Gustave Chaudey

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Gustave Chaudey
Portrait de Chaudey par Courbet.
Portrait de Chaudey par Courbet.
Fonctions
Maire du 9e arrondissement de Paris
Prédécesseur Arthur Ranc
Successeur Ernest Desmarest
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Vesoul
Date de décès (à 53 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Drapeau de France Français
Parti politique Républicain
Profession Avocat, journaliste

Ange Gustave Chaudey, né à Vesoul le et mort à Paris le , est un avocat, homme politique et journaliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir commencé ses études au collège de Vesoul, Gustave Chaudey les poursuit à partir de 1835 à Paris, où il obtient une licence en droit en 1840. Journaliste à La Presse dès 1845, il seconde Lamartine et soutient Cavaignac au début de la Deuxième République. Après la victoire de Louis-Napoléon Bonaparte à l'élection présidentielle, Chaudey se fait inscrire au barreau de Vesoul. Opposé au coup d’État du 2 décembre 1851, il lacère une affiche préfectorale justifiant cet acte, ce qui lui vaut deux mois de prison. Il s'exile ensuite en Suisse où il devient le rédacteur en chef du Républicain Neuchâtelois.

De retour à Paris en 1856, Chaudey y exerce son métier d'avocat tout en collaborant, à partir de 1860, au Courrier du dimanche. En 1865, il est, avec Langlois et Duchêne, l'un des exécuteurs testamentaires de Proudhon, qu'il a défendu lors d'un procès en 1858 (à la suite de sa publication de De la justice dans la Révolution et dans l'Église)[1].

Après l'arrestation de jeunes gens réunis au Café de la Renaissance (place Saint-Michel) en 1866, Chaudey prend part à leur défense. Parmi les inculpés, proches des blanquistes, on compte Tridon, Raoul Rigault (qui deviendra procureur de la Commune et ordonnera l'exécution de Chaudey), les frères Levraud, Dacosta, A. Verlière, Longuet, Genton, Protot, Largilière, et Landowski[2].

Rédacteur en chef du Siècle, il devient l'ami du principal actionnaire de ce journal républicain, le banquier Henri Cernuschi. En 1869, il fait paraître une brochure intitulée L'Empire parlementaire est-il possible ? qui connaît un grand retentissement.

Quelques semaines après la chute du Second Empire, Chaudey est nommé maire du 9e arrondissement de Paris (en remplacement d'Arthur Ranc, démissionnaire) par un arrêté en date du 14 octobre[3]. Il ne conserve ces fonctions que quelques jours, car il est battu par Ernest Desmarest lors des élections municipales du 5 novembre. Il est alors nommé adjoint au maire de Paris. Présent à l'hôtel de ville lors du événements du 22 janvier 1871, une manifestation (contre la décision du Gouvernement de Défense nationale d'offrir aux Prussiens la capitulation de Paris) ayant dégénéré en tentative de soulèvement, il doit ordonner à la troupe de réprimer l'émeute[4].

Tombe de Gustave Chaudey (cimetière de Montmartre, division 29)

Dénoncé par Le Père Duchesne et haï par les Communards qui voient en lui un fusilleur du peuple, il est arrêté le par Pilotell. Incarcéré à Mazas puis à Sainte-Pélagie, il est exécuté dans le préau de cette dernière prison le , en pleine Semaine sanglante, sur ordre du procureur de la Commune Raoul Rigault[5]. Cette exécution pousse le peintre Gustave Courbet, qui avait réalisé son portrait, à démissionner de ses mandats[6]. Aucune preuve de la culpabilité de Chaudey dans la fusillade du 22 janvier n'a jamais apportée. Sur la demande de Vermorel, Cournet a vainement tenté de trouver un quelconque ordre de Chaudey d'ouvrir le feu. Vermorel avait conclu à la libération de Chaudey mais Delescluze s'y était opposé[7].

En mars 1872, l'ingénieur Gustave Simon Préau de Vedel fut exécuté pour avoir assisté Rigault lors de l'exécution de Chaudey[8].

Érigé entre fin 1873 et début 1874 dans la 29e division du cimetière de Montmartre, le monument funéraire de Chaudey comporte un buste sculpté par Jules Renaudot ainsi qu'une citation prémonitoire du défunt : « Si quelque balle récriminatrice nous est réservée, nous n'aurons qu'à tomber en faisant des vœux pour la République. »[9]

Gustave Chaudey est le père de Georges Chaudey, député de la Haute-Saône entre 1893 et 1898.

Publications[modifier | modifier le code]

  • De la Formation d'une véritable opposition constitutionnelle, Paris, Amyot, 1848.

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Chronologie de Proudhon.
  2. Auguste Lepage, Les cafés artistiques et littéraires de Paris, P. Boursin, 1882 (lire extrait en ligne.
  3. Recueil des actes administratifs de la Préfecture du département de la Seine, no 10-12, octobre 1870, p. 671.
  4. Cimetière Montmartre (blog).
  5. Jean-Claude Dubos, Victor Hugo et les Franc-Comtois, Éditions Cabedita, 2002, p. 137-138 (extrait en ligne).
  6. Coppoweb, Chronique: La Commune.
  7. Maxime Vuillaume, Mes carnets rouges, no VII, p. 70 et suivantes
  8. Edgar Monteil, L'Exécution de Gustave Chaudey et de trois gendarmes, Paris, Charavay frères, 1885.
  9. Henri Cernuschi, « Tombeau de Chaudey », dans Le Siècle, 1er février 1874, p. 2.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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