droz dans Société d'émulation du Doubs, 1910, p. 156-208.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hubert Bourgin, « Pierre-Joseph Proudhon », La Grande Encyclopédie,‎ 1886-1902, p. 833-9 (lire en ligne)
  2. Auguste Lepage, « Les cafés artistiques et littéraires de Paris », sur paris-pittoresque, P. Boursin, (consulté le 18 février 2018).
  3. Recueil des actes administratifs de la Préfecture du département de la Seine, no 10-12, octobre 1870, p. 671.
  4. Prosper-Olivier Lissagaray, Histoire de la Commune de 1871 : nouvelle édition précédée d’une notice sur Lissagaray par Amédée Dunois, Paris, BnF collection ebooks, , 573 p. (ISBN 978-2-34601-080-6, lire en ligne).
  5. Émile de Kératry, Les papiers secrets du Second Empire, t. 11, Paris, Office de Publicité, , 88 p. (lire en ligne), p. 84.
  6. Gustave Lefrançais, Étude sur le mouvement communaliste à Paris en 1871, Paris, G. Guillaume, , 500 p. (lire en ligne), p. 269.
  7. Jean-Claude Dubos, Victor Hugo et les Franc-Comtois, Yens-sur-Morges, Cabedita, coll. « Archives vivantes », , 156 p., 22 cm (ISBN 978-2-88295-330-8, OCLC 469956319, lire en ligne), p. 137-8.
  8. Prosper-Olivier Lissagaray, Histoire de la commune de 1871, rééd. La Découverte, 2004, 526 p. / première publication en 1876 / seconde publication rallongée, Paris, Édouard Dentu, 1896 (en ligne sur Gallica) et nouvelle édition précédée d'une notice sur Lissagaray par Amédée Dunois, BnF collection ebooks, 2016.
  9. Pierre-Joseph Proudhon, Édouard Droz et Gustave Chaudey, Pierre-Joseph Proudhon : lettres inédites à Gustave Chaudey et à divers comtois ; suivies de quelques fragments inédits … et d’une lettre de Gustave Courbet sur la mort de Proudhon, Besançon, Dodivers, , 107 p., 1 vol. in-8° (OCLC 492214250, lire en ligne), p. 18.
  10. Maxime Vuillaume, Mes carnets rouges, no VII, p. 70 et suiv.
  11. Edgar Monteil, L'Exécution de Gustave Chaudey et de trois gendarmes, Paris, Charavay frères, 1885.
  12. « PRÉAU DE VEDEL Gustave, Simon », sur Le Maitron (consulté le 18 février 2018).
  13. Henri Cernuschi, « Tombeau de Chaudey », dans Le Siècle, , p. 2.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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